Baal

Baal
De Bertolt Brecht
Mis en scène par Christine Letailleur
Avec Stanislas Nordey
  • Stanislas Nordey
  • Manuel Garcie‑Kilian
  • Valentine Gérard
  • Vincent Dissez
  • Philippe Cherdel
  • Youssouf Abi‑Ayad
  • Emma Liégeois
  • Clément Barthelet
  • Richard Sammut
  • Karine Piveteau
  • Théâtre national de la Colline
  • 15, rue Malte-Brun
  • 75020 Paris
  • Gambetta (l.3)
Itinéraire
Billets de 14,00 à 36,00
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Christine Letailleur revient à La Colline avec Baal, première pièce de Bertolt Brecht.

Le texte, choisi dans sa version originelle (1919) et traduit par Éloi Recoing, éclaire, avec lyrisme et fracas, la question d’une jeunesse traumatisée par la guerre, rebelle et déterminée.

Stanislas Nordey, avec qui la metteure en scène poursuit son compagnonnage (Pasteur Ephraïm Magnus, La Philosophie dans le boudoir, Hinkemann), revêtira le costume du poète maudit, assoiffé de toutes les ivresses, héros de tous les temps.

 

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26 avr. 2017
7/10
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« Sa quête est celle de la jouissance (..) Baal a quelque chose de démoniaque et d’envoûtant (…). A l’image de sa société bien pensante et corrompue, BAAL n’a pas d’autre choix que d’être amoral, lui répondant par la provocation et le scandale » (entretien avec Christine Letailleur)

Cela fort bien dit, Christine Letailleur est pourtant restée au bord de l’enjeu par une succession de contre sens et de maldonne dont la première est celle du choix de Stanislas Nordey pour incarner BAAL. Là est le premier problème : Nordey n’incarne pas BAAL.

Pour qui sait que je mangerais tous les jours pendant 10 ans des aubergines et de la rhubarbe (plantations maraîchères que j’exècre toutes deux) pour un seul sourire de cet acteur, cette affirmation peut paraître surprenante mais il est difficile de dire autre chose et douloureux de l’écrire : Stanislas Nordey n’est pas BAAL.

Nordey est un acteur dont l’impressionnante présence physique de jeu a un moteur cérébral ; il est tout sauf primairement instinctif ou animal, lui donner le rôle de Baal, personnage mené avant tout par ses pulsions brutes, est contraire à sa nature d’acteur.

Nordey est un acteur démesuré, mais pas de ce genre de démesure ; il est constamment à coté du personnage de Brecht : sur une gamme monolithique de jeu, injectant ironie et cynisme là ou il devrait y avoir tout un nuancier de révolte et de désespoir.

On ne cesse de ressentir qu’il le réalise lui-même tant il semble se regarder jouer, se répéter dans ses attitudes et postures que l’on aime tant d’habitude mais qui ne collent pas à ce rôle, comme s’il s’accrochait à ses « trucs » d’acteur face à la sensation que la substantifique moelle du personnage lui échappe.

Bien, sur il reste magnifique parce qu’il est un acteur de génie fascinant, quoi qu’il fasse mais il reste loin des influences rimbaldiennes et villonnesques voulues par Brecht pour son personnage.

Éloignée de celle de Stanislas Nordey, Vincent Dissez dont on perçoit toute la sensibilité et complexité, essaye de jouer sa propre partition ; il s’en tire plutôt bien même s’il est un peu écrasé par l’aura géante de son partenaire.

A ce contresens de distribution s’ajoute une mise en scène où tout est propre, ordonné et raffiné. La magnifique scénographie, les éclairages, créent des tableaux aux réminiscences claires obscures ou manquent cependant la brutalité et la crudité esthétique caravagienne ce qui retire ainsi toute forme dramatique ou de malaise aux scènes de beuveries ou de viols et n’ajoute pas de poésie au texte.

Le plateau dépouillé, (trop) immense dilue le rythme : on navigue de droite à gauche en passant par le centre, puis d’avant en arrière et de haut en bas avec une régularité d’essuie glace sans que cela ne prenne sens mais révèle plus d’une impérieuse nécessité géométrique d’occuper tout l’espace.
La mise en scène de Christine Letailleur reste polie et mesurée jusqu’à la désincarnation là où il aurait fallu plus de provocation, de rupture de rythme et de ton, moins de beauté glacée.

Au final, cela reste un spectacle respectable et très beau (quoique un peu ennuyeux) servi par un acteur fabuleux (quoique employé à mauvais escient) mais qui laisse la même sensation qu’une belle histoire d’amour manquée.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor