Critiques pour l'événement Opérapiécé
21 juil. 2019
8/10
3
Elles chantent bien et jouent très bien la comédie, les textes sont amusants, les arrangements sont excellents, beaucoup de trouvailles pleines d'humour dans les costumes et la mise en scène, l'accordéoniste joue magnifiquement...

Un beau cocktail pour une soirée d'été légère qui donne le sourire !
19 juin 2019
8,5/10
3
Opérapiécé s'annonce comme un spectacle d’humour musical.

C'est assez juste mais c'est bien plus que cela parce que les voix d'Aurore Bouston et de Marion Lépine sont stupéfiantes, que la mise en scène de William Mesguich est juste (on ne la remarque pas et pourtant elle est là, ce qui signifie qu'il n'y a pas d'effet superflu), que les costumes de Marie-Caroline Béhue ajoutent une dimension baroque tout à fait appropriée, et que bien entendu l'accordéon est totalement maitrisé par Marion Buisset, à tel point qu'il devient un instrument "moderne".

Je n'aurais pas misé sur ce titre d'Opérapiécé qui m'évoque le bricolage, ni sur l'affiche (même si son auteur a signé celle de la pièce à succès, Edmond). Ces réserves n'ont aucune incidence sur la qualité du spectacle que je recommande aux mélomanes parce qu'ils seront aux anges et jubileront de reconnaitre chacun des 78 compositeurs ayant participé à la bande originale.

Je le conseille tout autant à ceux qui ont peu de connaissance musicales, tant en classique que dans les variétés. Les airs chantés dans Opérapiécé sont écrits sur les thèmes très connus de la musique classique instrumentale : Vivaldi, Grieg, Strauss, Tchaïkovski, Mendelssohn, Debussy, Ravel, Fauré, Albinoni, Schubert, Brahms, Beethoven, Verdi... mais il n'est pas utile d'être féru dans le domaine pour apprécier la soirée. Les interprètes ont le sens de la scène et les compétences pour toucher tous les publics, y compris les enfants. De plus elles vous distribueront la liste des références des musiques et chansons à la fin et vous pourrez tout à loisir les ré-écouter de retour chez vous.

Vous sortirez de cette magnifique salle voutée de l'Essaïon avec la sensation d'avoir respiré de l'oxygène à haute dose, avec l'envie de chanter et de danser ... même si la pluie se met soudain à tomber.

Ce qui est juste c'est que le concert est un bouquet de paroles et de musiques. Chaque tableau est annoncé par un mot composé de lettres, façon Scrabble, sur une cimaise fixée sur la pierre : Opérassedic, Opéramage, Opérappelletoi, Opéramitié, Opéramour ...

L'équipe artistique ne prétend pas donner de leçon. Tout n'est que plaisir et le scénario est simplement un prétexte à construire un exercice de style. La prochaine cérémonie des Molières y gagnerait beaucoup à solliciter ce trio pour égayer intelligemment la soirée. Au moins les organisateurs maitriseraient le discours sur l'intermittence sans que les gilets jaunes aient besoin de complicité pour s'infiltrer sur la scène. Ce serait tellement plus drôle !


Le point de départ du spectacle est la répétition d'une oeuvre que des artistes travaillant sous le régime de l'intermittence (et courant donc le cachet) espèrent voir programmer. Le livret met en scène la rencontre d’une jeune femme conquérante avec un personnage plus mystérieux, animé par des sentiments ambivalents... L'orchestre est réduit à une seule musicienne, ... accordéoniste, qui saura passer d'un registre à un autre avec naturel.

Les grands tubes classiques s'enchainent avec bonheur au registre plus inattendu du répertoire de la variété française. Les paroles sont parfois détournées tout en demeurant à propos, ou en prenant carrément le contrepied. Une mélodie de Françoise Hardy succède à un thème de Ravel. Un air signé William Scheller s’enchaîne au Guillaume Tell de Rossini. Un refrain de Brigitte Fontaine s'accorde avec la 40ème Symphonie de Mozart. Le spectateur va de surprise en surprise. Les airs sont parfois légèrement arrangés, mais une oreille aguerri se réjouira de les reconnaitre, surtout quand ils interfèrent comme un extrait de la comédie musicale Notre Dame de Paris.

Les chanteuses sont très expressives, et quel plaisir de les entendre sans que leurs voix soient amplifiées (ou déformées) par une sonorisation. La direction musicale de Louis Dunoyer (à gauche, à coté de William Mesguich) est à saluer également.


Quand la rigueur musicale s'accorde à ce point avec la créativité et la vitalité on ne peut que souhaiter longue vie à cet opéra d'un genre nouveau. C'est 1 h 15 de bonheur ... bien plus que les 2 minutes 35 promises par Sylvie Vartan en duo avec Carlos.
10 juin 2019
9/10
3
« Opérapiécé » de et avec Aurore Bouston et Marion Lépine au théâtre Essaïon dans une mise en scène de William Mesguich est une folie musicale qui décoiffe et met à l’honneur la musique classique.

Décidément ce théâtre Essaïon a une programmation qui va de pépite en pépite. Après Denise jardinière vous invite chez elle, Anatomie de la joie et Voyage dans les mémoires d’un fou, c’est une très belle découverte que cet Opérapiécé même si sa carrière est déjà longue.

Opérapiécé construit comme un patchwork, où les morceaux de musique classique sont raccommodés avec des chansons de variété. Les grands « tubes » des deux parties s’assemblent allègrement pour donner un spectacle complètement loufoque.

Nous découvrons deux intermittentes du spectacle déjantées qui courent après les cachets pour remplir leur quota d’heures qui leur permettraient de toucher les Assedic, avec pour musique d’ouverture l’Hiver des Quatre saisons de Vivaldi.
Un thème triste mais qui n’engendre pas la mélancolie tant le texte est très drôle et interprété avec beaucoup de légèreté et de détachement.
Pensez donc, du Vivaldi sur des chansons populaires avec des paroles originelles ou détournées comme « Je n’aurai pas le temps » ou « Le téléphone pleure » ou même encore « La valse à mille temps » : le rire est assuré !

Un spectacle entièrement chanté, en solo ou en duo, à la façon Jacques Demy accompagné à l’accordéon par Marion Buisset aux doigts très agiles qui de temps à autre se fera remarquer dans les interludes. Une prouesse vocale tant les enchaînements des chansons et les rythmes défilent à une vitesse impressionnante.
Vous avez à peine le temps de reconnaître le thème musical qu’elles sont déjà passées à la mesure suivante : dans un tourbillon maîtrisé à la perfection ce ne sont pas moins d’une trentaine de compositeurs classiques qui accompagnent une cinquantaine de chansons de variété française pour un final à l’américaine avec le succès mondial « The show must go on ». Le tout arrangé musicalement par Louis Dunoyer, une très belle idée que cette transcription pour un accordéon magique.

Un texte, des situations très drôles qui font beaucoup rire, et où l’émotion vient pointer le bout de son nez. Comment ne pas être sensible à ce tableau sur l’amitié dans lequel l’adagio d’Albinoni fait merveille.

Nos deux artistes à la formation lyrique indéniable avec leurs voix chaudes, rocailleuses, sensibles, émouvantes, sont divines dans cette course poursuite énergique aux contrats. En chemin elles croiseront beaucoup de personnages, dont un assez troublant, qui viendront agrémenter l’histoire et cela nous permettra d’admirer les somptueux costumes élaborés par Marie-Caroline Béhue.

La mise en scène de William Mesguich est à l’image de sa personnalité, complètement fantaisiste. Beaucoup de rigueur alliée à l’humour, à la précision et à la concentration est nécessaire pour mener à bien ce spectacle ; une rigueur qui ne se voit pas tant le travail est délicieusement orchestré.
Les huit tableaux se succèdent dans une fluidité qui ne laisse pas voir le temps passé et hop c’est déjà la fin.
William Mesguich dans sa mise en scène tout comme Aurore Bouston et Marion Lépine dans leurs textes ont fait preuve de beaucoup d’inventivité pour nous offrir un spectacle qui pétille comme des bulles festives de champagne.

Cet Opérapiécé est un petit bijou qu’il ne faut surtout pas hésiter à porter et qui met à l’honneur la musique classique : elles sont heureuses de partager leur enthousiasme et cela fait du bien de les entendre, de les écouter. Une dégustation poétique enlevée qui mérite les nombreux rappels auxquels elles ont eu droit !
28 déc. 2018
9/10
30
Ce que nous proposent Aurore Bouston et Marion Lépine, c'est beaucoup plus qu'un spectacle humoristique et musical.

C'est une délicate friandise, une délicieuse gourmandise, un tourbillon d'images et de notes, un régal visuel et vocal à déguster sans modération aucune.

Le concept de ce show est à la fois simple et on ne peut plus sophistiqué : pendant un peu plus d'une heure, les deux chanteuses vont raconter musicalement parlant l'histoire d'une provinciale bien décidée à conquérir Paris, comme disait qui vous savez.

Elle va rencontrer chemin faisant un autre personnage plus ambigu.

Les deux demoiselles vont donc nous narrer toutes les aventures administrativo-professionnello-sentimentales de leurs héroïnes, mais à leur façon.

En huit tableaux, dont elles affichent les huit drôlissimes titres en fond de scène (je vous laisse découvrir...), elles détournent des thèmes classiques ultra-connus (du genre « J'aime pas la musique classique, mais ça oui...) et de véritables scies provenant de la variété française.

Elles ont écrit leurs propres paroles hilarantes, ou détournent celles déjà existantes.
Si ça fonctionne ? Et comment !

Melle Bouston et Lépine sont d'authentiques et accomplies chanteuses lyriques.
On sent bien l'immense technique, la sensibilité, les timbres de voix très travaillés, on perçoit bien la somme de travail qu'il a fallu pour arriver à une telle maîtrise vocale.

Tout sera donc chanté. Seules ou en duo, elles nous ravissent.
Et nous font beaucoup rire, grâce notamment aux paroles souvent déjantées.

Le décalage entre le « sérieux » des œuvres interprétées et le côté « terre à terre » des textes fait merveille.

Elles sont également drôlissimes grâce à la mise en scène de William Mesguich qui a su exploiter au mieux la vis comica des deux artistes.
Il y a du burlesque sur la scène, ça n'arrête pas un seul instant, ça pulse, c'est enlevé, on vibre en permanence.

C'est une sacrée performance que d'enchaîner les presque quatre-vingt extraits chantés, tout en jouant la comédie et en dansant. Les chorégraphies sont signées Barbbara Silvestre.

Elles sont accompagnées à l'accordéon par Marion Buisset, sur de somptueux arrangements de Louis Dunoyer de Segonzac.
Là aussi, c'est du grand art, nous sommes complètement séduits par les subtiles orchestrations et le jeu virtuose (il fait appeler un chat un chat) de Melle Buisset.

Il me faut également mentionner un autre élément primordial contribuant à l'éclatante réussite de ce spectacle : ce sont les très beaux costumes de Marie-Caroline Béhue, pour l'atelier BlackBaroque.
C'est un autre régal pour les yeux.

Vous l'aurez compris, c'est donc un délicieux moment théâtral et musical qui nous est proposé à l'Essaïon.
Il faut absolument aller découvrir ce spectacle étonnant et original, qui procure beaucoup de bonheur et de plaisir.
J'en veux pour preuve les applaudissements nourris et en cadence qui ont salué hier les trois artistes.
Un grand bravo, Mesdemoiselles !

Bien d'accord c'est très agréable !

1
Vendredi 28 décembre 2018
25 déc. 2018
8,5/10
4
Pour passer une soirée originale, je vous propose d'aller à l'Essaïon à la rencontre des deux chanteuses et une accordéoniste qui proposent une soirée d'humour musical de belle facture.

Le prétexte au délire musical qui va suivre, ce sont les tribulations de Marion et Aurore, intermittentes du spectacle qui tentent de joindre leur Assedic pour s’assurer qu’elles ont bien leur quantité de cachets… Clairement un sujet difficile pour de nombreux artistes mais qui va partir en franche rigolade avec ces deux-là.

Mettre en scène des thèmes fameux de la musique classique avec des paroles de chansons populaires ultra connus et en prime, pour l’originalité, grâce à un accordéon. Où quand Debussy, Albinoni ou Schubert rencontrent avec bonheur Claude François, Alain Souchon ou Jacques Brel…. Il fallait oser, elles l’ont fait !

Un exemple qui m’a laissée bouche bée avant que je sois prise d’un fou rire : Le Lac des cygnes de Tchaïkovski avec les paroles de L’Envie de Johnny Hallyday… Une trouvaille géniale !

Les deux chanteuses sont aussi les conceptrices du spectacle et n’en sont pas à leur première collaboration (rappelez-vous ‘Do Ré Mi Fashion’ en 2015) : Aurore Bouston et Marion Lépine (membre des divines Divalala). Sur scène, elles sont accompagnées par la charmante Marion Buisset à l’accordéon.

Cette jolie équipe est fort bien entourée pour ce spectacle : William Mesguich qui propose une mise en scène efficace, les nombreux costumes superbes de Marie-Caroline Béhue Guetteville et la direction musicale impeccable de Louis Dunoyer de Segonzac.

Bref un chouette moment musical.
23 déc. 2018
9/10
11
Que c'est dur la vie d'artiste, compter les heures pour atteindre enfin le quota requis pour toucher les assedics...

Mais que c'est drôle et sympathique d'entendre les lamentations d'Aurore et Marion.

Les deux chanteuses nous entraînent dans un joyeux délire, avec les superbes costumes et postiches de Marie-Caroline Béhue.

Vivaldi, Boccherini, Rossini et tant d'autres compositeurs classiques flirtent avec Claude François, Aznavour, Diane Dufresne, Gainsbourg... et les autres !

Opéra piécé de patchwork de classique et variété, de jeux de mots, celui qui m'a le plus interpellé en bonne parisienne que je suis : Operatp ! bien vu, bien chanté, on devrait diffuser leur duo dans les couloirs du métro pour calmer tout le monde !

Pour pimenter leur duo, il y a la méchante et la gentille, les allusions à Blanche Neige, à la sorcière, l'amie pas prodigieuse du tout, l'éternelle amoureuse, toute la panoplie y est !

Mise en scène dynamique de William Mesguich, deux tempéraments de feu et deux belles voix accompagnées par l'accordéon de Marion Buisset.
9/10
5
Un rendez-vous rêvé pour passer une bonne soirée que ce divertissement musical de très bonne tenue. Je recommande sans hésiter cet OPÉRA PIÉCÉ !
9 déc. 2018
9/10
3
Ce spectacle a du rythme. Les blagues musicales s'enchaînent ! Les 3 artistes débordent d'énergie et font preuve de beaucoup de talent pour interpréter tous ces styles de musique différents. On a passé une super soirée !