Critiques pour l'événement Expo Le rire de cabu
14 oct. 2020
8,5/10
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Pour visiter la nouvelle exposition de la mairie de Paris à l’Hotel de Ville, ‘le rire de Cabu’ il vous faudra montrer patte blanche (contexte sanitaire et procès de Charlie Hebdo). L’exposition est gratuite mais la réservation est obligatoire sur le site http://www.quefaire.paris et les contrôles de sécurité sont drastiques : impossible d’entrer avec une bouteille de gel hydroalcoolique ou de l’eau, vous devrez les laisser à l’entrée.

Cabu avait déjà eu les honneurs d’une exposition à l’Hôtel de Ville en 2006 pour ‘Cabu et Paris’, regard amoureux du provincial qu’il était sur la capitale. La Mairie de Paris a voulu rendre hommage au dessinateur tragiquement décédé le 7 Janvier 2015 et célébrer à travers ses dessins la liberté d’expression.

Le dessin de presse satirique est un élément essentiel de notre culture et Cabu s’y consacrait avec énergie et humour à le défendre toujours pour nous faire rire mais aussi pour nous faire réfléchir. Cabu a travaillé pour Pilote, Hara Kiri, le Canard Enchainé, Charlie Hebdo mais aussi pour la télévision dans des émissions aux publics très variés puisqu’il participait avec la même bonne humeur à ‘Droit de réponse’ de Michel Polac ou Récré A2 avec Dorothée.

L’exposition suit différents thèmes chers à Cabu : ses personnages cultes, ses valeurs, son sens affuté de la politique, ses influences, ses combats et puis la ‘méthode à Cabu’.

Nous découvrons en premier lieu tous ses personnages avec le grand Duduche, doux rêveur, en tête et son antithèse le Beauf, mais il y a aussi Catherine, Marie la lune, les militaires (Cabu leur voue une rancune tenace depuis qu’il est passé dans leurs rangs pendant la guerre d’Algérie) et quelques autres.

Le premier dessin politique de Cabu a été réalisé l’année de ses 12 ans alors autant dire qu’il en a vu des politiciens passés devant lui avec une préférence pour nos présidents qu’il a tous ‘croqués’.

Au rayon découverte, il y a celui qui a influencé Cabu : Albert Dubout son idole mais aussi les dessinateurs de presse Daumier, Wilette,…

Cette exposition permet de regarder l’ensemble du travail de Cabu et de nous faire sourire devant de nombreux dessins. On regrette évidemment ce qu’il s’est passé le 7 janvier 2015 car avec son œil acéré et sa plume aiguisée, Cabu aurait continué à nous dépeindre la société avec un humour féroce.