Affabulazione

Affabulazione
De Pier Paolo Pasolini
Mis en scène par Stanislas Nordey
Avec Stanislas Nordey
  • Stanislas Nordey
  • Raoul Fernandez
  • Véronique Nordey
  • Thierry Paret
  • Thomas Gonzalez
  • Marie Cariès
  • Anaïs Muller
  • Théâtre national de la Colline
  • 15, rue Malte-Brun
  • 75020 Paris
  • Gambetta (l.3)
Itinéraire
Billets de 20,00 à 50,00
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Le rêve est une seconde vie : et c’est ainsi que l’existence du « Père » va se dédoubler tout au long de la pièce de Pasolini (comme nous le montre le guitariste qui suit le personnage lorsqu’il évoque, à plusieurs reprises, son rêve). On ne sait plus, lorsque le rideau tombe, si c’est un rêve ou une réalité qu’on vient de vivre : ce doute va surplomber toute la représentation et finit même par rendre irréel le meurtre final du « Fils ».

 

Stanislas Nordey a commencé sa vie de metteur en scène avec Bête de Style de Pasolini, en 1991. Presque personne alors ne connaissait ce théâtre – six pièces, composées dans les années 1970, qui inventent un "théâtre de parole" direct, poignant, tendu entre visions oniriques et confrontations radicales. Tout en s’ancrant concrètement dans son époque, Pasolini veut renouer avec la tragédie grecque, sa violence, sa charge mythique, son adresse frontale au public. Sous le signe du "spectre de Sophocle", Affabulazione inverse le meurtre fondateur d’OEdipe : tout y naît de la hantise qu’un fils – trop beau, trop désirant - inspire à son père, industriel milanais terrifié par cette image inversée de son propre déclin.

Et si le désir de "tuer le fils" était le vrai refoulé de notre société ?

C’est aussi le souffle de la langue de Pasolini, son rythme, sa puissance, que Stanislas Nordey veut faire entendre, comme metteur en scène et comme interprète : il sera sur scène dans le rôle du père, pour partager avec ses acteurs les fulgurances poétiques d’Affabulazione et l’inquiétant questionnement générationnel de Pasolini.

 

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La critique de Phane (rédac' AuBalcon) : Tout commence avec un rêve : le Père, allongé dans un transat de sa villa, rêve et se réveille, mais ne se souvient plus de celui-ci hormis de la présence de son fils. Va s’ensuivre une quête folle du Père pour devenir, ou redevenir fils, pour comprendre l’énigme, ou « le mystère » qu’est son fils. Il veut saisir ce qui lui échappe, la blondeur de ses cheveux par exemple, mais surtout son sexe, sa faculté à être homme et à féconder. Ce désir le mènera à la folie, et au meurtre de ce fils, fermant la boucle du mythe d’Œdipe mais en l’inversant puisque c’est le Père qui reprend le pouvoir.

Affabulazione s’égare dans sa complexité je trouve, et perd ainsi de sa puissance. Les comédiens, ne faiblissant pas en intensité durant toute la pièce, mettent néanmoins beaucoup de distance entre eux et leurs personnages, ce qui empêche le spectateur de croire en eux. Ils déclament leurs textes, jouent très tournés vers le public, et font de grands « Ah » et « Oh » exagérés, ce qui les rend parfois comiques, au détriment de la compréhension ou du jeu.

Pasolini nous livre une pièce alambiquée que la mise en scène très « intellectualisante » rend encore plus compliquée à comprendre. Une réflexion sur le théâtre intéressante mais noyée dans l’histoire, et on attend plus le point final de l’énième monologue du Père plutôt que la résolution de son questionnement sans fin.

Note rapide
4,3/10
pour 4 notes et 1 critique
1 critique
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1 critique
0,5/10
86 0
Un texte rageur avec de grandes fulgurances à la Pasolini... des longueurs aussi.

La beauté de l'écriture est noyée sous un choix de jeu qui privilégie la gueulade sur la sensibilité, l'outrance sur la finesse et... comme toujours chez Nordey refuse au théâtre ce qui le fonde : le jeu. Des acteurs statiques, un Nordey pathétique de grandiloquence et d'emphase qui ne font pas mouche, un décor qui parfois a sa beauté mais révèle vite combien il n'est qu'esbrouffe...

Oh oui, j'aime Pasolini, mais là, Seigneur, qu'est qu'on s'est emm....
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor