Critiques pour l'événement Politiquement Correct
26 mars 2019
8/10
4 0
On découvre une histoire d’amour entre une militante de gauche et un militant d’extrême droite pendant l’entre deux tours de l’élection présidentielle.

Une histoire d’amour peut-elle s’épanouir entre deux personnes qui ont des opinions politiques divergentes ? L’amour peut-il tout réconcilier ?

A la fin de la pièce, j’ai un sentiment mitigé : j’ai la sensation qu’il m’a manqué un peu de rythme car je m’attendais à une comédie où les répliques fusent mais j’ai aussi le sentiment, assez rare au théâtre, que cette pièce m’a donné à réfléchir, m’a dérangé à certains moments, posant la question fatidique : « Qu’aurais-je fait à leur place ? ».

Je pense même que ce petit manque de rythme que j’ai ressenti est voulu, comme pour laisser le temps au spectateur de « digérer » les introspections des personnages qui ont lieu sous ses yeux. Le spectateur suit l’évolution de cette histoire d’amour : des débuts où on ne se pose pas de questions et où on « compose » parfois avec la vérité, puis de l’évolution où des doutes s’immiscent avec des interrogations sur ses propres valeurs, jusqu’au moment du choix : « puis-je vivre avec ça ? ». La fin est surprenante et offre de nouvelles interrogations.

C’est une pièce qui fait réfléchir, nous interroger sur nos valeurs, sur ce qui est vraiment important pour nous, sur notre conception du monde. Pour cela, chapeau !!!
24 févr. 2018
6/10
55 0
Vu en décembre 2016 - donc avant cette campagne improbable et ces élections à rebondissements.
Si la pièce n'évite pas certains clichés, et en particulier sur le FN, elle est néanmoins pertinente sur le fond.
Les acteurs ont un jeu de bonne qualité qui leur permet de ne pas tomber dans la caricature.
24 janv. 2018
7/10
46 0
Voir cette pièce « Politiquement correcte » après l’élection de Donald Trump prend une autre dimension. Salomé Lelouch « l’auteure, metteuse en scène » a écrit une comédie « sociopoliticosentimentale » sur l’impossibilité d’aimer une personne politiquement incompatible. Quand l’amour ne résiste pas à l’idéologie. Alexandre et Mado, Thibault de Montalembert et Raphael Arditi sont les Roméo et Juliette de l’histoire des Frontistes et des Socialistes. Aux cotés de leur famille politique Ludivine de Castelet la Marxiste et Bernard Combe le facho font tout pour qu’ils se séparent. Le décor épuré s’adapte bien à l’intrigue. Je regrette l’épilogue sans espoir et par trop caricatural. Le débat aurait gagné à ne pas tomber dans le « mélopoliticofacho » primaire.
29 juil. 2017
7/10
68 0
Vu au festival d'Avignon, juillet 2017

Petit changement de distribution pour cette reprise à Avignon, avec Frédéric CHEVAUX dans le rôle du militant frontiste et Samantha MARKOWIC en prof d'histoire écolo-gaucho. Un couple qui fonctionne bien. Pas de différence d'âge visible et une rencontre amoureuse crédible.

L'histoire d'amour et sa progression sont très bien racontées. De la rencontre fortuite au sentiment amoureux naissant avec ses cachotteries, ses doutes, ses craintes, ses émotions et ses tourments.

Les deux amis représentant les tendances extrémistes sont sans doute caricaturaux mais je dois admettre que j'ai rencontré par mal de caricatures ses dernières années dans un camp comme dans l'autre... Donc pour moi, tout à fait crédibles également.

Concernant le discours politique, c'est plus délicat. A plusieurs reprises, dans les échanges d'arguments lors des disputes, je me suis dit "oui, là, ça devient intéressant, il faut creuser". Creuser, à travers le charme (indéniable) de ce militant frontiste, celui du FN qu'il incarne et comprendre pourquoi, comment il attire autant. Creuser les attitudes abstentionnistes ou le "tout sauf ça". Les arguments historiques sont intéressants mais d'autres existent, plus actuels. On aurait sans doute pu trouver des situations très concrètes où les deux amoureux ne peuvent se retrouver. J'ai trouvé trop facile la façon de finir ces débats : "je m'en vais face à toutes ces inepties", le coup de la clé USB et surtout la fin, à mon goût, digne d'un mauvais téléfilm.

La pièce est cependant intéressante, très bien jouée, avec une jolie histoire d'amour. Les élections sont passées mais on peut en reparler dans 5 ans. Bien entendu, aller voir cette pièce ne changera en rien les opinions des uns et des autres. Elle est surtout dans l'air du temps.
27 févr. 2017
4/10
88 0
L'idée de départ était bonne sur la place des convictions politiques dans un couple mais malheureusement on tombe vite dans les clichés concernant la gauche et la droite.

J'aurais aimé plus de subtilité et des dialogues plus travaillés. Je ne suis pas sûre qu'on puisse dire que la pièce fasse réfléchir car je pense que la majorité du public venant la voir était déjà convaincue par la thèse de Salomé Lelouch.
11 janv. 2017
7/10
82 0
Une pièce qui commence par une scène qui donne le sourire qu'on lachera peu par la suite.
Les acteurs sont bons et incarnent bien leurs personnages et leurs idées, quoique parfois dans la caricature pour les personnages secondaires. Mais le jeu des clichés reste efficace.

Ce sujet d'actualité est traité de manière humoristique et détendue globalement mais le fond de la pièce reste dans la critique et la peur d'un front national prenant de plus en plus d'ampleur.

Les débats sont intéressants et illustrent bien ce qu'on peut voir dans les médias à travers les petites batailles des politiques.

On ne voit pas la fin venir, elle est étonnante et tranche avec l'humour de la pièce en amenant l'image d'un avenir sombre et en délivrant un message plutôt clair aux spectateurs concernant leurs choix politiques.
9 janv. 2017
7/10
50 0
Un scénario qu’on pourrait qualifier de réaliste, sauf (on l'espère) sa fin.

Une pièce d’actualité, qui mêle politique et amour, deux sujets difficile à traiter. Les acteurs arrivent à nous emporter dans leur histoire grâce à un jeu sans fausse note.

On sourit, on s'intéresse, on passe un bon moment, on est surpris, mais le souvenir de la pièce n’est pas impérissable.
Une pièce à voir si on veut passer une soirée politiquement agréable.
7/10
51 0
Une pièce qui ne nous fera pas changer de bord politique qu'on soit de gauche ou de droite et c'est un peu dommage.

Mais c'est très bien construit, bien écrit et très bien joué.
Félicitations à Salome Lelouch.
27 nov. 2016
6,5/10
78 0
Thème décidément dans l'air du temps sur la scène Parisienne.
Après l'élection présidentielle de 2002 Droite/Extrême droite nous voici en 2017 et une élection Gauche/Extrême droite.
Le scénario est original, les idées un peu plus engagées que la pièce "A gauche A droite" mais développées avec moins d'humanisme et plus de concept. La gauche vue par les habitants du 6ème arrondissement peut être ? ... les acteurs sont bons ; ma préférence va à Andréa.

Bref un poil plus intello que la pièce "A gauche A droite". Ceci dit j'ai passé un très bon moment.
25 nov. 2016
7/10
59 0
Bien écrit, bien vu, pas simpliste, le texte est intéressant même si au final il n'apporte rien de plus que l'on ne sache déjà. Je suis même persuadée que chaque camp peut se retrouver dans les propos sans évoluer vers l'autre dans cette pièce. Que finalement chacun reste sur ses convictions sans avoir plus matière à réfléchir.

Les répliques sont souvent drôles, on ne rit pas à gorge déployée mais on prend plaisir à suivre ce couple et leurs amis.

On a tendance à préférer les seconds rôles aux deux acteurs principaux qui ne me semblent pas ultra crédibles en couple et qui sont finalement un peu chiants. L'acteur principal aurait peut-être gagné à être choisi plus jeune pour donner un aspect plus moderne à ce personnage qui reste dans le cliché intellectuellement et physiquement. Il le porte presque sur sa figure...
Les deux amis et le serveur apportent la touche de fantaisie et de rire qui manquerait sinon. Et la copine est super !

Bonne soirée, contente de l'avoir vu, du rire, mais pas bouleversée.
5 nov. 2016
7/10
51 0
C'est une pièce qui démarre légèrement, une histoire d'amour naissante avec ce grain de sel idéologique qui sera à l'origine de quelques scènes boulevardières entre quiproquos et secrets (à défaut de maitresse) à cacher, les amis "extrémistes" caricaturaux venant ponctuer l'histoire de quelques clichés entre deux flashs info de BFM. On se demande alors, bien que l'on passe un bon moment, s'il sera vraiment question de politique, ce qui est censé faire l'originalité de la pièce.

Arrive alors la seconde partie de la pièce où l'affrontement a bien lieu et ce qui fait tout l'intérêt de ce débat entre les deux amants, c'est que leurs avis sont moins tranchés. Le militant frontiste, à des années-lumière du fasciste comme il est si souvent représenté, rappelle ici une sorte de Florian Philippot chic qui expose son argumentaire de manière très sensée (comme Mado, on se perd même l'espace d'un instant à se poser des questions).

On commence alors à toucher à un débat intéressant, quoiqu'un gâché par le retour des copains grotesques (aussi bien dans le propos que dans le jeu), qui sera malheureusement stoppé net par un "élément de résolution" un peu trop brutal et facile (la "situation finale", pour ne rien spoiler, soit par contre bien trouvée).

Dommage, la pièce aurait gagné à se conclure de manière plus intelligente, je reste sur ma faim, mais je suis sur qu'elle aura déjà nourri un public plus large et pas forcément politisé.
5 nov. 2016
7/10
38 0
Pièce sympathique, surtout les deux amis des principaux protagonistes, qui sont assez extrêmes dans leurs convictions donc très drôles.

La fin par contre est totalement ratée.
19 oct. 2016
4/10
72 0
Après les bons retours lus ici et là, j'attendais avec beaucoup d'impatience une bonne comédie, intelligente et fine.

La pièce se décompose en 4 évènements identifiables qui doivent s'apparenter aux catalyseurs comiques de la pièce : la rencontre, l'inavouable amour, la confrontation, le dénouement.

La rencontre et l'inavouable amour nous servent tous les poncifs sur l'opposition politique entre la gauche humaniste et l'extrême droite fachiste. Même si Thibault de Montalembert donne de la crédibilité et de la prestence à son rôle, cela ne suffit pas à rendre toute cette partie ennuyante par une troupe peu convaincante.

La confrontation à 4, dans un repas arrangé 2 contre 2 permet enfin de nous donner à sourire après presque 1h de pièce. La fin est inattendue et nous propose un moment d'émotion.

Au final, je suis resté déçu par le ton très banal de l'analyse politique et les ressorts comiques épuisés. De plus, le casting est trop inégal avec une Mado qui ne donne pas le change.
12 oct. 2016
7,5/10
70 0
Ce que j’apprécie à La Pépinière Théâtre c’est sa programmation éclectique : cette année j’y ai notamment vu MALIGNE et la bonne surprise LE POISSON BELGE. Me voici de retour pour POLITIQUEMENT CORRECT, une comédie romantique (sur le papier) sur fond de politique qui tourne rapidement à l’analyse sociologique. Peut-on aimer quelqu’un qui ne partage pas les mêmes opinions politiques que soi ? Si oui, jusqu’à quel point est-ce rédhibitoire ? Vaste sujet que tente d’aborder Salomé LELOUCH, auteur et metteur en scène, à travers une pièce résolument moderne, qui ne laissera personne indifférent.

QUAND ALEXANDRE RENCONTRE MADO
A la base j’ai réservé cette pièce sur son postulat de départ (voir ci-contre), propice à mes yeux à comédie (fût-elle romantique). Mais, passé le stade de la rencontre amoureuse, lorsque Alexandre (impeccable Thibault DE MONTALEMBERT) avoue à contrecœur à Mado (Rachel ARDITI) ses opinions politiques, diamétralement opposées aux siennes, la pièce bascule irrémédiablement. La question de savoir s’il est possible d’aller jusqu’à la renonciation de ses propres convictions par amour se pose alors pour les deux protagonistes. Pour tenter d’y répondre l’auteur a notamment fait le choix d’un personnage adhérent et acteur engagé au Front National comme limite morale pour Mado, les échanges se focalisant alors principalement autour de la nocivité ou du côté salutaire du Front National et sur les idées qui seraient susceptibles d’être acceptables ou non (attendu que le son cœur l’emporte sur la raison). Que l’on se situe loin ou non, à titre personnel, des idées du Front National, ces échanges-là n’en restent pas moins bougrement intéressants. Surtout à la lumière du débat national qui s’annonce dans les prochaines semaines/mois… Je regrette néanmoins que les arguments des deux camps se limitent parfois à une succession de lieux communs mais j’imagine qu’on ne peut pas analyser un programme politique complet en 1h30.

Côté argumentation justement à mes yeux l’auteur a fait le choix d’une certaine distance, ne prenant pas directement parti pour l’indécence affichée ou la bien-pensance exprimée et laissant libre le spectateur de ses opinions (c’est plutôt agréable de ne pas se sentir téléguidé), à l’exception peut-être de la scène finale (dont je reparlerai plus bas).

DE CHASTENET EN EMBUSCADE
La pièce fonctionne grâce à ses têtes d’affiche, notamment Thibault DE MONTALEMBERT. L’homme est confondant de naturel et brille dans l’interprétation d’un homme tiraillé entre ses convictions et la femme qu’il aime. En gaucho-écolo Rachel ARDITI m’a moins convaincu. Plus détachée, plus réservée aussi, elle a eu du mal à faire jeu égal avec son comparse masculin. Dans le rôle de sa meilleure amie j’ai retrouvé avec plaisir Ludivine DE CHASTENET mon coup de coeur de DE VRAIS GAMINS. En second rôle elle éclipse totalement ARDITI par sa verve et son énergie communicative. Elle interprète avec justesse et précision un personnage droit dans ses bottes, prêt à mordre pour ses convictions révolutionnaires et n’hésitant pas à ouvrir les yeux à une amie aveuglée par les sentiments. Son pendant masculin Bertrand COMBE interprète avec des hauts et des bas un personnage antipathique à souhait . Ses (nombreuses) bafouilles tout au long de la pièce m’ont également quelque peu gêné (un jour sans probablement).

Salomé LELOUCH signe donc une pièce à cheval entre comédie romantique et politique. Un mix plutôt agréable mais c’était sans compter sur un dénouement abrupte qui m’a laissé fort perplexe en tombant un peu dans la facilité, comme si l’auteur ne savait pas trop comment conclure son histoire. La pièce n’aura d’ailleurs probablement aucun impact sur les propres convictions politiques des spectateurs, fussent-elles en accord ou en opposition avec celles des personnages. Enfin, je reste persuadé qu’une dose supplémentaire d’humour aurait été salutaire, légèreté n’étant pas forcément synonyme de vacuité.
1 oct. 2016
8/10
75 0
La Pépinière Opéra offre décidément de jolies surprises et propose tous les ans de belles pièces.

Salomé Lelouch dont j'avais déjà vu des pièces au Ciné 13 Théâtre qu'elle dirige, a franchi encore un niveau en qualité d'écriture avec celle-ci. On sent que le thème lui tient à coeur : le Front National séduit énormément de personnes aujourd'hui et pas forcément les profils auxquels on l'associait jusqu'ici. Et cela l'inquiète.

Tant et si bien que son héroïne Mado tombe follement amoureuse d'un homme, dont jamais elle n'aurait accepter d'être proche, si elle avait découvert les opinions politique avant de coucher avec lui.
Il faut dire que ces deux là, lorsqu'il se sont rencontrés, ont parlé de portable, puis de tout sauf de politique.
Le Front National, depuis qu'il a polissé son discours, divise toujours mais malheureusement s'est aussi renforcé en voix. D'ailleurs, ici, la pièce, l'annonce même au second tours des élections présidentielles. C'est dire la menace qu'il représente...

Salomé Lelouch nous questionne, on sent qu'elle a du, soit être confrontée à cette situation, soit l'avoir vécu avec des amis proches. Est ce que l'amour rend aveugle ? Je vous laisse découvrir cette pièce qui nous fait réfléchir mais réserve aussi de la place au rire. C'est très bien écrit, cela ne tombe jamais dans la facilité et cela fait du bien. Rachel Arditi qui interprète Mado, y met toute son énergie et est très juste. Thibaut de Montalembert, découvert dans la série dix pour cent est très bien lui aussi dans le rôle de l'avocat, cadre important du Front. Les second rôles ne sont pas en reste avec une mention spéciale pour le propriétaire du café. Seul bémol, la fin. Comme je l'ai lu dans d'autres critiques, cela donne l'impression que Salomé Lelouch ne savait pas comment terminer sa pièce et a choisi de bâcler sa fin. Dommage car le reste est de haute volée et courageux. Je recommande cette pièce, en particulier à l'approche des élections à venir.

Enfin, j'ai bien aimé la mise en scène et les décors.
26 sept. 2016
5,5/10
63 0
Un sujet en apparence sensible. Il semble que Salomé Lellouch n'ai pas souhaitée diviser son public, ou imposer son avis. Enfin... jusqu'à la conclusion vaseuse du spectacle. Ne pas aimer ce spectacle, est-ce être de droite ?
Une prise de position aurait été peut être préférable. Il y a trop de bons sentiments (offerts par des acteurs tous très bons). Mais ce surplus de politiquement correct tombe comme un soufflet avec la conclusion du spectacle. En effet, la chute (je la dévoile, mais je pense que cela ne change rien à l’expérience du spectateur, sinon, passez à la ligne suivante) qui donne un FN gagnant imposant des lois absurde plus folles encore que celles imposées sous le IIIeme Reich. Ici vient ce problème, alors que l'auteur a laissé parler équitablement la droite et la gauche, elle assène un coup inattendu et inutile.

L'histoire d'amour n'est pas assez exploitée. C'est l'histoire d'un coup d'un soir improbable mais jamais vraiment développé. Après vingt minutes de rencontre, une heure de politique.
Pourtant, malgré des personnages tout à fait clichés, l’écriture reste bonne, et propose quelques fois des questions intéressantes. La thématique est d'actualité, mais contrairement à la pièce de Ruquier, je pense que Politiquement correct, va vite être datée et se faire oublier.
24 sept. 2016
8,5/10
64 0
Salomé Lelouch n'est tombée dans aucun des pièges inhérents à ce sujet pourtant casse gueule. Pas de manichéisme ni de bien-pensance ici, mais une exposition des points de vue de chacun, des dialogues intelligents, qui sonnent juste et beaucoup d'humour.

La mise en scène (Salomé Lelouche itou) est dynamique et pleine de petites trouvailles. L'ensemble est très bien interprété.

Je recommande chaudement.
18 sept. 2016
8,5/10
165 0
Vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas !

C'est au final (au tout final) la morale de cette fable politico-sentimentale ou sentimentalo-politique, au choix.

23 avril 2017.
Le soir du premier tour de l'élection présidentielle.

La candidate de l'extrême-droite, leader du parti « le Front » (elle ne sera jamais nommée, mais suivez mon regard...), cette candidate est qualifiée haut la main pour le deuxième tour.

Le même soir, Mado (l'excellente Rachel Arditi), prof d'histoire aux idées et aux convictions fortement ancrées à gauche, va éprouver un coup de foudre réciproque pour Alexandre (le non-moins excellent Thibault de Montalembert), avocat et par ailleurs militant et cadre de ce « Front » d'extrême-droite.

Pendant une heure et demie, cet amour entre deux personnes aux idées diamétralement opposées sera (apparemment) le sujet de cette pièce.

Peut-on aimer quelqu'un qui ne partage pas du tout mais alors pas du tout les mêmes idées politiques que vous ?
Est posée bien entendue la question de l'identité politique de chacun.

Salomé Lelouch, auteure et metteure en scène, sous couvert de cette interrogation, va accumuler très habilement et volontairement les clichés qui font que certains, par paresse intellectuelle, par ignorance ou par peur, envisagent de porter au pouvoir un parti xénophobe et raciste apparemment dédiabolisé.

Et fusent les « On ne l'a jamais essayé », « Ca ne peut pas être pire que maintenant », « Les autres sont tous pourris », « De nos jours De Gaulle et Jules Ferry seraient d'extrême-droite », j'en passe et des pires.

Là où l'écriture est vraiment habile, c'est qu'il faudra attendre la toute fin de la pièce pour la démonstration et la dénonciation de la dangerosité de ces types de raisonnements.
Cette fin m'a bluffé, mais je n'en dirai évidemment pas plus.

Je vous rassure, une certaine gauche en prend également pour son grade. Cette pièce n'est pas angélique, et j'ai cru comprendre que la metteure en scène avait connu, comme pas mal d'entre nous, bien des désillusions récentes. (Là encore, suivez mon regard...)

Le quintet de comédiens fait mouche, et les trois autres rôles provoquent souvent bien des rires et fous-rires.

Le copain frontiste aux idées nauséabondes (Bertrand Combe), la militante marxiste pas communiste ! (Ludivine de Chastenet), ainsi que le propriétaire du restaurant (Arnaud Pfeiffer) où se déroule l'action sont eux aussi excellents, et servent parfaitement les intentions de l'auteure.

La mise en scène est alerte, vive, parfois volontairement un peu déroutante, on ne sait pas toujours dans quelle direction va aller la pièce qui se déroule dans un décor réduit à sa plus simple expression, un comptoir de bar modulaire.
Ainsi tout le monde se concentre sur le texte et le jeu des comédiens.

Une belle soirée où l'on rit, certes, mais où l'on réfléchit beaucoup pendant et surtout après !
Oui, maintenant, ceux qui ne savaient pas ou ne voulaient pas savoir, ceux-là savent.
17 sept. 2016
5/10
65 0
Je n'ai pas du tout été séduite par cette pièce, à mon grand regret car je l'attendais beaucoup ! J'ai trouvé le scénario extrêmement léger, les personnages complètement clichés. Entre la gauche bien-pensante idéaliste et un frontiste cool et décomplexé, auxquels s'ajoute une histoire d'amour à l'eau de rose qui n'a pas grand intérêt.

D'autant plus que la fin du spectacle, qui est plutôt émouvante et dur, ne colle pas du tout au reste de l'ambiance de la pièce.

Malgré tout, une mise en scène agréable et un jeu de comédiens plutôt bon (big up à Ludivine de Chastenet, que j'avais vu dans "sous les jupes" et que je trouve exceptionnelle !)
11 sept. 2016
8/10
54 0
Politiquement Correct a pour thème la montée en puissance du FN.
Ce thème est mis en perspective par une romance : celle d'un militant du Front National et d'une "bobo de gauche". Tout les oppose pourtant ils s'aiment... Voilà le tableau général de la pièce.

La rencontre est attendrissante et les questions se posent d'emblée : peut on aimer quelqu'un qui a des idées contraires aux nôtres ? Qui sont les gens qui militent FN ? Et beaucoup d'autres interrogations qui arrivent dès que l'on sort des préjugés et des clichés.
La pièce aurait pu dévier vers une condamnation et une diabolisation du FN. Cela n'a pas été le cas, elle a été juste et fine en nous exposant les argumentaires des deux partis.

La mise en scène aide l'histoire malgré le décor un peu moche, l'idée est bonne de réunir les personnages dans un bar. N'est-il pas meilleur endroit pour débattre ?
Les acteurs sont bons et portent la pièce.

Seul bémol, la fin trop abrupte et facile. Faire une fin à cette pièce est assez casse-gueule et en y repensant c'est peut être l'une des seules issues possibles.
10 sept. 2016
9/10
47 0
Nous avons trouvé cette pièce géniale : acteurs excellents, dialogues intelligents, scénario bien construit, sur un sujet difficile. Mise en scène sobre.

La pièce mérite 8 ou 9 sur tous les critères (sauf le rire : pièce plus sérieuse qu'hilarante !)
9 sept. 2016
6/10
18 0
L'histoire : les 2 protagonistes principaux se rencontrent avant le 1er tour de l'élection présidentielle de 2017, ils n'ont pas échangés sur leurs opinions politiques, pourtant elle est à gauche comme lui est au front national... ambiance.

Si la pièce n'évite pas les clichés (sur les gens de droite et de gauche) elle essaie même de s'en amuser et cela fonctionne au début. Le problème, c'est que nous ne dépasserons que très rarement ces clichés pour rester donc au même niveau que ce que l'on entend partout et depuis des mois (sur la France, l'Europe, l'immigration etc..). Au final même si l'intention est louable, l'ensemble me laisse un goût un peu naïf.

La mise en scène est assez convenue et la scénographie, minimale et peu originale... en revanche les comédiens sont tous plutôt très bons.

Pour les comédiens et parce que Salomé Lelouch a choisi un thème pas forcément facile à traiter, allez-y !
8 sept. 2016
7/10
21 0
Un soir de printemps et d’élection présidentielle, Alexandre et Mado, se sont donnés rendez-vous dans leur bistrot habituel « chez Loulou ». Ils ne se connaissent pas, mais par un curieux concours de circonstances, ils ont chacun le portable de l’autre !

Elle est charmante, lui séduisant, ils parlent bien entendu des résultats du premier tour et Cupidon s’ennuyant ferme se jour-là, décide de tirer ses flèches un peu n’importe comment. Et voilà que la gauche et l’extrême-droite se retrouvent amants !

Andréa, marxiste et amie de longue date de Mado, est heureuse du bonheur de Mado, et beaucoup moins quand elle apprend les préférences politiques d’Alexandre, le point d’orgue est donné avec Louis, ami d’Alexandre, fleuriste de son état et militant FN.

Peut-on aimer malgré les différences d’opinion ? Oui, pourquoi non, maintenant vivre dans le militantisme de l’autre et faire avec, n’est sans doute pas chose facile. Rien ne dit non plus, qu’un couple ayant la même opinion politique est plus solide.
En tout cas, on ne peut pas reprocher aux comédiens leur engagement pour cette comédie, on rit souvent, mais la fin surprenante m’a laissée perplexe.
6 sept. 2016
9/10
9 0
La Pépinière Théâtre ouvre la saison avec une pièce qui est en quelque sorte d'actualité puisque la première scène se déroule au cours d'une soirée d'annonce de résultats électoraux, ce qui va bientôt agiter nos esprits, si ce n'est déjà commencé.

Politiquement Correct est la troisième pièce de Salomé Lelouch qui après s'être confrontée à l'identité familiale, puis l'identité religieuse (et culturelle) questionne maintenant l'identité politique.

Elle est partie cette fois d'une interrogation osée : une histoire d'amour est-elle possible entre deux personnes qui auraient des opinions politiques diamétralement opposées ? Et si tant est que l'histoire s'enclenche, quelles seraient ses chances de durer ?

Sans concerner tout le monde à un tel niveau d'interrogation la pièce pose la question de la place que la politique occupe dans un couple. Et cette fois c'est tout le monde qui est potentiellement concerné.

Le sujet est casse-cou et Salomé Lelouch s'en tire brillamment. Parce que c'est drôle, très drôle, sans craindre la gravité, et que la dimension politique est parfaitement exploitée.

Si Mado ne s'était pas trompée de téléphone elle n'aurait pas rencontré Alexandre. Son amie Andréa, amie marxiste / féministe, a oublié son sac et tombe nez à nez avec le meilleur ami d'Alexandre. Il y a quelque chose de l'Amour et du hasard entre ces quatre là ... en ce sens que les apparences sont trompeuses et que les situations s'enchainent en miroir.

Il faut reconnaitre qu'on ne peut pas d'emblée interroger quelqu'un qui nous plait pour décider de poursuivre ou non une conversation selon que l'on partage ou pas des opinions politiques identiques. Pourtant tout le monde a pu vivre à un moment de sa vie une situation de cette complexité, et qui se traduit avec beaucoup de justesse par la réplique : je ne te dis pas tout mais je ne te mens pas.

Alexandre fait partie de cette extrême droite "dédiabolisée", populiste et prétendument moderne. C'est ce qui ne le rend pas repoussant et Mado veut effectivement croire qu'il n'est pas raciste, mais nationaliste. Elle ne va pas se rendre compte qu'elle tombe amoureuse d'un militant d'extrême-droite, ce qui raconte peut-être quelque chose sur le glissement de la gauche ou sur celui de l'extrême droite. La jeune femme va devoir définir son identité politique de façon intime, et se positionner entre son héritage et son avenir. À l'image de la France, elle va devoir choisir son camp.

La pièce raconte une histoire d'amour à l'épreuve des passions politiques, mais elle permet aussi de mesurer combien les passions politiques peuvent résister (ou évoluer) à l'épreuve de l'amour.

Nous sommes loin du théâtre de boulevard et des grosses ficelles. Le texte fait rire mais la dialectique est brillante jusqu'à la fin qui tombe comme un couperet, magistralement. On en sort forcément secoué. Et c'est bien une des fonctions du théâtre que de faire réfléchir.
4 sept. 2016
4/10
194 0
Pour être politiquement correct je dirai que c'est une pièce plutôt gentillette qui voudrait nous faire réfléchir sur le Front National au moment où les campagnes en vue de l'élection présidentielle de 2017 viennent de commencer.

La pièce est très bavarde et Salomé Lelouch ne nous épargne pas le rabâchage et les clichés mille fois entendu sur ce parti politique. C'est un peu naïf, ça manque d'un véritable travail sur les dialogues pour que cela soit vraiment percutant.
Si pour certains cela peut déboucher sur des discussions après spectacle, tant mieux, c'est peut être le but, mais théâtralement parlé j'y ai trouvé trop d'imperfections. Je ne m'y suis pas ennuyé, cela ne m'a pas passionné plus que ça.

A noter que lorsqu'on est assis rang C à l'"extrême droite" à l'orchestre on ne voit pas la totalité des textes qui défilent en fond de scène. J'ai interrogé les 2 personnes à mes côtés qui ne les ont pas vus non plus...

Mais ce n'est que mon modeste avis, faites-vous le vôtre, et allez au théâtre. Bonne soirée.
4 sept. 2016
8,5/10
44 0
Une pièce intelligente, alternant légèreté et gravité.

Avril 2017, le front national arrive au second tour de l’élection présidentielle, face à un candidat socialiste… Le sujet est sérieux, et surtout apparaît comme le présage d’un futur proche. Mado et Alexandre tombent amoureux le soir du premier tour, elle est de gauche, lui est militant FN engagé. Peuvent-ils tout de même s’aimer ? La question, à première vue futile, devient rapidement le prétexte à une analyse de l’idéologie frontiste.

Car finalement « Politiquement correct » amène surtout les spectateurs à s’interroger sur le front national. Les adhérents à ce parti sont-ils vraiment des fachos infréquentables ? Mado l’amoureuse a bien envie de prouver que ce n’est pas le cas, et se risque à décortiquer les grandes idées portées par le front, pour y trouver un peu d’humanité. Les débats sont souvent houleux, parfois plus drôles. Tout au long de la pièce, rythmée par des flashs info d’un réalisme déconcertant, la tension monte jusqu’à la soirée du second tour.

On assiste à de beaux moments qui sonnent juste, notamment quand Mado et Alexandre tombent d’accord pour dire qu’avoir peur des étrangers, c’est surtout avoir peur de voir ses semblables disparaître, ou encore quand l’amie de Mado fait un parallèle entre ce que l’on projette pour soi et ce que l’on souhaite pour ses concitoyens.

Salomé Lelouch évite globalement de tomber dans un jugement partisan et semble vouloir aborder ce sujet risqué de manière assez neutre. Mais la fin de la pièce, plutôt déroutante, vient apporter un jugement brutal et tranché. J’aurais préféré une fin plus légère et moins subjective.

Une belle réussite tout de même, ancrée dans l’actualité, à découvrir en cette année électorale.
3 sept. 2016
8/10
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Il est difficile de parler de cette pièce sans en révéler des morceaux. Nécessairement on va vouloir débattre de ce qu'elle porte, sous entend et présage.

Un ton juste et résolument orienté vers la comédie romantique sur un fond de politique, pas si fiction que ça, avec un message bien senti en fond d'histoire, voilà en résumé ce qu'on peut dire sans rien révéler.

Des comédiens très bons, une mise en scène et en lumière qui m'ont séduite, bref un excellent moment que je recommande à tous pour qu'on puisse ouvrir la réflexion ensuite.