Anquetil Tout Seul

Anquetil Tout Seul
  • Studio Hébertot
  • 78bis, boulevard des Batignolles
  • 75017 Paris
  • Rome (l.2)
Itinéraire
Billets de 14,00 à 30,00
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Comment Jacques Anquetil, champion admiré et mal aimé, bouscule les lois du sport, de la morale et fascine ses proches et adversaires.

Qui ne s'est identifié, parfois jusqu'au mimétisme à un grand champion ? Qui n'a tenté d'imaginer ce qui se passe dans sa tête ?

Le récit de Paul Fournel, est celui d'une passion pour Anquetil, cet immense champion populaire qui, paradoxe incompréhensible, était admiré mais mal aimé du public.

C'est aussi la tentative de percer le mystère et la part d'ombre de ce personnage hors norme, sulfureux, rebelle, transgressif, qui s'est affranchi des lois du sport et de la morale commune aux autres hommes.

C'est enfin le plaisir de retrouver tous les personnages pittoresques qui l'ont aimé, entouré, accompagné dans sa vie sportive et intime : Janine son épouse et complice, Sophie sa fille, Geminiani son mentor, Darrigade son fidèle équipier, Poulidor l'ennemi juré que la presse et le public avaient dressé contre lui...

 

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11 nov. 2016
8/10
16 0
Vraiment belle pièce. La mise en scène est maline, les acteurs sont bons et le rythme du récit est fluide.

Je n'ai jamais regardé le tour de France, je ne suis pas fan de course cycliste mais j'avais gardé un excellent souvenir de l'adaptation théâtrale de 54x13 par Jacques Bonnaffé sur le même univers et je me suis dit : "pourquoi pas ?" Je ne regrette vraiment pas ma soirée. J'ai découvert Anquetil que je ne connaissais que de nom. J'ai trouvé passionnantes les scènes de compétition, cette manière de nous faire entrer dans la tête du sportif et de nous permettre de comprendre ce qui le meut.
8/10
27 0
Mais pourquoi aller voir une pièce de théâtre sur un coureur cycliste que je n'ai pas connu et qui a une réputation détestable alors qu'en prime, je ne suis pas une fan de la petite reine ?

Parce que les critiques de mes petits camarades m'ont dit qu'il fallait tenter le coup. Et j'ai eu raison de les écouter, c'est bien plus qu'une histoire sur un cycliste, c'est une belle surprise comme ça arrive une fois de temps en temps, un petit bijou sympathique alors que ça ne payait pas de mine.

C'est effectivement la découverte d'un caractère exceptionnel qui parle sans détour à une époque où tout était encore feutré : l'argent, le dopage, les concurrents,... mais aussi c'est la rage de vaincre, la force de caractère de ce champion hors norme qui enchaîne les kilomètres avec une pugnacité de compétition.

Il y a aussi une facette plus intime que je ne soupçonnais pas et qui est loin d'être inintéressante.

La pièce est servi par trois comédiens parfaits et j'ai bien aimé la mise en scène qui met en valeur l'effort du coureur quand il le faut.

Belle découverte en tout cas.
1 oct. 2016
8,5/10
15 0
Je suis allée voir Anquetil tout seul au Studio Hébertot, une pièce écrite d'après le livre éponyme de Paul Fournel, publié aux Editions du Seuil / Editions Points.
Roland Guenoun signe à la fois l'adaptation et la mise en scène. Comme le narrateur (Stéphane Olivié Bisson) je ne peux pas penser à Jacques Anquetil autrement que vêtu d'un maillot jaune.

A voir les images d'archives défiler sur le rideau de scène pendant que le public s'installe je me dis que le vélo va être le roi de la soirée et je me demande soudainement pourquoi cet engin est surnommé la petite reine.
La scénographie conçue par Marc Thiébault est efficace. Ce n'est pas facile de créer un décor dans un espace aussi restreint et il a très bien réussi à restituer l'ambiance des années soixante.

J'avoue que la première image d'Anquetil pédalant de dos m'avait un peu alertée. J'avais été influencée par une critique regrettant que Matila Malliarakis passe toute la soirée sur son vélo et je craignais que le comédien récite son texte sur le devant de la scène sans bouger. Ce n'est pas du tout cela et on ne s'ennuie pas une seconde.

Marc Thiébault a commencé sa carrière comme scénographe et designer, avant de travailler dans l’industrie du cinéma et de la télévision. Plusieurs fois récompensés il est aussi collaborateur du célèbre photographe français Gérard Rancinan pour lequel il conçoit des décors photos et des scénographies d’exposition. Rien d'étonnant à ce que la photo ait une place particulière dans le dispositif d'Anquetil tout seul.

Cet emploi est d'autant plus justifié que le coureur cycliste était un homme d'image. On a tous en tête le souvenir de son visage, avec son demi-sourire et ses cheveux blonds coiffés en arrière. Matila Malliarakis l'incarne à la perfection, et la performance physique est aussi à saluer parce qu'il ne se contente pas de "jouer". Il ne fait pas semblant quand il pédale...
Le récit de Paul Fournel est celui de sa passion pour Anquetil, cet immense champion populaire qui, paradoxe étonnant, était admiré mais mal aimé du public. Son travail permet de percer le mystère et la part d’ombre de ce personnage hors norme, sulfureux, rebelle, transgressif, qui s’est affranchi des lois du sport comme de celles de la morale commune aux autres hommes.

Le spectacle est le tissage entre des épisodes connus du grand public, des confidences et des analyses que nous relatent les personnes qui ont gravité dans son orbite comme Geminiani son mentor, Darrigade son fidèle équipier, Poulidor le soit disant ennemi juré que la presse et le public avaient dressé contre lui, tous interprété par Stéphane Olivié Bisson qui parvient à trouver le ton juste pour chacun d'entre eux.

A propos de Poulidor il faut savoir qu'ils ne se détestaient pas loin de là. Anquetil l'avait soutenu quand il a eu un contrôle positif au dopage et c'est avec lui qu'il a partagé un de ses derniers déjeuners, alors qu'il était terrassé par un cancer foudroyant.

Clémentine Lebocey est mutine à souhait, évoquant Marilyn à l'instar de celle qui fut sa femme et sa complice, sur les pistes (elle a eu sa part dans le dopage) comme dans sa vie intime (la fin du spectacle est à ce titre assez stupéfiante, et pourtant authentique). Son épouse ne le quittait pas, jouant le rôle de chauffeur sur les critériums étant même parfois quasi manager.

Certains trouveront que Paul Fournel est allé un peu loin. Pourtant il y a d'autres scandales dont il ne se fait pas l'écho et l'image du sportif est aussi respectueuse que possible. En tout cas l'interprétation du trio permet au spectateur d'être lui aussi "dans la roue" de cet homme qui a du être un modèle pour beaucoup de jeunes hommes mais qui était aussi une énigme.

Ensemble ils démystifient ce qu'Anquetil lui-même qualifiait de sport de bûcheron. Apprendre qu'il est allé jusqu'à rouler 2500 km en 9 jours donne une autre valeur à ses performances. On comprend la douleur qu'il a du ressentir : je souffre tant qu'il n'est pas possible que les autres (concurrents) tiennent le coup. On admet mieux sa sensibilité aux gains financiers. Plusieurs de ses paroles prennent un sens insoupçonnable :
Je n'aime pas le vélo. Le vélo m'aime.
Rouler en peloton me démoralise. Je n'aime pas les coureurs en troupeau.
La solitude est mon royaume.
Je fais un métier de chien.
Je ne suis pas superstitieux, cela porte malheur.
Quand une loi est indigne (l'interdiction de dopage par exemple) on est toujours au-dessus.
Impossible n'est pas Anquetil.

Et pourtant il aura un regret, celui de n'avoir jamais gagné un championnat du monde et de n'avoir donc jamais porté le maillot arc-en-ciel. Il arrête à 35 ans en ayant toujours refusé de rendre des comptes à qui que ce soit.
La suite de sa vie est aussi étonnante et si l'on ne savait pas que c'est exact on pourrait estimer que Paul Fournel a beaucoup (trop) d'imagination.

Son désir d'enfant est au moins aussi fort que son souhait d'être un champion. Sa femme ne peut plus avoir d'enfant. une autre solution sera trouvée, totalement hors normes. Il aura un bébé avec sa belle-fille, puis des années plus tard avec l'épouse de son beau-fils. Au nom de l'amour dira la famille unie jusqu'au bout.

Il ne fait aucun doute qu'Anquetil est un personnage qui a sa place parmi les figures légendaires. Et ce spectacle le démontre brillamment.
8/10
15 0
Quelle drôle et belle idée que de raconter ainsi la vie de Jacques Anquetil, coureur cycliste de renommée dans les années 1960.

Nous ne savions pas à quoi nous attendre et nous avons bien fait. Comme souvent, et c’est un des régals du théâtre, la découverte surprend agréablement et vient chaparder aux spectateurs les restes de leurs attentes.

Cette étonnante histoire est inspirée du livre éponyme de Paul Fournel publié en 2012. Le récit qui en est tiré témoigne d’une admiration chaleureuse et quasi affectueuse, proche de la dévotion pour ce champion dont la vie est pour le moins spectaculaire.

L’adaptation théâtrale de Roland Guenoun qui signe également la mise en scène, nous montre avec la délicatesse d’un romantisme à peine voilé, une histoire de vie sulfureuse, hors normes, dédiée à la quête permanente du bonheur et aux artifices nécessaires pour l’atteindre, le posséder et le préserver. De la vie privée à la vie publique, Anquetil nous est montré dans la complexité protéiforme d’un homme pour qui tout doit être possible, de l’amour à la gloire, de l’affection au défi.

L’histoire nous est contée par un narrateur et fera apparaitre aux côtés d’Anquetil, sa femme, sa belle-fille et sa fille ainsi que plusieurs protagonistes du monde cycliste. Très adroitement construite, la dramaturgie tisse les différentes étapes importantes de sa vie sentimentale et professionnelle avec ses joies et ses souffrances. La mise en scène et la scénographie traversent le récit d’une originalité astucieuse, mêlant réalisme des jeux, narrations, retours en arrière, pensées à voix haute, sons acoustiques et amplifiés. Le tout mis en lumières avec une judicieuse et efficace précision.

Les trois comédiens Matila Malliarakis (Anquetil), Clémentine Lebocey (les trois femmes) et Stéphane Olivié Bisson (le narrateur et les autres sportifs) incarnent leurs personnages avec justesse et sincérité, un rien de retenue et beaucoup d’empathie pour le « champion ». Ils arrivent à nous rendre proches des personnages, nous les montrant plus attachants qu’ils ne devaient l’être dans la réalité. Réalité que tout spectacle embellit quand la magie du théâtre opère. Ce qui est le cas ici.

Un spectacle sympathique et remarquablement joué. Un joli moment à savourer.
15 sept. 2016
8/10
8 0
Une belle mise en scène et un texte de qualité, nous font découvrir le tempérament de ce champion.

C'est admirable et effrayant, je suis admiratif de la la force mentale de ces personnes.
Moments de théâtre de qualité.
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor