Critiques pour l'événement Au Bois
13 mai 2018
7/10
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Avant toute chose, je voudrais écrire ici toute mon admiration pour Emilie Incerti Formentini que j’avais vue deux fois dans « Rendez-vous gare de l’Est » de Guillaume Vincent. Parfois on prend son ticket pour un auteur ou un metteur en scène. J’ai pris le mien grâce au nom d’Emilie Incerti Formentini. Et un peu grâce à celui d’Emmanuelle Lafon. Ces deux comédiennes osent tout et assument. La première joue le rôle de la mère « bigger than life » de celle qu’on pourrait appeler « Le petit chaperon rouge » qui, elle, est interprétée par la prometteuse ancienne élève de l’ERACM (et vue dans Mercy d’après Toni Morrison) Sephora Pondi, la deuxième se la joue bruiteuse officielle de Prédator et interprète le bois him.her.self.

« Au Bois » est une pièce qui ose chanter comme dans les Disney, désorienter le spectateur (je n’ai pas su quoi penser à la sortie du spectacle, passant allègrement de la fascination à la déception). Je ne fus pas convaincu par la vidéo, même si je me rappelai que « La nuit du chasseur » de Charles Laughton, dont on voit des extraits, était un sacré chef d’oeuvre, à voir sur grand écran. On peut y voir également « la rumeur publique » : des acteurs filmés façon grand guignol. Mon intérêt s’étiole.

Le bois n’est pas un bois. Benoît Bradel sait y faire, question atmosphère. Clédat & Petitpierre à la scénographie et à la costumerie n’y sont pas pour rien. Le temps s’étire : la fin n’est pas la fin. Les personnages féminins ne se laissent pas faire et cela ne nous laisse finalement pas indifférent.