Critiques pour l'événement Art, de Yasmina Reza
4 juin 2018
8/10
147 0
Depuis le temps que j’avais envie de voir cette pièce mais les tarifs m’ont longtemps rebuté. Avec le Molière de Jean Pierre Darroussin, je n’ai plus voulu attendre et j’y suis allée.

Un vrai bonheur cette pièce et Jean Pierre Darroussin mérite amplement son Molière vu la qualité de son jeu.
J’ai moins apprécié celui de Charles Berling qui pour moi surjoue un peu trop.

Je n'ai pas osé y retourner, j'avais vu la pièce à la création (oui je sais ça fait un peu mamie...)

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Mardi 5 juin 2018
31 mai 2018
9/10
174 0
Trois comédiens au sommet de leur Art !

Marc, Serge et Yvan, 1h30 de joute verbale et 30 ans d'amitié qui volent en éclats.

Le trio que forment ces trois là est savoureux, les vacheries qu'ils se balancent sont délectables ...
C'est un vrai combat de coqs qui s'affrontent à coup de mots dévastateurs ! Chacun d'eux joue sa partition de manière très juste.
24 ans après sa création, le texte de Réza n'a pas pris une ride, la mise en scène et le décor blanc monochrome non plus.
On ne change pas une équipe qui gagne ...

Si Darroussin, en loser souffre douleur a bien mérité son Molière, Berling et Fromager sont également à la hauteur de la célèbre récompense !
30 mai 2018
8,5/10
151 0
Il ne me semble pas que le ressort comique m'ait frappée dans la première mise en scène. Mais le jeu des acteurs qui ne prennent pas le texte au sérieux- il ne le mérite pas forcément- lui donne de la légèreté.

Les acteurs sont excellents.
20 mai 2018
9/10
193 0
Contemplatif pour amateurs éclairés !

Quand l’art abstrait interroge l’absurde et l’angoisse de la toile blanche.
Entre arnaque et escroquerie des galeries de peinture ou naissance du génie artistique ?
Un parcours initiatique et une confrontation d’idée. Au final, le dur apprentissage de la tolérance et du respect de l’autre.

Une belle leçon de vie et d’amitié.
15 avr. 2018
6/10
221 0
J'ai été convaincue par l'interprétation de Jean-Pierre Darroussin qui est excellent.
Par contre pas du tout par Charles Berling et Alain Fromager dont le jeu m'a profondément ennuyé. Dommage car le texte présente de l'intérêt d'ailleurs je ne suis pas sûre que le public l'ait bien compris prenant des situations dramatiques pour des situations comiques... mais cette confusion s'explique je pense par le jeu des comédiens !
6 avr. 2018
7,5/10
139 0
Un classique avec un superbe texte mis en bouche par des très bons comédiens, une mise en scène par Patrice Kerbrat. Celui là même qui a créé la pièce avec le trio Arditi, Vaneck, Luchini en 1994.
Un plaisir sans retenues, placé au 3eme rang, le jeu décortiqué des acteurs fait que cette soirée a été une merveille.
Courez vite !
17 mars 2018
4/10
139 0
Texte superficiel. On ne comprend pas l’enjeu des personnages. L’intrigue est comprise dès le début et sans évolution. On assiste à un pugilat sans analyse. Quel intérêt de voir des amis dans un conflit où ils sont prêts à se battre pour pas grand chose car on n’a pas d’explication sinon l’intolérance d’un d’entre eux.
Les acteurs sont néanmoins bons. Mais le public qui ricane à chaque réplique fait penser à une mauvaise pièce de boulevard.
14 mars 2018
7,5/10
136 0
On y retrouve l'intelligence et la richesse des mots et des situations de Reza, une mise en scène qui joue parfaitement sur la simplicité en miroir du sujet central de la pièce : le tableau blanc.
Tout est blanc, froid, pur alors que les 3 comédiens sont en noirs, les êtres doués d'émotion et de rage.

Impossible de ne pas faire le parallèle avec la version Vaneck/Luchini/Arditi. Où la subtilité, la nuance et le jeu était juste admirable.
Les comédiens dans cette nouvelle version sont bien sûr des comédiens hors pair. Ils se baladent.
Mais on a quand même eu une déception dans le jeu ou la direction d'acteur.
Darroussin qui fait du Darroussin, parfait dans son rôle de gentil débonnaire. Fromager, que je ne connaissais pas, a le physique de l'emploi, grand maigre, distant, froid. Déception avec Berling qui surjoue et appuie trop. Mais ils se baladent tellement qu'on sent une distance par rapport à la situation. Les 3 comédiens de la première version étaient habités, transcendés. Ils auraient pu tuer. Là on sent bien qu'à la fin ils vont se réconcilier.
Je ne sais pas trop comment expliquer cette sensation. Comme si les 3 comédiens étant tellement bons qu'ils ont considérés qu'ils n'avaient pas besoin d'une direction d'artiste, qu'ils se suffisaient à eux même. Et ben non, même eux ont besoin d'être guidés.
Ils ont une diction particulièrement appuyée, un peu ampoulée, qui enlève le naturel, la fougue des personnages. On a parfois l'impression d'un exercice de diction. Qu'ils ne remplissent pas parfaitement car ils ont tous eu leur moment de bafouille.
Par moment ils jouent un peu trop avec le public ce qui enlève de la profondeur au jeu.

Une excellente pièce, un texte formidable, une bonne mise en scène classique mais efficace, de très bons comédiens... mais quand on a vu la première version on se dit qu'il y a encore un niveau en plus....
9 mars 2018
7,5/10
86 0
Un texte à découvrir qui m'a fait penser au" Prénom" : tout est remis en question sur le prétexte de l'achat d'un tableau blanc.

Les masques tombent et on peut reconnaître des traits de caractères bien connus chez chaque personnage. Darroussin joue particulièrement bien son rôle, la pièce révèle les névroses modernes !

J'aurais peut-être aimé un petit brin de folie supplémentaire dans la mise en scène.
5 mars 2018
8/10
33 0
Très bonne pièce ; on en sort transporté et enchanté... Par le jeu des comédiens qui sont excellents !
Le texte est aérien, fin, féminin à souhait avec tout le réalisme nécessaire à un sujet qui peut paraître évident et attendu.
Une mise en scène réussie où chaque détail va compter.
Une ambiance feutrée toute en transparence, la fameuse toile si banale puisse-t-elle être, va finalement nous transporter dans un univers de douceur où le blanc est vraiment une couleur.
Une pièce originale, bien écrite, très bien jouée...
Darroussin est parfait dans ce rôle qui lui colle à la peau. Un mariage réussi.
Berling et Fromager sont très bons également.
Le talent n'attend pas, courez-y !
4 mars 2018
7/10
44 0
Acteurs et texte impeccables mais est-ce indispensable d'en faire des tonnes à ce point ? Certes le texte permet un déclamation importante mais on a souvent l'impression que les acteurs s'adressent d'avantage au public qu'à leur interlocuteur.
Donc un petit effet "surjoué" global mais un Jean-Pierre Darroussin au top.
Très bon moment, allez-y il faut connaitre ce texte.
28 févr. 2018
9/10
65 0
Vingt-cinq ans après sa création à la Comédie des Champs Élysées, Art revient cette fois-ci au théâtre Antoine avec à nouveau Patrice Kerbrat aux commandes. La mise est scène est la même, mais aujourd’hui Marc Serge et Yvan sont interprétés par Charles Berling, Alain Fromager et Jean-Pierre Daroussin. Serge vient d’acquérir le tableau d’un artiste contemporain, un tableau entièrement blanc dont on distingue seulement quelques liserés tout aussi blancs. Son ami de longue date, Marc, ne peut concevoir que Serge ait pu payer un prix aussi exorbitant pour une « merde blanche ».

Si en 2018 le tableau qu’a acheté Serge ne vaut plus 200 000 francs mais 30 000 euros, il divise toujours autant ces trois hommes : une toile blanche de 1m60 sur 1m20 va fissurer une amitié vieille de plus de 20 ans. Entre l’amateur d’art contemporain, l’ingénieur ultra rationnel et terre à terre et le troisième homme qui refuse de trancher, le dialogue s’enlise et prend des allures de combat autour de l’art contemporain, de sa vacuité ou de sa nécessité, selon que l’un ou l’autre s’exprime. Mais au-delà de la simple question de l’art, Yasmina Reza dessine un autre tableau, celui d’une amitié qui s’effrite, d’une incompréhension qui peu à peu va faire exploser tout ce qui reliait ces hommes depuis des années. Ce qui est à voir n’est pas accroché sur un mur, c’est ce qui petit à petit remonte à la surface, affleure au fil des répliques acérées de Yasmina Reza. Ce qui est à voir c’est la peur du temps qui passe chez ces hommes, la peur de perdre des amis qui sont autant de repères et d’ancrages dans leurs vies. L’acquisition de ce tableau n’est que le détonateur d’un malaise qui menaçait de sourdre et vient comme une déflagration balayer l’ordre immuable auquel ils se raccrochent, Marc en particulier.

Ce trio qui se fissure est interprété avec finesse par le cru 2018 : Charles Berling campe un Marc à la fois terrien à la fois sanguin et sensible, Alain Fromager est un Serge esthète pas aussi snob qu’il le parait tandis que Jean-Pierre Daroussin donne beaucoup de mélancolie et de distance à Yvan. Les trois se complètent et donnent aux personnages l’épaisseur qui fait le suc de la pièce et ne la cantonne pas à une simple raillerie sur l’art contemporain. Une profondeur mise en exergue aussi par le strict minimalisme des décors, blancs, et du dépouillement recherché de la mise en scène : un écrin blanc qui révèle un tout autre sens qui apparait lorsque l’on regarde et écoute attentivement, comme un liseré blanc que l’on ne distinguait pas et qui vient tisser une autre histoire.
28 févr. 2018
9/10
24 0
Un petit bijoux !
Un texte percutant sur la question de l'art et très drôle !
Jean-Pierre Darroussin était vraiment exceptionnel !
26 févr. 2018
9,5/10
134 0
Art de Yasmina Reza, mise en scène par Patrice Kerbrat, avec Charles Berling, Jean-Pierre Darroussin et Alain Fromager.
Quel grand moment de théâtre.
Cette pièce de Yasmina Reza a failli ne jamais voir le jour. Issue d’une histoire vraie, elle fut abandonnée par son auteure puis dans un élan de regrets reprise et éditée au grand bonheur de nous tous.
Marc, Serge et Yvan sont amis depuis de nombreuses années.
Serge bien installé dans la vie, fréquente le monde de l’art contemporain. Marc est attaché à des valeurs plus traditionnelles, son existence repose sur des valeurs.
Yvan fuit les conflits, il tolère facilement les idées des autres, étant peu satisfait de sa propre existence.
À la suite de l’acquisition par Serge d’un tableau blanc d’une valeur de 30 mille euros, il va s’ensuivre une confrontation entre les trois compères.
Comment réagir devant l’achat onéreux d’une œuvre d’art qui vous semble incongru. Mais cette comédie dépasse de loin la polémique sur l’art contemporain.
Une amitié passionnée et exclusive lie ces 3 compères. Marc reproche à Serge de vouer plus d’admirations à son tableau qu’à lui-même. Yvan essaie tant bien que mal d’étouffer ce conflit, sans ses amis, sa vie devient terne et grise.
Que pensent-ils réellement des uns des autres. Les vérités et les non-dits vont surgir. Se connaît on si bien après tant d’années ?
Blanc ou pas, ce tableau donne réflexion à chacun. L’art ne laisse pas neutre. Les émotions sont là.


C’est une comédie, nous rions beaucoup. Mais une comédie profonde qui nous questionne sur les relations humaines mais aussi sur la création. C’est du grand ART tant dans l’écriture que dans l’interprétation. On ressent une complicité et une grande connivence entre les trois comédiens. Les regards échangés, les silences, les gestes, tous semblent naturels et évidents.

Jean-Pierre Darroussin (Yvan), époustouflant dans la tirade où il explique à ses deux amis Marc et Serge le pourquoi de son retard. On retrouve avec grand plaisir « Jean-Pierre Darroussin » populaire et attachant que l’on suit dans la filmographie de Robert Guédiguian.
Alain Fromager (Serge) nous campe avec brio un homme un peu snob, ayant une certaine estime de lui-même mais nous en percevons les faiblesses qui nous le rendent sympathique.
Charles Berling (Marc) interprète avec beaucoup de prestance cet homme assez rationnel et manquant de souplesse. Mais aussi très émotif ce qui le rend parfois un peu tyrannique.
J’avais eu grand plaisir de voir Alain Fromager dans « La fuite » au TGP et Charles Berlin dans « La solitude des champs de coton » au TQI. J’étais ravie de retrouver ces deux grands talents théâtraux.
La mise en scène est épurée comme « la toile blanche », murs blancs, canapé blanc, sol blanc. Dans ce décor vont évoluer nos personnages vêtus de couleurs sombres. Les jeux de lumière nous transportent dans les pensées secrètes des uns et des autres. C’est beau, esthétique, intimiste et assez émouvant.
Créée en 1994, par Dominique Darzacq avec Fabrice Luchini, Pierre Vaneck, Pierre Arditi, elle fut tout d’abord rejetée par l’intelligentsia parisienne comme étant une pièce rétrograde par rapport à l’art contemporain. Elle eu tout de même 2 Molières et fut traduite en plusieurs langues.
23 févr. 2018
9/10
120 0
Ce texte a fait beaucoup parler, récompensé plusieurs fois. Cela me semble justifié.
Pourquoi acquérir une oeuvre d'art ? Bonne affaire financière et valorisation sociale dit la pièce. Mais est-ce là où tout se joue ? Mélanger un peu de statut social dans une échelle du goût qui serait à la fois une référence (pour l'acquéreur) et une côte pour "l'artiste". Qu'est ce qu'un artiste ? Un parcours semble répondre la pièce plus qu'un tableau.

Autour de ça voilà que les lignes bougent entre trois amis de 30 ans. On croit comprendre la sympathie qui superficiellement anime mais puisqu'il faut définir un goût et donc un statut voici que la bienveillance superficielle se transforme en une sorte de déchirement critique dans lequel l'amour devient l'outil d'un jugement forcément bancal aux milieu des identités intérieures de chacun.
Et c'est donc ce fameux tableau blanc (pas tout à fait) qui nourrit la discorde. On joue sur la notion de valeur (le prix, la qualité esthétique, la démarche idéatoire, la réputation) sur la notion de goût et de modernité. Devant un objet si radical il faut forcément aller vers la radicalité, choisir son camp et c'est cette transaction qui traverse la pièce à travers ce tableau pas vraiment blanc.
L'esprit humain se débat sans arrêt, il transige sans arrêt et les concepts ne sont jamais clairs. S'interroger sur les gouts de l'autre c'est surtout aller dans son intimité la plus inexplicable, c'est tenter parfois d'en forcer la dynamique et y chercher le mécanisme de l'influence et donc faire bouger l'égalité des rapports, l'amitié qui est une stabilité devient alors instable, son irrationalité devient sa vulnérabilité devant l'égo qui transperce par son unilatéralité combattante.

Une histoire de goût qui va vers une histoire de dégout rattrapée par une simple histoire de stylo qui dénoue à merveille la querelle. C'est peut être en lâchant prise dans cette histoire blanche, en renonçant à faire victoire dans un raisonnement des Lumières mêlé à un brin de psychanalyse en plongeant dans le tableau dans un esprit à nouveau iconoclaste. Finalement un clin d'oeil à une forme d'humour retrouvé, de poésie ludique qui saurait, tombant le masque d'un diktat, relancer la liberté d'un esprit de nouveau amical.

Mise en scène discrètement efficace (décor blanc et personnage en noir), glissement de tableaux pour chaque habitus des personnages.
Acteurs délicieux.
19 févr. 2018
5,5/10
119 0
Quelques déceptions devant la pièce ART, qui vieillit mal, tout comme le 2ème balcon du théâtre Antoine !

En bref, Serge a acquis un tableau, un monochrome blanc sur fond blanc, avec de fins liserets blancs. Ses deux amis d'enfance ne comprennent pas son choix, et en arrivent à remettre en cause leur amitié pour ce tableau.

Les dialogues sur l'art contemporain, sur-évalué aujourd'hui, sont intéressants : Serge soutient que ses amis ne comprennent pas son amour pour le monochrome car ils n'ont pas reçu une éducation artistique suffisante, car ils ne voient pas ce qui se cache dans le tableau. Ses amis rétorquent que le collectionneur cherche uniquement à impressionner les autres, à s'imposer en sachant, qu'il s'agit en fait d'un usurpateur.

Malheureusement, j'ai trouvé que la remise en cause de leur amitié est fausse, que leur prise de tête sonne également faux. Les dialogues ne sont pas très authentiques. Il manque de justesse dans les relations entre les personnages.

J'ai également été un peu déçue par les décors, qui sont très simples. L'appartement très épuré de Serge n'est pas très chaleureux. Serge est pourtant un passionné d'art, il devrait vivre dans un appartement raffiné.

Attention, le théâtre Antoine se permet de vendre des places en visibilité réduite pour les jeunes, (20 € tout de même), au 2ème balcon. C'est honteux. Je n'ai pu apercevoir que la calvitie de Jean-Pierre Darroussin pendant tout le spectacle. Ces places drainent des jeunes qui voient mal, entendent mal les comédiens, et du coup parlent et s'agitent pendant toute la pièce. Impossibilité de se concentrer sur le spectacle. Pourquoi ne pas condamner les étages les plus hauts de ces vieux théâtres ?

Le fait d'être aussi mal placée a évidemment joué sur mon appréciation de la pièce. Quel dommage !
17 févr. 2018
8,5/10
125 0
Le texte de cette immense comédie n'a pas pris une ride, toujours aussi savoureux et piquant. Évidemment si on a vu une des premières distribution il faut oublier ce qui est resté gravé dans nos souvenirs et laisser la place à cette nouvelle équipe. Peut-être un peu difficile au début, mais cette pièce est un classique, et comme tous les classiques, elle gagne à la fin.

Il faut voir Art" comme un monument agréable à redécouvrir!