Critiques pour l'événement Les crapauds fous
11 juin 2019
7,5/10
12
Pièce qui commence sur un registre très original, novateur et dynamique. Dommage, le rythme finit par s’essouffler et la mise en scène ne sait plus nous surprendre.

Demeure l’histoire passionnante et touchante qui vaut vraiment d’être connue.
15 oct. 2018
7,5/10
24
Les crapauds fous, c’est le surnom qu’on donne à cette infime portion de batraciens qui nagent à contre courant, ceux qui ne suivent pas la masse des crapauds migrants dans une seule direction. En général, les crapauds fous survivent plus longtemps. L’histoire qu’on nous raconte est celle de deux crapauds fous… humains. Deux personnes qui nagent aussi à contre-courant et qui proposent de nouvelles solutions quand tout semblait perdu. Deux médecins qui ont poursuivi une idée, intelligente et dangereuse, dans le but de sauver un village de Pologne menacé par l’occupation allemande. Ingénieux, et passionnant.

Lorsqu’on entre dans la salle, deux comédiens sont déjà sur scène et chantent pour mettre l’ambiance : après tout, on est dans un bar de New-York ! J’ai eu du mal à adhérer au processus de narration au début : on suit en réalité la petite-fille d’un des médecins-héros venue se renseigner sur l’histoire de son grand-père auprès de son ami, l’autre médecin-héros, habitant à New-York. Et puis on se surprend à prendre la place de la jeune femme et à écouter l’histoire avec attention. Parce que j’ai toujours aimé qu’on me raconte des histoires, et qu’on me les raconte bien, ce spectacle était fait pour moi…

On pense évidemment à Alexis Michalik. Parce qu’on nous raconte une histoire, parce que les changements se font rapidement, à vue, sur scène, parce que le but est au divertissement. Et c’est chouette de retrouver cette ambiance-là. La mise en scène de Mélody Mourey est énergique et ne laisse aucune place à l’hésitation. Elle mêle avec brio narration, musique, et danse à un rythme endiablé, sans que jamais aucune forme n’en cannibalise une autre. Les effets visuels comme sonores sont parfois très poussés mais forment un spectacle très cohérent qui va à 100 à l’heure. Et je découvre en Charlie Fargialla un comédien captivant, dont le regard trahi une belle intériorisation du personnage.

Voilà donc un spectacle vivifiant. Une histoire feel good qui nous rappelle qu’il y a toujours quelque part un village peuplé d’irréductibles gaulois qui résistent, encore et toujours, à l’envahisseur. Un spectacle qui nous donne les larmes aux yeux, et nous met du baume au coeur. Ce genre de spectacle qui vous remonte le moral un soir de pluie, vous fait oublier tous les soucis du quotidien et les rendus à finir pour le lendemain, et vous donne envie, à la sortie, de faire le bien autour de vous. Un spectacle qui vous rend niais, mais qui fait quand même du bien. Parce que c’est chouette de voir des gens heureux.

Et eux, nous rendent heureux.
23 août 2018
7/10
55
Pièce très dynamique, sur un fond d'histoire romancé, les fans d'Alexis Michalik vont adorer !

En bref, une jeune femme étudie l'expérience de MILGRAM, et notamment celle des crapauds fous : si 80% des sujets obéissent aux ordres, sans aucune conscience de leurs actes, 20% sont des crapauds fous : des personnes qui refusent d'obéir, et nagent à contre-courant. Pour mieux comprendre MILGRAM, la jeune femme décide de rencontrer un ami de son grand-père, Stanislaw, qui lui raconte leur résistance pendant la seconde guerre mondiale. Eugène et Stanislaw, médecin à Rozwadow en Pologne, sauve tous les juifs du village de la déportation, en inoculant à toute la population le vaccin du typhus. Les habitants sont donc tous positifs au typhus, et le village est mis en quarantaine.

Les thèmes que j'ai beaucoup appréciés :
- un thème intéressant est celui du collectif, abordé par Eugène : pour sauver les juifs, il décide de les "noyer" dans toute la population, afin de ne pas les stigmatiser. Cela efface donc les différences entre les individus. Pour sauver les juifs, Eugène décide que tout le village doit etre malade, afin que la question ne porte plus sur qui est juif // qui n'est pas juif, mais qui est malade // qui n'est pas malade. Les villageois deviennent tous solidaires les uns des autres sans le savoir. Cela pourrait avoir un écho actuel : stigmatiser les communautés ne permet pas de les intégrer, c'est en les fondant dans la masse qu'on les intègre.
- un reconnait l'éthique des médecins : celui qui soigne tout le monde. Le médecin ne distingue pas les races, ni les nationalités. Eugène recoit tout autant un blessé nazi, que des juifs dans son cabinet

Sur la mise en scène :
- une vraie créativité dans la mise en scène, c'était vraiment inspirant, que des bonnes idées ! Il y a beaucoup de mimes, et de jeux de sons. Notamment, je retiens la bataille d'assiettes, le voyage en train, ou lorsque Stanislaw mime qu'il est touché en plein cœur j'ai beaucoup aimé
- beaucoup de ressemblances avec les pièces d'Alexis Michalik : un tourbillon d'histoires, des flash back, un narrateur, des décors qui tournent

Sur le jeu des personnages :
- quelques comédiens poussent un peu trop la comédie je trouve, c'est le cas notamment de Stanislaw parfois, qu'il soit vieux ou jeune, ou de la femme d'Eugène

Bon spectacle à tous !
7 août 2018
7/10
29
Doucement le décor va se transformer et nous projeter dans l’histoire, direction 1940, en Pologne, dans la petite ville de Rozwadów. Les allemands conquièrent des territoires et tuent en masse les juifs, les communistes, les intellectuels, les homosexuels, les handicapés mentaux… Toutefois, un médecin du village considère que son métier c’est soigné qu’on soit polonais, juifs ou allemands. On soigne des êtres humains. Alors secrètement le soir, il va aider les juifs même si c’est très dangereux. Mais ce n’est pas suffisant face au massacre qui s’annonce. Aidé de son ami médecin, Eugène et Stanislaw vont placer la ville en quarantaine à cause d’une épidémie de typhus. Avec beaucoup d’ingéniosité, pendant un temps, l’attention du régime sera détournée. Toutefois, l’horreur ne se laisse pas duper trop longtemps.

La structure n’est pas sans rappeler la narration à tiroirs utilisée par Alexis Michalik, notamment dans le "Porteur d'histoires" qui se joue avant. Ainsi des personnages du présent se baladent au sein même de l’histoire du passé. Malgré le sujet qui peut paraître assez tragique, la bonne humeur est de rigueur. On y découvre un humour un peu facile avec l’enthousiasme de Damien Jouillerot qui incarne entre autre le simple d’esprit ou le führer en compagnie d’Hélie Chomiac, en soldat SS. Ce côté bon enfant se compense par le rôle du médecin à l’initiative de la supercherie. Un très grand bravo pour la prestation de Charlie Fargialla tout en finesse et en sensibilité. En binôme de jeu avec Gaël Cottat, qui est plus réservé.

Dans l’ensemble la prestation des comédiens est étonnante et pleine d’énergie. Les décors roulants tournent et nous font voyager au cœur de la ville. De légers détails qui suffisent à nous raconter une histoire émouvante.
23 mai 2018
7,5/10
30
Quand j'ai lu le résumé des Crapauds fous, ce qui m'a motivée pour aller voir la pièce, c'est l'aspect historique, je ne connaissais pas cette histoire vraie de la Seconde Guerre Mondiale. La classification proposée pour cette pièce colle parfaitement, c'est bien une comédie d'aventure et très sympathique en prime !

De nos jours, une jeune femme arrive à New York pour rencontrer Stanislaw, afin qu'elle lui parle de sa jeunesse en compagnie de son grand père Eugène durant la guerre. Stanislaw devient alors le narrateur qui raconte les évènements qui se déroulent sous nos yeux. 1940, Stanislaw et Eugène, médecins dans un village polonais, ne veulent pas qu'un ami soit envoyé vers les sinistres camps de travail. C'est en cherchant comment éviter une mort certaine à leur ami qu'ils trouvent une solution qu'ils vont ensuite appliquer à plus grande échelle pour sauver de nombreuses personnes.

Comme l'histoire est racontée par Stanislaw âgé selon ses souvenirs, il y a de la fantaisie et de l'humour, ajoutés par le vieux monsieur, qui permettent de traiter cette histoire avec des pointes de légereté bienvenues au milieu des évènements dramatiques de cette guerre. Dans cette pièce, il y a une vingtaine de personnages mais ils sont neuf seulement sur scène et tous sont excellents mais chapeau bas pour Charlie Fargallia et Gaël Cottat qui emmènent le reste de la troupe dans leur folie salvatrice. Il y a aussi un petit clin d'oeil à Papy de la résistance très réussi.

Les changements de décor sont ingénieux et plutôt fluide. La scénographie d'Hélie Chomiac et la mise en scène de Melody Mourey sont très réussies.

Je recommande la sortie !
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