Critiques pour l'événement Par le bout du nez, François Berléand, François-Xavier Demaison
7 mars 2020
6,5/10
9
Le duo de choc (Mathieu Delaporte et Alexandre De La Patellière) qui a écrit ‘Le Prénom’ revient aux affaires avec une pièce qui parle d’un président de la république (François-Xavier Demaison), nouvellement élu. Ce nouveau président doit prononcer le soir même son premier discours mais lors de la répétition de celui-ci, il est victime d’intenses démangeaisons dans le nez qui le font grimacer horriblement… Ces démangeaisons se calment dès qu’il arrête son discours…Après avoir consulté un ORL, il est contraint de faire appel à un fameux psychiatre (François Berléand) qui doit tout laisser tomber pour essayer de traiter en urgence ce jeune président : ils n’ont que peu de temps et le président n’est pas homme à se dévoiler facilement. Heureusement notre psychiatre est un maitre dans son domaine et il va déployer quelques ruses afin d’aider son atypique patient.

En découvrant le pitch de cette histoire de ‘nez,’ je n’étais pas sûre que j’allais apprécier la pièce. Mais il faut reconnaitre que le duo Delaporte – De La Patellière a su me détendre et me faire rire, certes pas à tout bout de champs comme certains de mes voisins dans la salle mais certains passages sont vraiment réussis. Le revers de la médaille, c’est que le rythme de la pièce est loin d’être uniforme : j’ai eu un peu de mal à entrer dans la pièce. Pour moi, la pièce décolle lorsque le psy propose de tuer le père. Il n’y a de nouveau une phase un peu à vide après ça. Et puis ça repart… Il y a quelques phrases qui m’ont fait penser (à tort ?) à notre situation politique actuelle mais évidemment toute ressemblance avec notre réalité n’est que fortuite.

La mise en scène de Bernard Murat est sans saveur, presque invisible dans un décor de Nicolas Sire qui rappelle le bureau de l’Elysée avec au loin les jardins du palais.

Heureusement les deux comédiens sont excellents chacun dans un style propre : François Berléand est très sobre et posé dans son rôle de psychiatre tandis que François-Xavier Demaison campe un président énergique et virevoltant, il semble beaucoup s’amuser lorsqu’il grimace. Et j’avoue que nous aussi.
Alors certes, on est loin du mémorable ‘Prénom’ mais on passe une soirée sympathique.
5 mars 2020
7/10
9
Une affaire de duo : le premier, Delaporte et de la Patellière, auteurs de cette pièce, a déjà œuvré pour nous offrir plusieurs comédies dont le superbe Prénom, acclamé au Théâtre Edouard VII en 2010, et nommé aux Molière.


Ce Bout du nez, bien que n'ayant rien à voir en thématique, a en commun les bons mots, les tournures, le rythme.


L'autre duo, Berléand et Demaison, nous délecte de ce texte qui leur sied fort bien, se renvoyant les répliques comme des balles de ping-pong, chacun permettant à l'autre de briller. Berléand, toujours excellent, quel que soit le registre, alterne ici sobriété et coups d'éclats, quand son comparse joue de mimiques, de tics bien trouvés, pour créer ce Président embarrassé au bord de la crise de nerfs.


L'élégance du décor ajoutera au réalisme pour nous faire adhérer à cette étonnante situation, et savoir ce que va révéler cette psychanalyse express.


Un divertissement qui tombe à point nommé pour nous redonner le sourire en matière de politique.
26 févr. 2020
6,5/10
10
Une pièce drôle et légère.
2 personnages dans l'air du temps qui nous amusent de leurs travers.
Le poids de la famille qui joue sur tous nos choix de vie.
Peut-on se défaire d'un héritage émotionnel ? Peut-on faire ses propres choix ? Sommes-nous le fruit des névroses et frustrations de nos parents ?

C'était une Première, donc imparfait, mal huilé, avec des accroches. Mais rien que du très normal.
Parce que le texte est là, les comédiens occupent leur rôle, la rythmique est lancée.

La mise en scène est insipide et sans saveur. Mais est-ce que Murat fait du grandiose habituellement, je n'ai pas l'impression.
Il fait du théâtre de papa pour mamie.

Le texte est moderne, léger, bien écrit et drôle. Il méritera sans doute à être affiné, coupé par endroit, gonflé à d'autres. Mais ça, ce sont les ajustements normaux de toute pièce.
La seule déception est le manque de surprise dans le contenu. C'est un peu convenu.

Les comédiens doivent encore roder leur jeu pour se l'approprier pleinement. Il manque par moment de fluidité entre eux. Mais grâce à ces acteurs de talent tout est presque déjà là.
Berléand est plus en retrait, plus hésitant. Demaison en fait parfois trop, notamment dans ses déplacements et gestuelle. Il veut occuper l'espace et ça se sent.

Une bonne soirée. Qui le sera encore plus après du rodage.