Critiques pour l'événement Contes du temps qui passe
29 mai 2019
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Connaissez-vous le charmant et bucolique village de Terra Amata ?
Sa boulangerie, son bar, son restaurant, son école (on verra par là que les services publics n'ont pas encore tous disparus à Terra Amata), son église, son cimetière, ses habitants.
Oui, bon. Un village, quoi !

Certes. Mais à Terra Amata, les habitants ne s'expriment que par la musique et le chant.
Si si, c'est comme je vous l'écris !

Nous allons donc vivre, grâce aux Maîtrisiens et aux Maîtrisiennes de l'Opéra-Comique, une année dans cette petite bourgade, à suivre la ronde des saisons et surtout la ronde d'œuvres musicales chantées et dansées que tous ces jeunes vont nous interpréter pour notre plus grand plaisir.

Sarah Koné, la Directrice musicale de la Maîtrise avait choisi un programme résolument européen. C'est de saison...
Bach, Britten, Purcell, Poulenc, Saint-Saëns, Rossi, Offenbach...

Les fidèles lecteurs de ce site le savent, je suis un vrai fan du travail de Melle Koné et de ses ouailles.
Une nouvelle fois, tous vont véritablement nous enchanter.

Par le travail fourni et la qualité musicale de ce qui nous est proposé, bien entendu, mais pas que.
Certes, ces jeunes, futurs grands chanteurs lyriques, futurs choristes dans de prestigieuses formations, tous font preuve d'une grande technique vocale et d'une grande sensibilité.

Mais de plus, il règne à chaque concert de la Maîtrise sur le plateau de la Salle Favart une joie, une envie manifeste de chanter, de danser, une ingénuité et une sorte d'espièglerie également qui ravissent le public en général et votre serviteur en particulier.

Ces gamins, plus ou moins âgés, sont à leur aise (c'est en tout cas l'impression qui ressort, même si le trac doit bien être là, quelque part...), on voit bien qu'ils s'amusent, on sent un vrai bonheur d'être sur scène, une envie de donner du plaisir, du bonheur, ainsi qu'un réel besoin de montrer ce qu'ils savent faire !

Dans une mise en scène de Emily Watson et Jos Houben, dans une scénographie qui nous montre ces saisons qui passent, accompagnés qu'ils sont par deux jeunes pianistes, ils vont nous démontrer leur déjà grand talent.
Et ce, que ce soit en grand groupe, à six ou sept, ou bien en solistes. Parfois même a cappella.

Comme à l'accoutumée, une grande et remarquable cohérence vocale règne.
Cette cohérence, cette pâte sonore servent à merveille notamment Bach et Purcell.

Les extraits de la cantate BWV4 « Christ lag in Todes Banden »du premier et la pièce « No stars shall hurt you » du second m'ont donné des frissons. C'était d'une sublime beauté.

Des pièces « profanes » permettent également de mesurer le talent des jeunes, et les qualités pédagogiques de leur patronne.

« C'est la p'tite fill' du Prince », « Nous voulons une petite sœur » de Poulenc, « Bulalow », « Cuckoo ! » de Britten, « la Sandunga », une chanson populaire mexicaine, le célèbre « Terzetto de l'orage » d'Offenbach seront de grands morceaux de bravoure de la soirée.

Ainsi qu'un remarquable numéro de claquettes, sur un medley de « Singin in the rain » ou « No no Nanette ».

Difficulté supplémentaire : les metteurs en scène font en sorte que les jeunes chanteurs ne restent jamais immobiles et interprètent non pas seulement en chantant ces œuvres. Une formation de comédien est ainsi également dispensée.

Au cours du concert, une vraie question sera posée : est-ce que le fait de vivre en musique rend les gens plus heureux ?

La réponse donnée par tous les Maîtrisiens et Maîtrisiennes est évidente et se passe de tout commentaire.

Cette heure de musique, de chant lyrique et de danse, qui passe beaucoup trop vite, est une nouvelle fois un pur moment de grâce !