Critiques pour l'événement Maris et Femmes
30 déc. 2016
6/10
146
Un couple annonce à un couple d'amis, presque joyeusement, qu'il va se séparer, d'un commun accord et qu'il n'y a pas là de quoi en faire toute une histoire...

Gros choc des amis qui, de ce fait, s'interrogent sur leur propre couple.

Cela nous donne deux crises de couple avec les doutes, les peines de chacun et leur douloureuse remise en question.

Ces quatre comédiens nous livrent une partition gaie, truffée de bons mots et une soirée de divertissement qui provoquent des sourires pour certains et des rires pour d'autres.

Florence Pernel nous interpelle par son talent, sa justesse et sa beauté. J'ai été contente de la voir jouer.

Les autres acteurs sont bons et justes et les décors n'ont rien d'extraordinaire.

Cette pièce est adaptée et jouée par Marc Fayet, auteur de la pièce "Des Gens Intelligents". Il y jouait également. Cette pièce m'avait beaucoup plu, car elle était fine et incisive.

Est ce que cette pièce m'a marquée et restera dans ma mémoire ? La réponse est non.

La seule chose qui m'ait vraiment impressionnée, c'est Nicole Garcia, que j'admire énormément, assise un rang derrière moi, avec qui j'ai eu le plaisir d'échanger à la sortie sur ses deux derniers films en tant que metteur en scène. Une femme talentueuse et charmante. Ça je ne l'oublierai pas.
29 déc. 2016
6/10
141
On dit souvent que le théâtre est un loisir de personnes âgées, celle-ci rajeunit un peu sa cible en visant les quarantaines… pas assez donc pour me sentir concerné.

Qui plus est, le film dont est tiré la pièce date d’il y a 25 ans… et ça se sent un peu : à l‘image des téléphones à antennes utilisés, la manière dont est traité le sujet est un peu datée.

Le reste est également en demi-teinte : si le décor est travaillé il est un peu kitsch et peu utilisé, si les actrices (gentiment) primées par le site sont bonnes les jeunes sont grotesques, si quelques mots d’esprits sont bien trouvés le scénario est très prévisible…

Bref, si l’on retrouve des ingrédients d’un Woody Allen, il est loin d’être à son meilleur.
19 déc. 2016
6,5/10
171
Toujours la même trame pour une histoire made by Woody Allen... Il y a toujours des femmes et des hommes qui se regardent et des tentations, des ruptures, des réconciliations... Maris et femmes ne fait pas exception à la règle, il y a ce petit coté répétitif dans les pièces de l'ami Woody qui me faisait y aller à reculons mais vu le succès de la pièce, j'ai fini par céder aux sirènes...

Si l'histoire ne m'a pas éblouie (elle reste bien dans le style Woody Allen), le jeu des comédiens et la mise en scène m'ont bien plu et j'ai apprécié cette succession de scènes où le décor design change de couleur, instillant ainsi une nouvelle ambiance à chaque nouvelle scène. Les comédiens masculins sont tous les trois touchants et ont su m'attendrir ce qui n'est pourtant pas le genre de la maison.

J'ai même souri avec certaines répliques alors qu'elles étaient hautement prévisibles.

C'est peut être le Christmas Spirit qui s'empare de moi...
27 nov. 2016
9/10
150
Quel plaisir de voir cette pièce !
Les acteurs sont tous excellents, les dialogues ciselés à la Woody, le décor sobre est parfait.

Un excellent moment au théâtre.
20 nov. 2016
5,5/10
171
La pièce s'annonce intéressante, car adaptée d'un scénario de Woody Allen. Seulement le tout tombe un peu à plat. C'est mou et par moment long et ennuyeux. Toutefois on rit de bon cœur à certains moments pour les quelques répliques percutantes.

La mise en scène est simple, avec un décor qui se veut chic et stylisé, mais sans grand intérêt.
22 oct. 2016
7,5/10
99
J'étais à New-York.
On entre très vite dans la pièce, l'univers créé (avec des décors modernes et simples) est impressionnant et efficace. Les scènes se succèdent à la manière d'un montage alterné sans jamais perdre le spectateur.

On rit un peu, on se questionne un peu : l'esprit Woody Allen est bien là. A être fidèle, la pièce est peut être un peu trop sage.
L'atmosphère est très plaisante, Hélène Médigue a quelque chose de très allénien (peut être le physique de Diane Keaton plus jeune) et la mise en scène est très intéressante. Une adaptation réussie, à voir pour les amateurs du petit juif New-yorkais à lunettes.
2 juin 2016
5,5/10
224
Direction le New-York de Woody Allen où deux couples doivent affronter les affres du temps. Après avoir partagé des années ensemble, l’envie de plus de liberté et de plaisir commence à germer dans l’esprit. Peuvent-ils être plus heureux séparés ?

L’histoire
Deux couples d’amis qui se connaissent depuis des années se donnent rendez-vous pour aller au restaurant, au chinois comme d’habitude. Avant d’aller se restaurer un couple a une nouvelle à annoncer : il se sépare. Mais attention, en toute amitié et en accord l’un avec l’autre. Lui va se trouver un appartement au centre-ville et elle garde la maison. D’ailleurs, très vite, il trouvera une jeune demoiselle qui va lui redonner ses 20 ans. Et elle, va rencontrer un homme qui va tout de suite tomber sous le charme.

Cette séparation va pousser l’autre couple à s’interroger sur leur relation. Sont-ils vraiment épanouis ensemble ? N’ont-ils pas peur tout simplement de prendre un nouveau départ ? Lui, professeur rencontre de très séduisantes étudiantes et certaines ne sont pas insensibles à son charme d’écrivain. Et elle, ne serait-elle pas tombée amoureuse de son collègue si gentil ?

Les deux couples vont passer par des phases d’interrogations pour au final trouver la réponse : être ensemble ou seul.

Mon avis
Ce spectacle a fait parler de lui dans Paris : grande campagne d’affichage dans le métro, beaucoup de retour dans la presse, une maligne vidéo de présentation de spectacle et pour finir une nomination aux Molières dans la catégorie Comédie. En plus, adapter une pièce de Woody Allen aidé par des comédiens rodés à la scène, il était impossible pour le théâtre de Paris de passer inaperçu dans la pléthore de propositions. Ne fréquentant pas trop ce genre de salles après beaucoup de déception, je décide tout de même de tenter ma chance et pourquoi ne pas rire.

Le début de soirée débute mal car on me place sur le premier rang au bord de la scène qui est en hauteur. Comme la salle est à moitié vide, je me demande si je peux changer de place pour voir toute la scène. On me refuse car cela incommode les comédiens de ne voir personne au premier rang. Si cela incommode le spectateur, apparemment, c’est moins grave. A moins que cela soit une stratégie pour éviter que je regarde l’âge des spectateurs dans la salle. Ils ont presque tous le double de mon âge. Je me pose la question si je suis bien le cœur de cible. Je crains que non et plus le spectacle avança, plus j’en avais la certitude.

La mise en scène me rappelle deux autres spectacles déjà vus dans la même salle la saison dernière. De grands panneaux inclinés qui changent de couleurs selon les situations avec quelques mobiliers sur le même principe de couleurs. C’est important le recyclage surtout en cette période où on parle beaucoup d’écologie (ne pas confondre avec économie). Première petite déception puis l’histoire commence et je me demande quand je dois rire. Toutes les situations sont prévisibles dès le début alors aucune surprise à l’horizon. Mes voisines rigolent et me jetent des regards torves car je ne rigole pas. Les blagues sont toutes aussi prévisibles que les situations. Oui, c’est cliché. Le mec quitte sa femme pour aller avec une jeunette blonde et écervelée, rien de nouveau sous les spots. Alors j’attends qu’on arrive à la fin avec le changement de situation et une scène qui ressemble à la première. Merci de faire cela, ainsi on sait qu’on arrive bien à la fin.

Il y a un point positif quand même. Les sept comédiens surtout les cinq principaux ne sont pas à leur premier spectacle et connaissent bien les rouages de ce genre de spectacle. Ils maîtrisent très bien l’espace, leur texte, leur comportement. Ils sont très bons et cela m’a sauvé d’un ennui certain. Il fallait peut être avoir plus de 50 ans pour trouver cela drôle. Je préfère regarder un film de Woody Allen car j’ai le droit à avoir de beaux plans et une excellente bande son.

Les couples se font et se défont, apprennent à s’aimer et se désaimer, se trouvent et se perdent. Woody Allen apprécie raconter des histoires de rencontres mais le théâtre et traduit en français n’est pas forcément la meilleure adaptation. Je vous invite à passer votre chemin.
30 mai 2016
5,5/10
208
L'actu (comme on dit pour montrer qu'on serait branché) de Woody Allen est cannoise et parisienne. Je vais vous le dire tout de go, autant je peux aimer l'artiste au cinéma, autant je ne peux pas le défendre avec le même enthousiasme quand ses dialogues sont adaptés pour le théâtre.

La légèreté surréaliste de Midnight in Paris m'avait enchantée en 2011. Le culte de l'absurde développé dans To Rome with love m'avait déroutée l'année suivante. Woody Allen est un auteur surprenant qui utilise le terreau fertile de ses propres déconvenues pour analyser sa propre vie, certes avec dérision, mais surtout avec nombrilisme.

On ne peut pas dire que, à l'inverse de Molière, il touche à l'universalité du genre humain. On conviendra à la rigueur qu'il décrit un certain microcosme new-yorkais, quasiment un quartier d'ailleurs. Et comme on le sait New-York n'est pas l'Amérique, encore moins la France.

L'affiche du spectacle reprend les codes de celle du film qui date tout de même de 1992. La société a beaucoup changé depuis. Les remises en question conjugales n'attendent plus l'anniversaire des trente ans de vie commune pour se mettre en route. Des clichés ont été si souvent traités qu'ils ont perdu tout effet de surprise comme ... les apparences du bonheur et la rupture amiable, et surtout le quinquagénaire tombant sous le charme de sa jeune étudiante.

Et puis même si Marc Fayet (Gabe Roth) et Florence Pernel (Judy Roth) sont d'excellents comédiens, ils ne font pas oublier Woody Allen et Mia Farrow. Ni José Paul (Jack) Sydney Pollack. Le challenge était de taille et je ne suis pas certaine que le respect de l'écriture woodyallienne ponctuée d'interjections ait été une bonne idée.

Il en résulte des dialogues qui se répondent mécaniquement sans instaurer une véritable conversation. J'ai entendu le public s'en plaindre à la sortie, tout comme de la hauteur des voix. Forcer le ton gomme l'humanité qu'on aimerait voir se dégager des personnages. Le décor, évoquant pourtant astucieux une sorte de skyline que l'on pourrait situer à La Défense comme dans n'importe quelle grande métropole, est plutôt austère malgré des éclairages savamment dosés.

"Jack et moi, nous nous séparons et on va très bien !" est une entrée en scène qui n'émeut pas.
La vie est un patchwork de renoncements ! n'est pas davantage une conclusion qui ouvre des horizons.

Je n'ai pas éprouvé d'empathie pour ce type d'états d'âme. N'aimant pas rester sur une impression aussi mitigée je promets de revoir la version cinématographique de Maris et femmes tout en ayant conscience qu'elle a du prendre un "coup de vieux" depuis le tournage, en 1992, avec Mia Farrow, Judy Davis, Sydney Pollack et Juliette Lewis. Je pourrai au moins juger le texte suivant la direction d'acteurs du réalisateur dans sa version "originale".

Adapter le cinéma au théâtre est périlleux, l'inverse est moins difficile. La comédie est au théâtre un genre particulier. Laissons au cinéma ce qui vient du cinéma. Et n'oublions pas qu'il existe des auteurs français contemporains, comme Courteline ou Georges Feydeau. La Pépinière annonce la création du Système Ribadier dans quelques jours. A suivre ...
4 avr. 2016
7/10
277
Pièce plaisante, quoique sans risque (il n'y a pas de mauvais Woody Allen !). On retrouve avec joie le savoureux cynisme du réalisateur, son regard sans concession sur les rapports amoureux, son goût pour les situations cocasses.
La première scène, comme dans le film, est délicieuse !

J'ai trouvé les comédiens convaincants : José Paul, avec son légendaire flegme, Florence Pernel, en femme frigide et désabusée, Hélène Médigue, toute en fragilité et Marc Fayet, le cinquantenaire qui n'accepte pas de vieillir.

Ce quator fonctionne bien, mais la mise en scène m'a semblé malgré tout assez convenue, dans ce décor tout en perspective et froid. Cela manque de sel et de folie.

De mon point de vue, une adaptation théâtrale suppose d'apporter quelque chose par rapport au film : un nouveau regard, une nouvelle dimension... En cela, je trouve que la pièce pèche un peu.

Ca reste néanmoins un moment de théâtre agréable.
3 avr. 2016
6/10
257
Je ne suis pas un grand amateur des adaptations de Woody Allen au théâtre. Si cela semble parfois une tentation concevable, c'est toujours un exercice périlleux.
Cette version de "Maris et femmes" le confirme. Les comédiens font indéniablement de leur mieux, et ils ont un talent certain pour tenir cette pièce, mais la mise en scène et l'adaptation m'ont déçu. Cela reste un spectacle de très bonne qualité, à voir, pour les acteurs.
18 mars 2016
8/10
300
En observateur impénitent des relations hommes femmes au sein du couple et de la famille, Woody Allen s’est fait à travers sa filmographie le chantre des quadras névrosés obsédés par les interrogations existentielles sur leurs couples, leurs frustrations, leurs fantasmes ou regrets avoués ou pas. Maris & femmes est d’abord un film tourné en 1992 avec Mia Farrow où Gabe et Judy, un couple d’intellectuels new-yorkais, reçoivent Jack et Sally pour diner. Ceux-ci leur apprennent dès leur arrivée leur séparation : cette annonce sera le point de départ d’une remise en question du couple Gabe / Judy, d’un chassé-croisé amoureux où les divorcés découvrent leur nouvelle liberté (ou pas), où le démon de midi vient titiller le couple installé dans sa routine, où les étudiantes cherchent leur père et les célibataires sont convoités.

C’est au théâtre de Paris donc que nous retrouvons Gabe et Judy, Jack et Sally dans une adaptation de Christian Siméon. Dans un joli décor géométrique composé de cubes, polygones et panneaux dont les couleurs changent au fil des scènes et des lieux, l’enchainement de ces scènes de la vie conjugale donne à la mise en scène concise et vive de Stéphane Hillel une belle énergie et un rythme qui jamais ne faiblit. José Paul excelle dans le rôle de Gabe et donne à son personnage un air allénien de naïf dépassé à la fois touchant et agaçant. Florence Pernel incarne une parfaite et glaçante new-yorkaise psychorigide et frigide et fera rire le public dans une scène particulièrement corrosive. Hélène Medigue, amusante Judy aussi insatisfaite dans son couple que secrètement amoureuse d’un collègue, complète brillamment la distribution auprès de Marc Fayet (Jack) Emmanuel Patron, Astrd Roos ou Alka Babir.

Même si le texte aborde un peu trop en surface la complexité des personnages, le cynisme allénien, l’humour caustique et détaché des dialogues, les situations qui s’enchainent, le jeu convaincu des comédiens allié à une mise en scène toute en vitalité donnent à la pièce une atmosphère savoureuse qui ravira les fans de Woody, les couples, les amis, et tous ceux qui aiment les dissections conjugales ou amicales sur fond de névroses existentielles.

À savourer pour refaire le monde, après, autour d’un Cosmopolitan ou un Manhattan.
Agréable comédie sentimentale aux accents âcres de la vie conjugale et de la relation amoureuse entre un homme et une femme, traitée par Woody Allen avec la verve caustique qu’on lui connait et dont il a fait sa signature.

Woody Allen nous dépeint dans son scénario initial adapté aujourd’hui pour le théâtre par Christian Siméon, tous les côtés scabreux et au final attachants des situations de couples qui s’aiment, se séparent, se séduisent ou s’espèrent. Situations passées au crible de l’épreuve de l’épuisement ou du renoncement, dans une quête ténue du bonheur. Nous voici confrontés à l’amour conjugal dans tous ses états ou presque !

La mise en scène de Stéphane Hillel et le travail de plateau de toute son équipe accompagnent le rythme de la pièce avec fluidité, mettant en valeur les ruptures de situations par un astucieux « fondu-enchainé » des scènes qui se suivent sans lien dans le temps ou dans l’espace. Il y a de la surprise et de la légèreté dans l’air. Les répliques fusent, les bons mots aussi. Les émotions survolent l’ensemble.

La distribution est excellente, dynamique et joyeuse. Un joli bon moment !
12 mars 2016
6,5/10
333
Deux couples amis ainsi que deux autres personnages vont dynamiter l'harmonie des deux premiers. Décor très épuré assez intéressant, jeu des acteurs au cordeau mais certains des personnages marquent plus que d'autres. En particulier celui interprété par Florence Pernel qui est absolument bluffante.

Dans son rôle de superwoman ayant besoin de contrôler les moindres détails de sa vie, ce qui d'ailleurs l'empêche de jouir réellement de celle-ci, elle est renversante. Elle a besoin de réfléchir sur tout et ce à n'importe quel moment, même les plus intimes. Ce qui donne des scènes très cocasses et malgré le cru de la situation, la mise en scène passe bien. Hélène Médigue, qui interprète son amie est elle, son strict opposée, tout en douceur. Le couple qu'elle forme avec José Paul semble être à l'abri du feu. C'est un couple stable et qui semble épanoui. Alors que le second couple, assume le fait qu'il arrive à son terme et choisit de se séparer, cela va distiller peu à peu le doute dans le premier. Sous la forme de la jeunesse pour José Paul via l'une des ses étudiantes, sous celle de l'un de ses collègues pour Helène Médique. Les scènes s'enchaînent, certaines moins réussies que d'autres.

Au final, un avis assez mitigé sur l'ensemble car la pièce se traîne en longueur et j'ai trouvé le temps long. Reste le jeu de Florence Pernel, absolument géniale.
4 mars 2016
7,5/10
197
En panne d'inspiration théâtrale, je me décide sans grand enthousiasme à aller voir "Maris et femmes". Je ne regrette pas mon choix... L'interprétation théâtrale dynamise l’œuvre de Allen, la rend plus vivante, plus proche de nous.

Les interprétations magistrales de Florence Pernel, José Paul et Hélène Médigue sont à souligner et le plaisir pris au cours de cette soirée repose en grande partie sur leur talent. Je suis néanmoins d'accord avec les commentaires précédents et ne suis pas convaincu par la prestation d'Alka Balbir qui en surjouant fait perdre beaucoup de crédibilité à son personnage et à son histoire avec Gabe.

J'ai également apprécié les courts (très courts) passage musicaux entre les différents "actes". Enfin je ne sais pas si je l'ai rêvé et si cet effet était recherché mais les parfums bien distincts des 2 actrices principales ont ajouté une dimension supplémentaire à cette belle soirée.
23 févr. 2016
9/10
189
Jack et Sally annoncent à un couple d’amis, Gabe et Judy, qu’ils se séparent d’un commun accord. Ils le disent de manière tellement désinvolte que le quatuor en est perturbé. « Une conversation banale t’en fait un conflit ».

Effectivement, l’annonce de cette séparation va également retentir sur les autres, à commencer par Judy qui s’interroge sur son propre couple. Si tout semble aller bien en apparence, il y a des failles invisibles qui finissent par s’agrandir et faire voler en éclat l’équilibre conjugal car « la vie est un patchwork d’incertitudes » et il faut bien se rendre à l’évidence : chacun pourrait bien y laisser quelques plumes sentimentales.

L’écriture fine et précise de Woody Allen fait mouche et les dialogues ciselés et incisifs font de cette charmante comédie un agréable moment. On y retrouve tout l’humour ironique et parfois cynique du scénariste dans des thèmes qui lui sont chers, ceux qui tournent autour du couple et de l’incompréhension au sein des relations humaines. Le texte fait preuve d’une grande justesse et le sens du dialogue est extrêmement présent dans cette pièce chorale où les destins se font et se défont, les chemins se croisent ou se séparent, mettant en scène des personnages proches de nous, avec les mêmes soucis et les mêmes préoccupations, rendant l’identification du spectateur plus aisée. La scénographie, lumineuse et astucieuse, joue sur les perspectives et dynamise les saynètes qui se déroulent sur le plateau, nous permettant de passer aisément d’un imaginaire à un autre où tout s’enchaine parfaitement sans aucun temps mort dans cette narration croisée, grâce également à une distribution de qualité, Florence Pernel en tête. Elle est irrésistible en femme frigide et psychorigide et obtient les répliques les plus succulentes de la pièce, notamment le passage où, en plein ébat amoureux, elle s’interroge sur la fait de savoir si son mari est au lit plutôt un renard ou un hérisson. Elle est hilarante.

José Paul tire également le casting vers des sommets de réussite. Il est excellent dans la peau de Gabe, un professeur d’écriture qui tombe sous le charme de son étudiante Rainer. Il joue à merveille l’homme perdu qui a besoin de ressentir qu’il peut encore être attirant. En revanche, Alka Balbir ne nous a pas convaincu en étudiante croqueuse d’hommes mûrs. Elle est restée beaucoup trop superficielle et n’a pas réussi à insuffler assez de relief à son personnage. Hélène Médigue, de son côté, campe avec beaucoup de douceur Judy, femme frustrée d’un désir d’enfant non partagé et qui se cherche dans son épanouissement professionnel à défaut de celui maternel. Marc Fayet est Jack, le mari volage qui se rassure dans les bras d’une femme plus jeune, une prof de fitness immature incarnée avec brio par Astrid Roos. Enfin, Emmanuel Patron est touchant. Il est Mickaël, le collègue de Judy et amant de Sally.

La chronique conjugale de Woody Allen s’offre une seconde jeunesse sur les planches de la salle Réjane du Théâtre de Paris dans une savoureuse remise en question de deux couples qui nous invite à repenser nos propres relations humaines, nos envies, nos frustrations, nos déceptions et nos aspirations. Une très bonne surprise théâtrale à laquelle nous ne nous attendions pas vraiment mais qui fait beaucoup de bien. Et rien que pour le talent de Woody Allen, nous vous recommandons chaudement Maris et femmes, à voir en couple ou entre amis pour s’évader d’un quotidien un peu anxiogène.
13 févr. 2016
8/10
166
Du Woody Allen tout craché ! Et au théâtre, ça marche bien. Des histoires de couples et de professeurs amoureux de leurs étudiantes naïves (Woody Allen quoi) sur fond d'humour noir et de cynisme.

J'ai beaucoup aimé la mise en scène et les décors rappelant New York, Central Park... Il y a peut être un peu trop de "Starbucks" dans les mains des acteurs ;) (on a compris qu'on était à NY, hein!).

José Paul est exceptionnel dans son rôle de professeur littéraire un peu aigri (ce rôle lui va tellement mieux que le père dans "Mes parents sont des enfants pas comme les autres" !).

En bref, une pièce très drôle, des décors vraiment originaux, de bons acteurs (un bémol sur Alka Balbir que je n'ai pas trouvé exceptionnelle, trop naïve voire "cruche" dans son rôle) le tout sur un texte tordant de Woody Allen : à voir !
13 févr. 2016
7/10
153
Tout est condensé dans cette pièce, j'entends toutes les situations entre hommes et femmes, dans un couple, hors couple : la séparation, l'envie de séparation, la mésentente sexuelle, l'absence de sexe, l'envie d'ailleurs, de nouveauté, de jeunesse, de superficialité, l'envie d'enfant non partagé, l'usure, le besoin de romantisme, de reconnaissance, la jalousie, le besoin d'être en couple, de garder un statut, etc.

Ouch, c'est juste, c'est incisif, c'est drôle.
La mise en scène est dynamique et les décors sont bien mis en valeur par un jeu d'éclairage subtil.
Les acteurs sont tous très bon. Florence Pernel est quasiment applaudie à chacune de ses scènes. Elle est épatante. Mais les autres ne déméritent pas.

On se laisse surtout porter par toutes ces situations, on se reconnaît sur ça et ça, on reconnaît l'autre et les autres aussi. Ça reste une comédie et l'on passe un bon moment.
11 févr. 2016
7/10
155
Représentation du 29/01/16. Direction la salle Rejane du Théâtre de Paris pour MARIS ET FEMMES, une pièce chorale adaptée du film de 1992 de Woody ALLEN. Si la trame narrative, sans grande surprise, est fidèle aux thèmes prisés par Sir Woody, l'exécution est franchement réussie grâce à une mise en scène astucieuse et un casting sans fausse note (ou presque).

Quand on va voir du Woody ALLEN, que ça soit au cinéma ou au théâtre, on sait que l'on va invariablement assister à la remise en question de couples en pleine crise, qui s’aiment et se déchirent, qui se séparent et se remettent ensemble à la fin (ou pas). MARIS ET FEMMES ne déroge pas à la règle. C’est ainsi que la pièce débute par l'annonce de la séparation à l’amiable de Jack et Sally (interprétés respectivement par Marc FAYOT et Florence PERNEL) au cours d’un dîner avec leur couple d’amis Gabe et Judy (José PAUL et Hélène MEDIGUE), qui de son côté a son lot de problèmes conjugaux aussi comme vous pouvez l'imaginer. Rien de bien original donc.

Sauf que le point fort de Woody ALLEN c’est les personnages. Bien construits, crédibles, rarement manichéens, ils ont des failles comme chacun d’entre-nous, que l'auteur exploite allègrement grâce à son humour particulier et son sens des dialogues. L’écriture est précise et les mots choisis : on rit des situations dans lesquelles s'empêtrent les personnages et des réactions qui en résultent.

L’humour est fin, subtil mais abordable ! MARIS ET FEMMES est une pièce que l’on apprécie avec simplicité. Pas besoin d’intellectualiser son plaisir. Du théâtre qui ne se regarde pas le nombril en quelque sorte et à ce titre l’adaptation de Christian SIMEON est réussie. Évidemment, les personnes hermétiques à l'univers particulier de Woody ALLEN trouveront ici un intérêt tout relatif.

Les dialogues sont servis par un très beau casting. Florence PERNEL, d'abord, parfaite dans son personnage de femme rigide (et frigide). Elle apporte à son rôle un brin de folie typiquement Van de Kampien. José PAUL ensuite, au meilleur de sa forme. Le type a le sens du rythme et de la comédie tout en débitant son texte avec un naturel confondant. Il colle parfaitement au rôle que s'était réservé Woody dans la version cinématographique. Mais également Emmanuel PATRON que j'avais fort apprécié dans Hollywood (entre autres) et Hélène MEDIGUE dont les monologues sont des petites pépites. Le reste du casting ne m’a pas spécialement convaincu.

Tous ces comédiens sont mis en valeur par une excellente mise en scène, dynamique et astucieuse. En lieu et place des 2 ou 3 scènes habituelles on assiste à une succession de scènettes qui s'enchaînent sans interruption. Quand, en fin de scène, des acteurs sortaient par la droite, d’autres entraient par la gauche pour la scène suivante et ainsi de suite. Un vrai petit film sur scène ! Je tire mon chapeau au metteur en scène de Stéphane HILLEL. Une mise en scène qui s’articule autour d’un décor de prime abord assez laid et froid, composé de cubes et de colonnes représentant les buildings de Manhattan, mais qui s'anime grâce à un jeu de lumière réussi et à des effets sonores réalistes et adaptés à chaque scène. Parfait pour mettre dans l'ambiance et donner du dynamisme à la pièce !

Un dernier mot sur cette salle Rejane, parent pauvre de la grande salle du Théatre de Paris, dont la scène est agencée de façon à ce que l'on voit particulièrement bien quelle que soit sa place dans la salle (et quelle que soit sa catégorie). Sa programmation est pertinente et bien souvent meilleure que dans la salle mère (dans laquelle se joue actuellement L'Envers du Décor). En plus le vestiaire est offert et le placement est inclus (interdiction de donner une petite pièce à l'ouvreuse). Que demander de plus.
9 févr. 2016
7/10
136
Un très beau jeu d'acteurs (car ils sont plusieurs et se partagent fort bien la scène ce qui est à souligner) pour une pièce se situant au début des années 90 dans un décor très futé à multiples fonctions.

Une mention toute particulière à José Paul et Florence Pernel qui ne déméritent jamais chaque fois que je les vois au théâtre.

Une bonne adaptation de Woody Allen avec tout le cynisme et la causticité qui lui est propre.
Un très bon moment.
7 févr. 2016
8/10
124
J'étais pas vraiment convaincue par l'idée d'un Woody Allen au théâtre mais j'ai été emballée... C'est une très belle adaptation.

Le style et surtout l'humour de Woody Allen sont présents dans toute la pièce à travers l'excellent jeu des acteurs bien sur, mais aussi dans la mise en scène et les décors.

C'était une chouette soirée de théâtre qui est passée à tout allure !
6 févr. 2016
8/10
151
Hasard du calendrier. Tandis que Florian Zeller patauge dans la grande salle du Théâtre de Paris avec L’Envers du décor, un petit bijou de comédie sentimentale épate la salle Réjane.

Difficile de rivaliser avec le génie Woody Allen… Stéphane Hillel restitue avec beaucoup de malice et d’intelligence l’humour si caustique du cinéaste dans Maris et femmes. Dans ce méli-mélo choral, les relations conjugales s’entrecroisent jusqu’au vertige, se déchirent puis se rabibochent grâce à l’abattage redoutable d’une belle distribution, Florence Pernel en tête.

Le couple obsède Woody Allen : ses failles, ses paradoxes, ses complications et surtout ses drôleries. Maris et femmes s’inscrit dans cette mouvance et décortique les aléas de l’amour sans jamais s’appesantir dans des exposés indigestes. Sally et Jack ont une grande nouvelle à annoncer à leurs amis Jodie et Gabe : ils ont décidé de se quitter à l’amiable. Coup de tonnerre au sein du quatuor. Cette séparation en douceur pousse insidieusement l’autre couple à se remettre en question : sont-ils vraiment heureux malgré les apparences ?

De ce noyau dur prêt à éclater, s’agrègent d’autres atomes également un peu paumés dans leur horizon amoureux. Comme toujours chez Woody Allen, les étoiles se regroupent en constellations dans des scènes chorales confondantes d’authenticité. En l’occurrence, sept New-Yorkais constituent la Pléiade de cette comédie : Rainer, une étudiante croqueuse d’hommes va faire succomber Gabe, son prof d’écriture ; Michael, le collègue de Jodie va s’enticher de la frigide Sally et Sam, une prof d’aérobic un peu cruche va donner un coup de fouet au quinqua Jack.

Sur scène, Stéphane Hillel capture avec un entrain fou les égarements du cœur et de l’esprit de nos acteurs. Les répliques et les bons mots fusent pour notre plus grand bonheur. Tous les comédiens (sauf Alka Balbir, beaucoup trop artificielle dans son rôle de jeune groupie) se montrent complices et l’alternance des duos, voire des groupes, occasionne un dynamisme appréciable dans les échanges, sans temps mort. On retrouve avec plaisir José Paul, un habitué des comédies dans le privé, qui retombe sur ses pattes en prof de littérature mégalo et lâche et surtout Florence Pernel, royale en psychorigide chic qui se demande dans un passage culte si son mari est un renard ou un hérisson pendant qu’elle essaye de prendre son pied avec son prétendant… Elle mène la danse sans conteste.

Dans un joli décor graphique et épuré évoquant des gratte-ciel de BD, on passe une soirée réjouissante sur un thème certes rabattu mais tellement bien décortiqué par Allen et si bien interprété qu’il serait dommage de s’en priver !
28 janv. 2016
7,5/10
339
Quel bon moment !
Woody Allen est juste derrière le rideau, ça ne fait aucun doute...

Les acteurs sont merveilleux, j'adore Florence Pernel qui est juste de bout en bout.
En résumé, une très belle soirée.

Merci !
26 janv. 2016
7/10
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Pièce de Woody Allen dans laquelle on retrouve son univers et ses personnages. Si vous n'aimez pas passez votre chemin.

7 personnages qui s'interrogent sur le couple.
2 couples qui s'essayent à d'autres conjoints pour voir si l'herbe est plus verte ailleurs.
Les dialogues sont plutôt bien écrits, le texte de bon niveau même si on peut s'attendre à quelques répliques.
Les comédiens sont très inégaux. Les 3 hommes bons, voir très bon pour José Paul, Florence Pernel très convaincante, mais les autres personnages féminins en dessous. Quant à l'étudiante, merci de lui dire de reprendre ses études.
Le décor est assez étonnant, composé de blocs et de perspectives d'immeubles on se demande comment ça va s'imbriquer. En fait, très bien. Le jeu des lumières et des couleurs fonctionne super bien. Sur une même scène on se retrouve dans des appartements, des centres commerciaux, Central Park... Belle réussite de mise en scène. Les petits séquences qui se succèdent les unes aux autres avec les comédiens qui passent d'un endroit à un autre sont bien amenées et rendent l'ensemble fluide.

Globalement bonne soirée.