Critiques pour l'événement Radieuse Vermine
13 oct. 2018
6,5/10
13 0
Un décor tout blanc, et des protagonistes qui entament leur récit en cassant le quatrième mur, voilà une entrée en la matière atypique ! Il n'en faut pas moins pour se laisser happer dans cet univers sombre, où l'humour noir règne en maître.

Imaginez plutôt : notre petit couple, pour rénover sa maison de rêves, se voit en plus offrir le moyen d'obtenir une pièce à vivre sortie tout droit des pages d'Elle Déco, ou la cuisine magnifique qu'ils n'auraient jamais pu s'offrir aux Galeries Lafayette. Ils sont prêts à tout... Pas vous ?

Un conte, donc, une satyre de la société de consommation qui veut toujours plus, plus beau, plus cher, plus clinquant. Qui se lasse au bout de quelques jours, parce que la mode a changé, parce que les voisins ont mieux, par ennui ou par jeu. C'est embêtant, parce qu'en dehors de cette addiction, on l'aime bien, ce petit couple ! Lui (Louis Bernard) avec sa dégaine de premier de la classe prêt à tout pour la combler, elle (Joséphine Berry), ravissante et pétillante.

Tout repose sur le jeu des comédiens, qui ne ménagent par leur peine, notamment à l'approche de l'épilogue où ils interprètent tour à tour Fleur, Olive et tous leurs voisins à l'occasion d'un fête.
Le duo principal déborde d'énergie et l'insuffle à la pièce. J'ai été moins convaincue par la troisième interprète, non pas pour son talent, mais pour son intervention sous les traits d'un vagabond dans la pièce, qui bascule dans le "trop absurde" à ce moment.
24 sept. 2018
7/10
15 0
Le titre « Radieuse Vermine » a de quoi intriguer. Et une fois que l’histoire se met à prendre vie sur scène, le titre devient logique. Les personnages principaux deviennent des tueurs en série pour satisfaire leur besoin matériel sous le prétexte du bonheur de leur enfant. Ce spectacle est une adaptation d’une pièce anglaise qui a été créée au Brewery Theater de Bristol en 2015. Une information importante car l’humour noir, féroce et grinçant correspond bien à l’esprit anglais. Il fallait y penser à inventer une histoire où la mort de sdf permettait de refaire à neuf une maison. Le concept peut paraître assez horrible. Il fallait au moins cela pour faire rire de l’horreur. Et aussi inciter à réfléchir sur la misère et la société de consommation. Que serions-nous prêt à sacrifier pour un certain confort matériel ?

Malgré tout, le rire est assez présent. Déjà par le talent d’écriture de Philip Ridley et de son adaptateur français Louis Bernard. Puis par le jeu précis et en nuance des trois comédiens sur scène : Joséphine Berry, Louis Bernard et Floriane Andersen. Un très grand bravo pour une des scènes finales, où le couple Fleur/Joséphine Berry et Olive/Louis Bernard interprètent tous les personnages invités lors de la fête d’anniversaire de leur fils Benjamin. Une incroyable énergie à être tout le monde sans s’essouffler, sans que jamais on se perde sur qui est joué, avec posture, placement et façon de parler. Drôle et vraiment impeccablement jouer. Un grand moment de théâtre qui permet de mettre le talent de comédien en avant.

Malgré tout, le rire est assez présent. Déjà par le talent d’écriture de Philip Ridley et de son adaptateur français Louis Bernard. Puis par le jeu précis et en nuance des trois comédiens sur scène : Joséphine Berry, Louis Bernard et Floriane Andersen. Un très grand bravo pour une des scènes finales, où le couple Fleur/Joséphine Berry et Olive/Louis Bernard interprètent tous les personnages invités lors de la fête d’anniversaire de leur fils Benjamin. Une incroyable énergie à être tout le monde sans s’essouffler, sans que jamais on se perde sur qui est joué, avec posture, placement et façon de parler. Drôle et vraiment impeccablement jouer. Un grand moment de théâtre qui permet de mettre le talent de comédien en avant.

Et grâce à l’ingénieuse mise en scène de David Mercatali, les comédiens ont vraiment besoin d’être excellent car ce sont eux qui vont donner vie à notre imaginaire. Le décor se résume à trois pans de mur d’une maison et tout est blanc. On voit une fente de boîte aux lettres et trois luminaires au plafond. La touche de couleur est apportée par la robe jaune soleil de Fleur et les vêtements bleus d’Olive. Les personnages s’adressent au public pour leur raconter l’histoire avant de les plonger à l’intérieur du récit. Ils vont même demander au public de participer et sera parfois intégrer à des réflexions.

Un spectacle déroutant et ô combien drôle. Ne passez pas à côté de cette comédie servit avec d’excellents comédiens dans une mise en scène tirée au cordeau et au rythme entraînant.
23 sept. 2018
6,5/10
42 0
Joyeuses funérailles !

Ecrit par un des maître du genre, Philip Ridley, "Radieuse vermine" se veut un bijou de l'humour noir anglais.
Satyre ô combien pertinente de notre soif de possession, "Assez n'est jamais assez" .

Et en effet le texte est parfaitement réjouissant, provocateur et grinçant.

Malheureusement, les comédiens ont totalement occulté la profondeur et la noirceur du propos.
Ils ne jouent qu'une comédie légère, restent en surface et l'on n'y croit qu'à moitié, voire à certains moments pas du tout ... Il faut dire que le plateau nu et blanc ne les aide pas beaucoup.

Bien sûr il y a des scènes très réussies, comme celle de la fête, mais on sort de là frustré car ce qui aurait pu être une vraie réussite n'est finalement qu'un divertissement sympathique ...
Rien de plus !
22 sept. 2018
6/10
12 0
Olive et Fleur sont-ils prêts à tout pour avoir une maison qui brille de mille feux et épater leurs voisins ? La réponse est oui comme vous pourrez le voir !

Si le trio de comédiens est tout à fait impeccable, notamment le couple dans la presque scène finale où ils jouent un nombre improbable de personnages, le texte ne m'a malheureusement pas vraiment convaincue. Leur performance est d'autant plus remarquable qu'ils ne sont accompagnés ni de musique ni de décors (fond blanc pour le moins sobre).

Il n'y a en fait quasiment pas de bascule ou de suspens quant au chemin que vont prendre les personnages, à savoir rien de moins que tuer des sdf pour rénover leur maison. Vous ne voyez pas le rapport ? Chaque sdf, joliment nommé rénovateur par les personnages, tué dans la maison disparait au bout de 66 secondes (il me semble) et laisse place à une pièce digne du dernier magazine de décoration d'intérieur !

L'auteur, évidemment cynique, pointe en grossissant les faits le phénomène de gentrification des villes mais ne nous apporte pas de profondeur dans les sentiments des personnages (difficile de croire à leur angoisse vers la fin de la pièce alors qu'ils n'ont jamais failli) ou de réflexion sur ce sujet. On s'amuse des techniques du couple pour enchaîner rénovation sur rénovation en s'enfonçant dans le glauque mais sans plus en fait.