Critiques pour l'événement Les Enfants du Silence
26 janv. 2017
6,5/10
41
Les enfants du silence est une pièce qui m’a faite découvrir un monde que je connaissais pas, celui des sourds.

C’est toujours intéressant de se plonger dans un univers dont on ne connaît pas les codes. Ici, les comédiens utilisent souvent le langage des signes mais cela nous reste toujours accessible, soit parce que cela nous est traduit simultanément, soit parce que les signes sont suffisamment expressifs.

L’histoire est celle d’une jeune femme qui refuse de céder au dictat du directeur de l’établissement où elle vit depuis son adolescence. Il veut qu’elle oralise, c’est à dire qu’elle lise sur les lèvres et fasse semblant de parler. Elle refuse voulant que ce soit les autres qui fassent un effort pour communiquer avec elle et non l’inverse. Les comédiens sont impressionnants.

J’ai aimé la fluidité de la mise en scène, sans temps morts, une histoire qui glisse jusqu’à sa fin qui laisse dans la bouche un gout amer, celui des combats sans issue.
30 avr. 2015
7,5/10
100
Heureux qui communique et fait un beau voyage !

La pièce « Les Enfants du Silence » aborde en effet ce thème de la communication entre des êtres qui à priori ont toutes les difficultés du monde à échanger : les sourds et les entendants.

La principale difficulté, que le texte explore assez brillamment est la suivante : les entendants voudraient attirer les sourds dans leur univers de sons, et les sourds voudraient en revanche rallier ces entendants à leur cause.

C'est cette confrontation à laquelle nous assistons pendant les deux heures que dure de la mise en scène d'Anne-Marie Etienne.

Était-il indispensable de reprendre cette pièce créée en France en 1982 par Jean Dalric (qui fut pensionnaire au Français) et Chantal Liennel dans les rôles principaux ? (Le même Dalric reprendra le rôle dix ans plus tard en compagnie d'Emmanuelle Laborit).
Je vous laisse répondre à cette question...
En tout cas, par les temps qui courent, parler de différence, de compréhension mutuelle ou d'exclusion n'est jamais inutile ni superflu !

Quoi qu'il en soit, les acteurs présents sur le plateau, tous entendants, ont appris la langue des signes, et réalisent donc une vraie performance (les « milieux autorisés » s'accordent à penser qu'ils se débrouillent très bien).

Je rappelle que Françoise Gillard, incarnant le principal personnage, avait déjà intégré un tableau bouleversant en langue des signes, l'hiver dernier, dans son spectacle « L'autre », créé au « 104 » et repris au Vieux-Colombier.

Laurent Natrella, l'autre personnage principal, incarne avec justesse et intensité un orthophoniste engagé et passionné.

Si la pièce propose de nombreux moments émouvants, l'humour n'est pas en reste : Nicolas Lormeau et Alain Lenglet insufflent à la soirée des rires très sains !

Et puis, j'ai pu revoir la magnifique Catherine Salviat, Sociétaire honoraire de la Comédie Française, à qui je dois d'aimer le théâtre ! Et ça, c'est inestimable !