Critiques pour l'événement 7 ans de réflexion
18 nov. 2019
5/10
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Je me suis gentiment ennuyé. Un assez bon moment, mais je ne comprends pas vraiment l’intérêt de monter cette pièce de nos jours.

Bravo quand même aux comédiens et à la mise en scène.
7 nov. 2019
7/10
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Passer après Marylin Monroe, quel challenge !
Défi relevé avec brio par Alice Dufour. Magnifique de candeur et magnifique tout court !
Guillaume de Tonquedec est fidèle à son jeu et ce pour notre plus grand plaisir.
Les décors sont somptueux et la mise très astucieuse.

Bref, j'ai passé un excellent moment et vous recommande 7 ans de réflexion.
22 oct. 2019
6/10
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Pas désagréable, cette pièce a malgré tout beaucoup perdu et un peu vieilli.
Le propos est gentil mais on s'ennuie. C'est très convenu, très attendu.
De Tonquedec insupportable par ses tics, ses hausses de voix qui agressent rapidement l'oreille du spectateur. Dès qu'il s'énerve il reprend exactement les mêmes gestes de manière exagéré et commence à crier dans les aigus. Il gâche.
Mademoiselle qui dans sa beauté est très caricaturale au contraire est plutôt l'élément normal.

Point positif la mise en scène pleine de trouvailles et d'éléments qui tentent de moderniser la pièce.
Grande esthétique des décors et des costumes.

Des choses, des idées, de l'esthétisme, mais on s'ennuie un peu...
29 sept. 2019
7/10
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« 7 ans de réflexion » de George Axelford dans une adaptation de Gérald Sibleyras et une mise en scène de Stéphane Hillel au théâtre des Bouffes Parisiens est une comédie romantique à la sauce américaine sur fond de puritanisme. L’Amérique choisie par Dieu pour la préserver de la corruption…

C’est dans ce contexte qu’il faut se placer pour apprécier à sa juste valeur la pièce. Car nous latins au sang plus chaud, nous pourrions vite nous ennuyer.

Beaucoup d’entre vous ont en mémoire le film de Billy Wilder avec son personnage emblématique de Marilyn Monroe dans la tentation faite femme, avec sa fameuse scène de sa jupe qui s’envole au-dessus d’une grille d’aération du métro (à vous de découvrir la version de Stéphane Hillel).
Un film qui avait été largement édulcoré dans ses propos par rapport à la pièce qui est antérieure au film. Cela compte tenu du fait que dans l’Amérique des années 50 on ne plaisantait pas avec l’adultère.
La pièce abordait d’une manière beaucoup plus directe, explicite et drôle l’adultère alors que dans le film c’est plutôt le désir, son fantasme, qui est mis en avant.

C’est cet esprit que nous retrouvons dans l’adaptation de Gérald Sibleyras, quoique nous ayons la bonne conscience, le Geppetto de Richard Sherman, notre héros d’une soirée, qui apparait habilement sur scène au nom d’Aristote, c’est tout dire, en lui soufflant régulièrement : la tentation entraîne l’action.

Laissez-vous bercer par cette chaleur, cette douceur et cette moiteur (que nous connaissons ces dernières années) pour suivre Richard Sherman, un publiciste new-yorkais, quadragénaire assumé, seul dans son appartement de Manhattan : sa femme et son fils étant partis en vacances dans le Maine pour fuir ces désagréments.
Une chaleur qui alanguit les corps et propice à l’évasion, aux fantasmes. Un puritanisme qui se doit de vous garder dans le droit chemin pendant cette solitude, sans oublier de s’abstenir de boire et fumer.
Seulement voilà, Satan, le démon, pointe le bout de son nez en la personne d’une créature de rêve de vingt-cinq ans, la nouvelle voisine qui par mégarde laisse tomber de son balcon un tomatier sur le fauteuil où Richard était assis quelques secondes auparavant ; un tomatier qui a bien failli précipiter Richard au septième ciel.

Un septième, comme dans 7 ans de vie commune, et comme nous disons en France : ça passe ou ça casse…

Est-ce un bien ou un mal…une fidélité mise à rude épreuve, l’occasion de s’interroger sur le désir, l’amour, la culpabilité et…le mariage.
Richard laisse flotter, aux brises des ventilateurs qui tournent à fond dans l’appartement, son subconscient, son imagination débordante pour approcher sa voisine et la charmer…

La rencontre inévitable sera parsemée, dans une mise en scène très astucieuse de Stéphane Hillel, de parenthèses provoquées par sa réflexion : agir ou ne pas agir ?
Comme évoqué auparavant, il y aura dans son moment d’égarement son Geppetto mais aussi sa femme accompagnée de son meilleur ami Tom qui vivent « en commun », en tout bien et tout honneur, quelques moments de repos loin de la ville étouffante.
Il y aura aussi, bien vivant et bien présent, le parasite docteur Baker qui tient absolument à la relecture urgente de son manuscrit avant sa parution et semble peu enclin à accepter de voir en page de couverture les propositions aguichantes de la maison d’édition : business is business.

La mise en scène de Stéphane Hillel avec ses projections de Léonard sur le décor d’Edouard Laug permet de visualiser les pensées de Richard que l’on découvre au fil de l’intrigue. La mer, le sable chaud et encore bien d’autres images viennent nous aider à communier avec ce pauvre homme soumis aux tentations.

Une mise en scène laissant la place belle aux fantasmes et à ce couple d’une soirée.
Guillaume de Tonquédec incarne avec conviction son rôle de mari, balloté entre le bien et le mal. Ses sourires et envolées dans les aigus donnent de la couleur, de la lumière et déclenchent les rires.
Alice Dufour, la petite ingénue, habituée à jouer les trouble-fêtes (récemment la secrétaire dans « Le canard à l’orange »…) est la voix de la tentation personnifiée, élégamment habillée avec les belles robes d’Anne Schotte.
Un couple simple en opposition au glamour et pétillant de celui d’Hélène, Agathe Dronne, la femme légitime et de Tom, Clément Koch, l’ami.
Une Agathe Dronne qui a retenu toute mon attention, séduisante à souhait, et un Clément Koch parfait en gentleman qui doit certainement faire tourner les cœurs et pourquoi pas celui d’Hélène…
Jacques Fontanel est ce misérable docteur Baker qui vient perturber avec beaucoup d’humour les approches de Richard, sans oublier Geppetto joué avec fantaisie par François Bureloup.

Une comédie romantique, à l’américaine, accueillie chaleureusement par le public.
29 sept. 2019
6,5/10
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Richard a chaud, la soirée est étouffante lors de cette soirée d’été à Manhattan alors que sa femme et son fils sont partis passer les vacances dans le Maine. Il écoute une émission de radio sur Aristote. Richard manque de se prendre un pot de fleur en fonte sur la tête. Le pot a transpercé la chaise sur laquelle il était installé quelques instants auparavant.

Cet accident aurait pu tuer Richard mais le coupable…est la jeune et jolie voisine célibataire qui est à l’origine de cette chute. Nous sommes dans les années 50, il est rare qu’une jeune femme soit émancipée et vive seule comme notre belle héroïne… Que va-t-il se passer ?

‘7 ans de réflexion’ est à l’origine une pièce de théâtre créé en 1952. Le réalisateur Billy Wilder l'a transformé en un film mondialement connu en 1956, réunissant l'inoubliable Marylin Monroe et Tom Ewell.

C’est Gérald Sybleras qui a proposé l’adaptation à laquelle nous assistons : elle est sympathique et adresse quelques clins d’œil à version cinématographique de Billy Wilder.

Stéphane Hillel, lui, met en scène efficacement les différents intervenants autour du personnage central Richard dans un décor agréable. Un procédé astucieux que je vous laisse découvrir nous permet de savoir quand Richard ‘rêve’.

On dit souvent que dans une relation amoureuse, il y a un cap à passer tous les 7 ans. Richard, quadragénaire encore dynamique, campé par un sémillant Guillaume De Tonquédec en pleine forme, va donc se retrouver face un cas de conscience en rencontrant sa voisine jouée par une magnifique Alice Dufour pleine de pep’s (déjà appréciée cette année dans le Canard à l’orange), va-t-il rompre son engagement de fidélité envers sa femme ? L’histoire nous parait désuète et un peu dépassée mais elle garde néanmoins un charme indéniable si vous avez vu le film.

Et il y a Aristote ! Non ce n’est le nom d’un animal de compagnie, c’est bien du philosophe grec dont je parle, il est joué avec talent par François Bureloup, ses interventions sont dignes de celles de Jiminy Cricket, c’est la voix de la conscience de Richard qui apparait à travers un miroir. J’ai beaucoup apprécié ses interventions.
28 sept. 2019
7/10
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Putain, sept ans !

C'est long, sept ans. De mariage.
Voilà ce que semble se dire Richard Sherman, éditeur new-yorkais de son état, encore fringant quadragénaire redevenu célibataire par la force des choses, son épouse et sa fille ayant pris quelques jours de vacances.

Libre !
Open à tous les fantasmes...
Quand soudain, un imprévu va venir troubler son quotidien.

Cet imprévu prend la forme d'une très très très, mais alors très jolie jeune femme de vingt-cinq ans, en l'occurrence, la voisine du dessus.
Ces deux-là vont lier connaissance. Et pas qu'un peu...

Le premier grand mérite de cette entreprise dramaturgique est de rappeler que le film dont elle s'inspire est lui-même tiré d'une pièce de théâtre écrite en 1952 par George Axelrod.
Au début, il y eut le théâtre. Le cinéma vint ensuite !

En 1956, Billy Wilder en tira un célébrissime, cultissime long-métrage, avec bien entendu Marylin Monroe et Tom Ewell.

De ces années 50, il ne faut pas oublier au passage la condition féminine.

Ce personnage de jeune femme, mannequin, modèle pour photographes, vivant seule dans un appartement, ce personnage-là est encore rarissime, et exposé à bien des critiques.

Gérald Sibleyras a donc adapté tout ceci pour en tirer une version 2019 très efficace.
Une solide distribution est dirigée efficacement, par Stéphane Hillel. La direction d'acteurs est solide, sans effets de mode, mettant en avant comme de juste les deux comédiens principaux.

La grande réussite de cette mise en scène et de cette adaptation, c'est la visualisation sur le plateau de ce qui se passe dans la tête des personnages.
Fantasmes, illusions, hypothèses, risques encourus, tout ceci fonctionne très bien. Avec une judicieuse utilisation de projections video.

Nous ne sommes jamais perdus, entre la réalité et ce que nous ne pourrions pas voir sans le médium théâtre.

L'éditeur est incarné par Guillaume de Tonquédec.
Il est irréprochable, dans ce rôle d'honnête homme se questionnant avec insistance, suite aux sept années fatidiques de mariage.
On croit tout à fait à son personnage jovial, débonnaire, comptant bien profiter d'une certaine situation.

Il est drôle. Ses ruptures, ses volte-faces, ses tiraillements entre la raison, la fidélité et le coup de canif dans le pacte marital, ses longs monologues font mouche à tous les coups.

Alice Dufour est cette jeune femme.
Celle qui illumina la pièce Le canard à l'orange, mise en scène la saison passée par Nicolas Briançon, est parfaite dans la reprise du rôle de l'icône Marylin.
Elle incarne une grande séductrice avec aisance et une vraie sensualité.

Ah ! La scène dans son drap enroulé laissant apparaître de temps en temps une longue jambe... (On aura compris la valeur de mes points de suspension...)

Elle aussi est très juste. Il était hors de question, bien évidemment, de vouloir imiter la comédienne américaine. Melle Dufour parvient à marquer de son talent ce rôle.

Pas si évident que cela de ne pas tomber dans une vile caricature.

Il faut noter une remarquable trouvaille scénographique, à savoir la reproduction sur le plateau d'une des plus célèbres scènes du cinéma américain. Et non, vous n'en saurez pas plus !

J'ai beaucoup aimé également le personnage... d'Aristote.
Oui, vous avez bien lu. Le philosophe grec, qui se pose ici en bonne ou mauvais conscience du héros.
C'est François Bureloup qui s'y colle avec une vraie vis comica. Il m'a lui aussi bien fait rire.

Le reste de la petite troupe est lui aussi parfait, avec Jacques Fontanel en irrésistible psychanalyste en costume trois pièces, Agathe Drone en très séduisante Mme Sherman, et Clément Koch qui incarne un bellâtre que le héros de la pièce imagine très facilement en amant de son épouse.

Le public ne boude pas son plaisir, les applaudissement fusent dès la tombée du rideau avec une dernière fois les indiens et les bisons (je vous laisse découvrir).

Toutes les mains finissent par claquer au rythme du joli swing très fifties composé par François Peyrony, et qui vous trotte dans la tête bien après la porte des Bouffes Parisiens franchie.

Une comédie sentimentale réussie qui assure au public une belle soirée.