Critiques pour l'événement Darius
9 avr. 2017
7/10
65 0
Un casting haut en talent
J'avoue que des noms connus sur une affiche à tendance à me refroidir. C'est bien rare de voir un beau jeu et un texte à la hauteur. Bien trop souvent c'est le texte aux blagues faciles et aux situations improbables qui sont choisis. Mais ici, tout est différent et cela fait très plaisir à voir.

Clémentine Célarié, d'une beauté simple et naturelle s'affirme sur scène avec une présence forte et touchante. Les mots s'échappent avec justesse et vraisemblance. Elle n'est plus une comédienne qui interprète une mère, c'est une mère bouleversée et touchante. Une mère aimante et courageuse. Pour la seconder sur scène, Pierre Cassignard, joue tout aussi bien. Un ton juste avec un regard fragile et curieux. Il devient au fil des mots ce parfumeur qui retrouve goût à la vie. Sa sensibilité est mise à rude épreuve car les larmes n'hésitent pas trop à s'écouler. Darius lui transmet une fureur de vie assez étonnante. Parfois, j'ai eu même l'impression que le jeune adolescent était présent sur scène alors que jamais il n'est représenté même par une image.

Un duo en osmose qui a été crée au théâtre du chêne noir dans le Off d'Avignon en juillet 2016. Le texte de Jean-Benoît Patricot, lauréat du prix Durance-Beaumarchais SACD 2014 est d'une justesse bouleversante. Les odeurs sont décrits avec tellement de passion que j'avais envie de sentir "Rochefort sous la pluie", "Rome", "Métro parisien", "Tataouine", "Chiara"... Les moments étaient décrits et l'envie de les partager devenait importante. Alors c'est la mémoire visuelle qui essayait de créer une odeur pour compenser cette légère frustration. Mais l'odeur nous aurait-elle parler?

Une mise en scène haute en couleurs
Les deux comédiens se partagent tout le temps sans jamais avoir une interaction entre eux. Les lettres sont interprétées l'une après l'autre telle une discussion entre deux êtres. La réponse émotionnelle se lit directement sur le visage du destinataire. Un déplacement très bien organisé. Surtout que tout s'organise autour de l'orgue de parfums en bois centrale. Quelques fioles vont parfois passer d'une main à l'autre et vont quitter l'orgue pour être posé au devant de la scène.

J'ai beaucoup apprécié les déplacements derrière le délicat voile qui sépare la scène en deux qui contribue à la variation des émotions qui veulent être transmises. J'ai beaucoup aimé les deux scènes en lien avec la prostitué à Amsterdam. L'idée qu'une mère emmène son fils handicapé voir une prostitué car lui aussi à le droit à découvrir la sexualité. Puis le voyage de Paul pour retrouver l'odeur de cette femme particulière afin de le reconstituer. Une histoire touchante. Une très belle mise en scène d'Emmanuelle Roy.

Les jeux de lumières de Denis Karansky joue un rôle primordiale. Aucune action, aucune chose ne peut être souligné sans le travail de la lumière qui sait se montrer discrète et qui sait mettre en valeur ce qui ce doit. J'ai adoré cette parure qui a habillé avec élégance ce flacon de l'imaginaire.

Un spectacle à l'écriture bienveillante et optimiste servi par deux comédiens lumineux et talentueux. L'émotion au coin de l'oeil sera vous toucher. Vous aurez été ravie d'avoir rencontrer Darius.

Clémentine Célarié est nommée dans Darius au Molière 2017 dans la catégorie Molière de la comédienne dans un spectacle de théâtre privé.
31 janv. 2017
7/10
70 0
Un échange épistolaire avec en toile de fond la conception de parfums afin de raviver les souvenirs d'un jeune homme enfermé dans son propre corps. Il n'a y pas à dire, c'est un véritable défi théâtral...

Selon moi le défi est relevé car sans être flamboyante cette pièce nous fait quand même passer un bon moment.
25 janv. 2017
5/10
27 0
Une pièce qui paraissait originale vue l'intrigue avec un casting intéressant mais qui se révèle peu crédible avec un rythme plutôt mou.

Plusieurs choses m'ont dérangées : il y a des réglages lumière très approximatifs et je trouve ça très gênant. Le plateau est très sombre, le décor ne m'a pas semblé adapté à cet échange épistolaire. L'histoire qui est bien originale ne prend pas une tournure crédible et je trouve que le ton de certaines lettres n'est pas adapté. Les deux comédiens sont plutôt bien mais semblent mal à l'aise dans leur déplacement sur scène.

En cadeau bonus, il y a le magnifique 'coiffé - décoiffé' ébouriffé de Clémentine Célarié qui n'est malheureusement pas assez ébouriffante.