Critiques pour l'événement Darius
25 juil. 2018
8/10
22
Quelle belle pièce.
Histoire touchante de cette mère qui veut faire redécouvrir les odeurs de son enfance à son fils handicapé.
Les deux acteurs jouent à la perfection.
Beaucoup d’émotion on a passé un très bon moment.
9 avr. 2017
7/10
67
Un casting haut en talent
J'avoue que des noms connus sur une affiche à tendance à me refroidir. C'est bien rare de voir un beau jeu et un texte à la hauteur. Bien trop souvent c'est le texte aux blagues faciles et aux situations improbables qui sont choisis. Mais ici, tout est différent et cela fait très plaisir à voir.

Clémentine Célarié, d'une beauté simple et naturelle s'affirme sur scène avec une présence forte et touchante. Les mots s'échappent avec justesse et vraisemblance. Elle n'est plus une comédienne qui interprète une mère, c'est une mère bouleversée et touchante. Une mère aimante et courageuse. Pour la seconder sur scène, Pierre Cassignard, joue tout aussi bien. Un ton juste avec un regard fragile et curieux. Il devient au fil des mots ce parfumeur qui retrouve goût à la vie. Sa sensibilité est mise à rude épreuve car les larmes n'hésitent pas trop à s'écouler. Darius lui transmet une fureur de vie assez étonnante. Parfois, j'ai eu même l'impression que le jeune adolescent était présent sur scène alors que jamais il n'est représenté même par une image.

Un duo en osmose qui a été crée au théâtre du chêne noir dans le Off d'Avignon en juillet 2016. Le texte de Jean-Benoît Patricot, lauréat du prix Durance-Beaumarchais SACD 2014 est d'une justesse bouleversante. Les odeurs sont décrits avec tellement de passion que j'avais envie de sentir "Rochefort sous la pluie", "Rome", "Métro parisien", "Tataouine", "Chiara"... Les moments étaient décrits et l'envie de les partager devenait importante. Alors c'est la mémoire visuelle qui essayait de créer une odeur pour compenser cette légère frustration. Mais l'odeur nous aurait-elle parler?

Une mise en scène haute en couleurs
Les deux comédiens se partagent tout le temps sans jamais avoir une interaction entre eux. Les lettres sont interprétées l'une après l'autre telle une discussion entre deux êtres. La réponse émotionnelle se lit directement sur le visage du destinataire. Un déplacement très bien organisé. Surtout que tout s'organise autour de l'orgue de parfums en bois centrale. Quelques fioles vont parfois passer d'une main à l'autre et vont quitter l'orgue pour être posé au devant de la scène.

J'ai beaucoup apprécié les déplacements derrière le délicat voile qui sépare la scène en deux qui contribue à la variation des émotions qui veulent être transmises. J'ai beaucoup aimé les deux scènes en lien avec la prostitué à Amsterdam. L'idée qu'une mère emmène son fils handicapé voir une prostitué car lui aussi à le droit à découvrir la sexualité. Puis le voyage de Paul pour retrouver l'odeur de cette femme particulière afin de le reconstituer. Une histoire touchante. Une très belle mise en scène d'Emmanuelle Roy.

Les jeux de lumières de Denis Karansky joue un rôle primordiale. Aucune action, aucune chose ne peut être souligné sans le travail de la lumière qui sait se montrer discrète et qui sait mettre en valeur ce qui ce doit. J'ai adoré cette parure qui a habillé avec élégance ce flacon de l'imaginaire.

Un spectacle à l'écriture bienveillante et optimiste servi par deux comédiens lumineux et talentueux. L'émotion au coin de l'oeil sera vous toucher. Vous aurez été ravie d'avoir rencontrer Darius.

Clémentine Célarié est nommée dans Darius au Molière 2017 dans la catégorie Molière de la comédienne dans un spectacle de théâtre privé.
4 avr. 2017
8,5/10
77
Darius a été créé au Théâtre du Chêne Noir dans le festival d'Avignon Off en juillet 2016 avec Clémentine Célarié et Pierre Cassignard. Il est maintenant à l'affiche au Théâtre des Mathurins.

Ce texte, lauréat du prix Durance-Beaumarchais SACD 2014, est une correspondance entre un grand parfumeur déchu et une mère qui cherche à faire vivre à son fils une vie exaltante, malgré son handicap et une fin de vie qui s'annonce proche.

Au commencement, Claire écrit à ce cher Monsieur Lagarce, comme elle l'appelle, une lettre lui demandant de concevoir un parfum pour que son fils Darius, pluri-handicapé, à qui il ne reste que le toucher et l'odorat pour voyager, puisse encore vibrer. On craint alors l'artifice puisqu'on entend un air de piano alors que l'actrice se trouve elle-même devant un orgue à parfums où manifestement elle ne peut être. Mais scène après scène, le spectateur sera touché par la sincérité qui émane de cette correspondance insolite, ce qui ne l'empêchera pas de sourire souvent, de rire parfois.

Mis en scène par Anne Bouvier, le spectacle réussit à nous toucher sans verser dans le pathologique. C'est que Darius a le moral robuste, dira sa mère et que celle-ci est d'une détermination sans faille, prête à forcer la main du parfumeur. Son refus sera de courte durée et on comprendra plus tard quel malheur l'a coupé de la création. Il acceptera de faire revivre au jeune homme des moments précieux à travers les odeurs d'une maison, d'une ville qu'il a traversée quand il était encore vaillant comme Rochefort sous la pluie et bien plus encore.

Le texte de Jean-Benoît Patricot est très juste : l'odeur et la saveur restent encore longtemps quand d'un passé ancien rien ne subsiste.

On en ressort en ayant réactivé nos propres madeleines proustiennes. Je me suis précipitée en rentrant sur un vieux fond de Magie noire dont l'effluve orientale, boisée et chyprée me propulse toujours instantanément à Washington en 1979. Mais j'aurais adoré pouvoir humer deux des créations commandées par Claire, le marché de L'Isle-sur-la-Sorgue et surtout celui de la rue Daguerre où j'ai longtemps habité et qui ne me semble pas être demeurée dans son jus, comme on dit.

Le jeu de séduction entre l'homme et la femme est subtile. Les demandes de Claire semblent sans bornes, tout comme les réponses du créateur qui restitue jusqu'au soleil sur la Villa Médicis, provoquant chez Claire des accélérations du rythme cardiaque et des hallucinations. Après Proust, c'est Stendhal qui est invoqué à travers ce syndrome psychosomatique.

Nous sommes prêts à suivre leurs échanges, émouvants, parfois sensuels, jamais tristes malgré une issue qu'on s'apprête à fatalement accepter ... après plusieurs rebondissements.

Clémentine Célarié joue en finesse, ce qui lui vaut d'être nominée pour le Molière 2017 de la comédienne dans un spectacle du théâtre privé. Son partenaire, Pierre Cassignard ne démérite pas pour autant.
4 févr. 2017
8/10
85
Claire travaille au CNRS, elle a un fils handicapé profond, qui se prénomme Darius. Ils ne correspondent plus qu’avec quelques sens, le toucher, un peu la vue, la maladie est là et avance inexorable. Claire a une idée en tête, son fils ne peut plus voyager physiquement, mais son sens de l’odorat est toujours là.

Elle contacte Paul, célèbre créateur de parfum, celui-ci refuse au départ, son veuvage l’a brisé, mais il accepte la mission quasi impossible...
Le challenge sera de créer des fragrances qui correspondent à différentes villes européennes que Darius a visité avec ses parents, le but c’est de raviver les souvenirs heureux par le sens de l’odorat. La tâche est ardue, Paul en acceptant cette « thérapie des sens » en sortira lui-même guéri.

Claire et Paul ne correspondent que par écrit, ils ne se rencontrent pas. On s’amuse des réflexions de Claire sur tel parfum qui n’a pas suscité de grandes réactions chez Darius. Paul n’a pas la tâche facile, on s’en rend compte lors de ses comptes rendus épistolaires et de ses mouvements d’humeur !

Clémentine Célarié est toute imprégnée par ce rôle, si humain, si émouvant, qu’elle ne joue pas mais qu’elle vit intensément. Pierre Cassignard lui aussi est dans l’émotion et l’humour.
Car c’est une belle aventure, humaine, drôle, vécue et jouée par des comédiens exceptionnels qui font vibrer nos cinq sens !
31 janv. 2017
7/10
73
Un échange épistolaire avec en toile de fond la conception de parfums afin de raviver les souvenirs d'un jeune homme enfermé dans son propre corps. Il n'a y pas à dire, c'est un véritable défi théâtral...

Selon moi le défi est relevé car sans être flamboyante cette pièce nous fait quand même passer un bon moment.
26 janv. 2017
8,5/10
70
Je vais beaucoup au théâtre et j’ai très souvent l’impression que c’est toujours les mêmes histoires. J’ai donc été très surprise avec Darius, c’est une histoire très originale qui fait appel aussi bien à l’intelligence qu’au cœur.

Cela fait du bien de sourire et d’être ému par des thèmes inhabituels. Le texte permet à chaque personnage de progresser et de nous entraîner jusqu’au dénouement chargé d’émotion qui se finit sur un sourire. Bravo.

Les comédiens sont généreux, ils nous offrent tout un panel de sentiments variés. Clémentine Célarié m’a particulièrement touchée. Et Pierre Cassignard dans un registre différent de son habitude m’a bluffée. L’éclairage ciselé permet de mettre en valeur toute leur sensibilité, ce n’est pas du plein feu genre au théâtre ce soir mais quelque chose de subtil. Les ponctuations musicales ont la profondeur de musiques de film.

Et enfin la mise en scène permet de nous faire croire que ces personnages qui ne se rencontrent pas, sont toujours ensembles. Un beau spectacle qui fait du bien.
25 janv. 2017
5/10
28
Une pièce qui paraissait originale vue l'intrigue avec un casting intéressant mais qui se révèle peu crédible avec un rythme plutôt mou.

Plusieurs choses m'ont dérangées : il y a des réglages lumière très approximatifs et je trouve ça très gênant. Le plateau est très sombre, le décor ne m'a pas semblé adapté à cet échange épistolaire. L'histoire qui est bien originale ne prend pas une tournure crédible et je trouve que le ton de certaines lettres n'est pas adapté. Les deux comédiens sont plutôt bien mais semblent mal à l'aise dans leur déplacement sur scène.

En cadeau bonus, il y a le magnifique 'coiffé - décoiffé' ébouriffé de Clémentine Célarié qui n'est malheureusement pas assez ébouriffante.