Critiques pour l'événement Mon ami La Fontaine
8 oct. 2018
6/10
6 0
Sombres sont les heures de Nicolas Fouquet en cette année 1668. Condamné à l’enfermement à vie, il purge, depuis sept ans, sa peine derrière les sinistres murs de la forteresse de Pignerol. Difficile de s’imaginer ce que pouvait être ce lieu, puisque aujourd’hui il n’en subsiste aucune trace. Cependant, une courte escapade sur Internet suffit pour trouver quelques esquisses de l’austère édifice, flanqué de tours à chacune de ses encoignures, d’un donjon aussi impressionnant que menaçant et de multiples rangées de hautes murailles, brisant d’un seul regard dans leur direction toute velléité d’évasion.

Celui qui fut tout, n’est plus rien. Passant les murs ocre de la prison, le spectateur se retrouve dans la geôle du condamné. La magnificence de Vaux est bien loin. Ici, tout est sombre, froid, sinistre.

Ainsi s’installe l’ambiance intimiste de cette pièce. Une cellule, légèrement éclairée par deux bougies, et le silence. Accablé par sa détention, Fouquet s’anime à nouveau lorsqu’il reçoit un exemplaire des fables de La Fontaine.
Ainsi, prend place l’histoire de cette pièce. A travers, c’est toute une époque qu’elle veut faire revivre : les salons, le faste de la cour, les musiques de Lully et Marin Marais délicatement interprétées à la viole de gambe par Jean-Louis Charbonnier. A la poésie musicale, vient s’ajouter celle des vers.
Ainsi, se crée le fil de cette pièce. Un fil que malheureusement j’ai parfois eu un peu de mal à suivre. La vie de Fouquet est ainsi revue, commentée, détaillée à la lumière des fables de La Fontaine. Belle idée, mais je n’en ressors pas totalement convaincu …
7 oct. 2018
7/10
13 0
Pièce historique, 'mon ami La Fontaine' raconte l'emprisonnement de Nicolas Fouquet (qui commença en 1661) à Pignerol suite à un procès orchestré par Colbert qui convoitait son poste à la tête des finances de la France. Le point de départ de cette descente aux enfers, ce fut la magnifique fête organisée par Fouquet pour Louis XIV alors jeune souverain, mais déjà monarque absolu, dans son chateau de Vaux le Vicomte qui suscita moults jalousies et convoitises.

La pièce de Philippe Murgier, qui incarne un splendide Fouquet, se déroule dans la cellule de prison. Il est accompagné par son valet musicien Champagne (très agréable Jean-Louis Charbonnier) jusqu’au jour où lui parvient subrepticement un exemplaire Fables de La Fontaine en 1668. Sa vie en prison va changer grâce à l'ouvrage. La lecture des vers est magnifique et pointe parfaitement les façons de la Cour de l'époque. Ils sont accompagnés par des airs de viole de gambe qui souligne l'ambiance avec douceur.
Il faut dire que le bestiaire de La Fontaine a de quoi illuminer les sombres journées de l'enfermement:de Fouquet qui se délecte d'y reconnaitre le Roi, des courtisans et des histoires qu'il a vécues.

J'ai bien aimé la mise en scène de Christophe Gand et les lumières d'Alexandre Icovic qui joue sur les ombres de la cellule.

L'histoire est l'écrin qui met en valeur une dizaine de fables choisies avec soin car la pièce est courte (1h05), sans doute que Fouquet aurait pu philosopher plus encore autour de chacune des fables mais la genèse de la pièce c'est bien de trouver un moyen moins convenu que de déclamer des vers seuls de La Fontaine. Et là on peut dire que c'est bien agréable de les écouter.
26 sept. 2018
7/10
9 0
Mon ami La Fontaine de et avec Philippe Murgier accompagné de Jean Louis Charbonnier à la viole de gambe est un sympathique prétexte pour célébrer La Fontaine. Point de vue intéressant, la pièce met en scène un personnage ayant réellement existé, le surintendant des finances de Mazarin Nicolas Fouquet, ami de La Fontaine qui sera emprisonné en 1661 après un procès instigué contre lui par Colbert.

Ce prologue pose un cadre à la fois historique et fictionnel qui fonctionne bien. Emprisonné, Nicolas Fouquet trouve son seul soutien en son valet musicien Champagne jusqu’au jour où lui parvient clandestinement l’œuvre des Fables de La Fontaine. Au fil des évocations de sa propre situation, le personnage déclame les vers de La Fontaine. On se prend peu à peu d’amitié pour ce personnage condamné pour avoir fait de l’ombre au monarque. Malgré tout, plusieurs éléments ralentissent la pièce. Les interludes musicaux coupent un peu le rythme et le choix des poésies parmi les plus connues enlève la joie de la découverte de nouveaux poèmes. Dommage !

Bien qu'un peu conventionnel, cela reste un spectacle agréable à recommander pour écouter des vers bien dits.