Critiques pour l'événement Pour la carte postale, j'aurais préféré la vierge en pyjama
4 nov. 2016
7,5/10
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Suzanne est une adolescente. Elle est au collège et en proie à tous les doutes que l’on traverse pendant cette période turbulente, faite de découvertes, de transformations et de restes d’enfance.

Suzanne, c’est une amie, une jeune amoureuse, une fille et une petite-fille. Et c’est au travers des lettres et des petits mots de son entourage qu’elle se dessine et apparaît sous nos yeux comme le témoin d’une génération.

Construit à partir des véritables lettres reçues par la metteuse en scène Louise Bataillon, entre sa classe de cinquième et de troisième, le spectacle nous propose le portrait en creux d’une ado, ses préoccupations et sa quête d'identité qui, bien qu'ici ancré dans les années 2000, avant l'ère du smartphone et de la communication instantanée, restent universelles.

Le travail de la mise en scène permet de rendre vivants ces courts écrits : les personnages identifiés par des totems où sont accrochés des objets leur appartenant, le travail graphique d'Anouk Rabot réalisé en direct et projeté en vidéo et les intermèdes musicaux de tubes instantanément identifiables, parviennent à recréer le petit monde gentiment foutraque, hésitant et protégé d'une ado sans problème.

La pièce nous fait l’effet des chewing-gums Malabar que l'on mangeait adolescents. Sucrée et éphémère, elle nous ramène en un clin d'œil quinze ans en arrière.