Critiques pour l'événement Dans la peau de Cyrano
9 mai 2019
8,5/10
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C'est un spectacle intelligent et très frais qui m'a beaucoup plu.
Je trouve également qu'il s'en dégage beaucoup d'humanité et de sensibilité.
7 mai 2019
9/10
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« Dans la peau de Cyrano » de et avec Nicolas Devort dans une mise en scène de Clotilde Daniault au théâtre des Mathurins, est un cours magistral sur la différence et la tolérance.

J’avais entendu beaucoup de bien sur ce spectacle : il est complètement justifié.
Un spectacle joué des centaines de fois par un comédien toujours aussi vif, joyeux, élégant, à l’énergie débordante, qui nous conte son histoire avec la fraîcheur d’une première fois.
Nicolas Devort nous offre une très belle peinture expressionniste de la vie d’un collégien, le jeune Colin, qui après son déménagement, fait sa rentrée dans un nouveau collège.
Nicolas Devort interprète, parmi la galerie de personnages de son histoire, un professeur de français, qui dirige un atelier théâtre dans l’optique de monter en fin d’année scolaire « Cyrano de Bergerac ».
Un professeur de français humain, à l’écoute de ses élèves, passionné par son métier, qui aime transmettre, qui captive son auditoire tout comme le fait admirablement Nicolas Devort. Un professeur qui réconcilierait plus d’un élève avec l’école, s’il le croisait sur sa route.
On ne s’ennuie pas une minute à suivre cette histoire.
Pourquoi raconter une histoire ? : Les histoires, comme les livres, sont porteuses de rêve, d’évasion, d’imagination ; une histoire pleine d’espoir pour construire sa vie.

Avec une très belle présence sur scène où le rire côtoie l’émotion et inversement, ce professeur nous donne une belle leçon de tolérance : une ode à la différence, à l’acceptation de l’autre sans se départir de sa volonté de se dépasser, de se défendre face à l’adversité et de ne pas subir le sectarisme des soi-disant bien-pensants.

Nicolas Devort nous accueille, via le professeur de français, dans sa classe et demande à ses élèves de se présenter.
Tour à tour une belle brochette de collégiens, à la jeunesse insouciante, vont égayer ce tableau et se produire sur le plateau de l’atelier théâtre où un personnage bien singulier, qui a plus d’un tour dans son sac, va leur faire connaître la grandeur de son histoire : Cyrano de Bergerac.
Il y a Adelaïde, à la plastique qui fait chavirer tous les cœurs, y compris celui de Colin. Maxence, celui qui deviendra ami avec Colin, leurs différences les réuniront. Benoît, le rigolo de la bande, la bonne humeur incarnée qui titillera le professeur et Gaël, le beau gosse de service, l’amoureux d’Adélaïde, au langage imagé.
Tous ces élèves vont cohabiter pendant toute l’année scolaire, ils vont apprendre à se connaître, à s’apprivoiser, à se détester, à s’unir pour un projet commun. Ils vont s’enrichir de leurs dialogues.
Chaque élève, chaque personnage, à sa chorégraphie, ce qui permet à Nicolas Devort, en un clin d’œil de passer de l’un à l’autre sans que nous soyons perdus dans l’histoire.
Dans les adultes, il y a aussi la psychologue qui n’a pas son pareil pour nous faire rire et passer les messages sur les différences à ce pauvre Colin qui outre son bégaiement doit faire avec le décès de son père, dur dur pour ce collégien, cabossé par la vie, en recherche d’identité.

Nicolas Devort nous offre un joli parallèle entre ce Cyrano complexé par son nez et Colin par son bégaiement. Un Cyrano dont le panache et le courage sont des exemples à suivre pour Colin qui doit apprendre à avoir confiance en lui, positiver le regard des autres, ne pas tenir compte des légèretés des comportements de ses camarades qui demain seront des adultes. C’est maintenant qu’il faut prendre le taureau par les cornes et s’imposer ; d’ailleurs sa tirade parodiant celle du nez pour répondre à un Gaël un peu trop mesquin est d’une drôlerie jouissive.

En son temps nous avions eu l’inoubliable Annie Girardot dans « Madame Marguerite », aujourd’hui nous avons le talentueux Nicolas Devort dans « Dans la peau de Cyrano ».
Une écriture qui nous laisse dans la réflexion en passant par le rire et l’émotion. Un spectacle rempli d’espoir, où la vie, point central, vaut la peine d’être vécue…ensemble.
Comédien, mime, danseur, il a tous les atouts pour nous raconter son histoire et nous captiver. Les expressions de son visage donnent de la vie à tous ces personnages qui dansent autour de la chaise, seul accessoire sur scène.
Avec une guitare, il s’accompagne pour une chanson d’hommage au père de Colin, une chanson où l’émotion nous gagne, une interprétation toute en nuance, d’une sensibilité à fleur de peau.
Un spectacle, un travail d’une finesse comparable à de la dentelle, rien n’est laissé au hasard, chaque pièce du puzzle s’emboîte avec précision.

La mise en scène rythmée de Clotilde Daniault est d’une fluidité, d’une légèreté, donnant priorité à la poésie de l’Histoire. Elle met en avant l’énergie que distille Nicolas Devort avec enthousiasme dans la construction de son Cyrano.

Ne ratez pas ce spectacle, à voir aussi en famille, j’avais à côté de moi un enfant qui disait à sa maman pendant le spectacle, dans les noirs, « c’est bien maman ! ». A la sortie son sourire faisait plaisir à voir !
29 avr. 2019
7,5/10
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Nicolas Devort fait partie de ces artistes atypiques qui possède aussi bien le talent d’écriture, de mettre en scène et de jouer.

Dans son seul en scène, il interprète une pléthore de personnages plus attachants les uns que les autres. D’un simple changement de position, de gestuel, de nuance dans la voix, il incarne sept autres sans que jamais on ne puisse se perdre dans l’histoire. Et pourtant, ils se croisent, se bagarrent, discutent entre eux, s’embrassent… Une incroyable prestation de précision qui montre la prouesse du comédien. Puis le récit, très bien écrit et construit permet de suivre l’évolution de Colin au départ très timide qui finit par trouver du courage. Un grand bravo pour la scène du nez reprise et corrigée avec des références au bégaiement.

Une façon élégante parmi d’autres proposées qui aborde des sujets sensibles comme le handicap, la mort d’un parent, l’homosexualité, la violence parentale, le regard des autres, la solitude… Des thèmes qui parlent beaucoup aux jeunes qui apprennent à se construire. La délicatesse de l’écriture s'affiche grâce à l’élégance par lesquels les thèmes sont abordés sans oublier l'indispensable touche d’humour. Les rires des enfants raisonnent assez souvent dans la salle.

Un spectacle drôle, émouvant et intelligent qui séduira autant les adultes que les enfants. Chacun a besoin à un moment ou à un autre de la bravoure d’un Cyrano.
7,5/10
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L’acteur dégage une humanité et une tendresse aussi vraie et touchante que sa technique est maîtrisée.
L’histoire est simple, un peu trop peut être.
À voir avec ses enfants.
15 févr. 2019
10/10
3 0
Ce spectacle est le plus beau que j'ai vu. Je le recommande en permanence,
C'est intelligent, bien écrit, interprété à merveille.
22 janv. 2019
9/10
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Nous suivons l’aventure de Colin, un ado peu sûr de lui. Suite à un drame familial, il s’est mis à bégayer et à son arrivée dans son nouveau collège on lui conseille/impose, pour son bien, de rejoindre le club théâtre.
C’est son histoire que l’on écoute mais cela pourrait être la notre, tant ce garçon vit une aventure universelle et intemporelle. C’est l’histoire des différences, des complexes, des difficulté d’intégration et du regard des autres et l’on a tous vécu à un moment ou à un autre ces moments de solitude ou de doutes dans nos relations.

Pour traverser cette épreuve, Colin est entouré d’adultes et d’enfants de son âge. On retrouve tous les types de personnalités : l’ado trop sûr de lui et provocateur, le bon copain qui cherche à aider, la jolie fille à qui il n’ose pas parler, la psy qui tombe à côté, le prof de français bienveillant qui, lui, trouve le bon ton.
Les 7 personnages de cette histoire sont tous interprétés avec virtuose par Nicolas Devort : ils sont à la fois drôles, fragiles et touchants et le comédien les rend incroyablement présents et vivants.

Dans la peau de Cyrano aborde avec sensibilité et humour toutes les grandes problématiques de l’adolescence : l’image de soi, la conquête de l’amour, les différentes inquiétudes, les petits et grands drames que l’on vit à cet âge charnière.

C’est un spectacle intelligent, drôle et émouvant. D’ailleurs le public ne s’y trompe pas et la pièce a déjà été jouée 600 fois.
Si vous n’avez pas encore eu la chance de voir cette petite merveille : courez-y.

Avec ou sans enfant (à partir de 10 ans)
Et pour varier les plaisirs : les mardis soirs la pièce sera jouée en anglais !
19 janv. 2019
9/10
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Ce spectacle serait-il sponsorisé par l'UGAP ?
Le seul accessoire élément de décor de la pièce provient en effet de l'Union des Groupements d'Achats Publics.

Une chaise.
De celles que l'on trouve dans pratiquement tous les établissements scolaires de France et probablement de Navarre.
Siège et dossier de bois clair, piètement rouge.

Nous voici en effet dans un collège.
Un nouveau collège, en tout cas pour Colin, qui vient de déménager avec sa mère, et qui se retrouve à côtoyer ses nouveaux camarades.

Il n'en mène pas large, le Colin. Tout est nouveau pour lui, certes, mais il y a autre chose.
Il est affligé d'un défaut de prononciation. Il bégaie.
Difficile dans ces conditions d'être serein un jour de rentée scolaire.

A partir de cette situation de base, Nicolas Devort a écrit un très joyeux et à la fois bien émouvant moment de théâtre, qui va commencer avec une vraie question.

Pourquoi aimons nous les histoires, pourquoi aimons-nous qu'on nous en raconte, de ces histoires-là ?
Une question qu'on pourrait d'ailleurs reformuler de la sorte : Pourquoi aimons-nous le théâtre ?

Tel un Frégoli des temps modernes, Nicolas Devort aux sourcils fournis relevés à leur extrémité, va interpréter tous les rôles de la pièce, mais en gardant, lui, toujours le même costume, sweat-shirt et pantalon noirs.

C'est ainsi qu'il sera Colin, bien entendu, mais également tous ses camarades : le rigide Maxence, qui n'aime pas les gens négligés, Adélaïde, la bimbo sympathique, Benoît l'extraverti (c'est un euphémisme...), Gaïl qu'on imagine sorti d'une barre HLM de la cité voisine, biiiiiiiiim !...

Le comédien interprétera également tous les adultes et notamment une psychologue scolaire plus vraie que nature, et surtout le prof de Français, M. Demarsot, qui anime par ailleurs le club de théâtre du bahut.
Son projet pédagogique : monter Cyrano de Bergerac pour le spectacle de fin d'année.

Et ce qui devait arriver arrivera... Je n'en dis pas plus...

Cette galerie de personnages tous hauts en couleurs va défiler devant nos yeux, tous interprétés par Nicolas Devort, mis en scène par Clotilde Daniault.
Il va, vient, virevolte, saute, arpente le plateau, tourne autour de la chaise... Quelle énergie, quel rythme !

Mais ce qui force le plus l'admiration, c'est sa phénoménale capacité à brosser chaque caractère par un petit élément : une expression du visage, des gestes, des poses corporelles, des intonations...
En une fraction de seconde il change de personnage, que nous reconnaissons instantanément, même avant qu'il ne leur donne la parole.

Dans une rythme et une pulsation effrénés, sans aucun temps mort, nous sommes en présence de moments criants de vérité, de situations probablement vécues.
Il y a de la vie, du souffle, du panache (forcément...) dans tout ceci ! Et quelle vis comica, quelle force comique !

Il y a la forme, mais il y a également le fond.
Ce spectacle est une ode à la différence, qui déclenche une réelle empathie envers le héros qui a subi une blessure irréparable.

Derrière les fou-rires, se cachent de vraies plaies que la catharsis théâtrale aide à refermer.

C'est un spectacle intelligent, d'une grande sensibilité, sous couvert d'un rire d'une grande qualité.

Alors, pourquoi aimons-nous qu'on nous raconte des histoires ?
Parce que l'histoire que nous raconte Nicolas Devort, cette histoire-là est véritablement passionnante !
12 janv. 2019
9/10
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C’est toujours difficile pour un adolescent d’intégrer un nouveau collège où il ne connaît personne et si en plus il bégaye cela devient dramatique.
C’est pourtant bien le cas de Colin dont nous allons découvrir l’histoire.
Mr Devarsot professeur de français propose et convainc Colin de venir participer à l’atelier théâtre qu’il anime. Cette année ils joueront Cyrano.
A travers cette magnifique histoire et grâce à l’intelligence et la finesse de Mr Devarsot, Colin va accepter son handicap, prendre confiance en lui et être un magnifique Cyrano.

Nicolas Devort, seul en scène interprète avec un talent extraordinaire les 7 protagonistes de cette histoire.
*Colin timide, bègue et poète à ses heures.
*Maxence beau garçon élégant, cultivé et gay.
*Gaye roulant des mécaniques et assez stupide.
*Benoit toujours content et hilare.
*Adélaïde jolie jeune fille coquette, un peu maniérée sera Roxane.
*Madame Liourne psychologue scolaire un peu raide derrière son bureau, contente d’elle-même et pourtant assez nulle.
*Monsieur Devarst formidable professeur de français-théâtre pédagogue et généreux.
Tous ces personnages prennent vie sous nos yeux, ils se croisent, conversent, se bagarrent, s’embrassent… grâce à la gestuelle, aux mimiques, aux différents tons de voix de Nicolas Devort.
Aucun artifice, aucun déguisement, seul le fabuleux talent de ce comédien. C’est époustouflant. Bravo.

Dans la vie Gaye est le petit copain de Roxane. Très vite Monsieur Devarst constate que Colin est amoureux de Roxane. Au théâtre, Colin sera Cyrano, Gaye sera Christian et Adélaïde Roxane.
La similitude entre les personnages d’Edmond Rostand et ceux de Nicolas Devort est subtile et judicieuse.

C’est vivant, touchant, amusant, subtil, poétique, tendre. Tous les personnages sont pittoresques. Chacun avec son histoire, ses affinités, ses rivalités et ses différences.
Adélaïde jeune fille un peu maniérée hésite à monter sur une chaise représentant le balcon
*sur une chaise ! C’est carrément de la cascade…
Colin va nous étonner en répondant à l’attaque de son bégaiement par une tirade dont je vous donne juste un petit extrait … pour éveiller votre curiosité.
R-réfléchi : c-c’est parque v-votre cerveau va trop vite !
V-vos mots n’arrivent pas à suivre le rythme !

Adélaïde-Roxane va-t-elle aimer notre Colin-Cyrano ?
Le stratagème de Gaye –Christian sera-t-il découvert ?

C’est magnifique. Allez vite découvrir les aventures de Colin-Cyrano.
16 oct. 2016
8/10
26 0
Beaucoup d'humour, de poésie, et une énergie communicative...

Une excellente soirée en compagnie de cet immense acteur qui passe en un clin d'oeil d'un rôle à l'autre. A voir absolument...
10 juil. 2015
7,5/10
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Seul en scène, un comédien nous raconte l'histoire d'un jeune adolescent bègue qui vit douloureusement son entrée au collège mais qui a la chance de rencontrer un ami, une psychologue et un prof amoureux de théâtre.

Rire, émotion, réalisme ou caricature, tout est fait pour nous faire vivre un très bon moment notamment grâce au rythme de la mise en scène, aux qualités de jeu d'un comédien qui endosse et sublime tous les rôles.

C'est intelligent, vif et tendre : à voir absolument !
1 janv. 2015
7,5/10
55 0
Un jeune garçon différent fait sa rentrée dans un nouveau collège.

Une belle rencontre avec son professeur va le conduire sur les planches... Il prendra alors de l'assurance et trouvera de belles amitiés... Un comédien seul en scène qui passe d'un personnage à l'autre sans aucune difficulté.

Une comédie poétique drôle et émouvante.