Critiques pour l'événement Columbo
22 févr. 2017
7/10
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Saviez-vous qu’avant d’être la série TV à succès que l’on connaît COLUMBO était une pièce de théâtre ? Moi, non. Aussi l’annonce d’un retour aux sources avec Martin LAMOTTE dans le rôle titre et Didier CARON à la mise en scène suscitait-elle ma curiosité. D’autant que c’est le tout premier épisode de la série (enfin du “feuilleton” pour revendre le terme de l’époque) du célèbre inspecteur lieutenant, Meurtre sous prescription, qui est adaptée sur la scène du Théâtre Michel. La rendu final n’est clairement pas dénué d’intérêt et m’a donné l’impression de regarder un épisode de la série, ce qui est en soit le signe d’un pari réussi mais également celui d’une expérience théâtrale qui est peut-être (légèrement) passée à côté de son sujet.

NOSTALGIE QUAND TU NOUS TIENS
On connaît tous la particularité d’un épisode de Columbo : dévoiler dans les toutes premières minutes l’identité du meurtrier et assister au détricotage de son plan machiavélique par un Columbo perspicace qui ne laisse passer, vous vous en doutez, aucun des petits détails qui le chiffonne. Cet épisode ne déroge pas à la règle et c’est ainsi que la pièce s’ouvre sur le générique de la série (on est plongé tout de suite dans l’ambiance !) et sur Ray Flemming (Pierre AZEMA), psychiatre de son état, en train d’assassiner sa future victime. Effets sonores et atmosphère à la Columbo garantis. Un petit côté nostalgie qui est, avouons-le, fort plaisant !

Mais comme tout bon épisode de Columbo qui se respecte l’histoire, bien qu’intrigante et construite efficacement (elle est d’ailleurs signée William Link, auteur de plusieurs épisodes de la série) manque de rythme (Columbo n’ayant jamais été réputé pour ses scènes d’action). Un manque accentué par la mise en scène et les nombreux (et longs !) changements de décor qui viennent ralentir l’action et font inévitablement retomber l’attention du spectateur. A la décharge du metteur en scène Didier CARON (dont j’avais apprécié le travail sur COIFFURE & CONFIDENCES) je conçois que ce n’est pas évident de tenter d’insuffler un tempo plus soutenu sans dénaturer le rythme volontairement indolent de la série. Ainsi, si on suit avec plaisir la découverte par Columbo des petits indices improbables trahissant le meurtrier, il n’en reste pas moins que le suspense n’est au final pas moins soutenu que prévu.

LAMOTTE ÉVITE LA CARICATURE
Pour donner vie au personnage la production a donc fait appel à Martin LAMOTTE. Un choix qui n’est pas forcément une évidence, le bonhomme étant habituellement plus enclin à la comédie. J’avais donc quelques appréhensions quant à son interprétation : pour que la pièce fonctionne il ne fallait surtout pas qu’il nous propose une pâle copie du Columbo d’origine. Fort heureusement ce ne fut pas le cas : LAMOTTE apporte à son personnage juste ce qu’il faut pour en faire un Columbo crédible (tics de langages, allure et accessoires aidant) sans pour autant tomber dans une caricature grotesque de Peter FALK. Pierre AZEMA, reconnaissable à sa voix et son phrasé singulier, campe un vilain de série impeccable. L’homme démontre une nouvelle fois qu’il peut s’approprier n’importe quel type de personnage. Face à ce duo les deux autres comédiens sont plus en retrait, et semblent plus détachés. Enfin, je regrette l’absence du non-moins célèbre compagnon d’enquête de Columbo, Le Chien, qui, s’il est mentionné au même titre que sa femme, n’apparaît pas sur scène à ses côtés (pas évident de diriger un canidé !).

Je vous invite donc à découvrir cette adaptation de Columbo avant d’attaquer les rediffusions de TMC qui font, je crois comprendre, d’excellentes audiences actuellement. Si le suspense n’est pas à couper au couteau (parions d’ailleurs que les Experts {insérer ici la ville de votre choix} auraient découvert la supercherie avant la première pub!) on passe quand même une agréable soirée. Saluons enfin le Théâtre Michel pour sa programmation alternative qui change des éternelles grosses comédies sans saveur.
13 févr. 2017
7/10
18 0
Retour aux sources pour le célèbre lieutenant ... et à ma jeunesse pour moi. Columbo sur scène, la soirée s'annonçait belle (j'avoue je suis fan de l'homme à l'imperméable et à la 403 pétaradante).

Mais installé dans mon fauteuil, une inquiétude me gagne subitement : et si Martin Lamotte nous servait une simple copie de Peter Falk ?
Et bien, que nenni ! Ce serait sous-estimer Martin Lamotte. Il campe un bon Columbo, dont on reconnaît toutes les petites manies et on se délecte des phrases cultes. Bien joué et sans caricature ! D'ailleurs, au niveau des comédiens, pas de fausse note ... ils sont bons.

Et l'intrigue me direz-vous ? Ce n'est pas un secret (ou sinon désolé), le principe même de Columbo est de connaître le meurtrier dès le début. Le concept est respecté dans cette version théâtrale et du coup, l'intérêt est de voir comment le lieutenant arrivera à confondre ce méchant personnage. Dès lors, j'ai trouvé que l'histoire s'enchaînait plutôt bien. Un bémol cependant, les changements de décors imposent trop de noirs et deviennent à la longue lassants.

Par contre mention spéciale au décor très ... vintage et qui sied bien à la pièce.

Au final, un très bon moment de théâtre !

Mais tout de même il y a un p'tit détail qui m'chiffonne ... l'espace très limité pour les jambes une fois assis dans le fauteuil. Mais bon, ça, la pièce n'y est pour rien :-)
11 oct. 2016
7,5/10
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Je redoutais une caricature de la part de Martin Lamotte en Columbo et j'ai été agréablement surprise quand au personnage vu sur scène, la dégaine, le cigare mâchouillé et les phrases cultes ("je vous ai parlé de ma femme ?" "il y a un petit détail qui me chiffonne",...) sont au rendez vous.

Alors oui, il faut avoir grandi avec Columbo pour apprécier la pièce car c'est un rendez vous nostalgie cette heure et demie en sa compagnie. Il démêle avec opiniâtreté (et avec son sens du détail habituel qui irrite au plus haut point les coupables) le plan machiavélique d'un psychiatre brillant, incarné par le gentleman Pierre Azéma dont l'égo trébuchera sur Columbo.

La pièce est un peu longue, les changements de décors ralentissent le rythme et c'est dommageable car on perd un peu le charme de cette pièce à suspens.

L'ambiance de la série télé des années 70/80 est parfaitement reconstituée et pour les habitués des séries modernes, je conçois que cela fasse vieillot mais c'est ce qui fait le charme pour moi de la pièce : une reprise fidèle.
28 sept. 2016
5,5/10
59 0
Columbo est une pièce qui ne m'était pas destinée. Elle s'adresse plutôt à un public plus âgé qui connait la série et ses ficelles.

L'histoire reste classique : un homme tue sa femme et Columbo le démasque. Pour une enquête policière il est frustrant de connaitre le meurtrier au début de la pièce mais on se prend au jeu des questionnements du lieutenant.

Gros bémol, biberonnés par les Experts, NCIS et autres séries US, on est un peu amusés par le raisonnement vieillot et l'amateurisme du criminel. De plus, la pièce est horriblement lente et les comédiens accentuent le tout.
La mise en scène n'aide pas avec des changements de décors de plus de 30 secondes.

Tout ça manque vraiment de dynamisme et de modernité.