Critiques pour l'événement La Collection
4 avr. 2018
7/10
37 0
C’est du Pinter avec ses détracteurs et ses amateurs. Tous les ingrédients y sont, Vérité, fiction amour, séduction, mensonge ou songe, jalousie et tromperie. Mais c’est d’une lenteur soporifique. Pourtant les acteurs sont excellents.

Nicolas Vaude est énigmatique à souhait. Sara Martins et Thierry Godard jouent juste. Davy est digne de la dynastie des Sardou. La mise en scène est fluide et surprenante, on passe d’un lieu à un autre sans jamais changer de décor.

Pour ma part j’ai un avis assez mitigé sur cette comédie. On dirait du Bergman réalisé par Godard, c’est tout dire !
3 mars 2018
8,5/10
57 0
Plongée en eaux troubles !!

Dans un univers où le vrai et le faux s'emmêlent, où chacun des personnages est imprévisible, où les récits sont contradictoires ... Où même les relations entre les protagonistes sont ambigües ...
Un mari trompé (?), accablé par la jalousie, cherche désespérément une réponse à la question qui le ronge.
Le doute, l'horrible doute, est finalement le héros de cette pièce magnifique !
Que s'est il vraiment passé, il ne le saura pas, pas plus que le spectateur d'ailleurs !
Car chez Pinter, comme souvent dans la vie, rien n'est ce qu'il parait être.

Autour de la belle Sara Martins, dans une superbe mise en scène, trois comédiens talentueux naviguent en eaux troubles, et nous montrent de manière éclatante la complexité du couple et de toute relation humaine !
3 mars 2018
9/10
62 0
J'ai tellement aimé que j'y retourne prochainement. Mon avis n'est pas académique mais très personnel. C'est tout à fait le genre de pièce que je recherche.

Un texte subtil qui vous tient en haleine jusqu'à la fin. J'ai juste regretté la durée. Trop court ! Contrairement à certains avis je suis tombée raide dingue de Nicolas Vaude que je ne connaissais qu'à travers le cinéma ou la TV même si à l'origine j'y allais pour Thierry Godart.

J'ai également découvert le jeu de Davy Sardou. C'est une pièce à découvrir avec de vrais comédiens. Par contre ne comptez pas sur moi pour vous raconter l'histoire...
26 févr. 2018
6/10
55 0
La Collection a été écrite par l’anglais Harold Pinter en 1961. C’est une pièce sur l’ambivalence : l’ambivalence dans le couple, l’ambivalence des relations entre les gens. Le mensonge face à la vérité. Bill et Stella, couturiers de profession, se sont rencontrés sur un événement professionnel et ont logé au même hôtel : y ont-ils eu une liaison ? Jamais présent ensembles, Stella et Bill maintiennent l’ambiguïté auprès de leur conjoint et du conjoint de l’autre. C’est un jeu à quatre d’où sort une tension palpable : les deux autres, James et Harry ne savent ni de qui douter ni qui croire. Tout est trouble et troublant mais la finalité réelle de la pièce m’échappe un peu. Qu’est-ce que l’auteur essaie de nous dire ?

Pour autant, le jeu des quatre protagonistes est harmonieux. Davy Sardou dans le rôle de Bill est mystérieux, charismatique et impénétrable juste comme il faut. Sara Martins n’a pas énormément de répliques mais son jeu se fait sur scène, par sa présence entre ces trois hommes. C’est elle la pomme de discorde, l’élément perturbateur. Elle est en cela nécessaire et absolument sublime. Thierry Godart en dominant et protecteur jaloux apparaît complexe et loin d’être dupe. Et pour finir j’ai presque oublié l’auteur derrière Nicolas Vaude. C’est assez révélateur de la pertinence du choix de cet acteur pour ce rôle : Nicolas Vaude est si étrange, si fantaisiste et imprévisible que le rôle lui sied parfaitement.

Le décor est très beau, l’espace scénique réduit toujours très bien rempli et les costumes dignes des couturiers qu’incarnent les acteurs : ils tombent parfaitement avec ce petit rien d’élégance. Le tout pour un rendu visuellement très beau dans cette mise en scène de Thierry Harcourt.

Mais on s’ennuie quand même un peu faute d’intérêt pour l’intrigue… Je dirais pour conclure qu’il faut voir jouer Nicolas Vaude une fois dans sa vie. Mais qu’il n’est pas indispensable de le voir dans cette pièce...
25 févr. 2018
7/10
73 0
Ecrite par Harold Pinter en 1961 et crée à Londres en 1962, « La collection » a été jouée pour la première fois à Paris en 1965 au théâtre Hébertot dans une mise en scène de Claude Régy avec une distribution prestigieuse : Delphine Seyrig, Jean Rochefort, Michel Bouquet et Bernard Fresson.

La pièce met en scène deux couples qui évoluent dans le milieu de la mode Bill et Harry qui vivent dans le même appartement, leur relation n'est pas clairement définie mais on peut penser qu'il ont une relation amoureuse, et un couple marié Stella et James.
Bill et Stella se sont croisés lors d'un voyage lié à leur profession.
Ont ils, n'ont ils pas eu une liaison à cette occasion ?
C'est le thème de cette pièce en un acte, nous n'aurons pas la réponse, où chacun aura sa réponse, car pour reprendre le titre d'une pièce de Pirandello à chacun sa vérité, la vraie ou celle dont on s'arrange.
Quand on arrive dans la salle on remarque le décor signé Marius Strasser dont les murs sont tapissés d'un patron de couture géant, ainsi qu'une cabine téléphonique montée en bas de scène dans la salle qui aura son importance au cours du spectacle.
Stella c'est Sara Martins, son rôle est un peu en retrait, mais elle y apporte beaucoup de présence, de mystère et d'ironie.
Nicolas Vaude est James son mari, inquisiteur, manipulateur, inquiétant il sait parfaitement restituer les failles de son personnage.
Sorti des bas fonds par Harry, Davy Sardou est Bill, sobre et en retenue il est parfait.
Enfin Thierry Godart connu surtout connu pour ses participations à des séries comme Engrenages ou Un village français, et trop rare au théâtre, joue Harry avec beaucoup de finesse.
Si je n'aime pas toujours les pièces de Pinter, j'ai ici été plutôt séduit par la lecture qu'en donne Thierry Harcourt, et le jeu des quatres comédiens.
24 févr. 2018
7/10
19 0
La pièce de Pinter est assez fascinante et cette production en raconte toutes les subtilités, étrangetés, et autres ambiguïtés que l’oeuvre porte en elle. Je suis conquise par le spectacle et sa mise en scène.
Côté «acteurs » :
Thierry Godard et Davy Sardou sont excellents.
Nicolas Vaude en fait trop comme d’habitude (Je le préfère dans Le neveu de Rameau ou dans des classiques que dans le théâtre psychologique).
17 févr. 2018
7/10
11 0
Et bien moi, je n'ai pas été spécialement conquise par cette pièce de H. Pinter.

En 1H05 en revanche, j'ai pris plaisir au jeu des lumières, au décor, à la place et au jeu des acteurs que j'ai trouvé remarquables.

Mais rien à faire, le texte ne m'a vraiment pas emballé !
11 févr. 2018
8/10
22 0
Quelle belle version de la Collection d'Harold Pinter livrée par Thierry Harcourt !

Une version millimétrée où toute la scène est utilisée à bon escient ce qui fait qu'on ne se perd jamais entre l'appartement du couple Stella et James (l'inquiétant et réjouissant Nicolas Vaude) ou le loft de Bill (un Davy Sardou excellent tout en ambiguité) et son comparse (Thierry Godard qui impose son personnage en douceur). Je dis comparse car on n'est pas bien sur de la nature des relations entre Bill et lui... On est dans le monde de Pinter, l'ambiguité est reine !

Un autre titre de la pièce pourrait être : la vérité est ailleurs, car on passe notre temps à chercher ce qu'il s'est vraiment passé entre Stella et Bill à Leeds et chacun nous sert une version des faits qui peut être interprétée de plusieurs façon. Donc nous ne saurons pas ce qu'il s'est passé et quelque part ça ne me dérange pas car les duels entre les comédiens sont fabuleux : regards échangés, attitudes marquées, et propos sujets à interprétations multiples nous régalent. Je répète : Oui, on ne sait pas ce qu'il s'est passé et ce n'est pas grave !

Les quatre comédiens sont fabuleux mais il faut souligner que Nicolas Vaude réussi le tour de force d'être à la fois un mari jaloux et menaçant mais aussi drole, chapeau bas Monsieur !
10 févr. 2018
10/10
47 0
La sagesse populaire l'affirme : il n'y a que la vérité qui blesse.
Certes... Mais encore faut-il savoir de quelle vérité l'on parle. Encore faut-il la cerner, cette vérité-là !


C'est ici l'un des thèmes principaux de cette courte pièce de Harold Pinter, écrite en 1962.

Un Pinter, qui tel un Feydeau dramatique du vingtième siècle revisite une nouvelle fois le vaudeville pour nous poser une question : qui croire, dans les quatre protagonistes de ces deux couples que nous allons découvrir sur scène ?

Londres.
Côté Jardin, Stella, créatrice de mode et son mari James, qui dirige la petite entreprise familiale.
Côté cour, Bill, lui aussi styliste et son ami, qui partagent le même appartement. (On ne saura jamais trop la relation qu'entretiennent ces deux hommes.)

Le ressort dramaturgique ne tarde pas : James rend visite à Bill, pour lui révéler que sa femme Stella lui a avoué que les deux designers s'étaient retrouvé dans une chambre d'hôtel, lors d'une présentation de collection à Leeds.
La mécanique s'enclenche.

Pinter va pousser le bouchon très loin. Au célèbre trio mari-femme-amant, il va ajouter un quatrième personnage : l'ami de l'amant.
Mais Bill est-il réellement l'amant de Stella ? That's the question !

Thierry Harcourt, le metteur en scène, a réalisé un travail d'orfèvre !
Sa direction d'acteurs, réglée au millimètre, relève du ballet chorégraphié. Quelle précision, quelle utilisation judicieuse et pertinente de l'espace scénique !
Nous savons en permanence, même lorsque les quatre personnages sont sur le plateau, dans quel lieu nous nous trouvons, dans quel appartement se déroule l'action.

Tout est fluide, tout coule de source. C'est vraiment une nouvelle grande mise en scène que Thierry Harcourt nous propose.

De plus, il a su faire ressortir l'humour parfois noir qui émerge du texte de Pinter.

A la différence de certaines versions, on rit. Oui, nous sommes autorisés à rire !

C'est bien souvent Nicolas Vaude qui déclenche ces rires.
Une nouvelle fois, le comédien apporte une sorte de folie, de démesure, mais également une dimension parfois inquiétante à la pièce.

Ses regards, sa gestuelle, sa voix reconnaissable entre toutes participent pleinement au caractère exalté de son personnage.

Nicolas Vaude est décidément l'un des acteurs les plus intéressants qui soient.

A chaque fois que je le vois, que ce soit récemment dans Goldoni, Diderot, Pancol, Sarraute, Molière ou Pinter, il est véritablement excellent. Il peut TOUT jouer !

A ses côtés, Davy Sardou campe de bien belle façon le personnage de Bill. Il est plus en retenue, plus dans l'introspection, mais aussi dans l'ambiguïté. Sa partition est loin d'être évidente, c'est un rôle très ambivalent.

Le comédien parvient pleinement à nous faire douter.

Thierry Godard est quant à lui plus en puissance, lui aussi dans un registre ambigu. Il saura laisser en suspens les questions qui se posent à nous: qui est-il vraiment par rapport à Bill, qu'il aurait soi-disant tiré des « bas-fonds » ?...

Et puis, il y a Stella Martins, toute en sensualité, parfois très émouvante et quelquefois provocante.
Son tout dernier regard, avant le noir final, un regard lumineux, magnifique, nous révèle peut-être pas la vérité, mais le fait que nous resterons dans l'expectative, sans que soient levées les ambiguïtés et surtout sans que nous repartions avec nos certitudes.
Et c'est peut-être ce qui compte le plus, dans cette pièce, que nous repartions en ne sachant pas vraiment ce qui s'est passé, dans cet hôtel de Leeds. Que chaque spectateur se forge sa propre conviction !

Mention spéciale aux costumes de Jean-Daniel Vuillermoz, et au très beau décor de Marius Strasser : un gigantesque patron de couture, avec des pointillés, des ciseaux et différentes unités, tient lieu de cloisons. C'est très réussi !

C'est donc un vrai beau moment de théâtre qui nous est proposé.
C'est un spectacle qu'il ne faut absolument pas manquer, dans la collection Hiver 17/18 !
8 févr. 2018
10/10
12 0
Sublime quatuor d'acteurs !

Davy Sadou d'une vérité confondante, Sara Martins magique, Thierry Godart exceptionnel et Nicolas Vaude génial d'invention et d'étrangeté. On rit et on s'interroge, dans une mise en scène sobre, élégante et intelligente.
C'est magique et la pièce est à ne pas rater.