Critiques pour l'événement Roméo et Juliette
5/10
107
Assez emballée par un premier acte auquel quelques surprises de mise en scène donnaient un coup de jeune, j'ai été plutôt agacée par les deux suivants.

Certes, j'ai de façon récurrente un problème avec Didier Sandre dont je trouve qu'il "joue vieux", qu'il projette son texte d'une façon qui me parait dépassée. Et là il a une grande scène à l'acte II.
Le pauvre y est transformé en un père Capulet de farce. On frôle le de Funès ! Faire subitement intervenir dans son texte les mots "pute" et "fils de pute", alors qu'aucun autre moment de la pièce ne joue la carte de la modernisation du texte, m'a achevée.

Sinon, toujours cet étonnement à la Comédie Française, vis-à-vis des comédiens. Certes Suliane Brahim ne semble pas avoir les 13 ans de Juliette, mais elle a la même fraicheur que dans Lucrèce Borgia où elle jouait le fils adolescent de Lucrèce. Jeremy Lopez est un crédible Roméo moderne. Laurent Lafitte est ici un troisième rôle alors que tête d'affiche au cinéma. Daniele Lebrun, immuable...
29 nov. 2016
5/10
99
Les acteurs sont vraiment géniaux. La pièce est très bien interprétée. Bravo aux acteurs.

Après les Capulets, les Montaigus, le prince sont des familles nobles. Les costumes devraient être plus classiques et plus du rang des personnages. Hors les habits sont quelconques, mais après, il y a pire : les décors sont, comment dire, moche.

La scène dans une sorte de toilettes de camping, quelle horreur. La nuit de Juliette et Romeo dans une chambre qui ressemble a une chambre de prison ou d’hôpital, je ne sais pas trop, ne me semble pas au niveau des personnages.
Bref pourquoi tant d'imagination pour faire un décor si laid.

Autre point pourquoi la pièce s'arrête après la mort de Juliette, il manque la fin. C'est à dire la réconciliation des familles, cela donne la dimension de Shakepeare dans la pièce. Ce n'est pas là, finalement pourquoi sont-ils morts ?
15 sept. 2016
6/10
39
Une mise en scène soignée mais un peu propre voir lisse de ce monument qu'est Roméo et Juliette si bien qu'elle m'est quasiment sortie de la tête alors que je l'ai vue il y a seulement 6 mois...
12 avr. 2016
7/10
213
Eh bien, moi, j'ai apprécié cette adaptation de la pièce de Shakespeare à l'Italie du Sud de l'entre-deux guerres, qui replace la pièce dans la modernité et l'universalité...

Je trouve que ces petits airs italiens apportent une certaine jeunesse à la pièce, une sorte de nostalgie qui fait résonner en nous notre premier amour de jeunesse (je ne suis pourtant pas née dans la première partie du siècle dernier), et bien qu'effectivement Jeremy Lopez et Suliane Brahim n'aient plus non plus l'âge d'être des adolescents, j'ai cru à leur amour... Jusqu'à avoir le vertige pour cette frêle Juliette sur ce haut mur...

Bien sûr la traduction du texte choisie participe aussi à cette modernité. Cependant, je le concède, on aurait pu s'en contenter, et ne pas se sentir obligé d'y ajouter des injures choquantes, qui marquent la salle par leur violence, mais qui n'apportent peut-être pas tellement à l'ensemble.
7 mars 2016
7,5/10
195
S'attaquer à un tel monument avec la volonté d'en proposer une mise en scène renouvelée et une lecture éclairée était un pari ambitieux de la part d'Eric Ruf, et le pari est plutôt remporté.

La transposition au XXème siècle dans le Sud de l'Italie fonctionne très bien, donnant à la pièce une coloration visuelle et sonore si particulière, et soulignant sa dimension intemporelle avec brio.
La scénographie, comme à chaque fois avec Eric Ruf, est précise et esthétique, avec un jeu de décors et de lumière qui participe de l'intrigue, des scènes de fêtes au caveau de la fin.

Le seul bémol concerne le jeu des comédiens. Jérémy Lopez est la plupart du temps convaincant, malgré quelques traits d'humour dans l'intonation peu à propos, mais c'est surtout Suliane Brahim qui déconcerte, avec un jeu juste mais une diction changeante et trop souvent gémissante - et crispante.
19 janv. 2016
4,5/10
90
Je fantasmais à l'idée d'être transportée par cette pièce... et quelle déception.
Ennui complet, peu poétique, fadeur, froideur.

Les comédiens qui interprètent Roméo et Juliette ne sont à mon sens pas à leur place. Aucun charisme, une interprétation moyenne, aucun passion, aucun tourment.

J'aurais aimé voir un Loic Corbery en Roméo... il était tellement merveilleux, passionné et tourmenté dans Le Misanthrope que sa place aurait du être ici.

Les décors sont beaux, la mise en scène intéressante mais beaucoup trop de largesses sont prises dans les textes. En voulant moderniser, la pièce en est dénaturée.
Quand le père de Juliette la traite de "pute" j'ai trouvé que c'était trop et surtout pas du tout adapté.

Je ne conseillerais pas cette pièce même si je suis ravie de l'avoir vu tout de même.
17 janv. 2016
4,5/10
251
Cette volonté de toujours vouloir moderniser m'intrigue... Modifier un chef-d’œuvre aboutit rarement à l'améliorer en particulier lorsque l'on applique immanquablement les mêmes ficelles.

On déplace dans le temps. On désacralise : des scènes dans les toilettes dans cette pièce, des agents d'entretien pour Don Giovanni... Le héros devient un anti-héros... Ces modifications par les "créateurs modernes" sont tellement prévisibles... Elles sont devenues la norme. Faire disparaitre le romantisme et l'amour idéal, ce n'est surement pas comprendre la pièce, c'est la trahir.

Pas d'enthousiasme non plus pour les 2 acteurs principaux. J'en suis désolé mais Suliane Brahim ânonne littéralement son texte... impossible d'apprécier la beauté des mots de Shakespeare.

Les décors hormis les toilettes, sont plutôt réussis, en particulier la crypte finale.
15 janv. 2016
6/10
104
Malgré les critiques enthousiastes que j'ai pu lire, je me suis ennuyée devant ce Roméo et Juliette.

Pourtant, les deux acteurs principaux sont bons et arrivent à nous transporter dans cette Italie pauvre. Le gros problème était dans les décors et la mise en scène. Minimalistes, ils nous faisaient penser aux douches et vestiaires collectifs de nos écoles. Un peu délabrés en plus, cela nous conforte dans cette Italie en crise.

Mais cette qualité au début : de casser un peu les codes, est vite devenu un énorme défaut. Car les scènes les plus connues, les plus romantiques et les plus attendues se révèlent décevantes.
La scène du balcon où Juliette tenait debout en équilibre sur une corniche nous donnait plus envie de sauter sur elle pour l'éloigner du rebord que de baver de romantisme.

La fin, elle aussi, était surjouée jusqu'à en être comique. En somme, tout cela manquait un peu de finesse.
8 janv. 2016
7/10
97
Le moins qu'on puisse dire c'est que cette version de Roméo et Juliette est étonnante.

Je suis restée perplexe, parfois agréablement surprise et parfois dérangée par cette mise en scène qui dénature le côté mielleux et romantique du texte de Shakespeare. Dans ce Roméo et Juliette sans fard, aux décors grisonnants qui doivent rappeler l'ambiance véritable de la Vérone d'autrefois, il n'y a pas de paillettes. Il est loin le Roméo + Juliette qui faisait rêver les romantiques ! Ici, Roméo chante en italien et le coup de foudre se fait en quelques secondes (pas le temps de rêver, donc).

Dans la salle, j'ai entendu des gens dire "c'est surjoué" ou "MAIS ELLE VA TOMBER DU BALCON ????". La scène du balcon, mythique, est effectivemnet jouée de telle manière à ce qu'on s'inquiète plus pour la sécurité de Juliette que l'on s'intéresserait à son texte puant d'amour.

Malgré tout, les choix de chorégraphie sont assez drôle et modernisent à merveille le texte de Shakespeare. J'ai été dérangée, surprise, étonnée : preuve que finalement cette mise en scène fonctionne, attire l'attention. Je suis sortie plutôt conquise par cette lecture nouvelle !