Critiques pour l'événement Pour un oui ou pour un Non
23 mars 2017
5/10
48 0
Deux acteurs vraiment géniaux, j'ai adoré l'engagement physique de Nicolas Vaude et la sobriété de Nicolas Briançon. Décor très sobre, très minimaliste.

Je n'ai pas été touchée particulièrement par le texte de Sarraute, et c'est dommage, car j'ai trouvé admirable la prestation des comédiens.
7,5/10
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Deux hommes, amis de longue date. Trois syllabes prononcées par l'un d'eux. Une amitié d'enfance remise en question, à la limite de la rupture, pour une intonation, une interprétation, une sensibilité. Une explication est nécessaire. Pourquoi a-t-il employé CETTE expression ? Pourquoi l'avoir dite sur CE ton ?

De ce "c'est bien....ça" prononcé par l'un c'est toute la colonne vertébrale de leur relation qui est remise en cause, menaçant de s'effriter. Cette amitié a-t-elle jamais existé ? N'était-elle qu'un leurre ? Quelle était la part de la sincérité et celle de l'hypocrisie tout au long de ces années ?

De ces trois petits mots c'est la relation de l'un à l'autre, des uns aux autres, un des piliers de la société qui semble remis en question.

Nathalie SARRAUTE nous rappelle à son goût pour la précision, son exigence pour la langue française. Car c'est le but de ce texte ciselé, précis, fin : nous interpeller sur les mots qui nous semblent anodins, que nous prononçons à la légère, sans vraiment y penser. Et si on décidait de s'y arrêter ? S'il fallait faire une mise au point sur ce que deux amis se disent vraiment ? De l'ergotage stérile seriez-vous tenté de penser !

C'est là que se trouve toute la force du texte : au travers d'une explication mouvementée entre ces deux hommes qui se sont si longtemps côtoyés, c'est une volonté de l'auteure de donner un sens à des propos, des échanges, des mots affadis soit par un usage trop fréquent, soit par une forme de détachement. Une minutieuse analyse de la langue et des comportements.

Léonie SIMAGA, à peine sortie de la Comédie Française dont elle était sociétaire, met en scène avec sobriété le texte de Nathalie Sarraute. Dans un décor minimaliste un banc évoque un intérieur d'une extrême simplicité. C'est le texte qui prime, la sobriété des lieux, la blancheur des lumières, mettent en avant l'intensité dramatique de cette situation, qui par ailleurs pourrait sembler si banale et si désuète.

C'est à Nicolas BRIANCON et à Nicolas VAUDE qu'elle a confié la tâche de donner vie à cette confrontation. Tandis que Nicolas BRIANCON est plutôt calme, serein, sûr de lui, et sûr de n'avoir jamais fait quoi que ce soit qui vise à moquer son ami, ni à le dénigrer, Nicolas VAUDE est tendu, fébrile, parfois un peu extatique. Dans ce quasi huis-clos perturbé par deux apparitions des voisins, les rôles s'inversent parfois dans un rapport dominant-dominé. On frôle parfois l'absurde dans ces logiques par toujours rationnelles.

Les deux comédiens dont le talent n'est plus à prouver sont fascinant par la puissance de leur interprétation. Ils servent avec précision un texte exigeant, faisant ressentir chaque nuance, chaque ponctuation, chaque code de langage susceptible de modifier les suites d'une action ou d'une situation selon la perception que l'un ou l'autre aura de ce qui est dit. Jusqu'à la question sous-jacente : quelle image renvoyons-nous à l'autre ?

En bref : Nicolas BRIANCON et Nicolas VAUDE, deux comédiens magistraux qui rendent hommage au très beau texte de Nathalie SARRAUTE par une remarquable interprétation, sous la direction fine et précise de Léonie SIMAGA. Un bel échange à ne pas manquer.
15 févr. 2017
6,5/10
43 0
Nous avons deux hommes différents sur scène. D'un côté, le plus charmant et charmeur avec Nicolas Briançon à la voix séduisante. Il est élégant avec une tenue assez soft avec une pointe de couleur. De l'autre côté, Nicolas Vaude, tout de noir vêtu, cheveux rebelles et un visage un peu espiègle (avec un style entre Peter Capaldi et Mister Bean).

Leur façon de s'exprimer, de marcher, de travailler... tout les oppose. Alors au final, sur quoi reposait leur amitié? Ce lien était-il basé sur un malentendu?

Certaines rancoeurs viennent alors s'affirmer mettant en branle une amitié longue de plus de 20 ans.

L'absurde teinte la situation d'un peu d'humour permettant de sourire pour détendre l'atmosphère. Le décor de Massimo Troncanetti d'apparence simple, d'une abstraction totale permet de valoriser les deux comédiens car rien ne permet d'attirer l'oeil. Juste un espace pour une fenêtre qui veut nous faire croire un moment à une réflexion en regardant dehors.

La mise en scène de Léonie Simaga permet de créer des moments de distance et de proximité entre les deux amis avec les mots échangés jouant sur les sous-entendus et les non-dits.

La nuance entre fougue et expressivité et entre sérénité et pondération ne m'a pas totalement convaincu. Ces deux hommes sont censés être amis depuis plus de 20 ans et pourtant je ne sens aucune proximité entre eux. J'ai bien du mal à rentrer dans l'histoire qui dure moins d'une heure. Il faut dire que Nicolas Briançon joue le même soir dans un autre théâtre parisien pas trop loin sur la ligne 12 à 21h00. Pas trop le temps de s'attarder même pour les applaudissements.

Une pièce qui ne m'a pas trop convaincu malgré le talent des comédiens. Le décor trop neutre et la distance entre les deux hommes ne m'a pas convaincu.
9 janv. 2017
6/10
40 0
Très beau texte, qui interpelle... mais je n'ai pas compris le sens de l'interprétation des deux comédiens.

Frustration face à ces deux comédiens au talent indéniable.
7 déc. 2016
6,5/10
24 0
Le pitch ? H1 a demandé à H2 de venir le voir.

Au moment où la pièce démarre, on les prend au mileu d’une discussion qui n’est pas encore une dispute. H1 a le sentiment que H2 est plus froid, plus distant et il aimerait connaître la raison de cet éloignement. H2 commence par nier, puis il finit par dire. Ce qui lui est resté en travers de la gorge, sur le cœur, c’est finalement une toute petite chose que son ami lui a dite. Mais de cette toute petite chose (de ce tropisme) va naître un monde de souffrance, de non-dits, de haine folle. Ce phénomène de loupe –comment une altération du langage révèle des gouffres émotionnels entre les gens- est au centre du travail de Sarraute et de cette pièce en particulier. Les deux Nicolas qui interprètent H1 et H2, amis de longue date –cette pièce de Nathalie Sarraute plait beaucoup aux amis- ont « passé commande » à Léonie Simaga qui l’avait déjà montée à la Comédie-Française en 2007.

Sur la scène du Poche-Montparnasse, quelque chose ne fonctionne pas. On a du mal à croire au départ à cette amitié qui est sur le point d’exploser sous nos yeux. Les deux comédiens semblent jouer chacun leur partition dans leur coin, sans jamais se rencontrer réellement. Nicolas Vaude surjoue constamment, laissant peu de place à son partenaire, lui-même cantonné au personnage condescendant.

Peut-être manque-t-il un peu, dans leur joute verbale, de ces fameux tropismes, de ces intervalles pleins de sous-entendus qui auraient amené davantage d’émotion sur le plateau.
25 nov. 2016
7/10
13 0
Que ceux qui n'aiment pas les mots passent leur chemin. Que ceux qui n'aiment QUE les décors, costumes et rebondissements ne perdent pas leur temps.
Mais que ceux qui aiment la finesse d'un texte, la subtilité d'un jeu d'acteur, la richesse de la langue et des émotions ne se privent pas de ce spectacle.
Cette pièce a pour seul contenu un dialogue entre deux amis et comment l'utilisation des mots et des silences influence une relation. Que représentent les non-dits, comment se voit-on dans le regard de l'autre, l'Ami mais aussi de la société.

J'ai vraiment apprécié le texte intense, intelligent, construit, multiple. Un long questionnement sur l'amitié, la réussite, la société.
C'est effectivement assez énigmatique mais si on l'accepte et qu'on se laisse porter par le texte, on se laisse envahir par l'intérêt intellectuel.
Je peux comprendre que ça puisse rebuter certains l'absence de trame, de décors et d'histoire.

Formidable jeu des deux acteurs, chacun dans sa partition. Briancon en retenue, assurance, force. Vaude en fougue, folie et décalage.
Mais quelle idée de lui faire faire la poule pendant 1/2h ! Sa tête ne cesse pas de faire le mouvement typique des gallinacés à chercher des graines dans les parois du décors. Avec son nez un peu long et sa chevelure telle des plumes je ne pouvais plus le voir faire sans avoir envie de faire le bruit de la poule. Et je ne suis pas la seule à y avoir pensé...
Heureusement qu'il est très bon acteur pour faire oublier ce "détail" avec le reste...
19 nov. 2016
4,5/10
76 0
Malgré des comédiens (les Nicolas Briançon et Vaudé) qui nous offrent un jeu d'acteur fantastique, je n'ai pas accroché. En fait, je n'ai pas vraiment compris. J'ai du décrocher à la cinquième minute. Pas d'émotion, un décor austère, froid. Un texte peut être puissant si on arrive à en décrypter les multiples messages.

Mais pour moi la mise en scène n'a pas permis au spectateur lambda (je mets de côté les fanatiques de Sarraute) de décrypter les enjeux de l'auteur.

Pas convaincue par la mise en scène. Dommage, ce type de théâtre est réservé à une catégorie de population qui peut d'avance en déchiffrer le contenu. Ce n'est certainement pas du théâtre grand public.