Critiques pour l'événement L'Interlope (cabaret)
25 févr. 2018
7,5/10
37
Bien sûr que ce cabaret est séduisant ! Mais un peu trop séduisant justement !

Tout est un peu trop propre, un peu trop policé, un peu trop affecté !
Je n'ai pas ressenti cette misère, sous les masques, cet interdit, ce côté sulfureux !
Sauf peut être un peu au début dans les loges, et pendant un moment poignant où Camille/Serge chante un poème de Genêt, sa perruque à la main ... A ce moment là, le masque tombe vraiment!
Sinon, cet Interlope se contente d'effleure, mais sans suggérer ... et c'est dommage ...

Bob Fosse en avait fait un chef d'oeuvre de ce Cabaret, Serge Bagdassian n'en fait qu'un joli moment !
9 oct. 2016
9,5/10
47
Au Studio Théâtre, face à la Pyramide inversée de Ieoh Ming Pei, se joue pendant quelques délicieuses semaines le non moins délicieux L’Interlope Cabaret imaginé par Serge Badgassarian. Loin des cabarets Français devenus depuis quelques années des incontournables (Cabaret Georges Brassens (avec le (toujours aussi) délicieux Bagdassarian), Cabaret Léo Ferré ou Barbara), nous voilà plongés dans le milieu équivoque des cabarets clandestins de l’entre deux guerres, quand l’homosexualité était encore sulfureuse, tue, cachée. Cet Interlope cabaret est ici tenu par Axel (Véronique Vella) qui dirige d’une main ferme ses trois chanteurs : Tristan, le doyen, sage et résigné (Michel Favory), Camille, homo assumé (délicieux… Bagdassarian) et enfin Pierre le père de famille bisexuel assumé (Benjamin Lavernhe).

Des loges à la scène, on assiste donc aux confidences, récits, crêpages de chignons parfois, petites histoires et grandes amitiés de ces quatre êtres hors du commun et hors normes de l’époque. Chacun va dire avec mélancolie, tendresse, douceur, comment il est arrivé sur ce chemin parfois sinueux qui mène à l’homosexualité et au Cabaret. La frêle Véronique Vella se glisse dans les guêtres et les bretelles d’Axel, la patronne des lieux : voix grave et regard de soie, elle hypnotise autant qu’elle titille le spectateur en propriétaire de cabaret qui dirige ses trois hommes d’un main de fer et d’un amour de velours. Bagdassarian étonne, emporte, séduit le public avec sa taille de guêpe moulée dans des robes aussi voluptueuses que son regard pétillant et malicieux bordé de cils immenses ; Michel Favory est résolument touchant de discrétion et de pudeur, tandis que Benjamin Lavernhe est un impayable gamin facétieux provocateur et frondeur. Superbement maquillés, convaincus et convaincants, les quatre artistes s’amusent visiblement dans ces tenues pas toujours faciles : strass, paillettes, escarpins vertigineux et plumes leurs donnent au final une grande liberté et tous s’abandonnent visiblement avec bonheur à leurs personnages.

Au fil des chansons, toutes choisies avec soin par Serge Bagdassarian, et accompagnées la contrebasse par Olivier Moret et Benoît Urbain au piano, on entendra des poèmes mis en musique comme A Londres, de Guillaume Apollinaire ou le sublime Condamné à mort de Jean Genêt, purs moments de perfection offerts par Michel Favory. Des instants de grâce aussi, comme le troublant Ouvre, qu’entonne Véronique Vella les yeux dans les yeux avec une spectatrice, ou From Amsterdam, confidences touchantes murmurées par Benjamin Lavernhe. D’autres chansons, tour à tour drôles, touchantes, émouvantes, provocatrices, font le sel de ce cabaret dans lequel nous plongeons le coeur battant et l’émotion au coeur des lèvres. C’est gai, touchant, drôle, impertinent, toujours empli de tendresse et de respect. C’est beau, c’est maîtrisé et interprété avec amour et joie.

Que demander de plus ? Une reprise, tiens, parce que, après tout, il n’y a pas de raison qu’on n’y retourne pas l’année prochaine. N’est-ce pas ?
2 oct. 2016
9,5/10
46
Quelle pépite que « L’interlope » au studio de la Comédie Française !

Intriguée par ce mot que je ne connaissais pas, j’ai pris ma place les yeux fermés, avec la vague idée d’aller voir un cabaret comme le dit « Cabaret » et son « Wilkommen, Bienvenue, Welcome » ! Je savais donc seulement que le répertoire était celui de l’entre deux guerre et que Serge Bagdassarian en était le concepteur, metteur en scène et acteur (rien que ça).

La salle s’assombrit, Elliot Jenicot et Stéphane Varupenne se faufilent dans une salle comble pour s’installer à côté de moi sur les marches du studio pour voir leurs camarades jouer. Le rideau s’ouvre et les tableaux de la première partie s’enchaînent. Quatre acteurs de talent, tous travestis, viennent se présenter tour à tour dans le couffin de la loge où chacun d’eux se transforme pour la scène. Michel Favory d’abord, figure du vieil homosexuel usé et bloqué dans un temps de volupté révolu, superbe sur ses talons et ressemblant, à la barbe près, à une vieille veuve éplorée. Son air absent et désincarné est très réussi. Vient ensuite Véronique Vella, petit corps à la voix puissante, femme directeur de revue née dans le mauvais corps et qui se change d’un smoking à l’autre en nous expliquant l’histoire de comment elle est devenue le patron. Entre en scène par sa suite une sorte de geisha effilée dans un grand peignoir de soie qui n’est autre que Serge Bagdassarian. La métamorphose est d’autant plus frappante qu’on gardait l’image du S. bagdassarian en surpoids. Sa nouvelle allure lui permet de révéler une autre facette de son talent : ses gestes félins, sa démarche engageante, son regard coquin… Cette femme là est à des kilomètres de l’Oronte précieux et fardé qu’il incarna dans le « misanthrope » de Clément Hervieu-léger ! Dans cette cascade de surprise et d’éblouissement, le jeune Benjamin Lavernhe sans sa barbe, fait une entrée fracassante. Son personnage sent l’ambition, le sarcasme et l’impertinence de la coqueluche qui, au sommet de sa gloire, dénigre les autres artistes de la revue. Ses gestes aussi féminins que provocateurs, nous font découvrir son habileté à passer pour une femme. Quel performance d’acteur !

Les présentations ainsi faites, la deuxième partie lance la revue. C’est un vrai régal de voir ces quatre larrons chanter de leurs belles voix bien accordées, s’amuser sur scène avec leurs tenues extravagantes et leurs plumes à foison. Les chansons s’enchaînent, drôles et cruelles sur le thème de l’homosexualité. A côté de moi, Elliot Jenicot jubile et rit à gorge déployé. Je n’arrête pas d’ouvrir grand les yeux, émerveillée par le talent immense de ces acteurs caméléons qui passent du cinéma grand public (B. Lavernhe dans le « goût des merveilles » en 2015) à la tragédie (M. Favory dans « Roméo et Juliette ») ou au répertoire classique (S.Bagdassarian « le misanthrope ») en un coup de baguette magique.

La salle rit et se laisse guider pendant 1h15 dans cette ambiance de cabaret transformiste en oubliant tout le reste, on ne sait plus détacher nos yeux de la scène. A mon avis, lorsque des acteurs nous font jusqu’à oublier où l’on se trouve, le succès de la pièce n'est pas à démontrer ! Somme toute : un grand moment de liberté passé en compagnie d’une troupe haute en couleur ! Je vous la recommande !
1 oct. 2016
9/10
73
Véronique and the queens

Deux chansons pour vous faire ressentir mon émoi au sortir de L’interlope :
Je vous parle d'un temps
Que les moins de quatre-vingt ans
Ne peuvent pas connaître
Paris en ce temps-là…
Dans les cabarets voisins
Nous étions quelques-uns
Qui attendions la gloire…
Épuisés mais ravis
Fallait-il que l'on s'aime
Et qu'on aime la vie…
L’interlope, l’interlope
Ça voulait dire, On est heureux
(adaptation de La bohème – Charles Aznavour)

Je suis un peu décorateur
Un peu styliste
Mais mon vrai métier, c’est la nuit
Que je l’exerce, travesti
Je suis artiste …
Je pense à mes amours sans joie
Si dérisoires
A ce garçon beau comme un dieu
Qui sans rien faire a mis le feu
A ma mémoire
Je suis un homme, oh !
Comme ils disent …
(Extrait Comme ils disent – Charles Aznavour)

L’interlope, une rencontre du 3eme sexe, colorée et émouvante.
23 sept. 2016
9,5/10
54
L’Interlope, c’est le nom de ce cabaret qui nous accueille, lorsque le noir se fait. Un cabaret imaginaire, comme il en existait des dizaines, dans le Paris de l’entre deux-guerres, théâtre de la culture underground homosexuelle, où des femmes et des hommes travestis faisaient vivre un répertoire… pas toujours très délicat.

Point d’indélicatesse ici, tout est intelligence et sensibilité : Serge Bagdassarian, aidé par les arrangements toujours réjouissants de Benoît Urbain (qui œuvrait déjà dans les meilleurs cabarets du Français : Vian, Brassens, Ferré…), a choisi des titres d’époques différentes, parlant d’amour, de souffrance, de passion, de poésie, de vies… Quatre personnages, tout de suite attachants, nous embarquent avec eux à bord de ce cabaret formidable.La scénographie nous plonge instantanément dans les coulisses de l’Interlope – quelle belle idée d’avoir introduit les deux dimensions : la coulisse et ses angoisses, avant l’entrée en scène, flamboyante et lumineuse. Tout est extrêmement soigné dans ce spectacle qui passe trop vite : le jeu simple mais efficace des musiciens (piano/contrebasse), la direction des comédiens, sur scène comme au chant, les voix de ces comédiens (les précédents cabarets étaient parfois assez inégaux sur ce plan ; ici les quatre comédiens sont aussi de formidables chanteurs), le choix du répertoire et son agencement chronologique dans le spectacle, les textes écrits par Serge Bagdassarian qui révèlent des personnages tellement attachants…

Car c’est sans doute la grande trouvaille de cabaret : il s’y dessine en creux un portrait de quatre artistes, de différentes générations, qu’on est presque frustré d’accompagner sur un temps si court. Il y a là Axel (Véronique Vella), la directrice de l’établissement, âme de l’endroit, Camille (Serge Bagdassarian), la diva sensible et amoureuse, Pierre (Benjamin Lavherne), la meneuse érotique – marié par ailleurs à une femme – et Tristan (Michel Favory), le doyen, grave et émouvant.
Ce cabaret est une totale réussite : il renouvelle un genre qui semblait s’essouffler ces temps derniers au Français et place la barre très haut.

Gageons que le public va se presser en masse dans la petite salle du Studio-Théâtre, battre des mains, secouer les jambes, rire, pleurer… et vibrer au son de l’enthousiasmant Interlope.Et s’il ne vous fallait que 3 raisons pour vous convaincre d’y courir :
1 – C’est une proposition artistique totalement originale que nous offre la Comédie-Française, en ouverture de sa saison 2016/2017. Ce n’est pas si courant.
2 – À l’issue de l’une des chansons, Pierre (Benjamin Lavernhe) suggère qu’en ces temps de crise, cela ne ferait pas de mal aux gens d’’aller s’encanailler aux « Tuileries »… Sans aller jusque là, un peu plus d’une heure à l’Interlope est un remède garanti contre la morosité.
3 – Nouveau pari réussi pour Eric Ruf qui inaugure ainsi en fanfare, – et en plumes -, sa deuxième saison d’administrateur avec cette commande que Serge Bagdassarian s’est manifestement beaucoup amusé à honorer.
22 sept. 2016
9/10
48
Ce spectacle conçu par Serge Bagdassarian nous plonge dans l'ambiance d'un cabaret de travestis non situé dans le temps.

Après que les artistes, en loge, se sont présentés à nous, après qu'on a perçu l'ambiance pas forcément apaisée des coulisses, le spectacle commence : paillettes, perruques, plumes, tout y est ! La "patronne" (Véronique Vella) évacue tout d'abord les chansons grivoises, à double-entente, dont nous n'entendrons que quelques couplets. Il ne s'agit pas de "rire de" ces artistes qui ont choisi d'incarner l'autre sexe, mais de "rire avec", et de partager.

Superbes chansons, bons diseurs, voire excellents chanteurs (Bagdassarian, Vella) ils nous embarquent dans un univers où la souffrance est sublimée par l'art, mais pas par une auto-dérision trop facile. À l'exception de Michel Favory, (Tristan, le "doyen" du Cabaret) qui est un peu "en dehors", moins investi, et qui ne fait pas valoir comme il le mérite le magnifique "Condamné à mort" de Genet sur la musique splendide d'Hélène Martin (problème de mémoire du texte?), ils/elles sont vraiment éblouissants. Et d'abord Bagdassarian, dont la composition est au delà des mots : ce qu'il fait passer dans les chansons comme dans le (court) texte parlé allie gravité, courage, humour, beauté (ah, ces gestes de mains, ces bras quasi bolchoieviens!), humanité en un mot. Sa prestation est inoubliable : c'est complètement stylisé et intensément frémissant. Ce qu'il a dû y mettre de lui, ne peut-on s'empêcher de penser ! Vella est absolument impeccable. Benjamin Lavernhe, méconnaissable, est phénoménal de fraîcheur et d'abattage (il joue le "petit jeune" du Cabaret). À la réflexion, même les absences de Michel Favory ajoutent plus qu'elles ne retranchent au spectacle, renforçant l'empathie qui s'empare de la salle devant la belle évocation d'une époque où le "Cabaret" était quasi le seul moyen d'être visible pour ceux qui aiment différemment.
21 sept. 2016
9,5/10
123
Le J de « jouer » !

Le J de « joyeux, jouissif, jubilatoire, juste » !

Le J de « J'ai vu un tel spectacle, drôle et touchant à la fois ».

Oui, voilà bien là les qualités de ce moment vraiment enchanteur proposé par Serge Bagdassarian au Studio-Théâtre de la Comédie Française.

On connaît la chanson : depuis quelques années déjà, le Français nous offre des spectacles-cabarets chantés, Philippe Meyer (dont son « La prochaine fois je vous le chanterai » nous manque tant sur France Inter...) ayant inauguré la formule.

Cette fois-ci, c'est donc Serge Bagdassarian qui s'y colle, avec cet Interlope, ce cabaret de l'entre-deux-guerres, dans lequel se produisent au cours d'une revue transexuelle quatre travestis. (Pardon, quatre artistes transformistes, pour reprendre le terme qu'emploie Camille, l'un des personnages.)

Transformistes incarnés avec un incroyable talent par Véronique Vella, Benjamin Lavernhe, Michel Favory et Bagdassarian en personne.

Ce dernier a écrit ce spectacle, l'a mis en scène et il chante avec ses trois camarades de jeu une quinzaine de chansons de cette époque, sans oublier quelques poèmes mis en musique.

Il a évité le piège : comme il était facile de tomber dans la caricature de l'homosexualité, dans l'excès, dans « la cage aux folles ».

Ici, rien de tel !

Certes, ces transformistes nous font rire (beaucoup), mais comme ils sont touchants, humains, émouvants !
Comme ils savent nous faire partager leur quotidien, leurs difficultés, leurs chamailleries et leurs amours !
La première partie, qui se passe dans la loge aide beaucoup à les comprendre, la deuxième partie étant la revue à proprement parler.

Les quatre comédiens sont re-mar-qua-bles !
En tant qu'acteurs, évidemment (on le savait), mais également et peut-être surtout en tant que chanteurs. (On commence à la savoir.)

Leurs interprétations sont parfaites, servies, il faut le dire, par le directeur musical et pianiste Benoît Urbain.
Un vrai travail vocal est ici réalisé.
Les harmonies sur le titre « Avoir un bon copain » au tempo ralenti m'ont donné le frisson : la polyphonie des quatre voix est admirable.

Les costumes, prêtés par Le Moulin Rouge sont eux aussi incroyables.
Les boas, les plumes, les casques, les gabriels, les faux-culs, les strass, les paillettes, rien ne manque !

Le tout fort bien mis en valeur par la scénographie et les lumières d'Eric Dumas.

On notera que même les deux musiciens sont eux aussi transformés en espèces de Mesdemoiselles Lelongbec, caricatures en chignon, robe noire et col Claudine de ces professeurs de musique ayant dégoûté à jamais du solfège des générations d'enfants.

Ce fut une soirée vraiment délicieuse, faite de drôlerie, de tendresse et d'émotion.
Un peu comme ces bonbons sucrés et en même temps acidulés, ces bonbons qui se terminent trop vite.

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Dans les jours qui suivent, je vous proposerai une interview audio de Serge Bagdassarian, qui reviendra sur la genèse de cet Interlope-là, ainsi que sur ses personnages qu'il aime vraiment.
Comme nous.
9,5/10
27
Ah quand la Comédie Française joue avec les bas-fonds interlopes du music-hall des cabarets de l’entre-deux-guerres et notamment ceux qui accueillent des revues transsexuelles, ça nous donne à voir des trésors travestis, de la délicatesse étrange, de l’élégance arrogante et racoleuse. Ah ça oui ! Quand les travelos débarquent, les marins taisent leur gouaille ridicule, les souris cachent leurs sourires insipides et le public pâme, frissonnant par tous les sens, de ce régal brillant d’impudiques tendresses, de cet art osé.

Avec la classe habituelle de la troupe, au-delà du témoignage culturel dénué de clichés, il y a là toute la saveur de la fantaisie et des plaisirs transgressés, portés avec malice par les artistes et accueillis avec une bienveillance rieuse et un rien salace par le public.

Nous sommes tout d’abord dans les coulisses du cabaret où nous voyons les artistes sans fard ou si peu, nous faisant partager leurs préparatifs. Nous les écoutons nous confier leurs inquiétudes désenchantées, leurs aspirations frustrées, leurs histoires souvent meurtries que les feux de la rampe, le temps d'un spectacle, viennent embraser pour les oublier un peu, pas tout à fait.

Puis débute le spectacle. Nous savourons, étonnés et ravis, une revue étincelante, drôle et pathétique, toute en fracs, en robes chatoyantes et lumineuses, avec paillettes et strass. Revue où défile un florilège de poèmes chantés, de Guillaume Apollinaire à Jean Genet en passant par Paul Valéry et William Shakespeare jusqu’à Juliette Noureddine et des chansons populaires qui ont traversé les générations comme celle qui referme avec finesse le spectacle : « plaisir d’amour ».

Jouée et chantée, contée et dansée, en solo ou à plusieurs, la revue nous enveloppe d’éclats de lumières et nous surprend des caresses de sa poésie. De ritournelles amusées et joyeuses en chansons mélancoliques ou réalistes, ce merveilleux cabaret ne se prive pas de jouer de la dérision ni d'invectiver le public. Son répertoire traverse de nombreux sujets. La liberté d’être et celle d’aimer, la tolérance de l’identité transgenre, de l’homosexualité et de la bisexualité. Une ode au plaisir de vivre comme on le souhaite, tout simplement.

Ce petit bijou musical piqué d’humour coquin et de complicité chaleureuse est admirablement servi par Véronique Vella, Michel Favory, Benjamin Lavernhe et Serge Bagdassarian qui l’a soigneusement écrit et mis en scène. Ils semblent tous vouloir partager leur plaisir et c’est réussi. Un spectacle qui émeut autant qu’il réjouit. Incontournable.