Critiques pour l'événement Le Cas Eduard Einstein
3 mai 2019
6/10
1 0
Hugo Becker est LA révélation de cette pièce qui n'est pas suffisamment rythmée pour captiver l'audience.

Michel Jonasz n'est pas spécialement remarquable dans cette pièce qui possède trop de moments "vides" silencieux sans apport sur l'histoire.

Celle-ci est finalement dramatique et convenue. L’intérêt réside aussi sur l'aspect historique de la pièce émaillée d'éléments intéressants de l'époque.
Belle mise en scène.
11 avr. 2019
8/10
2 0
Le cas Eduard Einstein, tirée du livre de Laurent Seksik, est basée sur une histoire vraie. Cette pièce nous raconte le drame d’un fils, et de son père de renommée mondiale, Albert Einstein.
Plus axée sur la schizophrénie d’Eduard, elle nous expose l’exil aux USA d’Albert Einstein pendant la période pré-guerre fin des années 30.
Le décor est planté sur fond d’asile psychiatrique, symbolisé par des grilles, où l’on attend un patient pas comme les autres, Eduard Einstein, le fils d’Albert, qui a sombré dans la folie. En parallèle, le bureau de son père.

L’absence et l’impression d’être invisible devant la renommée de celui-ci, laisse à croire que ce fils malheureux, se sent mal-aimé par son père. On ressent toute la détresse et le manque de communication entre ces deux hommes qui s’aiment mais ne se comprennent pas.
Dans ses moments de lucidité, Eduard est extrêmement brillant mais reste bloqué dans ses peurs d’enfant désespéré qui, malgré le soutien de sa mère, ne le quittent pas.
De son côté, Albert, est triste de constater que ce fils ne veut pas le suivre dans son exil, et cherche à comprendre ce qu’il a raté dans son éducation.
Cependant, sa vie mouvementée aux USA, semble lui faire prendre de la distance devant des faits qu’il ne maitrise pas.

Tous les comédiens sont excellents, notamment Pierre Benezit, qui joue le rôle de l’interne en psychiatrie mais l’accent est mis sur Hugo Becker (Eduard Einstein), qui est divin et son père (Albert) interprété par Michel Jonasz.
C’est émouvant et toujours intéressant de découvrir une partie de l’histoire de ce grand homme et ses zones d’ombre que l’on ne connaissait pas.
10 mars 2019
5/10
2 0
Le jeu des acteurs est excellent et en particulier Hugo Becker dans le rôle d’Eduard Einstein. Une mention spéciale pour la maquilleuse de Michel Jonasz méconnaissable dans son incarnation d’Albert Einstein.

Hélas la mise une scène morne et un décor triste rend cette comédie monotone. C’est tout ou rien, la majorité des spectateurs euphoriques est d’un enthousiasme débordant pendant que d’autres trouvent la pièce soporifique et certains même s’endorment. Texte de Laurent Seksik est bien écrit, l’histoire est intéressante entre la folie d’un fils et le génie d’un père.
24 févr. 2019
6,5/10
4 0
Une pièce intéressante certes, mais qui manque de rythme : trop de monologues, parfois redondants, ralentissent considérablement l'ensemble.

Un grand bravo cependant à une révélation : Hugo Becker, dans le rôle titre, est particulièrement émouvant. Josiane Stoleru, elle aussi, est excellente. Michel Jonasz m'a paru un peu de deçà de ses autres compositions...

Pourtant, les applaudissements des nombreux autres spectateurs, nourris et chaleureux, montraient une excellente réception à cette pièce...
17 févr. 2019
7/10
9 0
« Le cas Eduard Einstein » de Laurent Seksik mis en scène par Stéphanie Fagadau à la Comédie des Champs-Elysées porte bien son nom car Hugo Becker en est l’élément principal de cette réflexion sur les liens familiaux et la maladie : ce bouleversant drame personnel.

Sur plusieurs décennies nous allons suivre le parcours du fils méconnu du célèbre physicien théoricien Albert Einstein, sous les traits de Michel Jonasz métamorphosé.
Un fils diagnostiqué schizophrène qui finira sa vie dans un asile comme jardinier et qui depuis le jour de son internement ne reverra plus jamais son père.
Un déchirement qui le laissera orphelin de père et de mère, seul son frère lui survivra sans pour autant le voir.

Déjà marqués par la perte de leur sœur qu’ils n’auront pas connue, les deux frères Hans Albert et Eduard seront encore malmenés par le divorce de leurs parents. Eduard n’aura que quatre ans lors de leur séparation.
C’est leur mère qui prendra soin d’eux lors du départ de leur père pour Berlin. Ils iront s’installer à Zurich, bien leur en a pris quand on connait la suite des évènements…
Aucun contact ne sera plus établi pendant l’éloignement du père à Berlin.
Tout aurait pu aller pour le mieux pour Eduard qui était un bon élève et doué pour la musique et la poésie, il se découvre une passion pour Sigmund Freud et se voit déjà psychiatre mais c’est sans compter sur son père qui considère Freud comme un charlatan et qui refuse catégoriquement que son fils s’engage sur cette voie.
C’est alors qu’Eduard sombre dans une profonde dépression : la pièce commence au moment de son internement. Son père se dédouanant en invoquant des racines de cette maladie du côté de sa femme.
S’en suivra des traitements de chocs qui ne laisseront pas indemne ce pauvre Eduard qui de bonne intelligence, de bonne érudition, déclinera petit peu à petit peu pour devenir un pantin vivant avec des percées, des lumières qui le rendront attachant.

Laurent Seksik a réalisé un remarquable travail d’historien et nous conte cette vie dans le détail depuis les années trente, la montée du nazisme, Hitler, la libération, en passant par le maccarthysme avec le départ du père pour les Etats-Unis qui fera l’objet d’une étroite surveillance. Un McCarthy, associé au FBI, qui donnera du fil à retordre à Albert Einstein et inversement, le défenseur de la cause humaine contre la bêtise tout aussi humaine : seulement voilà n’est pas Albert Einstein qui veut.

Hugo Becker ne crève pas l’écran mais la scène, on ne voit que lui. Dans un geste, une intonation, il est époustouflant de naturel, de justesse dans le rôle de ce fils Eduard. Toutes les émotions passent dans son jeu qui nous lie à ce fils que l’on a envie de secourir tant nous le sentons abandonné ; même si sa mère très présente essaye de lui donner confiance en lui, de lui faire naître un espoir. Mais en vain, il n’arrivera pas à combler le vide de l’absence de son père, indispensable à la construction de sa vie d’homme, comme pour tout enfant.
Ses parents, à la scène, Michel Jonasz et Josiane Stoleru ne peuvent pas rivaliser devant tant de présence. Je les ai d’ailleurs sentis, ce soir là, un peu effacés, laissant leurs messages passer à côté.
Nous suivrons Eduard pas à pas dans cette clinique avec à ses côtés dans le rôle du surveillant Pierre Bénézit. Un rôle qui lui sert de faire valoir mais qui est joué tout en finesse, à son écoute.
Dans la seconde partie de la pièce, au moment où nous retrouverons Albert Einstein aux Etats-Unis, nous aurons un peu de fraîcheur, de soleil qui viendront éclaircir cette atmosphère pesante tel le pétillement de bulles de champagne, avec dans le rôle de la secrétaire, la délicieuse Amélie Manet.
Et pour clore cette distribution, nous aurons dans le rôle de l’agent du FBI venu malmener Albert Einstein, Jean-Baptiste Marcenac, sans doute un peu trop dans la caricature au début de son apparition mais beaucoup plus naturel quand les nuages s’estomperont et qu’il s’intéressera d’avantage à la secrétaire.

Dans un décor en mouvement d’Antoine Malaquias, avec pour toile de fond un bel arbre qui se découvrira au fur et à mesure de la montée de l’intrigue ; un arbre signe de vie, de voyage vers la liberté, Stéphanie Fagadau signe une mise en scène sobre, fluide au service d’Eduard.
Une mention spéciale pour la musique de Romain Trouillet qui m’a fait littéralement voyager lors des changements de tableaux ; tel un oiseau s’élevant vers la liberté, échappant aux tourments, aux pensées douloureuses de ce pauvre Eduard.
6/10
12 0
... Oui, "Le Cas Eduard Einstein" est avant tout le cas Hugo Becker. Le spectacle repose et tient sur l’incarnation réussie du jeune fils d'Albert Einstein par ce comédien impressionnant.
15 févr. 2019
8/10
17 0
1932, Zurich, Suisse : Eduard Einstein, le fils du célèbre physicien, doit être interné à l’hôpital psychiatrique. Il souffre de schizophrénie. Albert, son père, vient de Berlin pour le voir une dernière fois avant de s’exiler pour les Etas Unis. Nous assistons au drame intime du génie scientifique sur fond de grande Histoire.

Laurent Seksik nous fait découvrir l’histoire méconnue de ce fils et de ses relations complexes avec son père. Relations, où l’attitude en retrait du père, trouve son explication à la fin de la pièce.

Le plateau est séparé en deux parties pour nous faire partager en alternance les différentes étapes de la vie d’Albert côté cours et celle d’Eduard côté jardin. La mise en scène de Stéphanie Fagadau permet de voir ces deux histoires en parallèle, j’ai apprécié ce dispositif car il est utilisé avec intelligence, la pièce reste fluide, il n’y a pas de cassure quand on passe d’un univers à l’autre. Le déroulé de l’histoire peut sembler lent mais je trouve que ça permet de poser l’ambiance et de mieux appréhender l’évolution d’Eduard.

Les comédiens sont tous très bons mais on va s’attarder sur les deux têtes d’affiche :
Michel Jonasz est bluffant en Albert Einstein, très posé et pourtant prêt à militer pour les droits humains dont on sent le déchirement et la douleur liée à Eduard. C’est un vrai plaisir de le voir.
Hugo Becker, que je connaissais peu, est fantastique. Il est un Eduard très convaincant et particulièrement touchant dans sa folie, c’est une vraie révélation pour moi : comédien à suivre.

Au final, j’ai découvert une histoire touchante, je recommande la soirée !
14 févr. 2019
8/10
34 0
« C'est pas facile de remonter le temps... Mon père a déjà étudié la question.
Je ne voudrais pas marcher sur ses plate-bandes. »

1932. Zurich. Hôpital psychiatrique de Burghölzli.
Le patient qui prononce les trois phrases ci-dessus n'est pas un patient comme les autres. Son nom est célèbre dans le monde entier.
Einstein. Eduard Einstein.

Le fils du génial scientifique est atteint au plus haut point de schizophrénie, tout comme sa tante.
Ses parents, divorcés, ont du se résoudre à le faire interner.

Dans son roman éponyme, Laurent Seksik a mis en lumière ce fils oublié, ignoré de la plupart d'entre nous.
Il met notamment en évidence les rapports entre Eduard et Albert, les rapports et peut-être surtout les « non-rapports » entre ce père et son fils.

La mise en scène, et la scénographie de Stéphanie Fagadau sont basées sur deux espaces. Deux mondes.
Au lever du rideau, la scène est partagée en deux parties égales, séparées par une cloison d'un fin treillis laissant voir ce qui se passe derrière.

A jardin, c'est l'univers d'Eduard. Un univers contraint. Sa cellule.

Une autre cloison identique descendra même des cintres pour fermer totalement le « quatrième demi-mur »...

A cour, c'est le monde d'Albert. Un appartement cossu des années 30.
Au fur et à mesure, le monde du fils prendra de plus en plus d'importance, d'espace, au détriment de celui du père.
Le subtil procédé dramaturgique est très réussi, et se terminera par un plateau quasi-nu. Et je n'en dis pas plus.

La pièce explore surtout le thème de l'absence paternelle. Le père de la théorie de la relativité ayant du mal à accepter la maladie de son fils, s'en rendant même coupable.
Fuyant la montée du nazisme, il laissera son enfant dans sa geôle suisse. Il ne le reverra plus jamais.

Eduard est interprété par Hugo Becker, que j'avais découvert quant à moi en apprenti espion dans l'hilarante série TV « Au service de la France ».

Il est remarquable en jeune homme psychiquement très malade.
Sa partition est très difficile. Tout l'enjeu consistant à placer un curseur au bon endroit. Ni trop, ni trop peu.
Il est souvent poignant, notamment dans les toutes premières scènes, dans sa camisole.
On lui doit une autre subtile progression. Il s'assagit tout au long de la pièce.

On croit totalement à son personnage.

Albert, c'est Michel Jonasz, qu'on n'attendait pas forcément dans ce rôle-là.
En perruque et moustache blanches, il est totalement crédible, à nous montrer l'ambivalence du personnage, tiraillé par des sentiments contradictoires.

Les deux comédiens n'auront qu'une seule scène en commun. Une scène très intense, très réussie.

Les autres acteurs sont irréprochables, Josiane Stoléru en maman d'Eduard, et l'excellent Pierre Bénézit en surveillant-soignant de l'hôpital psy. J'ai beaucoup aimé leur partition.

Jean-Baptiste Marcenac incarne un agent du FBI, dans les années noires américains du McCarthysme, chargé d'enquêter sur les motivations d'Albert Einstein à devenir citoyen américain.
Amélie Manet est quant à elle la secrétaire particulière du scientifique.

Le rythme assez lent de la mise en scène convient bien à la gravité du propos.
A cet égard, Michel Jonasz donne le tempo, très posément, très calmement, prenant tout son temps.
(Je vous laisse découvrir une allusion très drôle à son autre métier...)

Ce spectacle de grande qualité nous éclaire donc parfaitement sur cet aspect méconnu de la relation entre deux hommes.
Un père. Un fils.
Des applaudissements nourris et mérités viennent très logiquement saluer cette heure et demie de bien beau théâtre.
9 févr. 2019
8/10
13 0
Il voulait lui dire qu’il l’attend
Et tant pis si il perd son temps
Il l’attend, il l’attend tout le temps
Sans se décourager pourtant …

Dieu qu’elle va être longue l’attente de ce pauvre Eduard. Interminable, même. Du plus profond de sa folie consciente, il n’a de cesse d’espérer un geste d’amour, voire un retour. De qui ? De son illustre père, Albert Einstein. Oui, car Eduard n’est autre que l’enfant de celui que ses contemporains, et encore aujourd’hui, considèrent comme un des plus grands génies de tous les temps. Einstein. Un nom aussi prestigieux que lourd à porter. Eduard en sait quelque chose, lui que, depuis son asile suisse, la schizophrénie empoisonne au quotidien.

Alors que l’on peut s’attendre à un huis-clos entre un père et son fils, « Le cas Eduard Einstein » propose une véritable plongée au cœur de l’Histoire. Dès lors trois destins vont s’entrecroiser : celui d’Eduard, celui d’Albert et celui du monde. Si parfois le rendu peut paraître complexe, engendrant un peu de confusion, le procédé permet de situer pleinement l’action. Pièce bien écrite, le texte s’appuie sur le livre de Laurent Seksik. Si le rythme de la pièce est assez lent, l’alternance des scènes, entre les vies d’Eduard et de son père, se révèle plutôt fluide. Bravo à Stéphanie Fagadau pour son ingénieuse mise en scène exploitant chaque centimètre de la scène.

Autre atout de taille : les comédiens !
La distribution s’avère être de grande qualité. Les « seconds rôles » n’ont pas à souffrir de la présence des deux grands noms figurant en tête d’affiche. Bien au contraire.
Pierre Benezit est glaçant de froideur dans le rôle de l’assistant du docteur. Un professionnel pour lequel l’humain semble être secondaire.
Amélie Manet, quant à elle, incarne la secrétaire américaine d’Albert Einstein, partagée entre une certaine admiration pour son illustre patron et son attachement à son pays.
Jean-Baptiste Marcenac campe un agent du FBI, aux présences furtives, mais remarquées tant il parvient à tenir tête au savant.
Josiane Stoleru incarne une mère omniprésente, prête à mettre sa vie entre parenthèses pour son fils. On ressent bien sa volonté qui, sans essayer d'excuser l'absence du père, essaie de donner l'amour tant réclamé par Eduard.

Michel Jonasz prend les traits d’Albert Einstein. J’avais déjà pu apprécier son talent dans l’émouvante pièce « Les fantômes de la rue Papillon ». Ici, sous un maquillage donnant parfaitement l’illusion, il campe une Einstein crédible, dont les pesants silences viennent aussi exprimer des émotions. Ce qui est le plus frappant dans cette interprétation, c’est finalement la dualité de cet homme tellement enclin à défendre les grandes causes humanistes et pourtant si peu réceptif aux appels désespérés de son fils. A la réflexion, démuni serait un terme plus juste. Pourtant, derrière ce masque impassible, on peut deviner son amour et sa douleur de ne pouvoir le lui dire. Michel Jonasz transmet magnifiquement ce sentiment.

Enfin, autre personnage principal de cette pièce : Eduard Einstein, interprété par Hugo Becker. Quiconque me suit sur les réseaux sociaux sait combien j’aime ce talentueux acteur. Aussi, j’attendais beaucoup de sa prestation. Inutile de dire qu’il ne déçoit pas. Il émane une puissance de son jeu, une colère face à ce père parti qui va se mouvoir peu à peu en une triste résignation au fur et à mesure que la folie s’empare de son esprit. Parvenir à retranscrire sur scène cette lente dégringolade m’a beaucoup impressionné. Chapeau !

Au final, la Comédie des Champs-Élysées propose un drame bouleversant à aller voir. Une histoire vraie qui permet de lever un petit voile de mystère sur un pan de la vie d’Albert Einstein dont on ne sait que peu de choses.

Spectateurs, je voulais vous dire qu’Eduard vous attend
Ce soir, demain, n’importe quand …