Critiques pour l'événement Madame Bovary
25 sept. 2016
9/10
156
La pièce m'a réconcilié avec le roman pour lequel je n'ai que des souvenirs d'ennui profond.

La performance des comédiens et la mise en scène sont excellentes. J'y allais intrigué par les bonnes critiques, j'en suis ressorti époustouflé. Un vrai moment de plaisir.

A voir absolument !
10 sept. 2016
9,5/10
163
Ce Madame Bovary enchante. Quatre comédiens, quatre chaises, un grand champ échevelé de vent en toile de fond, quelques instruments de musique, un brin musette nostalgique, un soupçon rock bien dosé, un violon un peu gitan, des costumes presque intemporels mais discrètement évocateurs, une belle robe bleue en écho à celles du roman; et de la fantaisie, du talent, un regard aigu et attentif sur les protagonistes : voilà de quoi faire revivre Emma Bovary et ses rêves…

C’est gracieux et touchant, intelligent et tonique. Ici la simplicité est une richesse.
L’adaptation de Paul Emond, pleine d’esprit, trouve le juste équilibre; chacun des personnages s’y déploie sans manichéisme, mû par ses pulsions de vie autant que par ses ombres. Narration, saynètes, intermèdes musicaux s’y entremêlent avec légèreté, comme naturellement. Les comédiens glissent du récit au jeu avec aisance, ça imprime un joli rythme, très souple, à la représentation.

Peut-être certains pourront regretter d’y perdre quelque chose de la mélancolie, de la tragédie, de Madame Bovary, mais, portés par l’incarnation sensible et généreuse des quatre comédiens, on y gagne de l’énergie, de l’acuité, de la fluidité, de la fraîcheur; et on n’y a pas perdu une certaine gravité, ce qu’Emma peut avoir de dur, de brutal, dans sa dévoration et de déchirant dans sa façon de s’abandonner à corps perdu, ce que Charles peut avoir de poignant dans sa naïveté, dans son impuissance, dans son deuil, et on a le cœur qui se serre avec lui quand il croise Rodolphe et lui dit « je ne vous en veux pas, c’était la fatalité »…
1 sept. 2016
7,5/10
186
Que j'aurais aimé découvrir lycéen cette Madame Bovary, généreuse, tellement humaine.

Les acteurs sont fantastiques, la mise en scene très bonne. Mention spéciale pour les musiques, toutes très belles et originales. J'ai vu cette pièce juste avant la fin de son exploitation à Paris, je le regrette car j'aimerais déjà la revoir !
25 juil. 2016
7/10
194
Mise en scène inventive et drôle pour cette pièce qui permet de redécouvrir le texte original d'une bien agréable façon.

Les comédiens racontent le récit tour à tour mais sans jamais être professoraux. On est vite embarqués avec eux. Ils interprètent aussi les personnages et avec le peu de moyens on y est quand même dans cette petite ville de province. Ils jouent de la musique pour accompagner une séquence, appuyer un propos, ajouter une virgule. Ce qui peut paraitre surfait se révèle sympathique. Enfin, chacun joue plusieurs rôles de l'histoire. Certainement par manque de moyens mais finalement c'est assez bien amené et intéressant.

Les comédiens sont frais, justes et perfectibles. Ce ne sont pas les comédiens du siècle mais ils s'en sortent très bien.

En conclusion, pas la pièce du siècle mais certainement l'une des bonnes pièces de l'année.
14 juin 2016
10/10
244
Je croyais ne rien devoir apprendre de Madame Bovary. Je n'avais pas été attirée par la pièce dont tout le monde disant pourtant énormément de bien. On ne peut pas aller partout.

Il m'a fallu un sursaut de conscience (je tenais à voir le maximum des pièces nominées aux Molières) pour que je me décide. Et voilà que je ressors du Poche Montparnasse totalement sous le charme de cette mise en scène inventive, et pourtant sobre.

Une toile peinte en guise de décor suggérant quelque part dans la campagne normande. Quatre chaises et une table de bistrot. Quelques coupes qui sont prêtes à une célébration. Les cris de Vive la mariée résonnent en fanfare. Les comédiens sont aussi musiciens et ça change tout.

Ils sont tour à tour personnages ou narrateurs, ce qui donne à la pièce un caractère d'épopée qui convient parfaitement à l'oeuvre.

Emma est sincèrement heureuse d'épouse Charles, persuadée d'atteindre avec lui la passion, la félicité et l'ivresse. Il l'aime d'un amour inaltérable mais ils ne sont pas au diapason. La suite, tragique est connue. Emma crie son appétit de vivre. Elle ignore qu'elle court à sa perte. Il ne lui en tiendra pas rigueur, imputant la faute à la fatalité.

L'un comme l'autre sont extrêmement touchant, chacun à leur manière et on comprend la nomination Molière en tant que Révélation féminine pour Sandrine Molaro qu'elle méritait amplement de remporter (même si son expérience théâtrale et cinématographique est solide).

Gustave Flaubert définissait lui-même le bovarysme (en 1858) comme la capacité de l’homme à se concevoir autre qu’il n’est. Le seul moyen de supporter l’existence, c’est de s’étourdir dans la littérature comme dans une orgie perpétuelle.

Paul Emond a respecté dans son adaptation la dimension romantique du roman. Ce qui est nouveau peut-être dans ce qui nous est proposé c'est d'avoir trouvé une écriture permettant à tous les personnages de défiler dans le jeu d'un quatuor, en inventant une dynamique théâtrale spécifique. Car ils ne sont jamais que quatre sur scène, mais toujours quatre.

Madame Bovary devient un opéra. On sait que la fin sera tragique mais on suit chaque dialogue, on écoute chaque chanson, comme si on ignorait la tragédie. On se prend au jeu des acteurs. On se dit que peut-être il y aura une autre issue. Le spectateur est embarqué dans la noce, le bal, la fête ... Il vit parmi ces gens. Il est plongé dans un autre siècle, un autre monde ...

La musique et les ambiances sonores y participent, comme le rythme et m'ampleur de la rage de vivre de l'héroïne. On ressort troublé par sa capacité d'audace. Sans lui donner raison on se demande si on a un courage équivalent dans nos vies actuelles ...
23 mai 2016
5/10
213
Avec tous les éloges lus ici et ailleurs, j'ai vraiment cru que j'allais vivre un beau moment de théâtre. Malheureusement je me suis ennuyée et j'ai été du coup très désappointée.

Déjà que l'histoire de Madame Bovary de Flaubert n'est pas en soi exaltante, la pièce partait avec un malus non négligeable. Cela n'a pas pu être rattrapé par le jeu des acteurs, malgré leur enthousiasme évident.

J'ai cherché en quoi la mise en scène était excellente, selon les autres critiques, mais je n'ai pas trouvé : je n'ai pas été transportée, je ne me suis pas sentie une seule fois dans un autre monde, malgré les musiques, les décors, la boule à facettes...

Bref je n'ai pas apprécié plus que ça la pièce et je suis assez déconcertée par tant d’éloges à son sujet.
6 mai 2016
8,5/10
243
Charles est presque médecin (car simple officier de santé) et presque heureux (car dominé). Voici un peu le drame de son existence : il n’a de cesse d’être à côté de l’essentiel.

C’est en quelque sorte un utopiste rêveur qui épouse en secondes noces, après un premier veuvage, la douce Emma, lectrice passionnée et exaltée dont le caractère contraste très vite avec celui de son mari qu’elle trompera à deux reprises, quand elle se perdra elle-même dans ses désirs les plus fous, à l’instar de ce sublime moment, très drôle, dans la cathédrale de Rouen, où elle bénéficie d’une visite guidée juste avant de se laisser entraîner dans les vertiges de l’amour et les dédales de la perdition durant la célébrissime scène de volupté dans le fiacre.

La pièce s’ouvre par le récit très vivant, festif et musical du mariage d’Emma et de Charles. Ce dernier apparaît déjà comme un être lunaire, monotone et ennuyeux. Il est plutôt niais et rien de palpitant ne transparait dans son langage ralenti, étiré. Cependant, il fait sourire et parvient très rapidement à gagner notre empathie. Il faut dire que David Talbot est particulièrement convaincant dans ce registre. Son chagrin est touchant et atteindra son apothéose dans la scène finale. Emma, quant à elle, prend vie sous le talent de Sandrine Molaro. Très expressive, elle offre une large palette de jeu et d’émotion. Cependant, elle semble dépoussiérée d’un romantisme gourdiflot et se présente comme étant plutôt terre à terre, ce qui au départ nous freine un peu dans l’identification de ce personnage qui nous fait osciller entre affection et détachement. Seule la longue toile représentant un champ de blé très bucolique et les bruitages de chants d’oiseaux qui résonnent très souvent, nous laisse dans une douce rêverie. Et puis, au fil du temps, elle est touchante et ses incarnations gagnent en profondeur. Lorsqu’elle rencontre Léon (impressionnant Paul Granier qui incarne aussi les parents de Charles avec une candeur déconcertante) avec qui elle partage le goût de la lecture, on ressent pleinement le baume au cœur qui l’emplit et ce désir qu’elle tente de refouler. Lucide, elle s’interroge (au micro comme pour donner plus de poids à ses tourments) au départ de son amant potentiel : « mon chagrin ne finira donc jamais ? ». Elle est bouleversante en femme délaissée par un mari balourd qui travaille dans une monotonie extrême. Ce sentiment est renforcé par les interludes musicaux qui flirtent avec l’abyme de la mélancolie.

Puis elle fait la connaissance de Rodolphe (parfait Gilles-Vincent Kapps), un beau parleur qui l’entraîne dans ses filets. Avec lui, elle a l’impression de sortir de sa médiocrité provinciale. Elle devient plus hardie, plus libre mais aussi plus sentimentale. Ayant des rêves de grandeur et d’ascension, elle s’élève par l’évasion que lui procure son amant. Elle s’endette et court à sa perte sans s’en apercevoir. Si Rodolphe lui écrit « du courage Emma, je ne veux pas faire votre malheur », Emma ne voit pas qu’elle cause énormément de mal. Elle dépérit à vue d’œil, tombe malade, et comme dans un cycle d’une bipolarité naissante, elle oscille entre euphorie et dépression. Poussée vers de nouveaux rivages, Emma s’enfonce dans le plaisir, le luxe et l’extravagance jusqu’à un point de non-retour où, prise au piège, elle n’aura d’autre issue que de se donner la mort.

L’adaptation littéraire du belge Paul Emond qui s’empare ici de la fatalité de la tragédie décrite par un grand classique encore trop souvent réduit à son caractère romantique d’un autre temps, trouve dans la mise en scène de Sandrine Molaro et Gilles-Vincent Kapps toutes les qualités nécessaires pour éviter les écueils d’une linéarité qui aurait pu être désastreuse et ennuyeuse dans cette œuvre magistrale de la littérature française. Nous assistons à une grande fluidité de la narration, tour à tour dite, chantée ou incarnée.

C’est drôle, rythmé et plein de vie, comme cella à laquelle aspire Emma de tous ses vœux : une existence exaltante faite de passion, d’intensité et d’ivresse. L’héroïne romantique de Flaubert brûle de désirs sur les planches du Théâtre de Poche-Montparnasse, dans une forme légère et subtile de sa destinée, une fraîcheur comparable à celle de la rosée un matin de printemps. Une belle réussite à voir pour se réconcilier avec le Bovarysme.
3 mai 2016
9/10
240
La scène s'éclaire. Debouts, quatre musiciens. Une femme, trois hommes ; Ils annoncent et fêtent le mariage des Bovary. Musique, acclamations, histoire de leur rencontre, leur discours, ponctué par la musique, sent bon le Flaubert et parvient à dresser un portrait vivant des personnages.

C'est heureux, car le ton est donné. Quatre acteurs, quatre chaises, six instruments et un décor inexistant : tout ne peut tenir que sur la présence et la performance des comédiens sur scène.

Et pour tenir, cela tient ! C'est fluide, rythmé, et les personnages comme le chœur permettent une compréhension claire des motivations des personnages. On en finit par apprécier un Bovary naïf et touchant, à suivre avec appréhension les aventures d'une femme dont nous connaissons pourtant le destin, et on sort, le cœur étreint par l'émotion.

Pourtant, je l'avais lu, ce livre.
1 mai 2016
8/10
236
Ayant été déçue par l'adaptation théâtrale des Cavaliers 3 jours auparavant, je n'allais pas confiante voir celle de Mme Bovary.

Mes doutes ont vite été balayés : la mise en scène fonctionne, le rythme est agréable, l'alternance entre les scènes jouées et les passages racontés est fluide et les acteurs sont bons. Cette fois, j'y ai cru et j'ai passé une bonne soirée.

Une réserve sur le parti pris d'interprétation d'Emma Bovary : pas assez coquette, romanesque, je l'ai trouvée presque trop terre à terre, même dans ses exaltations.
17 avr. 2016
9/10
271
Une adaptation et une mise en scène bluffantes !

Les souvenirs de lecture ennuyeuse s'envolent dès les premières secondes et on est tenu en haleine devant les tourments de cette femme. C'est très bien joué et très très bien mis en scène.

La musique tient une place spéciale. On sort la gorge nouée par l'émotion. Bravo !
8 avr. 2016
6,5/10
278
Bien aimé au niveau pédagogique, pour ceux comme moi qui ne liront jamais ce livre c'est un bon moyen ludique de rattraper le train.
Mais je trouve que les comédiens sont pas extraordinaires mis à part la fille qui joue Me Bovary.
La scène est toute petite et la salle aussi. Il faut compter 40 personnes maximum, c'est pour dire la taille du théâtre.
On passe d'une scène à l'autre c'est un peu la course. Au final je trouve que c'est pas mal mais ça ne vaut pas la première place du classement.
1 avr. 2016
9/10
238
Une super pièce avec de super acteurs, qui nous a transporté dans l'univers de Madame Bovary que je ne connaissais que très mal.

On a passé un super moment !!
29 mars 2016
10/10
254
J'ai été très positivement surpris (c'est au départ une idée de ma femme).
Le texte de Flaubert a été très bien repris et adapté.

Les trois acteurs campent avec beaucoup de talent et d'humour les personnages clés.

Ce n'est pas la franche rigolade -- c'est Madame Bovary après tout -- mais il y a de beaux morceaux d'esprit et d'humour pince sans rire.

Vraiment un très beau moment.
27 mars 2016
8/10
238
Etape obligatoire dans le cadre d’un cursus scolaire la lecture de MADAME BOVARY n’était, pas dans mes souvenirs, des plus palpitantes. Certes on apprécie rarement de lire des classiques à cet âge mais c’est surtout le style de FLAUBERT qui ne m’a jamais réellement convaincu. Aussi je dois bien avouer que l’adaptation théâtrale du roman n’était pas sur ma liste prioritaire de spectacles à voir. Mais suite aux avis positifs et unanimes de spectateurs et blogueurs je me suis décidé à tenter l’expérience et je ne le regrette pas. Loin des adaptations classiques souvent rébarbatives le Théâtre de Poche-Montparnasse propose ainsi un traitement moderne où l’histoire d’Emma Bovary est à la fois jouée, contée et chantée ! Une vraie réussite.

Médecin de campagne (ou quasi) Charles Bovary épouse Emma, une jeune femme férue de lectures romantiques. Mais si Charles est au comble du bonheur (un grand naïf ce Charles), Emma s’ennuie vite car le mariage ne correspond pas aux attentes qu’elle avait mis en lui et aux fantasmes d’exaltation et de romantisme qu’elle avait imaginé. Adapter un roman de 500 pages en une représentation d’1h30 n’est pas chose aisée. Paul EDMOND, qui a assuré seul l’adaptation, prend inévitablement quelques libertés avec l’histoire en coupant dans le gras pour n’en garder que la moelle et nous proposer une Bovary indécrottablement romantique et inévitablement enclin à la dépression. Les puristes pourraient trouver à redire dans ce traitement partiel et volontairement subjectif (le dégoût de Bovary pour son mari n’est pas exemple jamais vraiment mis en évidence) mais n’en demeure pas moins que l’adaptation reste passionnante, amusante aussi, et surtout abordable même par le plus récalcitrant des spectateurs.

Pour faire partager aux spectateurs le destin tragique de cette femme, Sandrine MOLARO interprète Bovary et est accompagnée de trois comparses masculins, tour à tour personnages ou narrateurs. Les quatre comédiens interprètent des courtes scènes telles qu’imaginées par Flaubert ou s’adressent au public pour conter (via des monologues), commenter ou chanter (et danser !) certains épisodes de sa vie. Ce parti pris apporte un rythme certain à la pièce et fait qu’on ne s’ennuie pas et qu’on attend fébrilement la suite de ses aventures. Cette mise en scène moderne et inventive est signée MOLARO et Gilles-Vincent KAPPS, ce dernier assurant également la musique originale de la pièce (et il y en a beaucoup !). Les comédiens, en plus d’être visiblement de très bons musiciens, nous proposent une prestation sans faute : Sandrine MOLARO est d’une grande justesse et arrive à rendre crédible ses sentiments amoureux et le spleen qui en découle inévitablement. Elle a le visage très expressif et le spectateur peut à loisir y lire toutes les émotions du personnage. Dans le rôle de Charles, l’époux naïf éperdument amoureux de sa femme David TALBOT est parfait : voix, phrasé, attitude TALBOT n’interprète pas, il EST Charles Bovary. Les deux autres comédiens (KAPPS et le prometteur Paul GRANIER au sourire séducteur) ont la lourde de tâche d’interpréter de multiples personnages et s’en sortent avec les honneurs.

Voilà enfin une adaptation contemporaine d’un classique de la littérature accessible à tous les publics (pour preuve la salle, pleine à craquer, était composée de toutes les tranches d’âge, y compris des enfants). C’est l’aboutissement, mérité, de l’excellent travail de Paul EDMOND qui a réussi à dépoussiérer le roman et du duo MOLARO-KAPPS qui a permis de le moderniser grâce à une mise en scène astucieuse. Kuddos également aux comédiens qui semblent prendre un plaisir évident à nous narrer les aventures de Madame Bovary. Le pari est donc largement réussi. A tel point que je me suis téléchargé (légalement !) le roman en epub pour lui donner une seconde chance…
10/10
227
Quel beau spectacle !

Un pur plaisir romantique et poétique, drôle et si présent. Le roman de Gustave Flaubert, publié en 1856 nous est livré ici par scénettes, cousues de fil tendre et enrobées de papier d’amour. Le tout trempé dans une cocasserie divertissante suggérée par d’astucieux décalages dans les jeux, des chansons ou de la musique instrumentale.

Le montage de textes proposé par cette adaptation de Paul Emond renforce la dimension réaliste de l’histoire racontée comme au coin du feu et apporte comme par impromptus des pauses poétiques, voire lyriques, bienvenues.

Nous retrouvons le personnage d’Emma Bovary, troublant de vérité et d’émotions, aux limites du sentimentalisme. Emma Bovary nous apparaît plus encore que dans le roman, une égérie de l’émancipation, une femme libre devant l’épouse ou la mère, cherchant la passion avant la raison, l’amour avant l’affection.

Sandrine Molaro et Gilles-Vincent Kapps signent une mise en scène malicieuse et jouent brillamment aux côtés de Félix Kysyl et David Talbot. La distribution est pleine de charme, de simplicité et de sincérité, et semble savourer ce délice avant de nous l’offrir.

Un régal de théâtre.
14 mars 2016
9,5/10
213
Une pièce qui dépoussière l'oeuvre originale tout en la respectant dans son texte, faisons simple, la mise en scène, le jeu des acteurs, le rythme et l'ambiance sur scène et dans le public sont formidables.

Que vous adoriez le théâtre ou que vous soyez novice foncez sans hésiter car tout le monde ressort de bonne humeur et coup de chance, la pièce est prolongée jusqu'en juin !
Une mention particulière au jeune comédien Paul Granier qui passe par des personnages très différents avec une justesse et une facilité déconcertantes, il est brillant et n'est pas là par hasard, une future figure du théâtre et du cinéma Français à n'en plus douter, je lui souhaite bonne chance !
4 mars 2016
8,5/10
202
Si Gustave Flaubert fut fustigé et largement blâmé à la sortie de Madame Bovary, son roman n’en est pas moins resté dans les annales de la littérature française. De ce portrait d’une femme désœuvrée dans une étroite ville de province, marié à un homme aussi naïf que parfaitement ennuyeux, Flaubert a tiré la moelle substantielle du désir, de l’exaltation des sentiments engendrée par la frustration, de la solitude, de la soif de liberté d’une femme emprisonnée dans des conventions trop moralistes pour elle. Accusé à sa sortie de « réalisme choquant », « d’outrage aux bonnes mœurs », le roman a pourtant marqué son époque et engendré la notion de bovarysme.

L’adaptation de Paul Edmond célèbre allègrement le roman avec en mélangeant chansons, intermèdes musicaux, danses, jeu pertinent tout en se consacrant sur l’essentiel : de la morale étriquée de province avec ses ragots indiscrets et ses regards réprobateurs à la soif d’idéal d’une jeune femme désespérée, en passant par la gaucherie d’un époux dépassé mais amoureux, la veulerie d’un amant lâche ou la coriacité d’un créancier impitoyable.

Avec uniquement trois comédiens et une comédienne, les metteurs en scène Sandrine Molaro et Gilles‑Vincent Kapps (eux-mêmes interprètes de Emma et Rodolphe / Lheureux) rendent hommage à Flaubert, à Emma et cette Normandie provinciale et rurale de fin XIXème. Dans un décor minimum (projection de champs de blé, quatre chaises, un micro) et quelques instruments de musique (accordéon, harmonica, violon,…), ils déroulent pendant 1h30 la vie de Emma B. dans une atmosphère aux effluves de campagne et de bon air avec un plaisir évident et contagieux.

Inversant les rôles (narrateurs, personnages), les trois comédiens interprètent tantôt un Charles Bovary terriblement touchant malgré sa naïveté (David Talbot, excellent), une Madame Bovary-mère acariâtre ou Léon, jeune amant exalté (très juste Paul Granier, en alternance avec Félix Kysyl) ou l’odieux Rodolphe (Gilles‑Vincent Kapps). La touchante et très juste Sandrine Molaro s’amuse quant à elle visiblement beaucoup dans le rôle d’Emma, toute en sensualité campagnarde, exaltation amoureuse ou accablement moral. La mise en scène, à la fois simple et calculée, se concentre sur l’histoire et l’encerclement progressif de la jeune femme dans un piège financier et sentimental. Chansons et musiques parfois anachroniques viennent apporter une touche de modernité tout comme certains clins d’œil complices (la musique du Cinéma de Minuit lors du premier baiser de Rodolphe et Emma).

Le tout donne une très, très charmante adaptation, intelligemment rythmée, vive et gaie, une vision champêtre qui ne peut que ravir les amoureux de Flaubert (dont je fais irrémédiablement partie) et les nombreux collégiens qui viennent re-découvrir le roman dans le petit théâtre du Poche Montparnasse. Ou ceux qui ne connaîtraient pas le roman et voudraient s’y frotter. Je gage qu’ils adoreront.

Une jolie réussite, donc, et un très bel hommage. Pour ma part, j’achète, j’adhère, j’adore.
3 mars 2016
9,5/10
166
Remarquable !

Certainement la meilleure pièce que j'ai vue cette année. Et encore une réussite du Poche Montparnasse, qui décidément nous régale cette année. C'est juste parfait. Inventif, drôle, émouvant, saisissant, bouleversant, sans une nanoseconde d'ennui. On est emporté de la première à la dernière seconde.

La mise en scène de Sandrine Molaro et Gilles-Vincent Kapps est terriblement bien adaptée au ton de la pièce et de l'oeuvre: musique, chansons, comédiens jouant des personnages différents, le tout avec une fluidité et un naturel exceptionnels. Il faut rendre un très très très grand hommage aux comédiens. Sandrine Molaro est magnifique et bouleversante dans le rôle. Une très grande comédienne. David Talbot, que je retrouve enfin dans un grand rôle à sa mesure (j'étais resté sur le triste "Sans Rancune" au Palais Royal...). Il incarne un Charles Bovary humain, perdu et terriblement attachant.

Un des personnages que je préfère dans la littérature de Flaubert. Il nous régale aussi de prestations à ne pas manquer, notamment sur les comices agricoles. Gilles-Vincent Kapps, tout en subtilité, charme et dureté (quel Lheureux il fait !). Un régal. Et enfin, Paul Granier, qui est une véritable révélation. Un maîtrise étonnante, un présence et un charisme rares pour un si jeune comédien. Je ne doute pas qu'il ira loin, très loin, tant il irradie la scène.

J'ajouterai que c'est un spectacle à voir en famille, très abordable pour des enfants sur la durée. Obligez les à venir, le théâtre comme celui-là ne peut que les rendre accros.
Bref. J'y retourne, que voulez-vous? Obligé.
13 févr. 2016
8,5/10
206
Gustave Flaubert a marqué à jamais la littérature avec de nombreux livres. Un roman particulièrement s'est inscrit dans l'esprit de jeunes lecteurs avec l'histoire d'une femme : "Madame Bovary". Alors un passionné, Paul Emond, décide de lui rendre hommage sur les planches du Théâtre de Poche. Partons à la rencontre d'une femme qui cherche l'amour.

Adapter le roman "Madame Bovary" en pièce de théâtre avec quatre comédiens n'est pas une chose facile. Par chance, Paul Emond, était tombé amoureux de la charmante Emma. Alors lorsqu'on lui a proposé d'adapter l'oeuvre c'est sans hésitation qu'il a accepté. Dans un décor très simple, avec quatre comédiens talentueux, va nous être racontée l'histoire d'une femme qui rêve d'amour. Elle a grandit dans un couvent où elle lisait des histoires d'amour enflammée avec des preux chevaliers enlevant leur belle. Alors lorsqu'elle se maria et tomba rapidement dans la routine, la tristesse et l'ennui la gagna. C'était jusqu'au jour où elle fit la conversation avec un jeune garçon avec qui elle partageait l'amour des livres.

Puis lorsqu'il partit pour ces études, la solitude revient sonner à sa porte. Seul l'amour fait battre son coeur et lui donne l'envie de vivre et de profiter de la vie même si elle a un gentil mari à la maison. Quand il débarque d'ailleurs, elle en perd la raison et la mesure des choses. On pourrait en pleurer ou s'en apitoyer, mais la très minutieuse et intelligente mise en scène de la comédienne Sandrine Molaro et Gilles-Vincent Kapps rend l'histoire intéressante. Les comédiens tout en douceur et en délicatesse interprètent leurs personnages les rendant tellement vrais.

Sandrine Molaro fait vivre avec sensibilité Emma, dépensière et amoureuse de l'Amour. Gilles-Vincent Kapps, que j'ai déjà rencontre au théâtre de Poche dans une autre adaptation de Flaubert, "Mémoire d'un fou". Ne serait-il pas un passionné de l'auteur ? C'est avec simplicité qu'il interprète l'amoureux, Rodolphe et qu'il embrasse la belle Emma. Quel beau baiser. David Talbot joue l'époux Bovary qui aime simplement, sans voir les infidélité de son épouse. Il parle doucement avec une voie très calme et apaisante. Et enfin, le charmant Paul Granier qui est à la fois la belle-mère et le jeune Léon, qui a appris à séduire les femmes sur Paris. D'ailleurs, Emma va en perdre la tête. J'ai adoré la scène où le couple descend de scène pour danser un slow tout en charme dans l'allée des spectateurs.

J'ai été totalement subjuguée par la qualité de jeux et l'aisance à changer de personnages. Tout comme le fait de l'omniprésence de la musique et du chant qui sont tout à fait harmonieux. Guitare sèche, guitare électrique, ukulélé, harmonica, violoncelle, micro-voie, les notes accompagnent la déchéance d'Emma qui va la mener à la mort. Les airs sont entraînants et bien amenés tout comme les bruits de fonds déclenchés sous les yeux des spectateurs, émerveillés.

Vous l'aurez compris, il ne faut pas passer à côté de cette pièce de théâtre qui va vous réconcilier avec Gustave Flaubert et Madame Bovary. Un bon moment, quelques rires et beaucoup de sourires à suivre les aventures d'une femme qui aime aimer et être aimer avec passion et folie.
8 févr. 2016
9/10
233
C'était une sortie entre femmes ( 2 dans la vingtaine, 2 dans la quarantaine et 1 de 70+ ), 3 générations donc mais une même unanimité: ce spectacle est excellent.

Le talent des acteurs, la finesse du texte, la simplicité d'un décor qui arrive à vous transporter dans l'histoire, bref une Mme Bovary actualisée mais qui a su garder toute sa poésie.
Merci pour ce joli moment de théâtre.
27 janv. 2016
9/10
231
Sublime Madame Bovary !

Pièce extrêmement bien mise en scène. Interprétation étonnante, captivante, à voir absolument !
25 janv. 2016
6/10
348
Le pari était audacieux et la promesse alléchante, mais le résultat n'est pas à la hauteur des espérances - ni des critiques dithyrambiques lues ici et qui mettaient l'eau à la bouche.
Le principal reproche est l'absence de parti pris dans l'adaptation de Paul Emond : aucun choix ne se détache dans ce texte, qui finit par ressembler à un résumé plat de l'oeuvre façon Wikipedia.

La mise en scène de Sandrine Molaro et Gilles-Vincent Kapps n'est pas tant dépouillée que peu inspirée : elle ne tranche pas entre la tentation des successions de personnages et d'effets scénographiques à la Michalik, et l'absence d'effets assumée.

Les virgules musicales sont une bonne idée sur le papier, mais elles fonctionnent souvent difficilement : une harmonie inégale entre les 4 instruments, et des paroles rendues inaudibles par le fond musical.

Le duo Molaro-Kapps fonctionne heureusement bien mieux dans le jeu, et ils portent cette pièce avec un David Talbot souvent hilarant. Paul Granier, qui joue en alternance, semblait à côté de son rôle.

Une petite déception donc, pour une pièce qui semble partir d'une intuition géniale et échouer du fait d'une incapacité à prendre de véritables partis pris scénographiques et artistiques.
11 janv. 2016
8/10
235
Vu les souvenirs pénibles associés à la lecture imposée du roman de Flaubert, je n'étais pas particulièrement encline à aller voir la pièce mais vu l'avalanche de critiques élogieuses, j'ai tenté le coup.

Première impression : grosse frayeur !
Je vois une guitare éléctrique sur scène, et là une pensée affreuse me vient : Madame Bovary, l'Opéra rock !! Sauvez moi !! Qu'est ce que je fais ici ??? Mes craintes ont rapidement été calmées, les intermèdes musicaux sont parfaitement adaptés et permettent de garder un rythme dynamique.

Cette version dégraissée des tous les passages descriptifs avec un rythme enlevé et inattendu est en fait un petit bijou à tous niveaux, car réussir une adaptation littéraire n'est pas une sinécure.

La mise en scène est intelligente, comme quoi avec seulement 4 chaises et un décor dépouillé, on peut faire des miracles. C'est tout à fait adapté à l'enchainement de saynètes rapides traitées avec humour sur fond de village paysan.

Les comédiens sont extrêmement justes et la palme revient à celui qui incarne Charles Bovary car il est en tout points semblable à la représentation que je m'en faisais que ce soit physiquement mais aussi dans sa naïveté touchante et sa confiance sans faille en son épouse.
J'ai beaucoup aimé aussi le comédien qui incarne la mère de Charles, acerbe à souhait en gardienne de la tradition bienséante.

Au final, j'ai presque envie de réouvrir le roman pour vérifier si mes souvenirs sont justifiés.
29 déc. 2015
8/10
197
En une phrase, cette version musicale, moderne, journalistique et vivante, donnera envie de lire, voire de relire... l'original de Flaubert.

Une mention particulière pour la fraîcheur du jeu des acteurs.
5 déc. 2015
8/10
219
Depuis 1857, date retentissante du procès condamnant Madame Bovary pour « outrage aux bonnes mœurs », l’héroïne éponyme de Flaubert continue d’alimenter nombre de fantasmes. Notamment au cinéma. Qu’elles se prénomment Isabelle Huppert, Gemma Arterton ou Mia Wasikowska, ces beautés diaphanes s’avèrent le fruit de projections idéalisées, trop belles pour être vraies.

Au Poche, Sandra Molaro et Gilles-Vincent Kapps renversent la vapeur en proposant une adaptation bien plus rustique, en adéquation avec l’univers paysan du roman. Cette proximité propre au théâtre offre une plongée « popu » galvanisante dans ce voyage au bout de l’ennui. Si l’on perd en poésie, on gagne incontestablement en fraîcheur.
Quatre chaises, une table, une toile de fond représentant la campagne avec ses épis de blé : un décor frugal et sommaire qui renvoie au principe central de cette mise en scène : pas de chichi.

L’adaptation remarquable de fluidité signée Paul Emond balise les épisodes clef de l’intrigue avec bonheur tandis que le quatuor de comédiens semble se régaler dans une ambiance bon enfant : David Talbot semble jubiler en époux niais ; Gilles-Vincent Kapps incarne un Rodolphe mielleux à souhait ; Félix Kysyl s’illustre dans une myriade de rôles de la belle-mère acariâtre au jeune Léon trop rêveur pour être un vrai mâle.

Sandrine Molaro, elle, déconstruit les attentes liées à Emma en s’inscrivant dans un jeu purement terrien, loin de l’image un peu surfaite d’une jeune femme langoureuse. Ici, on a affaire à une Madame Bovary en pleine maturité, ogresse jouisseuse ouverte à tous les appétits. Elle campe avec aplomb une intrigante dépassée par les événements et par ses boulimies luxueuses. Intense dans les moments de douloureuse lucidité, la comédienne se laisse surtout entraîner dans ce bal musette sans prétention avec une vraie gourmandise.

Ponctuée d’intermèdes musicaux populaires (sortez harmonicas et accordéons), la représentation se suit avec plaisir même si elle tend parfois à gommer les fulgurances et le cynisme de la plume flaubertienne par des paroles un peu simplettes… Pourquoi pas après tout, l’ensemble tient largement la route.

Si vous souhaitez découvrir ce grand classique de notre patrimoine littéraire sous un aspect plus convivial qu’une simple lecture, alors n’hésitez pas.
2 déc. 2015
9/10
382
Un roman qui m'était autrefois imposé,
qui aujourd'hui m'a tout entier délecté !
Je remercie mes professeurs de cette petite contrariété,
et FÉLICITE les artistes qui m'ont subjugués !
Courez courez, vous n'aurez pas à le regretter !!!
;-)
25 nov. 2015
8,5/10
232
Une Madame Bovary qui fait bouger les lignes classiques.

Madame Bovary c'est l'histoire d'une femme mal mariée, de son médiocre époux, de ses amants égoïstes et vains, de ses rêves, de ses chimères, de sa mort. C'est l'histoire d'une province étroite, dévote et bourgeoise. C’est un livre offensif, corrosif, pour lequel Flaubert a été condamné pour « Outrage à la morale publique et religieuse et aux bonnes mœurs », qui a bouleversé le roman français. C’est une œuvre majeure de la littérature nationale et mondiale.

Reprendre un tel monument sur la scène du théâtre de Poche pouvait paraître présomptueux voire bien léger, en tout cas très audacieux.
Hé bien justement c’est audacieux, léger, enlevé, inattendu. Quatre comédiens, une femme et trois hommes, content, chantent, incarnent la grande épopée d’Emma Bovary et nous emportent dans leurs dialogues et leurs musiques.
L’adaptation (Paul Emond) a gardé le fil qui tisse ce drame : celui d'une femme qui étouffe et découvre soudainement la rage de vivre, la révolte romanesque d’une héroïne qui refuse de se résigner à sa condition et cherche, quel qu’en soit le prix, à faire l’expérience sensuelle et exaltante d’une vie où figurent l’aventure, le plaisir, le risque, la passion. Mais, ce brillant travail de réécriture ne propose pas une transcription fidèle du chef-d’œuvre de Flaubert, c’est plutôt une fantaisie légère dans sa forme, enlevée dans son rythme, décalée, audacieuse dans son esprit, qui nous emporte dans une relecture, un refus de standardisation et impose un regard différent, actuel sur l’œuvre. Emma (Sandrine Molaro) incarne ici avec brio le bovarysme du 21e siècle. Si l’insatisfaction est toujours forte et présente, la dimension moralisatrice du roman est abandonnée, nous sommes en 2015. On retrouve avec plaisir la description de la bêtise de la petite bourgeoisie, avec ses notables, mesquins et corrompus.

La mise en scène (Sandrine Molaro et Gilles-Vincent Kapps) dépouillée et inattendue qui rompt avec les standards d’adaptation des textes classiques, sert efficacement le découpage composé d’une succession de saynètes, traitées d’une façon cocasse et humoristique.
Faire bouger les limites d’une œuvre, la désacraliser pour mieux la célébrer, l’enjeu n’était pas si simple. Le pari est gagné par ces quatre acteurs talentueux qui nous emmènent dans l’histoire classique et hyper connue de Madame Bovary et parviennent pourtant de nous surprendre. C’est une réussite qui rend hommage à l’esprit et à la beauté du texte et à ce que Flaubert voulait rendre compte de l’âme humaine. Oui on s’éloigne du chef d’œuvre, du style et de la profondeur de l’œuvre. Cette Emma Bovary nous paraît souvent bien frivole. Mais il y a tant de bonne humeur dans cette entreprise et tant de talents sur le petit plateau du Poche-Montparnasse, que l’on est certaine que même les inconditionnels de Gustave Flaubert en accepteront le principe et seront séduits par ce spectacle.