Critiques pour l'événement Misery
23 nov. 2018
8,5/10
40 0
J'avais a-do-ré le film de Rob Reiner, qui avait été un vrai choc en février 1991. Le couple composé par James Caan dans le rôle de l'écrivain Paul Sheldon et Kathy Bates dans celui d'Annie Wilkes, l'infirmière maléfique me semblait inégalable.

Et pourtant je jurerai aujourd'hui qu'on ne peut pas imaginer mieux que Francis Lombrail et Myriam Boyer.

Avec une histoire conçue par un maitre du suspense (Stephen King), une adaptation cousue main par Viktor Lazlo, un décor (de Jean-Pierre Laporte) très intelligemment suggestif d'une Amérique "provinciale", conformiste et éloignée de tout, des éclairages adéquats, et pour cause puisque c'est le metteur en scène Daniel Benoin qui les a réalisés (qui a lui-même mis en scène et joué la pièce il y a quinze ans dans une autre adaptation), et deux grands comédiens ... le succès est assuré, et mérité.

Maintenir le suspense pendant près d'une heure trente demande beaucoup de soin. Et ça commence par la tempête de neige qui a (aurait ?) causé l'accident de Paul Sheldon, le romancier et créateur du personnage de Misery. Prise dans un violent blizzard, sa voiture a dérapé sur le verglas et est tombée dans un ravin. Les bourrasques sont perceptibles à jardin et on ressent quasiment le froid d'un hiver qui promet d'être terrible. Il faut aussi citer le recours intelligent à la vidéo (Paolo Correia) pour suggérer ce qui n'est pas montrable et entretenir l'angoisse, à commencer par nous faire vivre l'accident.

Par chance (fatalité ?) l'écrivain a été secouru par sa plus grande fan (fanatique) qui se trouve être infirmière. Le public assiste à son réveil dans le chalet isolé. Rien de mal ne peut vous arriver. Pas avec Annie près de vous. Je suis votre fan numéro 1.
Peut-on faire confiance à quelqu'un qui a donné à son cochon le nom de l'héroïne qu'elle vénère et qui s'exprime parfois à la troisième personne, ce qui témoigne combien elle peut se sentir une mission surhumaine ? Le sauvetage n'est pas un miracle. Je vous suivais, reconnaitra Annie. Elle prendra soin de lui ... jusqu'à ce qu'elle apprenne que le neuvième opus, le dernier de la série qu'elle affectionne, raconte la mort de l'héroïne à laquelle la retraitée s'est quasiment identifiée.

C'est grâce à Misery que je sais que je ne suis pas seule au monde. Un écrivain, c'est Dieu pour celui qui lit ses histoires.

Paul Sheldon ne pourrait pas cacher la mort de son personnage principal. Annie a subtilisé le cartable qui était à coté de lui dans la voiture. L'écrivain a le sentiment de vivre un mauvais rêve et nous partageons ses cauchemars, grâce au recours de la vidéo alors que la neige n'en finit pas de s'accumuler à l'extérieur.

Annie ne cédera rien et le contraindra à récrire le roman en faisant ressusciter Misery. Le bruit de la machine à écrire deviendra lancinant alors que son cerveau échafaude un plan pour se sortir de cet enfer. Et vous verrez que l'affaire est loin d'être gagnée. Rien ne fonctionne comme on peut s'y attendre dans un monde "normal". La mise en scène est angoissante à souhait. Plusieurs de nos sens sont sollicités pour nous faire frissonner. La vue bien sur, mais aussi l'oreille et même le non dit en évoquant le vaudou. On a vraiment le sentiment que s'il échappe à Annie ce seront les coyotes qui auront raison de lui.

La tension se relâche à de brefs instants, pour mieux nous serrer la gorge ensuite. Connaitre l'issue ne change rien à l'affaire. Le spectateur, même averti, est jusqu'au bout subjugué par les deux comédiens qui nous font vivre une large palette d'émotions. Myriam Boyer y est redoutable et on est soulagé -façon de parler- de voir la complicité (artistique) qui l'unit à Francis Lombrail aux saluts. L'ovation est amplement méritée.

Puisse le succès de la pièce guider le spectateur à re-découvrir l'immense oeuvre de Stephen King! Ou de lire l'ouvrage que lui a consacré Alexandra Varrin, une fan authentique et animée d'excellentes intentions.
18 nov. 2018
6/10
47 0
Je suis un peu à contre-courant des autres critiques de cette page. Je n'ai pas trouvé l'atmosphère de cette pièce suffisamment angoissante mais plutôt artificielle. De plus, je n'ai pas ressenti de montée progressive du sentiment d'oppression qui devrait accompagner ce genre de pièce.
La mise en scène est plutôt bien réalisée : j'ai apprécié le jeu des caméras de surveillance et celui des ombres et les vidéos entre les scènes sont intéressantes.
Si le jeu des acteurs est correct, il manque cruellement de progressivité et n'évolue pas vraiment au cours de la pièce.
Au final, une pièce correcte sans plus.
12 nov. 2018
7,5/10
47 0
Les auteurs de livres à succès deviennent souvent prisonniers de ceux qui les lisent. Dans un huis-clos angoissant cette comédie dramatique est une fidèle adaptation du livre de Stephen King qui n’a rien à envier au film.

La mise en scène, le décor et la vidéo nous plongent dans l’histoire. Myriam Boyer est redoutable dans le rôle d’admiratrice psychopathe qui séquestre l’écrivain qu’elle adore pour ne pas que se termine sa saga favorite. Francis Lombrail incarne avec justesse le personnage de Paul.

L’atmosphère pesante de cette pièce nous poursuit même après le baisser de rideau.
Alors ?
Blessé à la jambe suite à un accident de la route, Paul est pris en charge par une infirmière. Jusque là, rien de spécial. Sauf que Paul est Paul Sheldon, un écrivain à succès. Il se réveille chez la soignante, Annie, qui - comme c'est étrange - le suivait avant son accident.

L'auteur des best-sellers des aventures de Misery est sous perfusion chez sa fan numéro 1. Rien ne peut lui arriver, lui assure-t-elle. À cause de la neige, les routes sont impraticables. Il ne peut pas être transporté à l'hôpital. C'est une chance qu'elle ait été là. Petit à petit les soins administrés se transforment en séquestration et maltraitance. Faut-il tuer l'auteur pour sauver une oeuvre ou assassiner le lecteur pour délivrer l'écrivain ?

Le huis clos sous tension soulève des interrogations de fond. La mise en scène est intelligente, offrant des détails très réalistes et usant de transitions flippantes. Myriam Boyer interprète brillamment Annie, complètement dérangée et obsédée. Elle n'est rien, alors qu'il est tout. Il la faisait vivre jusque là et aujourd'hui c'est elle qui a sa vie entre les mains. C'est grâce au talent de la comédienne que le malaise est permanent. Sa victime, interprétée par Francis Lombrail, instille de l'humour face à une situation qui en désarmerait plus d'un.

Chacun dans son rôle, les comédiens parviennent à créer une alchimie entre cauchemar et fascination.
29 oct. 2018
7/10
53 0
Myriam Boyer, que l'on voit malheureusement peu aussi bien au petit écran que sur scène, interprète à merveille cette folle d'Annie Wilkes. Son regard perçant tout comme son sourire emprunt de démence donnent toute l'intensité à son personnage. Francis Lombrail lui incarne Paul Sheldon, l'auteur séquestré par sa fan n°1 dans sa maison isolée. L'intensité de sa prestation est affaiblit par les projections psychédéliques du début, qui ont tendance à casser le rythme. Pourtant, ces images sont bien montées, très suggestives avec une mise en son assez oppressante qui distille une ambiance légèrement étouffante. 

Daniel Benoin, Alice-Anne Filippi Monroché et Jean-Pierre Laporte ont crée une mise en scène et une scénographie assez ingénieuses. L'histoire se déroule dans un seul endroit : une pièce dans la maison d'Annie Wilkes où Paul Sheldon est retenu prisonnier. L'espace assez grand où trois éléments (le lit, la table et une fenêtre) permettent de structurer toute l'histoire. La neige qui tombe pour illustrer l'accident de voiture qui justifie le fait que l'auteur soit retenu chez sa fan. Sa blessure, visible à tous les spectateurs se voient du lit et on voit sa cicatrisation. Ainsi, il se déplace pour taper sur la machine à écrire. Il a osé tuer l'héroïne d'Annie. Sous la contrainte, il va devoir ressusciter Misery. D'ailleurs, tant qu'il n'aura pas fini, il restera coincé. Des éléments ingénieux vont faire leur apparition comme la porte coulissante affichant des vidéos permettant d'étendre l'expérience du spectateur hors plateau. Des petites choses qui accompagnent à merveille l'univers singulier créé. 

Au final, on passe un agréable moment de théâtre avec des artistes qui nous montre l'étendue de leur talent.
25 oct. 2018
7,5/10
22 0
J'aperçois ici où là des comparaisons hasardeuses avec les prestations, que j'ai par ailleurs adoré de Kathy Bates et James Caan, mais qui bénéficiaient de moult supports cinématographiques, tels gros plans sur leurs visages et effets de contre-plongée, et qui avaient eu le temps de se reposer entre chaque scène pour recommencer si besoin.

Myriam Boyer et Francis Lombrail sont excellents, et nous plongent dans cette atmosphère pesante jusqu'à l'épilogue. L'ajout de la vidéo pour les scènes dans l'entrée (façon Vera/ K Viard) est original et bienvenu.

Cela dit il manque un "je ne sais quoi" pour que l'on soit complètement happés. Peut-être un peu plus de longueurs sur les scènes clés, et une M.Boyer mentalement plus "perturbée" rajouteraient à l’intensité.
17 oct. 2018
7/10
17 0
J’ai découvert cette histoire au théâtre n’ayant pas lu le livre de Stephen King.
J’ai aimé la mise en scène même si les passages vidéos entre chaque scène me semblent superflus.
15 oct. 2018
8/10
12 0
Annie a sauvé Paul, il était coincé dans sa voiture, elle l’a ramené chez elle et soigné, elle est infirmière. Tout pourrait sembler en bonne voie mais, Annie est une fan assidue de l’écrivain Paul Sheldon auteur à succès de la saga « Misery ». Annie est sa fan numéro 1, hélas pour lui…

Paul s’inquiète de ne pas se retrouver à l’hôpital, il souffre beaucoup, et voudrait donner de ses nouvelles à son éditeur et surtout à sa fille. Annie, lui dit qu’avec la neige, les routes sont encombrées et son téléphone ne passe pas.

Annie le rassure, elle connaît tout de Misery, et arrive à trouver enfin le dernier tome, elle se fait une joie de gamine à l’idée de retrouver son héroïne. Mais Paul, souhaitant passer à un autre genre littéraire a « tué » Misery. Annie devient hystérique et n’accepte pas non plus le nouveau manuscrit de Paul, qu’elle juge trop vulgaire. Et la descente aux enfers de l’écrivain commence. Annie l’oblige à « ressusciter » Misery ! Elle sera cruelle avec lui et tortionnaire.

Il n’a pas le choix, il est enfermé dans sa chambre, mais c’est un écrivain, donc il a assez d’imagination pour tenter le tout pour le tout.

La mise en scène est adroite, les vidéos cauchemardesques, bonne idée aussi de montrer par caméra, l’intérieur de la maison.
Myriam Boyer sait jouer au chat et à la souris, parfois souriante et humaine, elle devient abominable et psychotique. Francis Lombrail est à sa merci, on souffre avec lui, on aurait presque envie de lui crier « attention la voilà ! ».

Un bon moment de théâtre, suspense et angoisse réunis, avec deux excellents comédiens.
14 oct. 2018
7,5/10
16 0
Excellente adaptation du livre de Stephen King, livre que j'avais par ailleurs dévoré et adoré.

L'ambiance est très bien restituée sur scène, en particulier, au travers des séquences furtives où se mêlent les flash back de l'accident de Paul Sheldon. Myriam Boyer est excellente et c'est d'abord pour elle que j'avais fait le déplacement avant le livre et son adaptation au théâtre. Elle sait faire passer tant de choses sur scènes, de la fan en pavoisons devant son auteur favori, à la folle furieuse capable de démonter la cheville de l'auteur qu'elle idolâtrait quelques minutes plus tôt. Son partenaire tient également parfaitement son rôle et leur duo fonctionne.

On ne voit pas le temps passer et on espère que l'auteur va s'échapper. La scène du verre de vin à Noël est parfaite à ce titre.
11 oct. 2018
6,5/10
11 0
Fan inconditionnelle de King, je me rue dès que possible sur les adaptations de ses oeuvres (pensée émue pour le musical tiré de Carrie...!).

Myriam Boyer est parfaite en Annie Wilkes, digne héritière de Kathy Bates pour ce personnage doucereux et inquiétant.

Sa maison, décor d'un huis-clos dérangeant entre les deux protagonistes, propose une scénographie sobre et astucieuse qui sert l'histoire : un jeu d'écrans invite au voyeurisme et à la promiscuité, comme la prison dans laquelle Paul Sheldon est devenu le pantin de sa plus grande admiratrice.

Ce duo s'affronte sur les thématiques présentes dans le livre original, la création littéraire et et le fanatisme. Et le nom du livre qui les unit, Misery, résonne comme un destin commun à ces deux êtres, chacun torturant l'autre comme il peut.

Un seul bémol, l'épilogue, qui tranche avec le ton de la pièce de manière trop brusque et nous laisse... sur notre fin.
10 oct. 2018
5,5/10
8 0
Ambiance oppressante.
Bande son redondante et agaçante.
Heureusement les acteurs sont excellents.
Ils sauvent cette pièce qui demeure, cependant, peu amène.

Nous allons le voir ce soir.

0
Samedi 13 octobre 2018
8 oct. 2018
9/10
40 0
La fan est-elle l'avenir de l'homme (en l'occurrence ici, de l'écrivain ?)

Dans son roman éponyme, Stephen King analyse ce qui pour lui constitue la relation existant entre la création artistique, littéraire et la réception d'une œuvre par le public en général, et le public le plus extrême en particulier.

A quel moment cette œuvre-là n'appartient-elle plus à son créateur, pour devenir la propriété de ceux pour qui elle a été conçue ?

L'auteur de Shining, Carrie, Christine et de tant d'autres thrillers répondra avec sa manière et son style si particuliers, une écriture ayant procuré bien des frissons à des millions de lecteurs.

Le couple Paul Sheldon (l'écrivain) et Annie Wilkes (La « fan N°1 », comme elle s'auto-proclame) représente cette étrange et pour le moins ambigüe relation.
King a en effet poussé le curseur à son maximum.

Il dissèque au scalpel le plus effilé ces liens extrêmes se tissant entre un écrivain à succès et une fan qu'on pourrait aisément qualifier de psychopathe.

Il est intéressant de noter que c'est une artiste, la chanteuse Viktor Lazlo, qui a réalisé l'adaptation théâtrale française. Il est permis de penser que ce sujet d'une célébrité face à ses fans l'a interpellé au plus haut point. On n'adapte pas par hasard une telle œuvre.

Bien entendu, ce qui va compter ici, ce sont les deux comédiens.
Francis Lombrail est Paul, l'auteur, et Myriam Boyer incarne Annie, l'infirmière démente.
Ces deux-là vont nous scotcher à notre fauteuil !
Ce qui se joue entre eux relève du grand art. C'est un bonheur de les voir jouer.
Immédiatement, la mayonnaise prend. Le metteur en scène Daniel Benoin entre tout de suite dans le vif du sujet.

Ce qui m'a le plus enthousiasmé, c'est la capacité des deux comédiens à conduire la progression dramaturgique de l'intrigue.
Par de subtiles touches, nous passons somme toutes à une situation normale, le sauvetage de Paul par Annie à ce qui relève du cauchemar pour terminer par un drame inéluctable.
Une véritable osmose entre M. Lombrail et Melle Boyer est perceptible de bout en bout de la pièce.

La comédienne est formidable à jouer une « démence ordinaire » pour utiliser un oxymore décrivant la pathologie de son personnage.
Elle m'a souvent fait peur !

La scénographie repose sur le fait de dérouler l'histoire dans un huis-clos. Malgré cet appartement clair, avec une grande ouverture sur l'extérieur, nous allons ressentir en permanence cette impression d'étouffement et d'oppression.

Pour autant, afin d'ouvrir l'espace, Daniel Benoin a utilisé plusieurs moyens qui fonctionnent parfaitement.
Des petits films video sont projetés de temps en temps sur l'angle des deux pans coupés du lointain.
Le visage de Myriam Boyer apparaît ainsi déformé, par le biais d'une anamorphose qui le rend monstrueux et diabolique.

Autre moyen : parfois, une batterie d'écrans de surveillance sera dévoilée, pour nous montrer ce qui se passe hors-plateau, notamment dans les couloirs de la demeure d'Annie.

Des noirs plateaux viendront (souvent) matérialiser le temps qui passe et la progression du cauchemar.

C'est donc une très belle entreprise qui est portée sur le plateau du théâtre Hébertot.
Nous retrouvons avec bonheur les personnages immortalisés à l'écran par James Caan et Kathy Bates.
Francis Lombrail et Myriam Boyer leur donnent vie de façon très intense et très prenante.
C 'est une bien belle réussite !
5 oct. 2018
8/10
34 0
Jusqu'où un écrivain doit il aller pour écrire un chef d'oeuvre ?

Métaphore sur la création littéraire, Misery est adapté au théâtre pour la première fois.
Sacré pari quand on sait que nous avons encore tous en tête le visage déformé de Kathy Bates sur l'écran.

Si le scénario de Goldman est gardé, le décor lui est complètement transformé. Finie la petite ferme vieillotte et délabrée. La chambre du blessé, au décor moderne, mi hôpital mi loft va ici servir de décor .....et ça fonctionne. L'immense fenêtre à travers on voit la neige tomber ou le soleil se lever renforce l'ambiance de la pièce.

Myriam Boyer reprend le rôle phare de l'infirmière psychopathe, dans lequel elle est prodigieuse ! Passant d'un sentiment à l'autre avec une aisance qui donne froid dans le dos ! Francis Lombrail, moins spectaculaire et charismatique s'en sort plutôt bien.

Alors qu'est ce qui ne fonctionne pas complètement ?
Ce sont ces "noirs" répétitifs beaucoup trop fréquents qui nous sortent en permanence de l'histoire.
Si le talent des comédiens réussit à nous y replonger après chaque coupure, l'action finit par s'étirer et notre sang se glace de moins en moins jusqu'au dénouement final, que j'ai trouvé maladroit.

Alors bien sûr, on ne s'ennuie pas une seconde, mais le théâtre ne possédant pas toutes les ficelles du cinéma, il doit trouver d'autres manières de raconter les histoires !!
4 oct. 2018
1,5/10
5 0
Loin de l'ambiance oppressante du film avec la grande actrice Kathy Bates et James Caan et très décevant surtout au début. On apprécie un peu le jeu de Myriam Boyer mais qui manque de force et ne fait pas vraiment pas le poids.
Pièce digne d'une troupe d'acteurs d'amateurs où le tragique est absent, l'ambiance manque de force et le jeu des acteurs manque de carrure. A déconseiller.
Revoyez plutôt le film ou lisez le roman.
27 sept. 2018
7/10
21 0
Fan de Stephen King, grand maitre américain de livres à suspense, j'ai appris la nouvelle la saison passée avec un plaisir teinté d'impatience : Misery serait joué à l'Hébertot et avec un casting de choix : Myriam Boyer et Francis Lombrail !

Afin de ne pas me polluer l'esprit, je n'ai pas relu le roman avant de voir la pièce. Ce qui est sur maintenant que je l'ai vu, c'est que je vais le relire avec grand plaisir !

L'histoire : Paul Sheldon est un auteur à succès, créateur de Misery héroine d'une saga de roman.
Paul se réveille douloureusement après un accident de voiture chez Annie qui prend soin de lui. Elle est infirmière et sa "fan n°1" comme elle le dit. Le personnage de Misery lui permet de s'identifier à une héroine qui a une vie qui lui fait envie. Paul a décidé de faire mourir Misery dans un ultime tome afin d'écrire dans un autre registre mais Annie n'est pas d'accord : elle va imposer à Paul de ressusciter Misery que Paul soit d'accord ou non.

L'ambiance oppressante, propre aux romans de S. King, va se mettre en place progressivement, à mesure que Paul se rend compte que son infirmière n'est pas un ange et qu'il ne faut pas la contrarier.
Les premieres scènes sont entrecoupées de noirs où des projections videos réussies restituent l'ambiance des cauchemars de Paul. Myriam Boyer est une Annie excellente qui prend un plaisir sadique à s'occuper de son auteur préféré pour qu'il écrive ce qu'elle souhaite. Son regard fait peur ! La persécution de Paul est intolérable.
Paul prend la mesure de la folie d'Annie progressivement et joue tout en ruse pour l'amadouer. Les deux comédiens sont exceptionnels !

Le jeu du chat et de la souris qui se déroule sous nos yeux, est très prenant. Mais de nombreux noirs viennent couper cette montée d'adrénaline et notre attention s'en ressent. Je trouve ce point décevant pour les spectateurs. On aurait pu signifier le temps qui passe d'une autre façon et replacer des éléments de décor de façon visible, c'est un procédé plutot courant.

J'ai bien aimé l'unique décor qui est la chambre de convalescence et de travail de Paul. Les écrans qui s'allument pour montrer ses déambulations dans la maison sont bien adaptés et servent la mise en scène de Daniel Benoin et la vue floue sur la chambre d'Annie complète bien ce tableau.
26 sept. 2018
5,5/10
14 0
Misery est une pièce pleine de qualités, malheureusement elle est gâchée par un défaut majeur.

Les qualités :

1. Un texte bien écrit. Au théâtre, l’adaptation est un art délicat, encore plus lorsqu’il est question d’un roman à succès et d’un domaine particulièrement étranger aux planches : « l’épouvante ». Pourtant, ici, le résultat est plutôt intéressant et l’ambiance angoissante bien retranscrite.
2. Le décor. Froid, mais fonctionnel. Il participe également bien à la mise en condition du spectateur. Il faut noter l'utilisation ingénieuse d'un écran permettant de créer une action, visible du public, en arrière-scène.
3. Les comédiens. Myriam Boyer est impeccable dans le rôle d’Annie Wilkes, dont la folie va crescendo au fil de la pièce. Elle a une présence incroyable sur scène. Un vrai plaisir de la voir. Francis Lombrail campe Paul Sheldon. Il a bâti un personnage intéressant, sombre malgré tout plein d’espoir, aussi apeuré qu’intrigué par sa « ravisseuse ».

Le défaut :

Un effet de mise en scène qui vient casser l’attention du spectateur.
La pièce est, dans un premier temps, entrecoupée de vidéos. Plus bien faites, elles viennent hanter les cauchemars de l’auteur retenu prisonnier. Bien vu. Toutefois, leur récurrence est un peu trop fréquente.
Aux vidéos vont succéder une série de noirs à un rythme trop régulier. Sans comprendre réellement leur intérêt, et au lieu de soutenir le caractère dramatique de l’histoire, ils viennent produire l’effet inverse et deviennent lassants au point d’avoir l’impression d’assister à une succession de saynètes.

Au final, on en ressort un peu perplexe. Dommage.
Néanmoins, cette pièce m’a donné une furieuse envie de me plonger dans le roman …

moi je vais le relire car lu il y a très longtemps !

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Mercredi 26 septembre 2018
25 sept. 2018
7/10
17 0
La nouvelle avait surpris lorsqu’elle avait été annoncée la saison dernière : Francis Lombrail et Myriam Boyer en duo dans Misery, l’adaptation du roman de Stephen King. L’affiche qui a suivi a divisé : certains la trouvaient trop sombre, d’autre plutôt inquiétante. Pour ma part je dois dire qu’elle m’intriguait : un peu obscure, certes, mais la tête immense de Myriam Boyer qui semble écraser un Francis Lombrail bénéficiant pourtant d’une lumière assez fascinante attirait malgré tout mon oeil.

Paul Sheldon est un auteur à succès, créateur du personnage de Misery qui a donné son nom à la série éponyme contentant 9 tomes. Le dernier sort justement en librairie alors que Paul se réveille après un accident de voiture : une jambe cassée, une épaule démise, et une femme qui l’observe. C’est Annie, infirmière de profession, et fan n°1 de l’auteur, qui l’a recueilli chez elle après son accident. Elle lui voue un culte, et trouve dans Misery une amie qui accompagne sa solitude. A l’annonce du neuvième tome à paraître, elle saute de joie, mais son bonheur ne sera que de courte durée car cette ultime aventure signe la mort du personnage. Une fin qu’Annie ne supportera pas : elle imposera alors à l’auteur d’écrire un dixième roman et de ressusciter, d’une manière ou d’une autre, cette Misery qu’elle aime tant.

L’histoire pourrait glacer le sang. Elle ne le glace qu’à demi. J’ai envie de voir le film de William Goldman dont s’inspire l’esthétique du spectacle. Est-ce seulement le montage qui en fait le véritable thriller dont on m’a parlé ? Que manque-t-il alors entre le film et le spectacle ? Je soupçonne que ce n’est pas grand chose. On sent le potentiel du spectacle. On est d’ailleurs plutôt confiant sur les premières minutes, puis quelque chose se perd…

De manière générale, ce n’est pas un raté. On ne passe pas à côté du spectacle, mais cela semble plus dû à l’histoire palpitante de Stephen King qu’à une réelle intensité émanant du plateau. Elle existe dans les tableaux qui ouvrent le spectacle, puis elle y est comme disséminée, et c’est un geste cruel ou une parole inquiétante qui la ramènent à la vie. Certains actes m’ont même fait détourner le regard, mais j’aurais souhaité que cette peur du plateau soit presque constante, que l’oppression soit telle qu’elle me donne la nausée : après tout, c’est pour cela que je venais !

Au lieu de ça, j’assiste à un thriller convaincant, dont j’ai hâte de connaître l’issue, mais sans non plus haleter. Les noirs successifs cassent le rythme et sont une solution de facilité pour évoquer le temps qui passe – aujourd’hui, d’autres trucs de mise en scène permettent de contourner ce problème – d’autant qu’ils n’impliquent pas de changement de décor. Alors oui, ce ne sont pas des vrais noirs puisqu’ils sont accompagnés de projection vidéo, mais là encore, je trouve que projeter le visage grimaçant et déformé de Myriam Boyer est une solution de facilité pour créer la peur.

Myriam Boyer, me semble-t-il, ne devrait pas avoir besoin de ça pour venir soutenir une interprétation terrifiante. Ici, elle semble s’appuyer trop sur la scénographie pour composer un personnage à la fois inquiétant et cruel, montant en intensité, portant la peur du personnage de Paul jusque chez les spectateurs. Certes, elle parvient à susciter un sentiment de malaise, mais je pense qu’elle peut encore le multiplier par 10. Et rendre à l’horreur sa juste place.

Je viens bientôt le voir. J'ai hâte.

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Mardi 25 septembre 2018
20 sept. 2018
4/10
9 0
Quelle déception !

Alors que les deux acteurs sont généralement si formidables, ici ils s’épuisent dans une mise en scène déplorable. La scénographie est totalement ratée (combien de séquences de cauchemars identiques ? J’ai arrêté de compter...), les interruptions entre les scènes sont trop longues, et nuisent à la force du texte, on ne ressent pas du tout le suspense alors que c’est tout l’intérêt de la pièce ... dommage.
9/10
2 0
... Un spectacle haut en couleurs et en émotions. Une intrigue haletante magistralement mise en scène. Un duo de comédiens exceptionnel où Myriam Boyer et Francis Lombrail sont magnifiques. Incontournable.