Critiques pour l'événement Michel for ever
9 déc. 2019
9/10
1
Un magnifique spectacle sur les musiques de Michel Legrand.
C'était pétillant, joyeux, aérien, avec une grande palette de couleurs, quelques pas de danse, et même de claquettes. Les comédiens, danseurs chanteurs, avaient des voix magnifiques. Il nous ont fait revivre les musiques de Michel Legrand, mais également l'univers de Jacques Demy et le cinéma de la nouvelle vague.
Nous avons passé un très bon moment et toute la salle est ressortie avec le sourire aux lèvres.
21 oct. 2019
7,5/10
1
C’est un beau spectacle, ambiance cabaret et délicieusement désuet, autour des chansons de Michel Legrand !

N’hésitez pas, même si comme moi vous ne connaissez que les grands classiques. Ce spectacle permet de découvrir ses autres créations et surtout la philosophie de vie et de création de Michel Legrand. Son credo : de l’audace, toujours de l’audace pour se renouveler en permanence.

C’est un spectacle plein de punch, avec de très beaux costumes colorés. Bravo aux comédiens, chanteurs danseurs, ainsi qu’aux deux musiciens qui nous entrainent avec eux.

Même la disposition de la salle avec ses tables de bar nous plonge dans l’ambiance cabaret. La programmation du Théâtre de Poche Montparnasse est toujours excellente même si je trouve qu’on y est toujours un peu serrés.

Un joli spectacle musical à découvrir !
5 oct. 2019
8,5/10
2
Voilà un spectacle qui est respectueux, joyeux et inventif.

Si je connais peut-être 80 % de l’œuvre de Michel Legrand, qu’il s’agisse de musiques de film ou de chansons, ce n’est pas le cas de tout le monde et beaucoup de personnes hier soir m’ont dit avoir découvert des titres qu’elles n’avaient jamais entendus.

Michel for ever se déroule dans une forme de cabaret, dans la salle du sous-sol du Poche Montparnasse, et vous pouvez même commander une boisson à un prix très modeste en début de spectacle alors que les deux musiciens ont déjà commencé à jouer. L'ambiance club de jazz aurait énormément plu à Michel Legrand, né en 1932 d'un père compositeur autodidacte.

À l’occasion d’un prétendu reportage sur la famille Legrand, un journaliste réunit trois passionnés de l’œuvre du compositeur pour faire revivre son esprit et son univers. Et surtout ses mélodies enchantées et ses orchestrations élégantes.

La mise en scène s’organise autour de ce personnage qui tire les cartes d'un jeu qui reprend les thèmes principaux de l'oeuvre du grand musicien.

Le propos est un petit peu tiré par les cheveux puisque le comédien intègre la troupe pour lui aussi chanter et danser. Il est donc manifeste qu’il connaît parfaitement le sujet mais ce n’est pas dérangeant.

Et surtout le travail de Stéphan Druet et Daphné Tesson est formidablement inventif pour illustrer chaque morceau tout en évoquant la vie de cet immense musicien. Ils ont voulu imaginer un feu d'artifices pour traduire son éclectisme puisqu'il était autant capable de composer la musique d'un dessin animé, que celle d'un film, d'une comédie musicale, d'un ballet ou un concert entier. C'était un pari et c'est très réussi.

On nous a remis la liste des 29 morceaux mais on en entendra davantage puisqu'il y aura plusieurs medleys. C'est beaucoup et peu à la fois car Michel Legrand a composé près de 150 partitions. C'était un travailleur acharné. Il a évidemment travaillé avec les plus grands noms de la musique française dont il a parfois lancé la carrière comme Claude Nougaro. C'est en duo avec lui qu'il interprétera les Don Juan que nous verrons ce soir dans une chorégraphie astucieuse.

Sa passion pour le jazz l'a amené à collaborer avec Mile Davis et Louis Armstrong, John Coltrane, Bill Evans, mais aussi Frank Sinatra ou Ella Fitzgerald.

Il reprend en 1954 I Love Paris, une chanson écrite et composée par Cole Porter. Il orchestre en 1966 C'est si bon que Barbra Streisand enregistrera en anglais la même année.

Surnommé le big Mike par Jean Cocteau, il est surtout un compositeur de musiques de films, en particulier pour Jacques Demy. On entendra avec plaisir Les Parapluies de Cherbourg, Les Demoiselles de Rochefort (qui nous sera donné en plusieurs langues) et Peau d’Âne, avec une scénographie particulière pour chaque morceau.

Il aurait été impensable de ne pas jouer aussi Les Moulins de mon coeur (Oscar de la meilleure chanson originale pour The Windmills of Your Mind de L'Affaire Thomas Crown en 1969 qui représente un record avec 7 minutes de musique sans dialogue pour illustrer une partie d'échecs mémorable), Un été 42 (meilleure musique de film en 1972 ). Il aura un troisième oscar pour Yentl en 1984 (meilleure adaptation musicale) que nous n'entendrons pas.

Par contre nous aurons Sweet gingerbread qui est un morceau moins connu. Ce spectacle est un vrai régal car tout est bien pensé, orchestration comme interprétation, et chorégraphie bien sûr, avec plusieurs numéros de claquettes et des costumes toujours bien pensés.

Michel Legrand se sera lancé régulièrement des défis car rien ne lui plaisait plus que d'être débutant, ce qui l'amenait à être toujours plus audacieux. Il échoua sur un seul projet, celui d'être centenaire en nous quittant prématurément. Il aurait très certainement aimé cette soirée qui lui correspond si bien et sa musique demeure à jamais, toujours si vivante.

"Il n’y a pas une seule note que je regrette", disait-il. Nous non plus !
2 oct. 2019
9/10
0
La trame est simple, trois fans de Michel Legrand sont réunis par un journaliste pour l'aider à faire un reportage.

Enthousiastes et incollables (ou presque) sur la vie de leur compositeur préféré, ils présentent sa vie et son œuvre. Alternant anecdotes et chansons, la pièce est rythmée et agréable. La mise en scène, particulièrement fluide et pleine d’idées, ne laisse aucun temps mort. Les quatre comédiens ne se ménagent pas : danse, chant, claquettes et jeu, toutes les composantes d’une bonne comédie musicale sont là.

C’est gai et drôle mais aussi plein de finesse et de nostalgie… On se croirait dans une chanson de Michel Legrand : un beau mélange de tristesse et d’espoir, de joie et de mélancolie.

Les inconditionnels de Michel Legrand reconnaîtront la plupart des chansons mais seront aussi sûrement charmé et amusé par quelques jolies (ou étonnantes) surprises.

Que vous soyez fan ou non, allez-y : on en sort un peu plus joyeux et léger !
14 sept. 2019
8,5/10
0
La première fois que l’on a vu Les parapluies de Cherbourg et sa scène inaugurale “Chez Dubourg, le joaillier”, on a cru qu’on ne pourrait pas aller au bout du film, tant les dialogues entièrement chantés nous ont abasourdi. Et puis la magie Demy-Legrand a opéré et on a tout adoré : l’histoire d’amour impossible, les couleurs, les costumes, les mélodies bien sûr et les acteurs épatants.
Dans le spectacle Michel for ever au théâtre Poche Montparnasse, on retrouve ce plaisir avec la joie, l’humour, le swing et l’immense talent de Michel Legrand. Les quatre comédiens accompagnés d’un pianiste et d’un contrebassiste exécutent avec une énergie communicatrice et sans micro, la bande-son du spectacle. Ils convoquent la grande famille de Michel Legrand : Nougaro, Barbra Streisand, L’affaire Thomas Crown avec Steve Mc Queen et Faye Duneway, les films de Varda-Demy ... On sort du spectacle joyeux, des mélodies plein la tête avec une furieuse envie d’écouter encore et encore sa musique.

Un spectacle plein d'humour qui fait du bien, pour vivre une rentrée épanouie !
14 juin 2019
8/10
1
Michel Legrand a eu la mauvaise idée de nous quitter cette année, lui qui voulait être centenaire, son amie Agnès Varda l’a suivie peu de temps après.

Une belle idée que de retrouver sa musique, ses chansons, une ambiance aussi. Emmanuelle Goizé et Mathilde Hennekinne sont deux soeurs jumelles pétillantes et drôles, le fil conducteur est Sébastian Galeota qui joue avec autant de bonheur le journaliste que le papy raseur ! Gaétan Borg a le privilège de chanter les romantiques.

Tout ce petit monde se retrouve pour fêter Legrand, raconter son histoire, ses études musicales, ses rencontres.

Emmanuelle Goizé excelle dans le genre sexy, lointaine, évaporée ! Mathide Hennekinne sera la groupie touchante et marrante, Sébastian Galeota ajoute une corde à son arc, la comédie, et Gaétan Borg, belle prestance il connait Legrand puisqu’il a chanté dans les “parapluies de Cherbourg”.

Ils sont aussi parfaits dans “Peau d’âne” qui vaut un bon moment de rigolade !

Bref, un beau spectacle musical, pour honorer la musique toujours éternelle de Michel Legrand.
4 juin 2019
8,5/10
3
Un magnifique spectacle sur les musiques de Michel Legrand. Michel forever.

C'est pétillant, joyeux, avec une grande palette de couleurs musicale, quelques pas de danse, et même de claquettes. Les comédiens, danseurs chanteurs, ont des voix magnifiques. Il nous font revivre les musiques de Michel Legrand avec bonheur, mais également l'univers de Jacques Demy. formidable pour les amateurs nostalgiques de la bonne musique. L'occasion de passer un excellent moment, partagé avec un public enthousiaste.

On en ressort le sourire aux lèvres et des notes plein la tête.
28 mai 2019
9/10
4
Michel Legrand n’est pas mort, puisque sa musique nous accompagnera toujours. A la triste annonce, Stéphan Druet et Daphné Tesson se réunissent pour créer ce spectacle Michel for ever afin de déclarer leur amour avec un hommage musical splendide.

Dans la salle basse du Poche, aménagée en mode cabaret, nous retrouvons avec plaisir des comédiens que nous connaissons bien pour leur talent de chanteur interprètent avec leur cœur.

Nous retrouvons ainsi Gaétan Borg , le brillant auteur de la comédie musicale 31, qui possède une bien jolie voix et aussi Sebastian Galeota qui nous enchante depuis un bon moment avec des rôles fabuleux dans Renata, Evita et surtout dans Berlin Kabarett (Courez au Poche pour en prendre plein les yeux si vous ne l’avez pas encore vu !).

Ces messieurs sont accompagnés par deux charmantes et talentueuses comédiennes : Mathilde Hennekinne, déjà remarquée dans le musical Chance ! et d’Emmanuelle Goizé qui a fait un tabac dans Azor il y a peu.

Ce quatuor de comédiens chanteurs est complété de deux musiciens brillants : Benoit De Mesmay au piano (il signe aussi les arrangements musicaux) et Jean-luc Arramy à la contrebasse sous la direction du maitre Stéphane Corbin.

C’est donc un festival joyeux et haut en couleur qui se déroule sous nos yeux émerveillés, on se dit que l’esprit de Michel Legrand est toujours présent. Le spectacle nous propose un best of des chansons emblématiques du compositeur, des répliques cultes (« Mais quelle heure est il ? » ) et aussi des surprises que je ne dévoilerai pas. L’ensemble est fluide, on explore les différentes thématiques abordées dans l’œuvre de Michel Legrand avec un plaisir aussi grands que les comédiens qui ont l’air de se faire plaisir eux aussi.

Un beau moment qui fait du bien au moral.
30 mars 2019
9/10
2
« Michel for ever » conçu et mis en scène par Stéphan Druet et Daphné Tesson au théâtre du Poche Montparnasse : l’âme de Michel Legrand flotte dans les airs pour un hommage à l’artiste, à ses musiques, qu’il aurait très apprécié.

C’est frais, c’est jeune, c’est coloré, ça bouge, ça chante ; à l’image de ce travailleur acharné qui mit son talent au service de la musique.
Sans cesse, il remettait son ouvrage sur le clavier, jusqu’à trouver la bonne note, le bon rythme qui feraient de sa musique une réponse à sa fantaisie, un tube…et ils furent très nombreux.

Dans cette veine, Stéphan Druet et Daphné Tesson lui ont déclaré leur amour dans un spectacle digne de son talent en s’entourant d’un pianiste, d’un contrebassiste et de quatre chanteurs.
Nous sommes accueillis par les musiciens comme dans une cave de St Germain, histoire de nous mettre dans l’ambiance, une ambiance jazz comme il l’aimait ; bien qu’il eut une solide formation classique, il se découvrit très jeune une passion pour le jazz…la température monte…

Une sorte de comédie musicale s’ouvre devant nous, un journaliste réunit trois inconditionnels de l’œuvre de Michel Legrand afin de recueillir leurs témoignages en vue d’écrire un hommage à l’artiste.

Mais qu’elle heure est-il ? Midi moins le quart…dépêchons-nous…dépêchons-nous…
Un journaliste qui a décroché le gros lot, tant les aficionados sont en ébullition dès que l’on évoque le parcours de Michel Legrand. Ils deviennent hystériques, ils connaissent par cœur ses chansons, les répliques des films de Jacques Demy, son frère de création, dont il signa les musiques et qui révolutionnèrent la comédie musicale avec notamment « Les parapluies de Cherbourg » qui furent récompensés par une palme d’or au festival de Cannes en 1964.
C’est d’ailleurs dans les années 60 où la « Nouvelle vague » émergea que Michel Legrand prit le virage de la musique de film. Nouvelle vague, dans laquelle il travailla avec entre autres Agnès Varda, dont on apprend, avec tristesse, le décès à l’heure où j’écris ce billet.

Mais qu’elle heure est-il ? Midi moins le quart…dépêchons-nous…dépêchons-nous…
Et notre journaliste sous forme de jeu, fait tirer à ces aficionados des cartes dans lesquelles les diverses aspects de la vie de Michel Legrand sont évoqués ; un fil conducteur sous forme de questions-chansons.
Une évocation aussi ponctuée d’anecdotes, comme celle de sa collaboration avec Maurice Chevalier qui lui ouvre, très jeune, les portes des Etats-Unis. Un pays où règne le jazz dont il raffole : une source d’inspiration dont il tira profit ; ou comme celle de sa recherche du bon tempo pour « La chanson des sœurs jumelles ». On apprend qu’il pouvait écrire une trentaine de variations pour au final n’en garder qu’une, sa façon de travailler. Il n’arrêtait jamais ; ou comme celle pour le film « L’affaire Thomas Crown » où il fut appeler à la rescousse par le réalisateur Norman Jewison : il avait tourné 5 heures d’images et butait devant le montage…Michel Legrand travailla seul et lui remit une partition pour 1h30 de film : le montage devenait évident.

Mais qu’elle heure est-il ? Midi moins le quart…dépêchons-nous…dépêchons-nous…
Et sous forme de tableaux chantés, comme dans les comédies musicales, nous serons charmés par tant de talent, comme par exemple avec cette scène chez le joailler tirée du film « Les parapluies de Cherbourg », ou celle de la partie d’échecs tirée du film « L’affaire Thomas Crown », ou encore celle du medley tirée du film « Peau d’Ane » : que de sourires, de gaîté, dans ces belles voix.
Comment ne pas fondre devant cette interprétation de « Papa can you hear me » tirée de Yentl ou bien celle de « Sans toi » tirée de « Cléo de 5 à 7 » d’Agnès Varda.

De très jolis costumes de Denis Evrard accompagnent cet hommage, comme les robes et chapeaux pour « La chanson des sœurs jumelles », magnifiquement interprétée par les deux demoiselles.
Un hommage mis en musique par Stéphane Corbin et joué par le très bon duo Benoit De Mesmay au piano et Jean-Luc Arramy à la contrebasse.

On sent que Stéphan Druet et Daphné Tesson ont mis dans la mise en scène de ce spectacle tout leur amour pour Michel Legrand, leur passion pour cette musique qui a bercé leur enfance, leur adolescence. Ils ont réussi la construction d’un très joli patchwork où chaque morceau s’imbrique naturellement avec l’autre, pour donner au final une comédie musicale enlevée dans l’esprit de l’univers de Michel Legrand.
Ils ont mis en mouvement leur spectacle dans une belle harmonie avec les chorégraphies d’Alma Devillalobos.

Mais rien n’aurait été possible sans nos quatre chanteurs qui rayonnent sur scène. Tout d’abord Sebastiàn Galeota, qui change de registre après ses prestations dans « Evita », « Renata » et à l’affiche dans ce même théâtre dans « Berlin Kabarett ». Une belle découverte dans ce rôle de journaliste « nature » où avec son petit accent, il donne une touche d’humour et cela lui va bien.
Il est accompagné par Gaétan Borg, un spécialiste des comédies musicales qui met toute son énergie et son talent au service de cet hommage : il connait son métier.
Et puis, il y a ces deux charmantes demoiselles, qui ont enflammé la scène avec leur présence. Une légèreté dans le mouvement, des voix douces, coquines, des yeux pétillants que Mathilde Hennekinne et Emmanuelle Goizé nous ont offerts.

Mais qu’elle heure est-il ? Midi moins le quart…dépêchons-nous…dépêchons-nous…
Nous quittons cet hommage sur un magnifique tableau endiablé avec la « Chanson d’un jour d’été » tirée du film « Les Demoiselles de Rochefort » ; de quoi nous donner envie d’écouter tout le répertoire de cet artiste, dont sa musique résonne en chacun de nous.

Merci et bravo !