Critiques pour l'événement Harold et Maude
10 mars 2018
5,5/10
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On connaît évidemment l'histoire tirée du roman de Colins Higgins qui inspira le film éponyme réalisé par Hal Ashby, réalisé en 1972.

Harold, un tout jeune homme qui n'a pas encore vingt ans, bien sous (presque) tous rapports, nourrit une curieuse fascination pour la mort. Lui, son truc, ce sont les tentatives de suicide.
Le « lever de rideau » de la pièce est à cet égard très significatif.

Sa mère, bourgeoise très BCBG, CPCH bon teint, pense qu'en lui présentant un sien ami médecin, puis trois jeunes filles à marier, sa mère pense que les choses vont s'arranger.

Le destin la jouera tout autrement en faisant rencontrer à Harold l'octogénaire Maud, avec qui il voudra convoler en justes noces.
En toute franchise, j'ai trouvé le propos daté, l'histoire très ancrée dans les années 70 ne permettant absolument pas de dégager une universalité.

Maud est ici une sorte de baba-cool jetant des cacahuètes dans la nef de l'église pour attirer l'attention du jeunot, avec un terrible numéro tatoué au bras (le passé de la vieille dame ne sera pas plus évoqué que cela...), une vieille dame très peu indigne, finalement. Le personnage manquant de caractère et de profondeur ne m'a pas plus touché que cela.
J'aurais aimé qu'elle ruât beaucoup plus dans son brancard.

De plus, ici, j'ai eu beaucoup de mal à positionner le propos général : sommes-nous dans une comédie, dans un drame, dans une comédie dramatique, voire dans un boulevard ? (A cet égard, il est caractéristique qu'à chaque noir plateau (il y en a un certain nombre...), beaucoup de spectateurs applaudissent systématiquement, un peu comme au boulevard, justement...)

Bien entendu, les comédiens font ce qu'on leur a demandé de faire.
Deux m'ont particulièrement ravi.
Cécile Maudet est la mère d'Harold. Elle m'a beaucoup plu en mère NAP à la fois possessive, castratrice et complètement dépassée par les événements. Melle Maudet est très drôle, avec beaucoup de justesse et de force comique !

Mention spéciale également à Peggy Martineau, qui joue à elle seule les trois « prétendantes » choisies par la mère, et notamment la dernière, trop brève à mon goût, mais vraiment épatante.

Il me reste pour terminer à mentionner que la troupe propose un dossier pédagogique à destination des classes de troisième, seconde et première qui le souhaiteraient.