Critiques pour l'événement Signé Dumas
15 déc. 2018
8/10
33
Signé Dumas d’une main mais Maquet de l’autre, et c’est toute l’intrigue de cette comédie.

Elle se déroule pendant le soulèvement de 1848, un « copier coller » de ce qui se passera de nos jours 170 ans plus tard ! Le grand homme au sommet de sa gloire pense que c’est une révolution romantique ignorant la révolte populaire. Xavier Lemaire campe magnifiquement ce truculent personnage violent, brutal et prétentieux qui écrase tout autour de lui.

Davy Sardou est parfait dans le rôle d’Auguste Maquet qui se révolte et revendique une juste reconnaissance de sa part d’écriture dans l’œuvre d’Alexandre Dumas.

Une pièce instructive, à voir.
17 oct. 2018
8,5/10
5
Je connaissais mal cette histoire entre Maquet et Dumas et je n’avais pas vu le film.
J’ai adoré le jeu des acteurs et la mise en scène.
Un très bon moment.
27 sept. 2018
8/10
61
Les deux mousquetaires !

Pères de D'Artagnan, de Montechristo et de tant d'autres, Alexandre Dumas et Auguste Marquet se livrent un duel .....à la plume.

Deux hommes qu'une même soif de reconnaissance anime, mais qui sont diamétralement opposés.

Dumas, génial Xavier Lemaire! Voilà un rôle taillé sur mesure pour cet homme de théâtre.
Colosse échevelé, tout de blanc vêtu, à la fois Porthos et Aramis, il incarne la démesure.
Exhubérant, prétentieux, orgueilleux, gouailleur, impécunier, génial et paresseux ......

L'autre, Maquet, l'homme de l'ombre, le travailleur, qui n'en peut plus d'être ignoré, qui se rebelle ....
Davy Sardou est lui aussi impeccable et joue tout en finesse ce personnage qui essaie de s'imposer.

Nous assistons, réjouis, à cette fusion entre rigueur et explosion qui a donné lieu aux chefs d'oeuvre que nous connaissons !
23 sept. 2018
8/10
18
Faut croire que le début des pièces de cette nouvelle saison théâtrale me fait craindre le pire… et l’ennui surtout. Heureusement, passer les dix premières minutes, il n’en est rien.
De cela, « Signé Dumas » ne déroge pas à la règle.

Dès l’entrée en scène de Xavier Lemaire dans le rôle de Dumas, je m’interroge... où veut il en venir, j’ai du mal à accrocher. Les échanges avec Davy Sardou (Auguste Maquet) me laissent dubitative, un peu décontenancé, moi qui étais persuadé de voir un petit bijou théâtral.
Mais c’est sans compter sur l’interprétation de ces protagonistes...

Xavier Lemaire interprète un Dumas tonitruant, exubérant, imposant aussi bien physiquement que verbalement, face à Auguste Maquet, secrétaire effacé, dans la retenue et la servilité.

Cette relation de force en faveur de Dumas est indéniable. Lui, l’écrivain à succès, imbu de sa personne, et qui se révèle avide de pouvoir lors de la mort du roi Louis Philippe...est face à Maquet, son « sous-fifre » et écrivain aux flop littéraires.
De cette collaboration va naître des chefs-d’œuvre (Les Trois Mousquetaires, La Reine Margot, Le Comte de Monte Cristo…)

Cette relation qui à première vue, semble leur convenir, se fracture violemment lorsque Dumas aspire à faire allégeance à la Royauté lors de l’avènement de la Deuxième République.
Dès lors, la transformation d’Auguste Maquet est fulgurante: en un homme révolté, fougueux, aux propos tranchants, poussant Dumas affaibli dans ces retranchements. Toute sa rancœur, sa révolte contenue refont surface.

La question est toute posée: Dumas peut-il s’attribuer entièrement la paternité de ces œuvres, de même qu’Auguste Maquet ? Ce dernier aurait-il été un collaborateur ou un « nègre » ?
Qu’en serait-il de ces chefs d’œuvres sans cette liaison littéraire ?

Thomas Sagols, complète le trio par sa remarquable interprétation du narrateur à la Gavroche et du Sergent Maréchal des logis Mulot.

Je vous conseille cette pièce !
22 sept. 2018
9/10
62
Un pour tous, tous pour deux !

Ces deux en question ne sont pas n'importe qui !
Ces deux-là forment peut-être le couple le plus étonnant et détonnant de la littérature française.
Alexandre Dumas. Auguste Maquet.

L'auteur métis et l'écrivain-nègre.
Deux hommes de lettres dont l'association intellectuelle va produire les chefs-d'oeuvre que l'on sait.

Seulement voilà, le fonctionnement de ce couple va engendrer bien des questions.
Ces questions, les auteurs Cyril Gély et Eric Rouquette les posent, au cours de ce face à face tendu entre les deux hommes.

La relation pour le moins extra-ordinaire entre Dumas et Maquet va être révélée de bien subtile façon.

C'est l'Histoire de France, avec l'abdication de Louis-Philippe, qui va déclencher par l'intermédiaire d'un simple maréchal des logis l'exposition au grand jour des non-dits et des conflits intérieurs entre ces deux-là.
Ce sera le début d'un grand déballage, auquel nous allons assister pour notre plus grand plaisir.
Les vérités seront assénées, de part et d'autre, et pas toujours bonnes à entendre.

Qui a écrit quoi, qui est l'auteur de quoi, quid de la propriété intellectuelle ?
Ces deux hommes pourraient-ils vivre l'un sans l'autre ?
Cette double dépendance, cette attirance-répulsion ne seraient-elles pas le moteur de la création des plus grands romans de la littérature populaire française ?

Le metteur en scène Tristan Petitgirard a misé sur les contrastes entre les deux hommes et leur caractère.
L'un est habillé en blanc, l'autre est entièrement vêtu de noir.
L'un est fort expansif, exubérant, charismatique, extraverti, l'autre sera plus réservé, plus intérieur.
Les différences morphologiques des deux comédiens seront également habilement exploitées.
Une grande tension résultera de ces contrastes.

Xavier Lemaire est Dumas. La ressemblance avec les photos connues de l'écrivain est assez troublante.
Le comédien est un sacré gaillard, avec une sacrée stature !
Sur le plateau, il joue le fort en gueule, le braillard, le paillard. (On imagine bien d'où provient la paille dans ses cheveux, lorsqu'il pénètre sur la scène.)
On pense évidemment à Porthos, le bon géant.
Le comédien joue à merveille la mauvaise foi, l'exagération, la vantardise. Une tornade parcourt le plateau !

Et puis, il y a Davy Sardou.
Le remarquable Davy Sardou !

C'est lui qui a la partition la plus délicate, la plus complexe.
Il va faire de son personnage, au départ humilié, relégué au rang de souffre-douleur et d'esclave littéraire, un homme révolté qui aspire à se libérer de son joug, tout ceci de façon on ne peut plus subtile. La progression dans son jeu est épatante.

Davy Sardou exprime à merveille les deux versants de son Maquet, le dépendant qui ose se rebeller.
Cette révolte durera-t-elle ? Je ne répondrai évidemment pas à cette question.

On pourra peut-être faire remarquer un peu trop de nombreuses « engueulades » entre les deux, toutes sur le même niveau sonore. C'est bien entendu un détail...

Il faut mentionner également Thomas Sagols, épatant dans le rôle du troufion catalyseur de la dramaturgie.

C'est donc au final une bien belle réussite artistique qui pose avec une grande finesse un regard sur une confrontation humaine et littéraire.
Je vous engage fortement à aller assister aux déboires du couple Dumas-Maquet et aller applaudir vivement le couple Lemaire-Sardou.
Qu'on se le dise !

D'accord avec toi, j'ai vu la pièce à Avignon. Les comédiens sont remarquables et vive Alexandre Dumas !

0
Dimanche 23 septembre 2018
14 sept. 2018
9/10
15
Quelle joute !

A 12 ans mon père m'avait offert le comte de Monte-Cristo, grand souvenir de lecture ! Je me suis régalée à voir un Dumas plus vrai que nature avec Xavier Lemaire. C'est un ogre ! On rit beaucoup, j'imaginais la pièce plus sérieuse et on l'est aussi touché. Davy Sardou est parfait en scribouillard qui se révolte. L'affrontement des deux est majestueux. UN vrai couple de théâtre à découvrir.

Je ne connaissais pas cette histoire et n'imaginait pas que ces chefs d'oeuvres de Dumas avaient été écrits à 4 mains... Le troisième acteur est très bien dans ses courtes apparitions.
C'est du théâtre assez "classique", c'est vrai, mais que c'est bien écrit. Le reste du spectacle est à l'avenant, très beau décor, très belles lumières et costumes.

Un spectacle de haute qualité à déguster sans modération que l'on soit ou non groupie de Dumas.
29 juil. 2018
9/10
18
Vu à Avignon dans le cadre du festival 2018 :
Xavier Lemaire, comédien/metteur en scène est un excellent Dumas puisqu'il y a même une ressemblance physique avec l'écrivain et Davy Sardou, campe à merveille Auguste Maquet, son collaborateur. Les voir tous les deux réunis sur scène est juste jubilatoire....

Dans le décor reconstitué du cabinet de travail au Port Marly, les 2 hommes échangent sur le déroulement des chapitres à venir dans l'ouvrage en cours et Dumas parle de ses difficultés pour la construction de son château. C'est alors qu'un messager les informe de l'abdication de Louis-Philippe face au peuple insurgé. Une querelle s'engage entre les 2 hommes à ce sujet et les propos s'enveniment jusqu'à ce que se pose la question de la paternité des textes. Le caractère de Dumas, pédant et dominateur face à un Maquet, très réservé.

C'est un petit bijou à ne pas rater !