Critiques pour l'événement Djihad
15 nov. 2019
3/10
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Désolé mais un 13 novembre traiter ce sujet du Terrorisme en utilisant les ressorts du comique m'a mis mal à l'aise !
11 mars 2017
9,5/10
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Original, poétique, drôle, émouvant ! ...Et magnifiquement interprété !!!
(Slimane Yefsah, Florian Chauvet, Adel Djemai et Helmi Dridri ce soir là)

Les comédiens sont tellement bons qu'ils feraient aimer le théâtre aux plus réticents !! Je recommande très vivement !

Une pièce avec un sujet très original, brillamment écrit, avec tes textes aussi drôles que touchants... à la fois de l'information, de la réflexion, une ouverture à se questionner et questionner la société, un regard nouveau...
Une pièce rythmée ! On ne voit pas le temps passer.
On en sort en ayant appris quelque chose et en étant un peu chamboulé dans nos convictions.... tout en ayant passé un super moment ! Car ce quatuor d'acteurs est vraiment drôle !
27 févr. 2017
7/10
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Je trouve la critique d'Au Balcon un peu dure.

Le sujet est compliqué et le propos devient nécessairement trop simpliste.
La pièce amène néanmoins un propos intéressant avec humour.
26 févr. 2017
6/10
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Une pièce qui a le mérite d'informer, avec beaucoup d'émotion et de sensibilité.

Les comédiens sont bons, la mise en scène sobre, une pièce qui ouvre le dialogue et continue d'exister une fois le rideau fermé.
23 oct. 2016
5/10
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En tant que spectateur, je suis d'accord avec Léa, je n'ai pas été convaincu, la pièce manquant cruellement de finesse. Cela se ressent aussi bien sur un humour gras porté par des personnages caricaturaux que sur le message trop manichéen et simpliste quand il s'agit d'évoquer les motivations et les causes du djihadisme.

En tant que citoyen, je suis par contre bien plus emballé par cette création. Car si elle n'était pas aussi "boulvardière", cette pièce n'aurait pas attiré un public aussi large et surtout diversifié. Je n'avais en effet jamais vu une palette d'âges et d'origines dans un théâtre et c'est tant mieux car parmi eux se trouveront peut être quelques jeunes tentés par le Djihad qui comprendront l'absurdité de ce choix grâce à cette pièce.
7 oct. 2016
3/10
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C'est dommage, il y avait pourtant beaucoup de choses à dire.

Mais les effets d'humour vaseux (il y a tout de même une blague "caca" dans le lot) et la lourdeur du jeu des comédiens ne permettent pas de dépasser le boulevard grossier et pataud. On cherche l'émotion en vain durant 1h30 de spectacle grotesque surfant sur des facilités creuses et douloureusement prévisibles. Il n'y a que cris, halètements, pleurs feints et piétinements épuisants. Il était temps que ça s'arrête.
Vraiment dommage.
7 oct. 2016
8/10
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Venez voir Djihad !

On passe un moment très particulier avec ces trois jeunes qui partent faire le djihad en Syrie, chacun a ses raisons que l'on découvrira au cours de la pièce. Parfois on se croit dans une comédie, parfois dans une tragédie, c'est bien une tragicomédie avec des accents hyper réalistes qui nous touchent tous.

Quand on sait que l'auteur avait déjà cette pièce en projet bien avant la vague d'attentats de 2015, on a froid dans le dos car il décrit ce qu'il a connu dans sa jeunesse (autre époque, les jeunes partaient pour l'Afghanistan) et ça reste d'actualité.

On suit les trois jeunes dans les étapes qui conduisent en Syrie avec un décor minimaliste : quelques sièges et un écran qui plante le décor mais ça suffit, il n'y a pas besoin de plus car le texte est fort et les interprètes sont magnifiques. Le quotidien du djihad est ensuite déroulé sous nos yeux et là chacun se retrouve confronté à ses motivations via la réalité qui n'est pas franchement glamour.

On comprend le cheminement de ces gamins, on peut même s'y retrouver car ça parle de valeur que nous connaissons tous. Juste pour ça, cette pièce mérite le détour et surtout il faut pouvoir en débattre après avec son entourage.
Ben, Reda et Ismaël sont trois jeunes belges. Ils sont nés et ont grandi à Schaerbeek, un quartier de Bruxelles. "Musulmans de la deuxième génération" comme on les décrit dans les journaux. Alors, comme beaucoup de jeunes désœuvrés, sans travail malgré leur formation, ils ont décidé de partir faire le djihad en Syrie et tuer les mécréants.

"Hou la la les gars, je suis trop excité. Ça va être comme dans Call of Duty. J'ai top hâte d'aller tuer des mécréants"

Ce sujet d'actualité Ismaël Saidi a choisi de le porter à la scène en décembre 2014. Avant Charlie Hebdo, avant le Bataclan, avant les attentats dans le métro de Bruxelles, à Magnanville, Nice ou Saint Etienne-du Rouvray. C'est un peu de lui qu'il a mis dans chacun des personnages, ses doutes d'adolescents lorsqu'il se sentait perdu et qu'à l'époque les jeunes partaient pour l'Afghanistan (et non, ce n'est pas une tendance récente). Il a aujourd'hui 40 ans et ne pensait pas que ce qu'il avait vécu à 16 ans serait toujours d'actualité.

Au départ il n'y avait que 5 représentations prévues. Puis une 6ème, dans l'après-midi du 9 janvier 2015 et depuis ça n'a pas arrêté, la troupe donnant souvent 3 représentations par jour. Parti d'une cave le spectacle a immédiatement connu le succès. Après 156 représentations devant plus de 55.000 spectateurs dont plus de 28.000 élèves, DJIHAD le spectacle arrive en France.

Comment expliquer le succès de cette tragi-comédie ? Par le fait qu'elle parle à tous, quelle que soit la religion, la condition sociale, l'âge, le sexe. La grande force est de "libérer la parole". On rit beaucoup du parcours de ces trois pieds nickelés qui sur la route du djihad vont se découvrir. Ce parti pris de l'humour permet d'aborder toutes les questions sans tabou : la radicalisation, le besoin de reconnaissance, la rupture identitaire, les préjugés inculqués par l'environnement culturel, la pression communautaire. Pas besoin de mettre en oeuvre les gros moyens du théâtre public pour nous toucher au plus profond. Par les mots, le jeu, DJIHAD nous fait rire malgré le tragique des situations, leur hyper-réalisme.

Ben, Reda et Ismaël ont chacun leur motivation. Chacun d'eux a dû renoncer à quelque chose. Ils aimaient la musique, les mangas, l'alcool. Ben, le leader du trio, était un fan d'Elvis Presley. Il est même allé à Graceland se recueillir sur la tombe de son idole. Et là c'est la fin : il découvre que son idole s'appelle Elvis Aaron Presley et réalise qu'il admire un juif. Ismaël "gribouille". Son kif c'était de dessiner des mangas. Mais à l'école coranique il a appris que les dessinateurs vont en enfer. Quand à Reda il a dû renoncer à Valérie, son amour de 10 ans, parce qu'elle n'est pas musulmane. Alors il lutte pour ne pas noyer son chagrin dans l'alcool. Tous les trois ont douté, perdu leurs repères, retrouvé confiance grâce à la religion. Et puis il y a les images des frères musulmans qui meurent en Syrie, le discours des recruteurs qui fait espérer qu'ils vont enfin pouvoir faire quelque chose de leur vie et aider. Ismaël SAIDI le répète lors de chaque débat ou interview : "Attention, la pièce ne cautionne pas les salopards qui reviennent tuer chez nous. Eux, ce sont des criminels. Mais je veux comprendre ce qui en amène tant là-bas". "Qu'est-ce qui fait qu'un type qui a grandi à Saint-Denis ou à Molenbeek, qui a été à l'école comme vous, qui aurait même pu être votre ami, qu'est-ce qui fait qu'il passe du côté obscur". Sur la route Ben, Ismaël et Reda vont apprendre ce qu'était la vie des deux autres et les chemins qui les ont menés à la radicalisation. Ils prendront conscience des non-dits, de la manipulation dont ils ont été l'objet, qu'elle vienne de la société ou de la communauté, de ce qu'ils ont laissé derrière eux. Deux d'entre eux ne reviendront pas.

Tandis que le Festival d'Automne avec 81 Avenue Victor Hugo nous interpelle sur les sans-papiers et la place que nous faisons aux étrangers, que le théâtre privé sature la rentrée théâtrale de pièces de boulevard des années 1950, les Feux de la Rampe nous questionnent sur les raisons qui poussent ses enfants à partir ainsi, et a le courage de programmer DJIHAD, un spectacle qui nous rappelle que le théâtre peut être un outil de prise de conscience. Ce n'est pas pour rien que le gouvernement belge a déclaré ce spectacle d'utilité publique, ce qui lui permet d'être distribué gratuitement auprès des élèves. En contrepartie des représentations pour les scolaires, Ismaël SAIDI avait fait trois demandes au Ministre de l'Education Belge

- que les jeunes viennent le voir dans des théâtres, pas dans les lycées ou les gymnases
- qu'il y ait une mixité des publics et donc que les représentations ne soient pas organisées que dans les quartiers dits défavorisés
- que le gouvernement mette en oeuvre des actions pour aider les jeunes
Les deux premières demandes ont été honorées...

Pour les premières représentations c'est l'équipe belge qui est sur scène. Au bout de 10 jours elle sera remplacée par une nouvelle équipe qui s'annonce très prometteuse. 80 dates sont prévues en France. Des représentations auront lieu en scolaire mais aussi dans des prisons. Une autre équipe tourne aux Pays-Bas, et les représentations continuent en Belgique. A la demande de professeur il a été rédigé un livret pédagogique pour accompagner les représentations et les débats.

Comme l'a dit Maïtena Biraben lors de la première, ce spectacle "rassemble" et "réconcilie". On pardonnera aisément les pointes de caricature et les imperfections de jeu pour ne retenir que l'émotion. Celle qui nous saisit quand l'un d'eux tombe sous les balles, quand Michel pleure sa femme comme nous pleurons les victimes des attentats, quand Ben profite de la solitude de son tour de garde pour prendre sa kalachnikov pour un micro et chanter comme le King Elvis, quand Ismaël de retour en Belgique entend les voix de ses amis morts en Syrie.

DJIHAD nous touche au cœur. Véronique Roy était dans la salle en ce soir de première. L'un de ses fils est mort en Syrie en janvier dernier. Comme elle l'exprimait au cours de la discussion qui a suivi la représentation la pièce pointe bien les parcours hasardeux, ces espèces d'aventures surréalistes. Là où je pense que c'est important c'est que pour soigner cette société qui va mal il faut toucher au coeur. "Cette pièce touche à l'empathie".

Le mot de la fin revient à l'auteur et comédien Ismaël Saidi :

"Pour chaque affaire Dreyfus il y a un Zola, et à la fin c'est Zola qui gagne".

En plus sur le blog : "Le théâtre comme outils de médiation et de prévention contre la radicalisation" - Article publié le 07/11/165