Critiques pour l'événement Expo Louis de Funès
8 août 2020
8/10
7
Une exposition consacrée à Louis de Funès à la Cinémathèque, non ?
Si.
Oh !

Alors moi, la Cinémathèque, elle m’épate, elle m’épate, elle m’épate … elle m’épate !
Grand fan de l’acteur, je ne pouvais décemment pas manquer ce rendez-vous. Aussi, par une belle journée estivale, direction le douzième arrondissement de Paris. Souvent boudé par la critique, Louis de Funès fut adoré du public … Fut et continue d’être. Il suffit de voir la file se former devant le bâtiment bordant le Parc de Bercy pour constater que presque quarante ans après sa disparition, l’acteur n’a quitté ni le cœur, ni l’esprit des grands comme des petits.

Après une attente (raisonnable … COVID oblige), le visiteur peut enfin franchir l’entrée de l’exposition. Et là, c’est tout un univers, joliment mis en scène, qui s’ouvre à lui. Comptez deux bonnes heures si vous souhaitez profiter pleinement de toutes les vidéos, textes et pièces présentées.

Alors que vaut cette exposition ? Particulièrement riche en photographies, vidéos et documents en tout genre, elle n’est pas une simple rétrospective de la filmographie de l’acteur. Non, non. Elle raconte une histoire au visiteur. Celle de Louis de Funès et comment cet homme, que rien ne prédestinait à être premier rôle, est devenu cette icône française du cinéma. De Barnier à Blaireau, De Pivert à Don Salluste, de Brisebard au Commissaire Juve, tout y est. Un petit regret ? Si les vitrines foisonnent de scénarii, courriers, croquis originaux, une partie des objets ou costumes présentés sont des reproductions. Malgré cela, on prend un réel plaisir à revoir des extraits cultes, on s’attarde devant la correspondance et quelle chance d’avoir sorti des collections les croquis qui préfiguraient un film resté à l’état de projet : Le Crocodile.

Qui pense De Funès, pense immédiatement à sa biche … La Cinémathèque n’a pas oublié de faire une place à celles qui furent Madame De Funès à l’écran, et parmi elles bien évidemment l’inoubliable Claude Gensac. Pour ma part, ma pièce préférée de l’exposition n’est étonnamment pas un objet en rapport avec l’acteur, mais une très belle photo de Claude Gensac prise sur un tournage d’un Gendarme.

Qui dit De Funès dit Oury, Poiré ou encore Girault … réalisateurs des plus grands succès de l’acteur. Et la musique ? Reconnaissable entre toutes. Elles sont indissociables du film, participant à son identité. Qui ne s’est pas écrié en entendant les premières notes : La grande vadrouille, La folie des grandeurs, Fantômas, Le Gendarme ou Jo. Louis de Funès demeure attaché aux Lefèvre, Magne ou Cosma.

En quittant l’exposition, le visiteur à l’impression d’avoir passé un bon moment avec un ami. Cet ami qui sait parler à toutes les générations : enfants, parents et grands-parents, tous réunis dans un même éclat de rire. Louis de Funès l’assurait : « je voudrais jouer des films où les gens rient comme à Guignol ». C’est réussi.

A souligner enfin le très beau catalogue d’exposition à vendre à la librairie … Près de 300 pages d’interviews, de photos et d’anecdotes.

Vous recherchez une activité estivale familiale, entre amis ou en solo ? Rendez-vous non pas au 45 rue Poliveau, mais à la Cinémathèque.