Critiques pour l'événement Le portrait de Dorian Gray
17 juil. 2019
7/10
3
J’ai aimé cette pièce, la présence des acteurs avec un bémol sur l'actrice.
Le décor est minimaliste mais j'aime plutôt ça. La pièce est agréablement mise en scène.

Un beau moment.
4 juil. 2019
10/10
7
Pièce rythmée, bien interprétée avec une belle mise en scène et une bonne adaptation .

A faire découvrir à nos jeunes pour lesquels il y a peu de pièces susceptibles de les intéresser ou à découvrir pour la beauté du thème de l’éternelle jeunesse.

Courez-y !
23 juin 2019
8/10
6
L’histoire est évidemment un grand classique mais la pièce est à voir.

Nous avons passé une belle soirée.
9 juin 2019
4/10
4
Fan du roman, découvert durant mon adolescence. Même s'il faut saluer la performance des acteurs pour réciter le génie d'Oscar Wilde, il a été vraiment difficile pour moi d'apprécier le jeu d'acteur, parfois à la limite du mauvais pour l'actrice, vraiment superficielle.

Beaucoup d'avis positifs pour ce chef d'oeuvre, c'est un peu exagéré car le décor est pauvre et le personnage de Dorian Gray n'est pas mis en valeur par rapport à celui d'Harry pour lequel on apprécie particulièrement sa subtile méchanceté à l'égard des femmes. Pour les scènes de colères, les comédiens hurlent sans que l'on comprenne vraiment le texte, c'est dommage... Pour savourer Wilde à sa juste valeur, il faut lire son roman !
3 juin 2019
7,5/10
6
C’est une savoureuse adaptation du roman d’Oscar Wilde écrit avec délicatesse et brutalité. Mais si les dialogues nous ravissent ils sont en total décalage avec la société du XXIe siècle par leurs propos misogynes d’un cynisme poussé à l’extrême. On se plait à entendre un texte aussi beau qui pourtant nous met mal à l’aise par sa violence. Harry, le personnage principal, avec sa belle éloquence n’est-il pas l’image de l’auteur ou celui qu’il aurait voulu être ?

Malgré la pauvreté du décor on se prend au jeu des comédiens qui interprètent avec justesse et sincérité un texte d’une grande finesse.
... Une mise en scène épurée et fluide de Thomas Le Douarec, qui repose essentiellement sur les jeux.

Un texte fort et captivant, le public est suspendu tout le long jusqu'à son dénouement cruel et fatal. Une adaptation réussie.
26 avr. 2019
9/10
7
Après presque 3 saisons de triomphe (Lucernaire, Comédie des Champs Elysées, Ranelagh,…), j’ai enfin vu, au théâtre de la Bruyère, le portrait de Dorian Gray et je ne le regrette pas, c’est superbe !

Un pacte diabolique permet à Dorian Gray de garder sa jeunesse et sa fougue alors que son portrait peint par Basil sera seul à subir les affronts du temps.

Le texte d’Oscar Wilde (écrit en 1891) adapté et mis en scène par Thomas le Douarec semble étrangement actuel : la promesse d’être jeune et beau… n’est-ce pas ce que de nombreux magazines nous proposent à longueur d’année ?

Thomas Le Douarec a su saisir le style d’Oscar Wilde et son adaptation est d’une belle fluidité. La mise en scène est parfaite : précise et qui sert le texte, lui donnant de l’ampleur à point nommé. Enfin, il suggère avec réussite les décennies qui passent.

Les comédiens, dont certains jouent en alternance, sont eux aussi un ingrédient de la réussite de cette pièce dont le succès ne se dément pas : Mickaël Winum est un Dorian Gray plus vrai que nature, je suis restée bluffée par son talent. Caroline Devismes, magnifique en chanteuse tout comme en comédienne, elle joue l’ensemble des rôles féminins avec le même professionnalisme. Fabrice Scott est Lord Henry, celui qu’on aime bien détester avec ses phrases pleines de fiel. Gilles Nicoleau est Basil le peintre tourmenté à souhait, on souffre avec lui.

Un petit regret : ne pas avoir vu Thomas Le Douarec dans le rôle de Lord Henry, rôle que je sens taillé pour lui mais qu’il joue en alternance avec d’autres comédiens, une autre fois peut-être.
Je recommande évidemment vivement cette soirée.
26 févr. 2019
7,5/10
9
Image et apparence.

De nos jours, ces deux mots dominent largement notre vie. « Être ». Être à tout prix. Quoi ? Être jeune, être beau, être riche, être célèbre ou être admiré. Être mieux que les autres en somme … Tant de considérations qui, s’il avait vécu à notre époque, n’auraient pas été étrangères à Dorian Gray. Ce seul nom suffit à faire vivre à l’esprit l’histoire de celui que la société admirait pour son incroyable beauté, autant qu’elle la jalousait. Conscient de son physique, Dorian Gray entendait bien défier le temps pour le conserver à tout prix. Quand bien même le coût en serait la signature d’un pacte avec le diable. Malheureusement pour lui, si tout contrat procure un avantage, il comprend aussi une contrepartie. La sienne sera lourde à supporter …

Porter une telle histoire sur scène peut apparaître comme un véritable pari. En effet, Le portrait de Dorian Gray, unique roman d’Oscar Wilde, nécessite impérativement de respecter une exigence particulièrement complexe à mettre en scène au théâtre : suggérer le temps qui passe ! Attention, je ne parle pas ici de quelques jours, mais plutôt de dizaines d’années. Une opération qui doit être menée sans briser le rythme de la pièce. Force est de constater qu’en l’espèce, le pari est réussi. Le choix du metteur en scène de montrer les artifices utilisés pour simuler les années qui filent est judicieux. Ces derniers sont pleinement utilisés dans la mise en scène et intégrés à l’histoire. C’est joliment trouvé.

Ce procédé vient habiller un peu plus une pièce dont les seuls décors se résument à quelques meubles, déplacés selon les besoins. Certains pourraient trouver la scène vide. Certes, et pourtant cette absence de décor ne dérange pas. La seule présence des comédiens suffit à combler ce vide. Une bien belle distribution. Ce soir-là sur les planches (la pièce comporte en effet une alternance chez les comédiens) :
Michael Winum incarnant un Dorian Gray aussi beau que glaçant et dont le sourire charmeur cache les pires atrocités
Fabrice Scott, tellement crédible dans le rôle du peintre tourmenté, n’ayant que pour envie d’aider son ami
Caroline Devismes, enchaînant les rôles et aussi éblouissante en comédienne qu’en chanteuse
Olivier Breitman, superbe Lord Harry au cynisme exacerbé

Allé au théâtre Le Ranelagh sur les conseils enthousiastes de plusieurs critiques, j’avoue ne pas avoir été déçu de ma soirée. Aussi, à mon tour de vous conseiller un petit tour par le 5, rue des Vignes, vous y verrez un théâtre de qualité.
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4 févr. 2019
9/10
11
« Le portrait de Dorian Gray » d’Oscar Wilde adapté et mis en scène au théâtre Le Ranelagh par Thomas Le Douarec est un pur chef d’œuvre à l’élégance raffinée.

Qui ne connait pas cette histoire du jeune dandy Dorian Gray, qui à la suite d’un vœu, répondant à la provocation de Lord Henry dans le salon de peinture de Basil Hallward, souhaite ne plus souffrir des affres du temps et conserver la grâce et la beauté de sa jeunesse. Un Dorian Gray qui devant son portrait sera mis face à sa conscience morale.

Quoi de plus réjouissant que de voir jouer des comédiens bilingues transcrire dans leur jeu les subtilités d’un auteur qui soit dit en passant maîtrisait parfaitement le français. Et quand on lit les sous-titres en anglais, on s’aperçoit qu’étrangement il y a beaucoup de similitudes dans les textes.

Du seul roman d’Oscar Wilde, Thomas Le Douarec a su tirer, dans sa mise en scène, une vraie pièce de théâtre aux répliques cinglantes, acerbes, drôles, provocantes, ciselées délicatement comme un travail de sculpteur bien que nous assistions au lever de rideau aux derniers coups de pinceaux d’un peintre devant son modèle. Le tableau « à la lumière étincelante » qui déclenchera une obsession chez Dorian Gray : rester jeune, donner l’illusion de la jeunesse, dans cette époque où la morale à la rigueur victorienne ne plaisantait pas : pas de place pour la perversité et la décadence.
Thomas Le Douarec a su extraire la finesse, la quintessence du roman d’Oscar Wilde pour nous livrer une pure merveille de dialogues tous plus savoureux les uns que les autres, aux aphorismes fameux. C’est un délice pour les oreilles et l’esprit que d’écouter les paroles de cet auteur de génie, même si parfois une certaine misogynie pointait le bout de son nez : autre temps, autres mœurs…

Comment ne pas être séduit par ce dandy, si bien mis en valeur pour la première fois sur scène par Mikaël Winum, un Mikaël qui aura bientôt pris ses marques mais qui nous donne toute la sensualité, la finesse et la noirceur du personnage. Tour à tour voluptueux, dominateur, tourmenté, il incarne admirablement ce Dorian Gray so british.

« La vieillesse n’est pas qu’on est vieux, mais bien qu’on fût jeune. »

Pour lui donner la réplique et le placer sur le chevalet, il est mis en valeur par le peintre renommé Basil Hallward, joué ce soir, avec conviction par Fabrice Scott.
Il y aura aussi le personnage clef de la descente aux enfers de Dorian Gray : Sybil Vane, jouée ce soir, par Caroline Devismes à la présence envoûtante.
Sans oublier le maître de cérémonie, celui qui aura une emprise néfaste et qui déclenchera l’aventure fantastique de Dorian Gray : Lord Henry, cynique à souhait, joué tout en distinction, en subtilité par Thomas Le Douarec.
Lequel de ces trois personnages ressemblent le plus à Oscar Wilde, peut-être les trois mais pour ma part Thomas Le Douarec dans Lord Henry m’a totalement séduit par son jeu.

Tous ces comédiens brillent de mille feux dans les superbes costumes de José Gomez tout en évoluant avec distinction dans les lumières de Stéphane Balny et la musique de Mehdi Bourayou.
Une comédie pétillante avant la comédie tragique de la fin de sa vie, où pour homosexualité, Oscar Wilde sera jugé, condamné, ruiné et livrer à l’exil, pour se réfugier en France et décéder à Paris le 30 novembre 1900.

Cette aventure a commencé au théâtre Le Ranelagh et s’achèvera dans ce même théâtre où son cadre a servi pour le matériel publicitaire de la pièce, témoin la photo de l’affiche prise devant la cheminée à l’entrée de l’orchestre.
La presse ne tarit pas d’éloges sur ce spectacle et elle a bien raison.

Dépêchez-vous, après plus de 600 représentations, Thomas Le Douarec et ses comédiens ne sont présents que pour 60 représentations, après il sera trop tard…
1 déc. 2017
9/10
121
Oscar Wilde est un génie ! Chaque réplique est une merveille !
La mise en scène, les comédiens, les décors, tout est là pour servir cet immense auteur … On a beau connaître l'histoire par coeur, c'est comme si on la découvrait pour la 1ère fois !! Surtout, ne ratez pas ça !
21 juil. 2017
7,5/10
126
Très belle adaptation de l'unique roman de Wilde.
Très belle mise en scène, subtile, léchée, travaillée, pensée etc etc.

Très beaux costumes qui nous font oublier la simplicité des décors. Avec un jeu de lumières ingénieux nous sommes transportés en Angleterre glauque.

C'est cynique à souhait !
La force, l'intelligence du texte se dégustent !

Seule retenue sur la comédienne qui occupe un peu trop la scène sans nuance. Qu'elle fasse la pute ou la marquise elle manque de classe.

Absolument, totalement bluffée par le comédien qui joue Dorian Gray. En le découvrant sur scène je m'attendais effectivement à un petit dandy sans consistance et intérêt.
Alors qu'il est capable de force, de nuances, de légèreté. Il a toutes les couleurs dans sa palette.
Belle découverte.
18 avr. 2017
9,5/10
170
Je ne peux pas dire que je viens de découvrir Le Portrait de Dorian Gray. La pièce est à l'affiche depuis sans doute plus d'un an. Elle a conquis le public du festival off d'Avignon en 2016, et se déplace de théâtre en théâtre (... la Comédie des Champs-Elysées, le Lucernaire, le Vingtième Théâtre puis maintenant l'Artistic Théâtre).

Sa "carrière", si on peut employer ce terme, est sans doute loin d'être finie parce que l'ensemble est très réussi, qu'il s'agisse de la scénographie (on ne peut pas parler de "décor") même si la date du 17 juin est tout de même avancée pour cette session.

Pourquoi ai-je tant attendu ? Je vais vous le dire parce que vous êtes peut-être plusieurs à avoir les mêmes freins. Je ne me doutais pas du potentiel de la pièce dont je pensais très bien connaitre les ressorts. On a tort de la résumer au narcissisme d'un homme qui, par la magie d'un vœu, conserve la beauté de sa jeunesse alors que son portrait vieillira.

Or la mise en scène fait apparaître d'autres subtilités que la démonstration prouvant que l'éternelle jeunesse est un leurre. J'ai été conquise par l'interprétation. La distribution a l'habitude de l'alternance et c'est judicieusement que le spectateur est prévenu du nom des comédiens qui jouent le soir de sa venue. Voici d'ailleurs les interprètes dont je salue le jeu.

Dans les premières secondes le plateau est nimbé de lumière bleue, envahi de fumée, et le clavecin résonne, cristallin. On tape les trois coups, trois seulement parce qu'on n'est pas au Théâtre Français (il y en avait six à l'origine).

Il va être question de théâtre, de celui de la vie. Pour le moment la comédie se joue au cabaret des âmes perdues.

Un peintre vient d'achever un portrait dont il est si fier qu'il ne veut l'exposer nulle part.

Le modèle, Dorian Gray, est en fait manipulé par son ami Henry, personnage "faustien" s'il en est, lequel ne lui veut pas que du bien, et dont le cynisme n'a d'égal que la misogynie. Dorian troque son âme contre la jeunesse éternelle.

La pièce, écrite par un anglais, baigne dans un humour très british. Sa qualité essentielle est de faire entendre le texte. On reconnait les aphorismes chers à Oscar Wilde, et qui l'ont rendu si célèbre dans la bouche de Lord Henry ce qui laisse croire que l'auteur s'est davantage caché derrière ce personnage que derrière celui de Dorian. Il disait pourtant : " Basil est ce que je pense être, Henry ce que les gens pensent que je suis et Dorian ce que j'aurais aimé être en d'autres temps. "

Beaucoup de répliques sont connues : L'unique charme du mariage c'est le mensonge (...) Les femmes se marient par fatigue. Les hommes par curiosité. Tous sont déçus. (...) Le génie dure plus longtemps que la beauté (sous-entendu la laideur n'est pas un handicap, le manque d'intelligence oui).

Le théâtre est singulièrement plus réel que la vie.

La comédie tourne au drame. La comédienne qui interprète tous les rôles féminins est formidable.Elle danse et chante à la perfection. Ce n'est qu'aux saluts qu'on réalise qu'elle s'est détriplée. Au-delà sans doute d'une nécessité pratique il est intéressant que la femme soit en quelque sorte unique.

J'aurais aimé voir jouer Arnaud Denis dont je me souvenais de la performance dans Autour de la folie, mais Valentin de Carbonnières est juste parfait. Je regrette bien entendu aussi de n'avoir pas vu jouer Thomas Le Douarec qui, depuis dix ans, reprend sans cesse cette oeuvre, dont il retouche la mise en scène à l'instar d'un peintre qui peaufinerait un portrait ... mais j'ai passé un excellent moment. Je n'ai pas idée de ce que pouvait être la première adaptation de Thomas Le Douarec (celle-ci est la cinquième) mais j'approuve les murmures que j'entendais dans la salle aux saluts : ce portrait est un chef d'oeuvre.
14 avr. 2017
9/10
159
« Le portrait de Dorian Gray » : de ce roman d’Oscar Wilde le metteur en scène et acteur Thomas Le Douarec est tombé amoureux. Tombée un soir de sortie scolaire avec discussion après la pièce, je suis restée, curieuse. C’est donc la 5ème fois que Thomas Le Douarec monte un spectacle sur ce texte, éternel insatisfait (comme Dorian) cherchant à toujours perfectionner son adaptation. D’abord joué au studio des Champs-Elysées puis au Lucernaire et maintenant au théâtre Artistic Athevains avec deux distributions… Oui, cette fois c’est la bonne : la pièce est excellente !

Du très célèbre roman résumons brièvement l’argument : Dorian Gray, jeune homme bien fait, rencontre au détour d’une réception le peintre Basile qui subjugué par sa beauté lui demande de devenir son modèle. Lors d’une séance de pose, Dorian rencontre l’ami de Basile Lord Harry, personnage qui lui vantera sa jeunesse comme son unique et seul bien. Tout imprégné de ces paroles, Dorian fait le vœu de toujours garder cette apparence de jeunesse portraituré par Basile.

Etrange, hypnotisant, touchant à ce que l’humain désire au plus profond : reste jeune et vivre sans âge, le livre d’Oscar Wilde est un bijou que T. Le Douarec a réussi à sublimer. A l’en croire, « les dialogues été déjà presque tous présent dans le roman » mais son adaptation du texte, son écriture théâtrale a quelque chose du roman animé, jamais encore une adaptation ne m’a parue si fidèle au genre de départ et en même temps totalement en raccord avec les exigences de la scène. Sans être narrateur, Lord Harry est comme le fil rouge tirant les ficelles du roman : dangereux, manipulateur et mystérieux- c’est lui qui fait tourner la roue et semble mener Dorian à sa perte dans la luxure et la licence. Cette écriture sans creux est comme un roman qui prendrait vie en conservant tout le fantastique et l’art de la formule présent dans l’écriture de Wilde.

Porté par une troupe fabuleuse, très complémentaire et soudée le spectacle happe donc complètement le spectateur. Les costumes de l’air victorienne et le décor sobre mais évocateur participent de cette ambiance fantastique et mystérieuse.

Pour conclure, un très grand plaisir que cette découverte du Portrait de Dorian Gray sur les planches, du théâtre de qualité qui ne donne qu’une envie : acheter le livre!
30 mars 2017
8/10
165
J'ai lu le roman de Oscar Wilde il y a très longtemps et je dois avouer que je me souvenais que grossièrement de l'histoire. La pièce me l'a remémoré instantanément tant la réalisation était fluide.
Le texte est bien sûr superbe et les acteurs le mettent bien en valeur.

Bravo à Valentin de Carbonnières (Dorian Gray) qui nous emmène avec lui dans sa spirale infernale et bravo également à Olivier Breitman qui interprète Lord Henry et la mauvaise influence à la perfection.
J'ai beaucoup aimé la mise en scène du vieillissement que j'ai trouvé très originale et qui servait très bien la pièce.
La salle n'était pas pleine mardi, c'est dommage ce spectacle vaut vraiment le détour.
4 févr. 2017
8/10
112
Le texte est un délice à lui tout seul.

A cela s'ajoute, une mise en scène et un jeu des acteurs justes qui nous mettent rapidement dans une ambiance d'un autre temps.
24 déc. 2016
8/10
132
Enfin j'ai pu voir cette pièce tant attendue !

Quel plaisir de passer ce moment avec ces acteurs : le texte est un plaisir pour les oreilles, le jeu des acteurs est incroyable.

Vu en famille la pièce a fait l'unanimité. C'est le théâtre que j'aime.
9 déc. 2016
8/10
142
La force de cette pièce est assurément son texte.
On y parle d'art, d'amour, de moral, de force et faiblesse, de décadence, toujours toujours toujours avec de belles tournures de phrases et des bons mots. C'est bourré d'humour et de poésie... absolument superbe.

Avec ce bijou en main Thomas Le Douarec n'avait plus qu'à transformer l'essai.
C'est chose faite avec une ambiance et une mise en scène réussie.
Le jeu des acteurs est assez inégal (Thomas le Douarec et surtout Arnaud Denis sont excellents, Caroline Devismes et Maxime de Toledo un peu moins) mais pas de quoi ébranler une très belle soirée.
29 nov. 2016
6,5/10
146
Alors bien sur je n'ai pas lu "le Portrait de Dorian Gray" donc pas de comparaison !

Toutefois je pense avoir bien ressenti le contexte diabolique dans lequel s'est enfoncé ce Dorian... J'ai pour ma part appréciée la mise en scène fluide, le superbe jeu des comédiens qui rapportent ces dialogues avec aisance, et les décors austères à souhait !

Toutefois je ne manifesterai pas un enthousiasme débordant ... voilà ...c'était intéressant !
20 nov. 2016
4,5/10
140
Déception.
Pièce moyenne à tous les niveaux qui ne retranscrit pas suffisamment la spirale diabolique qui entraîne Dorian Gray à sa perte.

Quelques difficultés à entendre le comédien qui joue le rôle du peintre Basile, en particulier au démarrage de la pièce.
Mise en scène, décors et costumes sans originalité et sans charme, n'aident pas à exprimer la noirceur de l'univers du roman d'Oscar Wilde.
Je ne comprends pas les critiques enthousiastes. J'aurai voulu être subjuguée et envoûtée et cela n'a pas été le cas. L'ensemble est nettement en dessous de mes attentes.
15 nov. 2016
8/10
157
Vraiment un bon moment.

Une critique sur les sièges petits, attention pour les grands. Mais revenons à la pièce, les acteurs très biens à noter que ce ne sont pas toujours les mêmes d'un jour sur l'autre.
La pièce est un classique mais qui n'a pas vieilli le sujet pouvant être actuel.
Bien bien.
23 oct. 2016
7,5/10
125
English beauty

"Je n'ai pas dit qu'il m'avait plu, Harry. J'ai dit qu'il m'avait fasciné. Il y a une grande différence."
Voilà qui est Dorian Gray, un éblouissant et jeune dandy, aimé des femmes et des hommes. Tout le contraire de son portrait, hideux et vieux.

Pourquoi vieux ? "Comme c'est triste ! Je vais devenir vieux, horrible, effrayant. Mais ce tableau n'aura jamais un jour de plus qu'en cette journée de juin... Si seulement ce pouvait être le contraire ! Si c'était moi qui restait jeune, et que le portrait lui vieillit ! ".

Pourquoi hideux ? Et bien allez voir la pièce. Vous passerez un agréable moment avec Oscar Wilde, écrivain sensible et acerbe. C’est à la fois beau et immoral. Mise en scène simple et efficace. Acteurs bons, juste un petit problème de diction pour celui qui joue le peintre.
15 sept. 2016
8/10
129
Ne connaissant pas le texte, seulement ses célèbres citations, je dois dire que j'ai été scotché par son cynisme redoutable et cruel.
Il touche à des points sensibles et valables encore et plus que jamais un siècle plus tard.

La mise en scène et les acteurs sont à la hauteur de ce texte, ce qui ne gâche pas notre plaisir.
12 sept. 2016
5,5/10
155
Ce qui paraissait comme une bonne idée de départ - porter à la scène, non pas l'une des nombreuses pièces d'Oscar Wilde, mais son unique roman, Le Portrait de Dorian Gray - se révèle un spectacle plutôt ennuyeux et assez poussiéreux.

Certes, les aphorismes du plus british des dramaturges sont délicieux de méchanceté. L'adaptation de Thomas Le Douarec fait la part belle aux dialogues brillants et met en lumière tous les thèmes de prédilection d'Oscar Wilde : quête de la beauté, éloge du dandysme, amour des arts...
Le rôle titre est tenu par un ténébreux Arnaud Denis (en alternance avec Valentin de Carbonnières).
Fabrice Scott, énigmatique à souhait, a une belle présence et Caroline Devismes interprète tous les personnages féminins (en alternance avec Lucile Marquis).
Thomas Le Douarec s'est attribué le rôle de Lord Henry – l’observateur, le marionnettiste, celui qui tire les ficelles. Une manière de conserver la place du metteur en scène qui lui est plutôt agréable et naturelle... On ne peut s'empêcher de regretter ce choix, tant son interprétation est beaucoup moins nuancée que celle de son partenaire.
Au final, la langue truculente d'Oscar Wilde est ce qui restera d'un spectacle plutôt décevant à mon goût. Mieux vaut lire ou relire le roman, qui demeure un chef d'oeuvre de la littérature.
5/10
143
J'ai vu cette pièce avant l'été : passons sur les acteurs qui sont bons dans l'ensemble (même si on entend pas toujours tout ce que dit Basile) mais la mise en scène, les décors et les costumes sont d'un mauvais goût !
Je ne comprends pas toutes ces critiques emballées.
Lisez le roman !!!
1 sept. 2016
7/10
183
Une bonne pièce, un joli décor, des costumes sympathiques...

Mais je n'ai pas été bluffée par le jeu des acteurs.
29 août 2016
8,5/10
138
Le peintre Basil Hallward, rencontre lors d’un cocktail mondain, le jeune et beau Dorian Gray. Il en tombe amoureux et lui propose de réaliser son portrait.

Lord Henry, ami de Basil, fasciné par le portrait demande à connaître le modèle. Le malheur est en marche… Manipulateur, Lord Henry, cynique, énigmatique, sans moralité aucune, quelques flèches bien aiguisées sur les femmes, on en rit d’ailleurs, les bons mots d’auteurs sont toujours bienvenus !

Qui est Dorian Gray ? Un jeune homme beau, mais vide, obsédé par son image et sa peur de vieillir comme la plupart d’entre nous. C’est sans remords qu’il détruira l’amour de Sybil, le seul être honnête qu’il rencontrera. Son souhait sera exaucé, seul le portrait vieillira à sa place, et il sera jeune éternellement jusqu’à ce qu’il éprouve du remords pour la vie dissolue qu’il a menée et les souffrances endurées par les autres. La malédiction cessera-t-elle grâce aux bonnes actions ?
Roman fantastique, « Le Portrait de Dorian Gray » aborde les thèmes de la beauté, de l’art, de l’esthétisme, de l’homosexualité. Il y a beaucoup de l’écrivain dans cette œuvre.
Les comédiens servent une mise en scène inventive, par contre le tartan irlandais est partout, un peu trop pour mon goût, jusque sur le canapé !
Wilde est très critique envers la gente féminine, lui qui ne tarissait pas d’éloges sur son épouse Constance ! Et elle en eut du courage…
26 août 2016
9/10
139
Avant d'aller voir cette pièce, juste un souvenir de cette histoire incroyable, qui a marqué la littérature de sa dramaturgie.

Les partis pris scéniques sont très très bien trouvés, une mise en relief son et lumière dès le commencement qui donne le ton, et qui ne cessera d'accompagner avec justesse l'histoire.
Les acteurs de ce soir là jouent admirablement juste (tout petit bémol pour l'alternant de Lord Henry - un peu trop conventionnel - récitant), simple, vrai, avec cette montée en puissance, cette fuite en avant très bien rendue, jusqu'à la fin.

C'est passionnant le théâtre pour cela, d'arriver à plonger le spectateur attentif, disponible, dans un univers, le tenir jusqu'au bout ...

Un très beau moment de théâtre !
14 août 2016
10/10
144
Cette adaptation du roman d'Oscar Wilde est une vraie réussite !

Le décor, sobre, donne une ambiance envoûtante et met en valeur ce texte magnifique. Les acteurs sont complètement imprégnés par leur personnage.

Une pièce qui vaut vraiment le déplacement !
29 juil. 2016
8/10
216
Une mise en scène et en lumière intelligente et des acteurs talentueux soutiennent avec brio le texte d’Oscar Wilde.

On connait tous l’histoire de Dorian Gray : l’homme dont la beauté n’est altérée ni par le temps, ni par ses actions, quand son portrait évolue à sa place. Cependant, la pièce de Thomas le Douarec nous permet de découvrir bien plus que les dépravations d’un homme. Sur scène, nous assistons à un jeu de relations passionnant, à des hésitations, des questionnements et des remords. L’écriture d’Oscar Wilde est fluide, délicate et extrêmement drôle. Il a construit des personnages contrastés qui sont ici soutenus par des acteurs de talent.

Les 3 hommes sur scène entrent parfaitement dans leur rôle :
- Basil est honnête, simple et profondément attaché à Dorian Gray, son idéal de beauté. On le voit tantôt passionné, tantôt perdu, toujours prompt à défendre et protéger son ami. Incapable d’accepter la réalité quand il découvre des facettes toujours plus sombres de la personnalité de celui qu’il admire tant.
- Dorian Gray, dandy qui se cherche au début de la pièce, évolue devant nos yeux. On partage son enthousiasme lorsqu’il pense avoir découvert l’amour et sa déception lorsqu’il le perd. On le voit se détacher peu à peu de tout, y compris des sentiments humains, pour devenir un homme froid, imbu de sa personne et sans aucune remise en question… Jusqu’aux dernières minutes où tout lui remonte au visage.
- Enfin, Lord Henry se révèle finalement comme l’homme le plus intéressant de la pièce. Véritable Gemini Cricket inversé, il insinue dans l’esprit de son jeune ami des idées de liberté, d’amoralité et de décadence assumée. Très beau parleur, ses discours sont emplis d’affirmations et de fausses vérités toutes plus convaincantes les unes que les autres. On comprend rapidement que cet homme – très imbu de sa personne – vit sa vie par procuration en envoyant Dorian Gray faire tout ce qu’il aimerait oser faire.
Les rôles féminins sont plus secondaires mais également interprétés avec beaucoup de sincérité, habillant l’histoire et lui ajoutant du relief.

La mise en scène est parfaitement adaptée à cette répartition des rôles dans la scénographie, le jeu de lumière et les costumes. Basil est toujours habillé de couleurs claires et suivi par des lumières lumineuses, Dorian en marron et Lord Henry en noir et rouge sont plus éclairés dans les tons rouges. De plus, le personnage principal est presque systématiquement situé entre ses deux amis, se tournant tantôt vers l’un, tantôt vers l’autre, oscillant ainsi entre le « bien » et le « mal ».

Un très beau moment de théâtre, donc suivez le conseil de Lord Henry : "Le meilleur moyen de résister à la tentation est d’y céder"… Foncez !
29 juil. 2016
6/10
160
La pièce "Le portrait de Dorian Gray" est une adaptation est un peu classique. Les personnes sont un peu trop "lisses" alors qu'on les attend impertinents et décadents, surtout pour le personnage de Dorian Gray...

La mise en scène est tout de même très recherchée et nous fait plonger dans un univers un peu bizarroïde et attirant à la fois.
Une pièce à voir quand même !
17 juil. 2016
9/10
157
Mise en scène très bien pensée, j'ai eu plaisir à redécouvrir un texte difficile au premier abord !

Un grand bravo aux acteurs qui sont tous parfaits. Un très bon moment que je conseille à tout le monde !
11 juin 2016
8,5/10
202
Formidable ! Magique !

On est séduit, pour ne pas dire envouté, par la beauté et l'humour du texte, le jeu des acteurs, et la mise en scène… Bref, on retient son souffle du début à la fin de la pièce.

Un grand bravo à toute la troupe, et une mention spéciale au metteur en scène qui, en outre, a accompli un génial travail d'adaptation théâtrale du roman d'Oscar Wilde.
8 juin 2016
9/10
170
Inconditionnelle d'Oscar Wilde, j'approuve totalement cette adaptation du portrait de Dorian Gray qui sonne juste, qui colle tout à fait à l'esprit du roman et qui est superbement interprétée et mise en scène.

Un vrai moment de théâtre et de plaisir, à recommander sans réserve.
31 mai 2016
6,5/10
171
Est-ce une bonne idée d'aller voir l'adaptation théâtrale d'un roman qu'on a lu, aimé, et... étudié ? Ma réponse est mitigée. D'un côté, la représentation est forcément enrichie du bagage qu'on y apporte. Mais d'un autre côté, certains raccourcis, de même que certains choix de mise en scène, paraissent d'autant plus décalés qu'on a une vision très précise de "ce que devrait être la pièce".

Ici, l'esprit est bien là et tous les mots, même ceux qui n'apparaissent pas dans l'oeuvre originale, sonnent juste. En ce sens, cette adaptation fait honneur à Oscar Wilde. On regrettera toutefois un certain manque de moyens et des décors d'une pauvreté flagrante.
28 mai 2016
5,5/10
385
L’adaptation du merveilleux roman d’Oscar Wilde, bien qu’elle omette bien des passages savoureux, est plutôt réussie. Pour ceux qui ne connaîtraient pas le roman, comme c’était mon cas la première fois que j’ai vu ce spectacle, elle donne très envie de découvrir le monde de Dorian Gray, et plus largement celui d’Oscar Wilde.

Dorian Gray, un jeune homme d’une grande beauté, se fait peindre par Basil après leur rencontre lors d’une soirée. C’est chez Basil que Dorian rencontre Lord Henry, un très beau personnage, cynique et dont les citations sont souvent ponctuées du rire de la salle. Celui-ci, malgré lui, va entraîner, Dorian à faire un pacte avec le Diable : le portrait de Dorian Gray subira la vieillesse et portera les traits de l’âme de Dorian, pendant que lui conservera une éternelle jeunesse.

Ma grosse déception, dans cette reprise, se tient principalement dans le personnage de Lord Henry : l’acteur qui l’interprétait dans la version de 2011, Laurent Maurel, possédait tout le cynisme et le charisme nécessaires au personnage. En se distribuant dans ce rôle, Thomas Le Douarec fait une erreur : certes, ses citations provoquent des réactions chez le public, mais c’est uniquement dû à la plume d’Oscar Wilde, car il n’a pas la finesse de jeu de son prédécesseur, et sa voix pas toujours bien placée, aux accents d’Édouard Baer, ne sied par avec le rôle qu’il s’est attribué.
Fabrice Scott, qui reprend le rôle de Basil, est également en dessous de ce que nous proposait Gilles Nicoleau, avec moins de nuances dans le personnage.

Enfin, la composition d’Arnaud Denis en Dorian Gray est juste mais on connaît le talent de l’acteur, et on n’aurait pas hésité à le pousser un peu plus dans la noirceur, car il peut augmenter encore ce côté dérangeant, malsain, qui colle si bien avec Dorian Gray.

Une version que j’aurais souhaitée plus intense...
26 mai 2016
8/10
189
Sur le thème éculé des effets du temps qui passe et de la jeunesse qui s’en va, Oscar Wilde avait innové, au début du siècle dernier, en publiant son roman « Le Portrait de Dorian Gray ».

Avec une idée toute simple : pour une fois, le portrait ne restera pas le témoin d’un moment figé de la jeunesse de son modèle. Ce sera l’inverse. Le modèle va demeurer, au fil des ans, à l'image de son portrait. Et le portrait va vieillir comme aurait dû le faire son modèle. Une idée qui, évidemment, est là pour ouvrir chez le lecteur tout un champ de réflexion sur la nature humaine confrontée au déclin et à la mort.
Question classique mais inévitable : comment ce texte allait-il garder sa puissance dans une adaptation au théâtre ?

Eh bien, le résultat est assez heureux, sur différents plans. Tout d'abord, un décor épuré où les acteurs sont bien mis en valeur. On entre facilement dans l'intrigue et on est pris dans l'engrenage des événements. Au passage, on a du mal à réaliser que seulement deux acteurs sur les quatre qui sont en scène interprètent chacun au moins trois personnages différents. On n'y voit que du feu.

Enfin, j'ai vraiment beaucoup apprécié la créativité dont fait preuve le metteur en scène, Thomas Le Douarec, qui tient également un rôle sur scène. En somme, on peut aimer la pièce si on a aimé le livre. Ou même si on ne l'a pas lu.
24 mai 2016
9/10
119
Un grand bravo à la troupe tous aussi talentueux les uns des autres. C'est la pièce à voir en ce moment. Un grand moment de théâtre.

Mention particulière il est vrai pour A. Denis qui est un vrai comédien comme on en voit finalement assez peu souvent, de la même trempe que ces grands comédiens anglo-saxons : dans le rôle, authentique et profond... bref, on y croit, on est transporté dans leur histoire où l'on est "pris" sans décrocher un instant. C'est rare non ?
22 mai 2016
9/10
129
Me voilà donc de retour dans cette belle salle de la Comédie des Champs Élysées (dont ma précédente incursion avec La Rivière fut une énorme déception) pour une nouvelle adaptation du sulfureux PORTRAIT DE DORIAN GRAY d’Oscar WILDE, signée Thomas LE DOUAREC. On connaît tous “cette histoire extraordinaire d’un portrait qui vieillit à la place du modèle. Pire, ce sont les péchés de Dorian, son immoralité qui a sacrifié son âme à son image, qui enlaidissent progressivement le tableau. C’est son double, celui qu’il ne veut pas voir. Et, le jour où il en prend conscience, croyant détruire le portrait, il se détruit lui-même. Fin prémonitoire quant au propre destin de Wilde. (*)”… Évoquer l’adaptation en quelques mots n’est pas chose aisée aussi je me contenterais d’une courte succession d’adjectifs : subtile, pertinente, exquise, que dis-je, une petite merveille qui mérite amplement son statut de coup de coeur Face À La Scène !

Je ne vais pas faire ici une étude complète du roman mais simplement aborder le (très beau) travail d’adaptation de LE DOUAREC axé sur les trois personnages principaux masculins du roman : Dorian Gray (Arnaud DENIS), Basil Hallward (Fabrice SCOTT) son ami peintre à l’origine du fameux portrait, et surtout Lord Henry Wotton (LE DOUAREC) qui va inciter Gray à ne pas résister à la tentation (“Le seul moyen de se débarrasser d’une tentation est d’y céder.”). Les bons mots du roman, les répliques les plus piquantes et les plus controversées (« Le seul charme du mariage, c’est le mensonge. » sont conservées et débitées avec un cynisme froid par un Lord Henry flamboyant et manipulateur et provoquent le rire gêné (ou complice) des spectateurs. On ne peut que reconnaître la brillance du texte de WILDE et la profondeur de ses personnages, transposées ici avec une réussite et une pertinence indéniable. LE DOUAREC assure également la mise en scène de la pièce, sans temps mort, subtile et astucieuse. J’ai particulièrement apprécié le travail de mise en abîme (la scène où Gray assiste avec honte à la prestation ratée sur scène de sa fiancé) et la proposition de time jump (la scène où les comédiens se “vieillissent” pour symboliser le temps qui passe). A défaut de décors (de ce côté-là c’est plutôt pauvre), de beaux costumes et une jolie scénographie viennent mettre en valeur la mise en scène et les personnages.

Pour leur donner vie LE DOUAREC s’est entouré d’un casting revolving : en plus d’un Fabrice SCOTT aux multiples facettes qui interprète avec justesse un Basil empathique, deux comédiens se partagent en alternance le rôle de Dorian Gray et deux comédiennes celui de sa fiancée Sibyl (et accessoirement des deux autres rôles féminins de la pièce). Ce soir là ce sont respectivement Arnaud DENIS et Lucile MARQUIS qui étaient « d’astreinte ». Ce quatuor se complète parfaitement et offre aux spectateurs une prestation d’une rare élégance, notamment LE DOUAREC qui m’a bluffé par son naturel confondant, son jeu précis et sa diction de dandy à la Edouard BAER. J’ai totalement adhéré à sa proposition pour ce personnage qu’il arrive à rendre sympathique alors qu’il est finalement profondément odieux et machiavélique. Si Arnaud DENIS interprète parfaitement la descente aux enfers d’un Dorian Gray enclin à toutes les dépravations, Lucile MARQUIS m’a moins touché et n’a pas réussi, à mon sens, à apporter la profondeur nécessaire son personnage (mais on imagine aisément qu’interpréter successivement trois personnages ne doit pas être évident).

Quant au portrait lui-même, objet de tous les fantasmes du spectateur, il n’est jamais montré directement mais suggéré, posé sur scène dos aux spectateurs. Si ce choix peut être frustrant il a le mérite de laisser travailler l’imagination du spectateur. Avec le recul je ne vois pas comment il pourrait en être autrement… Vous l’aurez compris j’ai particulièrement apprécié le travail d’adaptation de Thomas LE DOUAREC, pertinent jusqu’à dans la dernière scène de la pièce, narrée à la virgule près par rapport au roman lui-même et qui conclut formidablement ce bijou théâtral et accessoirement cette critique. Un travail d’une précision chirurgicale qui fera qu’on pardonnera aisément LE DOUAREC d’en faire des caisses (monumentales) au moment des salutations. A sa décharge j’ai ressenti le plaisir évident du bonhomme à transmettre son enthousiasme aux spectateurs et sa fascination sans borne pour le roman.

(*) Extrait de l’analyse de Joseph Vebret pour Salon-Littéraire.com.
21 mai 2016
8,5/10
93
A la base, l'histoire est déjà extraordinaire (dans tous les sens du terme) et les dialogues ciselés par le maître Oscar Wilde n'ont plus qu'à être cueillis. Mais l'adaptation de l'unique roman de ce grand auteur n'était pas pour autant chose aisée et c'est une réussite.

Nous sommes en 1890. Dorian Gray, jeune aristocrate anglais, est d'une extraordinaire beauté. Basile, un ami peintre lui offre son portrait en pied qui lui révèle sa beauté. Harry dont le cynisme est aussi vif que sa répartie, lui glisse que cette beauté ne durera pas et que le temps, en lui ôtant la jeunesse et l'attrait de son physique, lui volera les plaisirs de la vie. Qu'il en profite pour le peu de temps que cela durera ! Ces mots hantent Dorian Gray, le perturbent et le poussent à l'irréparable : un voeu, celui de vendre son âme pour que ce soit le portrait qui vieillisse à sa place tandis qu'il conservera une éternelle jeunesse, une beauté inaltérable. Et c'est ce qui arrive. Sauf que.. le jeune Dorian se révèle moins naïf et innocent qu'il n'y paraît. Est-ce la seule influence de Harry ? De tous les vices dont il se rendra coupable, seul le portrait en portera les stigmates.

On ne voit pas le portrait, bien sûr. On le devine grâce à un jeu son et lumière envoûtant. Deux passages chantés qui ne dénotent pas, bien au contraire. 4 comédiens seulement pour ce gros roman. Bravo ! C'est bluffant. Attention cependant, les comédiens jouent en alternance "vous n'aurez pas le même spectacle si vous revenez deux fois", nous dit-on à la fin.

Je ne connaissais pas Thomas le Douarec mais il a toute ma sympathie : metteur en scène de cette belle pièce, incarnant Harry (Lord Henry) exactement tel que je l'imaginais en lisant le livre, il a ce savoureux côté "Edouard Baer" qui nous offre un mini one-man show après les salutations !

Une pièce qui a le mérite de pouvoir plaire à tous publics et ce n'est pas rien !
22 avr. 2016
9/10
117
J'ai beaucoup aimé l'histoire, le jeu des acteurs, la mise en scène.

Un grand bravo à Valentin de Carbonnières (qui est superbe dans le rôle titre) et Caroline Devismes (dont j'ai apprécié la prestation).

Cette pièce classique m'a fait passé un excellent moment.
20 avr. 2016
8,5/10
310
« Cinquante nuances de Gray », c'est ainsi que Thomas Le Douarec aurait pu sous-titrer sa pièce, tellement son adaptation du seul roman écrit par Oscar Wilde est subtile, pertinente et au final réussie.

Oui, il a vraiment su traduire sur un plateau les affres de ce jeune dandy en pleine époque victorienne, pudibonde et corsetée en diable.

Ce Faust britannique est ici mis en scène d'une façon qui rend totalement hommage à ce roman fantastique qui, on ne le rappellera jamais assez, valut la prison à son auteur.

Le quatuor d'acteurs s'en donne à coeur joie, avec un Thomas Le Douarec qui est parfait en Lord Henry, âme damnée, machiavélique à souhait et luciférienne au possible, qui en rencontrant Dorian, (le très juste Valentin de Carbonnières) enclenchera le mécanisme du pacte.
L'éternelle jeunesse a un prix.
Ici, en l'occurrence, de véritables et très lourds tributs !

C'est Le Douarec qui provoque bien souvent les rires de la salle avec des bons mots, des répliques cinglantes et les pensées définitives wildiennes :
« Le seul charme du mariage, c'est le mensonge ! »
« Un smoking rend même un député de gauche présentable ! »
« Ce portrait plairait aux vieux, si tant est que les vieux puissent ressentir des émotions ! »

On l'aura compris, il prend totalement à sa charge le cynisme, la misogynie et la misanthropie de Wilde.

Une mention également à la scène du théâtre à l'intérieur du théâtre (hommage à la mise en abyme de Shakespeare dans "le songe d'une nuit d'été"), une scène très réussie qui permet à Lucile Marquis, incarnant le premier amour du jeune dandy, de briller et de provoquer bien des rires elle aussi.
(C'était en effet elle qui interprétait le rôle ce soir là, les comédiens jouant en alternance.)

Tout au long de cette heure et demie, les tableaux s'enchaînent à toute allure, avec des costumes très réussis et des lumières assez sophistiquées.

Cerise sur le gâteau, ce qui suit le tomber du torchon vaut également le spectacle.
Mais je n'en dirai pas plus.

Pas étonnant qu'après sa création au Lucernaire, cette production soit reprise depuis quelques jours à la Comédie des Champs-Elysées, à la jauge plus importante.

Une vraie réussite, une soirée délicieuse !
1 avr. 2016
7,5/10
223
Pièce savoureuse, avec une adaptation de Thomas Le Douarec assez réussie de l'oeuvre d'Oscar Wilde. On retrouve avec plaisir les traits d'esprit de cet auteur et la saveur particulière de ses écrits.

Les personnages sont bien campés, et, passé le début de la pièce qui tarde à trouver son rythme avec des échanges trop "joués", on se laisse porter par leur interprétation et la finesse de leur jeu.

Petit bémol pour la mise en scène de Thomas Le Douarec, ingénieuse par moments et flottante à d'autres, mais le jeu de lumières et la musique confèrent une ambiance bien particulière aux différents tableaux.
28 mars 2016
8/10
129
Pour qui a aimé ce roman incomparablement "romanesque", la transposition théâtrale est le fruit d'une belle compréhension et la mise en scène d'une belle traduction.
19 mars 2016
9/10
133
Une adaptation absolument fantastique !

Et pourtant, elle n'était sûrement pas facile... Ne serait ce que par rapport au portrait lui-même, dont le rôle est aussi important que compliqué à mettre en scène. Mais la mise en scène justement est tellement belle et pleine de trouvailles qu'elle surmonte toutes les difficultés. Associée au très beau texte d'Oscar Wilde et à l'excellent jeu des acteurs, c'est une vraie réussite.

C'est une pièce qui n'a pas volé son titre de "triomphe AuBalcon de la meilleure adaptation". Que vous ayez lu ou non le roman d'Oscar Wilde, c'est une très belle pièce à découvrir absolument !
17 mars 2016
8/10
106
Superbe adaptation du livre d'Oscar Wilde, les comédiens sont exceptionnels et la mise en scène très plaisante. Thomas Le Douarec est fantastique dans son rôle de Harry.

Salle comble, spectateurs ravis !

Cela faisait longtemps que je voulais finir le livre et je pense que je vais en profiter pour m'y remettre...
8 mars 2016
8,5/10
339
Très belle pièce à aller voir d'urgence !

Tout d'abord pour la qualité du texte. Oscar Wilde nous livre dans son unique roman, ses bons mots et une éloquence sans pareille. J'ai été subjuguée par les tournures de phrases et les théories fumeuses mais toutefois très drôles !

La mise en scène est bien pensée et la difficulté qu'est la représentation du fameux Portrait de Dorian Gray est ingénieuse.
Les acteurs sont bons, particulièrement Thomas Le Douarec qui est formidable et incarne véritablement son rôle.

Une pièce à aller voir !