Critiques pour l'événement Hard
19 déc. 2018
7/10
65
Une pièce sur le monde du porno, c'est assez rare.

Ici, c'est plutôt réussi. On rit beaucoup, les acteurs sont très bons (mention spéciale à Charlie Dupont), le rythme est soutenu du début à la fin...

On passe donc un bon moment !
22 oct. 2018
7,5/10
30
Grivoiseries sans vulgarité, humour sans lourdeurs, cette pièce a évité les pièges.
Au contraire on y retrouve de la légèreté, du plaisir, du rire, du décalage et de la joie. Surtout une grande joie manifeste de tous les protagonistes qu'ils soient sur scène ou dans la préparation de cette réjouissance.

Pas d"inquiétude on peut même y emmener sa maman sans l'offusquer. Tout au plus rougira-t-elle.

Les comédiens nous ont régalés. Les 3 rôles sont tenus par des comédiens qui s'éclatent et ne se prennent pas au sérieux.
Mention très spéciale pour Stefan Wojtowicz : Fabuleux !!
Les comédiennes sont un peu en dessous. Notamment le rôle principal qui manque de piquant et de force. Il est là interprété trop dans le registre de la petite chose fragile trop prononcé alors qu'elle est théoriquement forte dès le départ.

Le début de l'histoire est un peu amené précipitamment. On sent sur ce morceau que l'adaptation n'est pas la plus évidente et qu'il y a manque de temps pour étoffer. Dommage. C'est la seule fausse note.
Le reste donne une soirée vraiment drôle et réussie pour ceux qui cherchent une pièce légère et sans chichi.
21 oct. 2018
7,5/10
14
Une idée osée que de faire une pièce sur le milieu du hard, mais une idée plutôt bien inspirée quand on voit le résultat.

On est très vite mis dans l’ambiance avec le défilé de personnages hauts en couleur lors de l’enterrement de leur ancien patron. C’est sa femme, bourgeoise catho du Vésinet (toute ressemblance avec des personnes réelles serait purement fortuite) qui va reprendre l’activité de son défunt mari. Choc des cultures puisqu’elle n’a découvert la situation professionnelle de son respectable époux qu’à sa mort.

C’est une vision très bienveillante et tendre que nous apporte cette pièce sur le monde du porno. Même si bien sûr on sait que malheureusement la réalité est souvent bien différente, on décide, ce soir, de croire à cette version Bisounours.
Hard est l’adaptation théâtrale d’une série diffusé sur Canal+ entre 2008 et 2015. Les comédiens sont tous très bien, le décor agréable. La mise en scène de Nicolas Briançon, fluide et efficace (ce qui n'avait rien d'évident vu le découpage dans l'action et le temps) participe beaucoup à la réussite de la pièce !
Comme le sujet est pour le moins original, je décide de regarder un peu autour de moi :
Trois types de réactions dans la salle :
- Éclats de rires francs et bruyants à ma gauche : on est là pour rigoler, on assume et on s’esclaffe quand le réalisateur évoque avec émotion le tournage d’Autant en emporte le gland.
- Petits fous rires contenus des trois femmes devant moi. Elles sont venues entre copines pour s’encanailler un peu...je les soupçonne d’habiter Le Vésinet ! : « oh là là ils exagèrent tout de même...mais qu’est ce que c’est drôle »
- Lèvres pincées et fesses serrés à ma droite, parfait bobo trentenaire : « mon dieu pourquoi suis-je aller me mettre dans cette galère » il lève les yeux au ciel et prend un faux air distant et hautain. Je ne peux m’empêcher de penser « mais qu’est-ce que sa copine doit s’emmerder au pieu ! »

Pourtant ce n’est jamais vulgaire et le jeu innocent et naturel des comédiens rend le tout léger et agréable.
Bien sûr ce n’est pas du Shakespeare mais à moins de s’être trompé de théâtre on savait tout de même à quoi s’attendre.

De mon côté, j’ai pris mes précautions, j’ai emmené avec moi une valeur sûre, une copine bien libérée et que le titre de film "Kill Bite" ne pouvait que faire marrer. Ses éclats de rire sont communicatifs, nous sortons de la pièce d’humeur joyeuse.

Et finalement que demander de plus !
Un très bon divertissement donc pour un public averti dans les deux sens du terme.
Allez hop, on se déride un peu et on file au théâtre.
21 oct. 2018
7,5/10
16
Hardware ou software?

Une version soft de Hard, petite boutique de l'arrière Boutique mais une version portée par une bande qui ne débande pas.

Je suis aller retrouver par la pièce tout ce joli monde d’une industrie assez attachante. Dans la série toute rencontre de copains copines finit en orgie ce qui n’était pas si décadent finalement car la série amenait cet achèvement de l’humain dans lequel la chair amènerait ce mystère non résolu (un territoire ultime de l'épanouissement ? Un rêve underground sous la dalle de resto bobo?)

Enfin bref j’ai aimé dans la série cet effet cloison de papier sans ombres en débats-ébats. Ici on est plus dans un preview de fête foraine qui ajoute le palpable à l’impalpable. La transposition est astucieuse et permet d’apprecier une troupe d’acteurs chaleureux et brillants. Le software du théâtre du sexe s’introduit au fond dans un PC libertaire sous Linius tendance OS X. Étrange objet du désir qui se fait spectacle en abime des sens.

Effet comique ou érotisme, pas si loin au fond.
15 oct. 2018
7/10
19
Hard est une pièce décalée, une comédie qui ne se prend pas au sérieux. Bien entendu, ce n'est pas le genre de pièce à aller voir en espérant une réflexion poussée sur le monde. Par contre, Hard permet de passer un moment distrayant où je ne me suis pas ennuyé une seule fois.

La pièce ne tombe pas dans un excès de vulgarité même si thématique oblige l'humour est un peu lourd ;)
Bonne performance d'ensemble des comédiens (j'ai beaucoup aimé Stephan Wojtowicz).

PS : par contre, le théâtre de la Renaissance s'il est magnifique est vraiment l'un des plus inconfortable que je connaisse et je tâcherai à l'avenir de l'éviter.
14 oct. 2018
4,5/10
6
Nous sommes allés voir cette pièce, confiants après la lecture des commentaires de votre site.
Quelle déception : énormément de lourdeurs, jeu des acteurs mauvais, surjoué.

Dommage, le sujet aurait pu être traité avec un peu plus de finesse...
13 oct. 2018
7,5/10
14
Une comédie réjouissante !

Une thématique rare et bien traitée, où l'on parle grivoiserie sans tomber dans la vulgarité.
Une distribution enjouée, équilibrée et conséquente de neuf comédiens.
Des costumes superbes et accessoires rigolos et efficaces.
Un rythme soutenu et un fil narratif que l'on suit avec plaisir.
Un vocabulaire fleuri qui nous fait sourire, et éviter de croiser le regard faussement gêné de nos voisins de fauteuils.

On retiendra tout particulièrement les interventions de Stephan Wojtowicz, en réalisateur de films X fort de 30 ans de carrière, et Nicole Croisille, belle-mère aux moeurs légères, inattendue dans ce registre éroticocasse.
12 oct. 2018
7,5/10
66
Modérer ses hardeurs ?

Ceci peut se révéler très problématique...

C'est ce que vont constater les personnages de cette pièce, adaptée de la série TV éponyme par Bruno Gaccio, l'auteur historique des Guignols de l'info de la grande époque.

Alexandre vient de passer l'arme à gauche.
Sa femme pensait qu'il dirigeait une entreprise de transport. C'était en fait un producteur de films pornos.
Tout le monde le savait (y compris et surtout la belle-mère), sauf cette épouse-là.

Elle découvre le pot-aux-roses... Le poteau rose ?
Elle fait surtout connaissance avec la star maison, en la personne de Roy Lapoutre, qui est à la pornographie ce que Mikhaïl Kalachnikov était à l'industrie du fusil-mitrailleur.
Un « maître-étalon », en quelque sorte.

Et ce qui devait arriver arrive... Je vous laisse découvrir.

Gaccio s'en est donné à cœur joie !
Ce spectacle, qui n'est jamais vulgaire, va regorger d'obscénités, dont l'accumulation deviendra hilarante.
Une grande différence existe entre la vulgarité et l'obscénité. Il ne faut jamais confondre.
Ici, on appelle un chat un chat. (On remarquera que je n'emploie pas à dessein le féminin du dernier substantif...)
Tous les codes propres au porno seront sur scène, les costumes, les accessoires, et surtout le corpus lexical. On parlera donc allègrement de fist-fucking, d'éjac faciale, de triple-péné, j'en passe et non des moindres...

Parce que la pornographie, c'est un métier. Avec son lexique.
Reprocherait-on à un garagiste de parler de joint de culasse, de piston grippé ou encore de manque de lubrifiant ?
Je vous le demande un peu !

Cet empilement de termes « techniques », mêlé à de vraies situations de comédie, va produire un décalage qui tirera les fou-rires des spectateurs.

Parmi la brochette d'excellents comédiens, trois ont particulièrement retenu mon attention.
Nicole Croisille, en belle-mère totalement décomplexée, proférant les pires grossièretés de sa voix reconnaissable entre toutes, avec qui plus est un sérieux consommé, c'est quelque chose !
Je pourrai dire : « J'aurai vu ça dans ma vie ! »... Elle est formidable !

Stéphane Wojtowicz est quant à lui un producteur de X, tout de cuir habillé, et revenu de bien des aventures dans ce milieu.

Le comédien est lui aussi magnifique , notamment en lisant au public des scénarii (enfin, des scénarii... je me comprends...) très spécialisés.
Ses regards de chien battu, son ton désabusé, ses intonations désespérées sont épatants.

Vers la fin de la pièce, un trop court dialogue sur un banc entre les deux sus-nommés m'a fait penser à du Audiard.
Le « Tu racontes bien ! » de Melle Croisille à M. Wojtowicz relève ce cette veine-là.

Charlie Dupont est impayable en hardeur hispanisant, à l'accent ibère à couper au couteau !
Sa scène devant le rideau est phénoménale.

Le couple vedette est interprété par les irréprochables Claire Borotra et François Vincentelli.

Le metteur en scène Nicolas Briançon s'en est donc lui aussi donné à cœur joie.
Tout ça est très enlevé, très énergique, allant en permanence à l'essentiel.
Le trait est forcé, mais c'est précisément ce qui fonctionne.
Les différents tableaux s'enchaînent à vive allure, toute la salle devient le terrain de jeu des comédiens.
Sans avoir l'air d'y toucher, la direction d'acteurs est exigeante et précise.
C'est de la belle ouvrage.

Le public rira énormément, on sent que le sujet interpelle...
Les spectateurs de ce boulevard efficace ne boudent pas leur plaisir. Que demander de plus ?

Ah ! Une dernière chose...
L'adaptateur a glissé une vanne sur le décès d'un hamster qui m'a fait hurler de rire !
Du grand Bruno Gaccio !
Et puis, Puccini et Turandot sont de la partou... euh... de la partie ! Alors hein...