Critiques pour l'événement Fragments de femmes
5 déc. 2018
6,5/10
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Sur scène, trois femmes, Solène Gentric, Alix Schmidt et Cécile Théodore, une brune, une blonde et une rousse.

Chacune occupe l’espace en devenant timide, vulgaire, effacée, agressive, triste, joyeuse… Elles revêtissent une palette d’émotions pour donner l’intensité nécessaire à toutes les scénettes qui portent la parole de véritables femmes. Chacune apporte sa touche par rapport à sa sensibilité et s’investit dans chaque personnage. A un moment, elles prennent à parti un homme de l’assistance. Lorsque j’y suis allée, il ni en avait qu’un. Il était ravi d’être ainsi au centre de l’attention. Elles ont joué avec lui par rapport à ces hommes qui font rêver d’amour les femmes où qui vont consommer des femmes éphémères tarifées. Pour raconter ces moments fugaces à l’histoire d’une vie, François Rimbau propose une mise en scène simple et efficace. Trois cubes lumineux pour les trois comédiennes. Elles les bougent, les modulent et les illuminent selon leur besoin. Chacune porte une robe noire, l’élément qui va les différencier est leur paire de chaussure. A la fin de presque chaque récit, la paire va être déposée au bord de scène comme une histoire qui s’achève par ce symbole souvent de la féminité. 

Le spectateur devient le confident de ces femmes blessées, portants des stigmates de l’amour. Alors laissez votre cœur s’ouvrir à ces rêves brisés qui vont se reconstruire à force d’espoir.
2 mai 2018
6,5/10
65
J’ai beaucoup aimé ce trio : la blonde Cécile Théodore, la brune Solène Gentric et Alix Schmidt avec son petit air d’Arielle Dombasle. Des femmes très différentes pour raconter parfois la même scène, pour montrer les goûts et les formes mais surtout l’universalité des thèmes et des situations. Ce sont autant de fêlures de femme que d’histoire, et l’on se reconnaîtra certainement dans certains de ces personnages : c’est la magie du théâtre qui opère. Cependant, et ce sera là ma réserve, pourquoi les femmes sont-elles ainsi reléguées à des êtres fragiles ? Les hommes ne le sont-ils pas tout autant ? Et n’y a-t-il que des moments tristes, des moments de défaite et de drame qui valent la peine d’être associés aux femmes ? C’est peut-être parce que je suis jeune et prête aux épreuves que je suis mauvaise spectatrice mais je suis un peu chafouine qu’on me raconte ces brisures comme si c’était le lot des femmes que de souffrir d’amour et de douter.

A quand des fragments d’hommes pour raconter les mêmes combats, les mêmes défis et les mêmes peurs ? Avec la même sensibilité et la même écriture entre humour et profondeur, Fabien Le Mouël pourrait toucher tout aussi juste dans le texte et la matière en serait, à mon avis, autrement plus intéressante.

Pas convaincue par le parti pris mais ravie de l’interprétation charmante de ce trio tout en nuance !