Critiques pour l'événement Coupes Sombres
25 mars 2018
7/10
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C’est l’art de parler du théâtre à travers le monde de la sylviculture.

Coupes Sombre retrace l’envers du décor durant le processus de création d’un spectacle. Lorsque la metteuse en scène, parée de bonnes intentions, décide de supprimer (couper…) une partie du texte pour des raisons de compréhension, de mise en scène…, nous assistons à une confrontation « houleuse » entre elle et l’auteur.

C’est un dialogue de sourd, pavé de vacheries qui s’installe entre ces deux passionnés.
Plutôt hautain et imbu de sa personne, l’auteur (joué par Serge Bagdassarian) insiste sur la nécessité de garder intacte ce texte, qui mis en scène devrait durer 5h30.
Quant à Anne Kessler (la metteuse en scène), elle se livre à une véritable bataille pour expliquer son point de vue.

Mais, aux termes de leur échange, arriveront-ils à faire des compromis sans pour autant négliger l’essence même de la pièce. La metteuse en scène comprendra-t-elle la portée de ces coupes « sombres » qui pourraient rendent incompréhensibles des pans du texte. L’auteur fera-t-il des concessions ? …

Ces échanges sont ponctués par l’intervention poétique du bûcheron via quelques poèmes de La Fontaine et Ronsard, tout en donnant des leçons de coupes (sombres, claires…)

Au-delà de cette pièce, l’auteur nous interroge aussi sur notre capacité à accepter et respecter l’autre.
25 mars 2018
7,5/10
29 0
Une metteuse en scène doit amadouer l'auteur d'une pièce afin que celui ci accepte des coupes dans une oeuvre qui dure 5H30, le cauchemar absolu !! Tels deux boxeurs sur un ring, ils vont s'affronter sur le plateau de la pièce, les reprises étant marquées par l'intervention d'un bucheron qui nous livre des explications sur les différentes coupes d'arbres en forêt.

L'auteur hautain, un brin pompeux est joué par un Serge Bagdassarian excellent qui transperce Anne Kessler de son regard d'aigle, la metteuse en scène dans la pièce, mais aussi la metteuse en scène de cette pièce 'Coupes sombres'. Mais ce petit bout de femme n'a pas sa langue dans sa poche, elle tourne autour de l'auteur, telle une combattante, cherchant la faille obstinément pour faire douter l'auteur. Les interventions du bucheron Pierre Hancisse sont rafraichissantes et permettent de marquer les différents temps du 'combat' entre les deux protagonistes principaux.

Le débat est toujours d'actualité : Peut on couper un auteur vivant ? Que faire avec ceux qui ne sont plus là ? J'ai vraiment aimer assister à cette joute verbale.
24 mars 2018
8/10
9 0
Coupes sombres de Guy Zilberstein.
Une metteuse en scène convoque l’auteur de sa pièce en création pour pouvoir l’adapter quelque peu.
*5h30 avec 19 comédiens.
Faire une petite coupe sombre s’impose…
Métaphore entre le monde sylvicole et la création théâtrale.
Une coupe sombre consiste à couper quelques arbres pour permettre à ceux qu’on laisse d’ensemencer le sol. Une coupe claire consiste à couper un grand nombre d’arbre pour laisser passer la lumière.

L’auteur arrogant, ayant une grande estime de lui-même, considère son texte parfait et non modifiable.
Serge Bagdassarian nous amuse beaucoup dans ce personnage de l’auteur hautain et assez dédaigneux.

Il va s’ensuivre une confrontation assez cocasse mais instructive sur la représentation théâtrale et son interprétation.
**Trouveront- ils un consensus ?
**L’auteur doit-il céder aux exigences de la mise en scène et des comédiens ?
**Où sont donc les limites de chacun ?
Cette dispute est entrecoupée par la venue du bucheron, Pierre Hancisse qui nous instruira sur la coupe sombre sylvicole avec poésie et légèreté.
Anne Kessler (la metteuse en scène) et Serge Bagdassarian (l’auteur) nous font percevoir l’autre côté du théâtre et de la création avec ses compromis et ses exigences.
21 mars 2018
8/10
24 0
Très bonne pièce, bien interprétée, avec un texte intéressant et intelligent.
D'ailleurs, je dirais que ce texte est presque trop riche, et pour bien le suivre du début à la fin, il faut être attentif : donc à éviter un soir où l'on est un peu crevée !

J'ai beaucoup apprécié cette représentation : mais était-ce une représentation ?
19 mars 2018
8/10
21 0
L’auteur est effondré lorsqu’elle lui présente comme seul décor, quelques bancs sur la scène. Où se trouve le bloc opératoire ? Elle répond que les scènes et les lieux seront imaginés par les lumières… mais le principal pour Anne c’est de lui demander le sacrifice suprême, difficile de demander une chose pareille à l’auteur, qui a mis 5 ans à pondre cette pièce et qui ne souffre pas qu’on puisse trancher dans son œuvre. Elle lui explique pourtant que la pièce durera quand même 5 heures et qu’il n’est pas évident de demander des rallonges à la RATP !
Trancher, couper, abattre, voilà qui devrait plaire à notre jeune bûcheron qui se précipite sur la scène, tronçonneuse en main, et nous interprétant « Contre les bûcherons de Gastine » de Ronsard !
C’est une bonne pièce, drôle, avec des répliques percutantes, un bon sujet, en effet, oses-t-on couper Molière ou Racine, alors qu’on ergote avec un auteur bien vivant ?
Mais si on coupe, on rabote, on fait du « d’après », on réactualise, on dépoussière (quel vilain mot !), mais nos chers disparus ne peuvent se défendre…
Un bémol de taille pourtant, le manque de voix d'Anne Kessler, ça a toujours été son point faible.
17 mars 2018
8,5/10
6 0
Massacre à la plume

Si je vous dis abattre, couper, élaguer, débroussailler… Oui, je vous débite l’art de la coupe sylvicole qu’un bucheron nous dresse sur scène au travers des poèmes de Ronsard et La Fontaine. Mais je vous retranscris aussi la conversion d’un auteur et d’un metteur en scène se disputant à propos d’une réplique que l’un veut garder et que l’autre veut sabrer. Qui sortira vainqueur de cette joute verbale ? La raison et l’émotion.

« - Il faut bien laisser un peu de place pour l’expression du scénographe, mais...
- Le scénographe ? Vous savez qu’il faut régler la bride assez courte avec tout ce qui est décorateurs, scénographes, dramaturges, aussi. Tous ceux qui ont tendance à avoir trop d’avis. Il faut s’en tenir au texte de l’auteur, plutôt. »

À travers les coupes sombres, à faire ou à éviter, les questions se posent de la place de l’autre et du respect du prochain. C’est instructif, pétillant, touchant, servi simplement et avec justesse.

Une pièce qui n'est pas dénuée de "charme". Un beau "bouleau" de comédiens.
9/10
10 0
Un spectacle étonnant et détonant tant il survient tout à coup dans l’univers du théâtre pour le brosser, l’interroger et au final, l’honorer. Très agréable temps de théâtre, joué avec brio, que je recommande vivement.
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