Critiques pour l'événement Adieu M. Haffmann
20 févr. 2019
9,5/10
9 0
Un spectacle absolument remarquable, du très grand théâtre, comme on en voit finalement assez rarement.

La construction et le séquençage sont très brillants, servis par un texte d'une grande qualité, qui multiplie les rebondissements et nous laisse un peu groggy au tombé du rideau. Pour ne rien gâcher, une très jolie musique, un peu entêtante, des répliques qui font rire, des acteurs brillants, on est emporté.
Merci M Daguerre.
Du 9 ou du 10 sur 10.
31 janv. 2019
5/10
9 0
Très déçu par cette pièce, dont j'attendais beaucoup au vu des critiques et nombreuses récompenses.

L'histoire n'est ni originale (l'employé stérile demande à son patron faire un enfant à sa femme), ni particulièrement bien traitée (des lourdeurs d'écriture et de jeu). Si le contexte historique est bien amené par une mise en scène et une bande audio, on a un peu l'impression qu'il ne s'agit que d'un vernis dramatique pour donner de la profondeur au propos ... sans succès.
Je n'ai pas du tout accroché ni à l'intrigue, ni au jeu, et du coup difficile d'y croire et de se faire happer par l'illusion théâtrale.
Certains dispositifs d'écriture ou de jeu sont quasi risibles ("moi je ne pense qu'aux claquettes ! ", "comme dirait la belle mère", un "heil hitler" incongru pendant le diner) et m'ont fait me demander si on rentrait dans le registre parodique. Un peu l'impression que JP Daguerre n'a pas su choisir entre la comédie et le drame (et que les acteurs ne savent eux même pas trop quel registre jouer), et que le résultat est un hybride peu convaincant ...
Côté jeu, un peu déçu également. J'ai trouvé ça assez inégal entre certaines scènes ou l'on ne croit absolument pas et d'autres qui s'enchainent bien (comme celle du diner où les interactions sont naturelles et passent bien).
Dommage car la mise en scène est plutôt intéressante (le principe des saynètes m'a bien plu).

Bref, j'ai pas accroché et je me suis ennuyé ...
27 janv. 2019
8,5/10
13 0
J'y suis allée suite à l'engouement d' "Au balcon" qui la plaçait dans "les pièces géniales" et je n'ai pas été déçue !

L'entremêlement de deux intrigues, l'une historique et sérieuse, l'autre domestique et saugrenue, pourrait surprendre sur le papier, et pourtant cela s'articule très bien. Ainsi ce n'est pas une énième pièce de théâtre sur l'occupation qui pourrait avoir une saveur de déjà vue, mais une histoire d'Hommes avec leurs émotions, leurs contradictions et leur complexité, dans un contexte historique qui n'est pas simple.

Un bon moment au théâtre, une pièce intelligente qui parvient à nous faire sourire malgré la gravité du contexte.
17 janv. 2019
8/10
24 0
Merci au site AuBalcon pour la suggestion. J'étais sorti tellement déçu de ma dernière soirée théâtre qu'il fallait que je me rattrape.

Si le thème n'est pas joyeux, la pièce trouve un angle original pour parler de l'occupation allemande à Paris et du sort de la communauté juive. Le huis clos s'ouvre intelligemment vers l'extérieur via des références historiques (mention de la Rafle du Veld'hiv notamment) et également grâce la mise en scène. L'alternance salon/cave/extérieur fonctionne très bien. La trouvaille scénaristique du besoin d'enfanter pour le couple stérile insuffle une dynamique cocasse et un léger décalage vers le vaudeville inattendu.

Le final est également très réussi, l'évolution psychologique des personnages subtile et compréhensible. Un bémol sur le lieu : les places du fond (orchestre, de face) du théâtre Rive Gauche nous éloignent un peu trop des émotions pourtant palpables du devant de la scène. Au final une pièce effectivement très réussie.
10 déc. 2018
9/10
68 0
Excellente pièce !
De l'émotion, de l'humour, tout est bien vu avec finesse... Dans un décor simple...
Du suspense aussi.
Bravo !
Ce théâtre offre la plupart du temps d'excellentes pièces par ailleurs.
24 nov. 2018
10/10
66 0
Du très beau théâtre, servi par de très bons comédiens.

Malgré un sujet assez lourd, on rit, mais surtout, le rythme s’accélère au fil de la pièce, la tension monte, l'émotion aussi, on y parle d’amour, de peur et de courage.

Allez y.
20 nov. 2018
9/10
56 0
J'ai longtemps résisté à cette pièce, rebutée par le pitch (guerre, étoile jaune...)
J'ai fini par céder et je ne le regrette pas.
Beaucoup d'émotion et de dignité, les acteurs jouent très bien et finalement le thème de la guerre et de l'étoile jaune servent de support à une question importante : et nous, comment nous serions nous conduits dans de telle circonstances ?
Je recommande fortement.
17 nov. 2018
9,5/10
64 0
J'ai beaucoup apprécié cette pièce.

Le sujet peut paraître peu original au début, mais les deux intrigues s'entremêlent à merveille. Il y a un un vrai suspense.

Belle mise en scène, belle musique, beaux textes et très belle interprétation.

Je recommande!
11 nov. 2018
9/10
37 0
En apparence une pièce qui aurait pu être jouée d'avance mais qui se révèle d'une très grande finesse.

Les caractères des personnages sont très bien brossés et reflètent à merveille les conséquences et les choix induits par cette période sombre.

J'ai vraiment passé un bon moment de théâtre !
29 oct. 2018
3/10
58 0
Adieu M. Haffmann, je n’irai pas vous revoir !
Terriblement ennuyeux. Du vieux théâtre, pas moderne, sans rythme, interprétation terne. Tout y est prévisible. Le dîner final est un pensum, alors qu’il est supposé être le morceau de bravoure. Et que dire de l’épilogue qui informe sur le sort de Otto Abenz et des tableaux mais pas sur celui de H ni de sa famille ?

Je me sens très seule dans mon irritation. La salle était comble et ravie, comme ici les autres critiques.
22 oct. 2018
7/10
57 0
Je vais détonner car contrairement à à peu près tout le monde, la mise en scène par mini séquences m'a gênée.
A force d'interrompre le fil par ces noirs complets j'avais tendance à ne plus réussir à entrer dedans car en attente de la prochaine coupure... En gros au lieu de suivre l'histoire je me demandais à chaque fois si c'était là que le noir allait s'abattre... Ça a vraiment haché mon attention.
Mis à part ce souci de mise en scène, sur l'histoire, les comédiens, les décors et astuces d'optimisation d'espace et lieu j'ai trouvé que les éléments étaient parfaits.
15 oct. 2018
8,5/10
61 0
C'est une histoire qui s’inscrit dans l’histoire avec un grand H.

Une tranche de vie comme les temps de l’occupation allemande ont dû en rencontrer beaucoup. Un récit avec son lot de secrets, de doutes et d’âmes torturées.

Jean-Philippe Daguerre, qui nous a souvent charmé par ses mises en scène précises et dynamiques, nous livre aujourd’hui un texte généreux et sobre. On assiste dans un dosage parfait d’humour et de profondeur à une de ces sales petites histoires où se côtoient les lâches et les héros du quotidien. Cette œuvre sensible met en avant la noirceur de l’âme humaine mais aussi sa fragilité devant les choix que les hommes sont parfois obligés de faire.

Les comédiens si parfaitement dans leur rôle nous entraînent dans ce ce triangle pernicieux dont il ne semble pas avoir la maîtrise. La mise en espace éclaire et accompagne parfaitement le récit.
15 oct. 2018
8/10
60 0
Une pièce qui trouve son rythme progressivement au cours du spectacle, pour atteindre son apogée à la fin.

Un très bon moment.
26 août 2018
10/10
122 0
Une pièce à voir absolument !

Tout était impeccable : les comédiens, la musique, les décors, la lumière ! Si le point de départ m'a semblé quelque peu alambiqué (un bijoutier juif qui confie son commerce à son employé et se cache dans sa propre cave contre fécondation de la femme de son employé, rappelons-le), l'intrigue et les dialogues sont tout à fait crédibles et gagnent en profondeur la pièce avançant. Pour aboutir dans une scène finale de repas absolument bluffante !

On est captivé du début à la fin et à mesure que l'on approche du dénouement, les choix moraux des personnages vont devenir de plus en plus difficiles. Bref, un très bon moment.
28 juil. 2018
9/10
121 0
J'ai eu beaucoup de plaisir à voir cette pièce - intelligence du texte, de la mise en scène et du jeu des acteurs, émotion, humour...

A voir !
13 juil. 2018
8,5/10
130 0
La remise de Molières a, je pense, dit le principal. Donc place à mon point de vue de spectateur plus que de critique, j'ai été traversé de multiples émotions durant cette pièce : l'espoir, la peur pour les personnages, et parfois aussi la peur des dérapages des personnages, l'horreur de la jalousie montante parmi les signataires du contrat, contrat qui en lui même apporte le malaise.

Les acteurs habitent leur rôle respectifs.

J'ai passé un excellent moment.
25 juin 2018
5/10
167 0
J'attendais tellement de cette pièce plusieurs fois primée par les Molières 2018 !
C'est une belle déception.

Histoire rocambolesque et rebattue (un homme demande à un autre de faire un enfant à sa femme), placée dans un contexte historique terrible pour donner de la profondeur au propos...
On n'y croit pas du tout.

Les comédiens sont passables (Monsieur Haffmann est mono-expression et la meilleure actrice de l'année est........... effectivement très jolie). Seule ma très chère Salomé Villiers relève le niveau (au bout d'une heure 30 de spectacle, malheureusement).

Je me suis ennuyée.

Et puis franchement, j'ai vu des choses mille fois plus divertissantes et émouvantes cette année.
19 juin 2018
10/10
178 0
Bien rythmée, joué avec sincérité et émotion.
Excellente pièce !
9 juin 2018
9/10
179 0
Voilà 4 Molières amplement mérités ! Honte à tous les directeurs de salle qui n’ont pas cru dans l’excellence de cette pièce écrite par J-P DAGUERRE le contraignant à « galérer » pendant plusieurs années avant de pouvoir nous présenter ce petit chef-d’œuvre. Tout y est : huis-clos étouffant, originalité dans le concept, drame, humour, suspens, humanisme...
Pendant une heure presque et demie, toute la salle s’est trouvée suspendue au déroulement de la pièce, tour à tour saisie d’émotion puis riant puis tremblant de peur sur une conclusion obligatoirement abominable au regard du sort réservé aux Juifs par l’occupant nazi. Soulignée par de subtils éclairages parfaitement séquencés, la mise en scène est impeccable dans sa précision et son originalité et puis, dans les décors il y a cet authentique poste de TSF qui diffuse opportunément des rappels historiques sur l’horreur de la manipulation politique allemande tablant sur veulerie populaire de l’époque, pour accepter le sacrifice humain des « autres » en échange de sa propre survie. Merci mille fois à Jean-Philippe DAGUERRE de nous avoir apporté ce magnifique cadeau et de nous avoir proposé tous ses impeccables complices Charles LELAURE en mari, Julie CAVANNA en merveilleuse épouse, Alexandre BONSTEIN le bijoutier juif, Charlotte MATZNEFF, Madame l’Ambassadrice œnologue presque distinguée et enfin J-P DAGUERRE le dignitaire nazi à qui revint la conclusion de son « Adieu Monsieur HAFFMANN » qui nous a laissés « scotchés » sur notre fauteuil avant que nous puissions laisser éclater notre plaisir et témoigner notre admiration à toute la troupe pendant de longues minutes.
29 avr. 2018
9,5/10
237 0
Je ne peux que vous recommander d'aller voir cette pièce. Le texte est bon, la mise en scène intelligente et le jeu de tous les comédiens fabuleux.

Il y a de l'émotion et beaucoup d'humour. Sur un tel sujet, c'est extrêmement difficile. Et même si on rit à plusieurs reprises, la scène finale est tellement forte, avec une telle pression, que l'on a la larme à l'oeil. C'est un festival d'émotions.

Pas étonnant qu'elle ait eu autant de nominations pour les Molières.
7 avr. 2018
8,5/10
268 0
Monsieur Haffmann est bijoutier juif en France en 1942. Pour sauver sa boutique, il propose à son employé de la reprendre à son nom en échange de la promesse de le cacher dans sa cave. Son assistant accepte mais ajoute une condition au contrat : Monsieur Haffmann fera un enfant à sa femme.

Surprenant synopsis que celui de cette pièce ! L’auteur a osé mêler un sujet grave et difficile à une intrigue digne d’une comédie de boulevard. Au premier abord, ça déroute. On ne sait pas trop à quoi s’attendre. Et puis, les critiques positives nous font flancher. Et si on allait voir par nous-même ? C’est cet enchaînement de pensées qui m’a amenée au théâtre du Petit Montparnasse pour découvrir Adieu Monsieur Haffmann, alors que la pièce n’était pas encore nommée aux Molières.

Et je n’ai pas été déçue ! Le texte est très bien écrit, alternant périodes de tension et moments légers, nous faisant passer du rire au doute et à l’attendrissement. Les personnages de Pierre, Joseph et Juliette sont alternativement délicats, courageux, tendres, drôles, méfiants, assaillis par le doute… Arrive ensuite le couple « d’amis » : l’ambassadeur Allemand et sa femme. Drôlement cruels, légers et insouciants dans une scène chargée de tension, ils apportent une légèreté à la pièce au moment où elle sombrait dans une ambiance pesante où la confiance s'effritait entre les héros.

Un grand bravo à Julie Cavanna qui brille dans le personnage de Juliette. Embarquée dans un contrat sur lequel on ne lui a pas demandé son avis, elle accepte de coucher avec un homme qu’elle connait à peine dans l’espoir d’avoir un enfant. L’actrice transmet à la perfection toutes les étapes par lesquelles passe son personnage. Avec délicatesse, elle montre la peur, la méfiance, l’attachement, l’espoir, l’amour, l’agacement… Le tout avec une justesse et une vérité qui nous font partager le moindre de ses sentiments. A ses côtés, Charles Lelaure est également très bon. Le caractère de Pierre, son personnage, se révèle peu à peu, à mesure que monte sa jalousie et son agacement vis-à-vis de Joseph. Monsieur Haffmann, de son côté, joué par Alexandre Bonstein, reste neutre dans toute situation, ce qui nous permet moins de nous attacher à lui, malheureusement. Enfin, Frank Desmedt et Charlotte Matzneff incarnent à la perfection le couple haut en couleurs qui débarque sur scène comme une tempête au milieu de la pièce: ils savent faire monter et descendre la pression en quelques mots, s’équilibrant l’un l’autre à la perfection.

Enfin, j’ai été conquise par la mise en scène de Jean-Philippe Daguerre. Sur la scène, il a réussi à créer plusieurs univers qui évoluaient en fonction de l’état d’âme des personnages grâce à des jeux de lumière très intéressants. La fenêtre sur l’extérieur placée en arrière scène dans laquelle on voit Pierre entrainement aux claquettes est une idée brillante qui permet de parler sans le dire des moments d’intimité entre Joseph et Juliette.

Un grand bravo à toute l'équipe pour ce joli moment !
4 avr. 2018
8,5/10
260 0
Une superbe pièce sur un sujet douloureux de notre histoire.

Beaucoup d’humour, un très bon jeu de comédiens, une mise en scène très originale...
A ne pas manquer j’ai vraiment été émue et touchée.
9/10
254 0
Le plus évident est de dire que c'est un bijou... eu égard à la profession du mari dans la pièce !

Tout est réussi et réuni dans ce spectacle ! Une belle et forte histoire, une mise en scène inventive sans s'imposer et des acteurs remarquables. Le théâtre a ce pouvoir de nous embarquer quand tout cela est réuni. Les moments de grâce n'arrivent pas tous les jours... ne le manquez pas.

Je prédis d'ailleurs plusieurs nominations et même statuettes de Poquelin à cette pièce !
1 avr. 2018
7,5/10
216 0
Un oxymore théâtral, entre obscurité et clarté.

En pleine seconde guerre mondiale, un bijoutier juif qui n’a plus le droit d’exercer sa profession demande à son employé de reprendre sa boutique. Le bijoutier se cache alors à la cave pour échapper aux nazis. L’employé, stérile, accepte le marché à une condition : que son patron fasse un enfant avec sa propre femme.

Hormis cette affaire d’enfant - plutôt de coucherie - assez originale, l’histoire de Jean-Philippe Daguerre sent un peu le réchauffé. Le juif caché d’un côté, l’officier nazi massacreur de juifs de l’autre, et au milieu les français gentils mais pas trop… L’habituelle configuration de ce type d’histoires maintes fois proposé ne surprend pas vraiment.

Ce qui fonctionne bien c’est la finesse de l’écriture, amenant sans cesse les spectateurs entre sourires et tristesse. Car il y a une réelle humanité dans les personnages, qui sont tous tiraillés entre des sentiments contraires. L’envie d’un enfant et le dégoût d’imaginer sa femme faisant l’amour avec un autre ; la peur des allemands et l’envie de les défier ; la culpabilité de prendre la place de son patron et la fierté de l’évolution professionnelle que cela permet… Comme dans la vie, rien n’est jamais tout noir ou tout blanc.

Le sujet, à l’image de la période historique, est sombre. Pourtant il y a toujours une lueur d’espoir, quelques bons mots et une folle envie de (sur)vivre et de donner la vie. De quoi transformer une histoire triste en récit optimiste. Même caché dans la cave, la lumière du jour n’est jamais loin !
24 mars 2018
8,5/10
187 0
Une petite histoire peut en cacher une grande !

Ou comment des êtres humains, confrontés à des choix douloureux, se retrouvent finalement tous enfermés, aussi bien dans une cave que dans un choix difficile.

Sauver une vie d'un côté, donner la vie de l'autre !

Pour y parvenir, il faut aux personnages de cette très belle histoire, un courage plus fort que la peur ....
Mais aussi, et c'est cela qui est beau, des doutes, des jalousies, de l'orgueil, de la colère, du chagrin, de l'envie ... C'est finalement en luttant contre toutes ces faiblesses qu'ils deviennent des héros !

Ainsi il fallait de grands comédiens pour nous faire ressentir toute cette palette d'émotions contenue dans ce très beau texte.

Car comme le dit très justement Anouilh aux comédiens "Ce n'est pas vous mais le public qui doit pleurer"
24 mars 2018
9/10
120 0
Sans avoir parcouru les critiques déposées sur Au Balcon, je serais complètement passée à côté de ce petit bijou. Nous avons adoré cette pièce. Le texte est fort et nous fait passer du rire au larme. Les acteurs sont très bons et le décor intéressant. Quant au sujet, il est loin d'être classique.

L’enjeu : cacher son patron de confession juive pendant l'Occupation contre la possibilité d'avoir un enfant !
Chacun y voit son intérêt mais n'anticipe pas obligatoirement le sacrifice que cela représente.
Pour M. Haffmann, cela revient à avoir une relation sexuelle avec la femme de son employé alors que toute son angoisse est tournée vers sa famille dont il n’a pas de nouvelles. Et pour son employé, stérile, cela implique que cette « relation » devrait être unique et, naturellement, n’avoir aucun autre caractère que celui d’une insémination. Mais évidemment, cela ne sera pas aussi simple...

A la pression de l'occupation s'ajoute donc cette pression supplémentaire sur les différents protagonistes.
C'est très bien rendu. Et on sent toute la difficulté que cela représente pour chacun d’eux.

De bonnes trouvailles dans la mise en scène, comme lorsque l’employé, en arrière plan, joue des claquettes pendant que « l’acte » est censé se dérouler. Quant à la scène finale - un dîner avec un haut responsable nazi et sa femme - elle est très réussie, avec ce qu’il faut de tension et en même temps quelques ruptures comiques bien amenées. Gros coup de coeur pour l'actrice qui interprète la femme française de ce dignitaire nazi. Elle est parfaite et distille beaucoup de bonhomie et de cruauté à la fois.
Une pièce à recommander.
20 mars 2018
9,5/10
161 0
Quelle histoire !

« Adieu M. Haffman » pourrait simplement relater l’histoire d’un juif caché dans une cave par des français durant la seconde guerre mondiale. Mais c’est sans compter sur les ressorts de l’intrigue qui rendent beaucoup plus complexe la situation présentée. Car voilà : M. Haffman, bijoutier de profession, propose en 1942 à son employé Pierre Vigneau de prendre la tête de son commerce le temps que la guerre finisse et d’accepter en échange de l’héberger dans la cave de la boutique. Ce à quoi Pierre met une condition : étant stérile, il demande à son futur « ancien patron » de faire un enfant à sa femme pour leurs permettre de devenir parents.

Ce bien curieux pacte aura des effets bien insidieux sur la vie du couple Vigneau et sur le rapport du français avec son captif. Peut-on vendre des bijoux aux nazis en haut et abriter un juif en bas ? Comment ne pas perdre ses valeurs en route et vaincre la peur d’être pris ? Comment ne pas donner à l’homme couchant avec sa femme la face du monstre juif décrié partout dans la propagande nazie ? Cette confusion de sentiments et les ressentiments grandissants maintiennent le spectateur dans l’expectative jusqu’à la scène finale du dîner des Vigneau, de Joseph Haffman passant pour un parent venu de Lyon et d’un couple de dignitaires nazis, clients de la boutique. La vie de Mr. Haffman va-t-elle être mise en danger ?

L’intrigue très bien ficelée et haletante, le décor ingénieux, l’histoire mêlant adroitement des questions philosophiques à l’intrigue, le jeu impeccable des cinq acteurs présents sur scène … Tout rend cette pièce imprévisible jusqu’à la scène finale. A noter d’ailleurs la prestation très drôle de Charlotte Matzneff dans cette dernière scène.

Une jolie claque que ce spectacle !
20 mars 2018
7,5/10
199 0
J'ai vu bon nombre des mises en scène de Jean-Philippe Daguerre au cours des dernières années, y appréciant à chaque fois un rythme efficace et une distribution remarquable.

"Adieu M. Haffmann", la première pièce où je le découvre auteur, allie à ces mêmes éléments une histoire haletante et des enjeux captivants.
La mise en scène, la lumière, le trio de personnages principaux, tout nous accroche de la première à la dernière minute. La pudeur du bijoutier, sous les traits d'Alexandre Bonstein, l'impulsivité de son employé, joué par le séduisant Charles Lelaure, les tourments de son épouse, interprétée par la douce Julie Cavanna...

L'Histoire en toile de fond ne fait qu'ajouter à la tension de la situation choisie par le couple de partager un lourd secret contre un autre tout aussi pesant.

Un spectacle dont le succès, mérité, ne fait que commencer...
17 mars 2018
10/10
158 0
Nous sommes complètement emportés dans un torrent de sentiments de toutes sortes...

On ne voit pas le temps passer, c’est même trop court. Rires, peine, douceur, agacement... les acteurs, qui sont aussi excellents qu’attachants, nous embarquent dans cette magnifique histoire jouée avec finesse et intimité....

Si vous aimez rire et réfléchir, allez-y sans aucune hésitation ! Un de mes meilleurs moments de théâtre assurément !
15 mars 2018
9/10
159 0
Quelle belle pépite que cette pièce dont l'action se déroule dans une bijouterie... le pitch est bien décrit dans d'autres critiques.
La mise en scène est sobre et efficace.
Les acteurs vivent parfaitement leurs rôles respectifs.
Pas de poncifs dans le texte qui allie avec intelligence, tact, humour et tragique différents thèmes forts.
La petite et la grande histoire sont mêlées sans tomber dans la caricature ni dans des poncifs malvenus.
Force et sensibilité alternent avec brio et l'émotion est réelle, et passe encore mieux avec des réparties bien senties, jamais déplacées.
La salle était bondée... le bouche à oreille fonctionne et c'est tant mieux, car cette pièce sans aucun doute vaut le détour.
14 mars 2018
9/10
159 0
Non seulement l'histoire est intéressante, mais il y a aussi beaucoup d'émotions qui s'en dégagent.
Tout semble naturel dans cette pièce : la mise en scène, l'espace occupé, les répliques et le jeu des acteurs.

Un grand bravo de ma part et beaucoup d'applaudissements !
10 mars 2018
8,5/10
149 0
Les acteurs qui jouent juste dans cette histoire d’un juste, pas toujours juste dans une guerre injuste, mais y a-t-il des guerres justes.

On reste dans l’Histoire avec un grand H dans une petite histoire où à la fin "le courage doit l'emporter sur la peur". Mais est-on vraiment dans l’histoire quand l’actualité nous rappelle cruellement tous les jours la triste réalité de l’inhumanité de l’humanité. C’est une idée intéressante que de traiter avec un humour subtil un sujet grave mainte et mainte fois abordé. Un élément original vient pimenter la pièce, amis je ne vous en dirais pas plus.

Dans un décor intimiste les comédiens nous touchent par une interprétation pleine de sensibilité et de pudeur. Le public ne s’y trompe pas.
2 mars 2018
10/10
211 0
Il y a encore des chefs d'oeuvres créés aujourd'hui, cette pièce en est la preuve !

Du grand théâtre poignant, intelligent, mêlé d'humour et de légèreté, le spectateur est pris entièrement dans cette histoire qui fait partie de la nôtre. Les 3 personnages principaux ont une épaisseur, une humanité qui touchent profondément. Dans les périodes sombres, il peut y avoir de la lumière, si le courage dépasse la peur...
Rien n'est convenu ou attendu.

Bravo à l'auteur, au metteur en scène et aux comédiens remarquables.
A inclure sans hésiter dans les manuels scolaires.
24 févr. 2018
9/10
224 0
Paris sous l’Occupation en 1942, Joseph Haffmann bijoutier, demande à son employé Pierre de reprendre la bijouterie, mais surtout de le cacher dans la cave. Sa femme et ses enfants ont pu gagner la Suisse. Pierre a du respect pour Joseph, il est marié à la charmante Isabelle, leur bonheur serait complet avec un enfant dans leur foyer.

Monsieur Haffmann a une nombreuse famille, Pierre sans en parler à sa femme, fait une étrange proposition à son patron, il accepte de le cacher mais lui demande de faire un enfant à Isabelle. Il aime profondément sa femme, et ne veut plus la voir triste, il a même le courage d’avouer que c’est lui qui est stérile, pas facile pour un homme. Marché conclu.

La bijouterie reprise par Pierre est florissante, bien entendu, ses meilleurs clients sont les occupants ou les collabos… l’argent n’a pas d’odeur comme il dit. Isabelle est stupéfaite lorsque Pierre lui annonce que l’ambassadeur d’Allemagne et son épouse française seront leurs invités.

Joseph Haffmann s’invitera aussi au dîner, pour être en face de ses nazis, de ses bourreaux. La soirée prendra une drôle de tournure…

La mise en scène de Jean-Philippe Daguerre est efficace, il est entouré de brillants comédiens.

Une petite histoire dans la grande Histoire avec un mélange de personnages fictifs et historiques. Un très bon spectacle, le sujet est grave mais n’empêche pas les moments d’humour.
7 févr. 2018
8,5/10
208 0
Adieu Mr Haffmann
Sous l’occupation allemande, une histoire profonde et burlesque, drôle et tragique.
Jean-Philippe Daguerre nous conte les aventures d’un bijoutier juif Mr Haffmann et de son employé Pierre. Mr Haffmann propose à Pierre la direction de sa boutique, en échange il lui demande de le cacher clandestinement de la gestapo. Mais Pierre n’accepte qu’à une seule condition, une condition assez cocasse : « ok, si vous acceptez d’être le géniteur de mon futur enfant »
Cette histoire tragi- comique nous transporte dans cette période noire de l’occupation. La vie de ce trio va être mouvementée, partagée entre l’attente de la procréation et la prospérité de la boutique.
Pierre est en bivalence, il doit tout à un homme qui est l’ennemi numéro un de ses riches clients SS, comment va-t-il pouvoir sortir de ce dilemme.
Mais Mr Haffmann lui a dit un jour :
« Le courage est plus fort que la peur »

Nous partageons les questionnements de ce trio sans tomber dans le pathos. C’est dynamique, magnifiquement bien construit. Les scènes se succèdent avec fluidité.
La mise en scène est vivante, légère, enlevée. L’espace est divisé en différents lieux, le jeu de lumières nous transporte du côté cuisine lieu de discussion ou du côté cave où se cache Mr Haffmann …
Les comédiens nous acheminent avec émoi dans cette histoire.
Très bon moment de théâtre.
5 févr. 2018
9/10
211 0
Ah la petite histoire de Mr Haffmann dans la grande Histoire ! Et c'est un gros morceau de notre Histoire puisqu'il s'agit de la seconde guerre mondiale, à Paris sous l'occupation allemande.

Jean Philippe Daguerre a écrit et mis en scène une histoire forte, impressionnante et émouvante. Vous me croyez sur parole ? Non, bon je vais developper ma pensée :

Mr Haffmann (l'émouvant Alexandre Bonstein) , bijoutier juif propose à son employé Pierre Vigneau (l'excellent Grégori Baquet) de prendre la direction de sa bijouterie en 1942 et d'habiter au dessus de celle ci avec sa femme Isabelle (l'époustouflante Julie Cavanna) pendant que lui se cachera dans la cave. Celui ci accepte mais ajoute à leur contrat une condition totalement imprévue et inédite. Pendant près d'un an, ces trois là cohabitent, il y a des tensions inhérentes à la situation de chacun mais aussi au contexte historique, pas si simple de tenir le coup avec ce secret qui pèse comme une chappe de plomb sur les épaules de chacun. L'ambiance est terrible, je reste attentive à chaque épisode de nos compagnons. Je tremble à l'idée que Mr haffmann soit découvert par les SS, je suis dans la cave avec lui.

Survient l'ambassadeur d'Allemagne à Paris, Otto Abetz (le parfaitement glaçant Frank Desmedt) s'invite, avec son épouse, à diner chez les Vigneau et là je retiens mon souffle car c'est rudement bien écrit et on tremble de peur pour nos trois protégés face au militaire nazi. Le suspens est à son comble.

J'ai rarement été aussi concentrée sur une histoire, preuve qu'elle est très prenante. Le décor est simple, il coupe la scène en deux : la cave d'une part (un lit, un bureau), la cuisine (table et chaises) de l'autre mais c'est suffisant pour se situer. L'ambiance lumineuse est très bien faite. La mise en scène est simple mais sert efficacement le propos.

En plus de son histoire, le pièce nous renvoie à nous même, qu'aurions nous fait face à de tels évènements ? Le courage aurait il été plus fort que la peur ? (phrase prononcée plusieurs fois dans la pièce)
25 janv. 2018
9/10
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Du très bon théâtre ! Sujet original, très bien traité, servit par une distribution exceptionnelle conduite par le talentueux Grégory Bacquet.
Enfin du théâtre contemporain de qualité, accessible à tous qui porte un message mais aussi un autre éclairage sur cette période sombre de notre histoire (l’occupation).
On passe du rire aux larmes et on se réjouit d’un si beau travail.
19 janv. 2018
9/10
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Le courage est plus fort que la peur !
Jean-Philippe Daguerre, que l'on connaît bien en tant que metteur en scène (les fidèles de ce site savent combien j'apprécie son travail), Jean-Philippe Daguerre, donc, a écrit une pièce qui a le grand mérite d'intégrer fort habilement une histoire dans l'Histoire, et réciproquement.
Une histoire sombre dans la période la plus noire de notre Histoire.

1942.

Un étrange et terrible pacte va lier à jamais un trio de parisiens dans la tourmente de l'occupation.
Pour échapper aux nazis, Joseph Haffmann, le bijoutier juif, va céder son commerce à son employé Pierre Vigneau, en échange du droit de se cacher dans sa propre cave.

Ce dernier va ajouter une clause supplémentaire à ce contrat. Une condition pour le moins inattendue.

La pièce est constituée de deux parties.
Dans la première, qui court sur presque une année, vont s'installer subtilement une implacable tension et une réelle progression psychologique : les personnages évoluent chacun à leur manière, sous le poids des différents événements qui vont survenir, avec plus ou moins de dignité, de conscience politique et de courage.

Bien entendu, la double énonciation et la catharsis vont fonctionner à merveille : l'auteur s'adresse à nous autres, dans la salle, en nous proposant de nous interroger sur notre propre réaction face à de telles situations. Qu'aurions-nous fait, à leur place ?

Ce premier acte est fait de petits instantanés, séparés par des noirs. On est un peu étonné, au début, et l'on comprend vite le propos. C'est un parti-pris qui fonctionne alors parfaitement.
On entend également des extraits d'émissions ignobles issues de la propagande du régime pétainiste.
La mise en scène est délicate et précise, sobre et efficace, avec une belle appropriation de l'espace scénique.

La deuxième partie est quant à elle plus linéaire. Les unités de temps, de lieu et d'action règnent.
Apparaissent deux nouveaux personnages, historiques, ceux-là, à savoir l'ambassadeur du 3ème Reich en France et son épouse.

C'est cet homme vêtu entièrement de blanc qui prononcera le titre de la pièce, glaçant par la même occasion toute la salle. Quel moment fort !

Néanmoins, dans ce deuxième acte, nous rirons beaucoup.

Jean-Philippe Daguerre est un dramaturge aguerri (sans aucun jeu de mots...) et il sait à la perfection mêler émotion et humour.
C'est la comédienne Charlotte Matzneff, en épouse-dondon-marchande-de-poisson du dignitaire nazi qui déclenchera l'hilarité. Elle est épatante, notamment dans une scène oenologique d'anthologie ! Quelle vis comica, quel sens du timing !

Les trois comédiens sont eux aussi remarquables : ce soir-là, Alexandre Bonstein en bijoutier, Grégori Baquet en employé devenant patron et Frank Desmedt en nazi (il fait vraiment froid dans le dos...), ces trois-là sont excellents, chacun dans leur registre.

On croit sans peine aucune à ce qu'ils incarnent et nous racontent.

Et puis, dans le rôle de Mme Vigneau, Julie Cavanna m'a enthousiasmé.
Comme elle est bouleversante, dans ce rôle difficile de femme qui se rebelle, qui malgré les apparences n'est pas prête à tout accepter, et qui sait, elle, où sont les vraies valeurs !
Ne manquez pas son dernier et lumineux regard !
Oui, le courage est plus fort que la peur !

Voici un spectacle qui devrait être conseillé fortement par le ministère de l'Education Nationale.
Ce ne sont pas les professeurs du Collège Alfred Kastler, de Stenay, dans la Meuse, qui me démentiront, eux qui avaient emmené leurs élèves voir cette pièce.
Quel bon moyen de faire appréhender à ces ados les tenants et les aboutissants de cette période détestable, sans oublier les enjeux moraux et humains d'une proposition peu commune.

Dans la salle, hier soir, on aurait entendu voler une mouche.
C'est évidemment un signe qui ne trompe pas.

Ce spectacle est une bien belle réussite. Il serait vraiment dommage de passer à côté !
9/10
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Quelle belle histoire ! Cette pièce est avant tout une très belle histoire comme on aime les vivre au théâtre. Avec des personnages qui nous invitent à la pensée comme à l’émotion, qui nous captivent par ce qu’il leur arrive, nous permettant de nous projeter ou de nous protéger. Comme dans un conte, comme dans un rêve éveillé, comme au théâtre.

C’est une histoire intrigante et valeureuse. Joseph Haffmann, bijoutier juif pendant l’occupation, propose à Pierre Vigneau, son employé, de lui confier sa boutique, de le cacher et de venir s’installer dans sa maison avec son épouse Isabelle.

À quelles conditions un tel marché pourrait-il être possible ? Qui fixerait les conditions ? Que vont-ils décider ? Que va-t-il se passer ?

Avec un bel art de raconter et une très adroite manière de faire Théâtre, Jean-Philippe Daguerre signe le texte et la mise en scène de cette pièce. La simplicité du récit se trouve tout à coup submergé par des rebondissements inattendus qui n’ont de cesse de nous accompagner, de nous interroger, de nous tenir en haleine.

Les émotions surgissent et ne nous lâchent pas. La crainte au ventre, l’espoir en tête, la duperie menaçante qui tisse les relations entre les gens, en ce temps-là, tout s’imbrique et se livre devant nous, nous touchant d’un bout à l’autre, ne sachant pas comment cette histoire peut finir.

Les comédien·ne·s nous captivent par leur maîtrise brillante et efficace, sans jamais aller chercher les sensations du public, nous laissant faire, nous laissant venir. Et nous venons ! Apparemment toutes et tous, et volontiers.

Un très joli temps de théâtre de l’altérité. Une belle leçon d’amour et d’humanité où « le courage est plus fort que la peur » avant même de dire adieu.
14 déc. 2017
8,5/10
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Si les pièces de théâtre avaient un sous-titre, celui d’Adieu M. Haffmann serait certainement la vie sur un fil.

Paris, mai 1942. Dans une capitale occupée, deux hommes s’inquiètent. Pierre Vigneau, employé, n’a qu’un seul espoir : devenir père, mais pour l’instant en vain. Joseph Haffmann, quant à lui, craint pour sa vie … il est juif. Dans son esprit naît alors une idée. Il propose à Pierre Vigneau de lui confier sa bijouterie et de le cacher. L’employé va accepter à la condition que celui-ci l’aide à devenir père. Le pacte conclu, la vie s’installe avec la crainte constante que leur secret soit révélé. Cette peur va s’accentuer alors que, désireux de développer son commerce, Pierre Vigneau met ses talents de bijoutier au service de hauts dignitaires nazis, et plus spécialement d’Otto Abetz, ambassadeur du Reich à Paris et proche d’Hitler. L’homme prend le couple Vigneau en sympathie et l’introduit auprès du tout Paris. Dès lors, la bijouterie devient de plus en plus fréquentée, surtout par l’occupant. Une présence qui pourrait devenir gênante si la vérité venait à être découverte …

Texte poignant, interprétation émouvante, cette pièce est une petite pépite théâtrale. Si le décor est simple (une scène divisée en deux espaces : une cuisine et une cave), la force de la pièce repose sur le jeu des comédiens. Tous sont bluffants de réalisme. Le public vit littéralement avec eux leurs doutes, leurs peurs, mais aussi leurs joies.

Du beau théâtre. Bravo !