21 juil. 2017
6/10
3 0
Alys en concert !! Mon ado m'a tannée pour y aller. Je ne voyais pas l'intérêt d'aller voir un hologramme en live, ça me semblait antinomique.

Mais gagnée par l'ambiance sacrément bonne enfant et le genre musical (du bon gros rock bien gras avec plein de guitares électriques saturées) et sans compter les goodies offerts à tous les spectateurs, j'ai fini par trouver ce concert sympathique même si je reste interloquée quand j'entends des spectateurs (garçons comme filles) hurler : 'Alys, je t'aime !!'. De même, la composition des spectateurs m'a un peu surprise : certes il y a de la jeune ado qui essaye d'avoir les cheveux bleus comme la chanteuse, mais aussi des quadras qui oscillent la tête en rythme.

A découvrir donc.
21 juil. 2017
7/10
6 0
Alexis Michalik sait raconter les histoires. Indéniablement.

Il a cette capacité à nous embarquer dans les récits les plus haletants avec une accumulations de parcours, de destins croisés, un foisonnement d'informations.
La mise en scène de Michalik n'est jamais ennuyeuse, toujours très travaillée, minutée.

J'émets pourtant des réserves pour avoir vu 3 autres pièces de cet auteur, metteur en scène.
J'ai un peu l'impression qu'il a trouvé un créneau qu'il surexploite un peu.
Cette touche si particulière, si personnelle - on peut dire qu'il y a un style Mickalik et ça c'est déjà fort - me semble un peu redondante.
On a trouvé génial la 1ère, fantastique la 2e, bonne la 3e et maintenant on aimerait qu'il se renouvelle un peu. On a compris la mécanique, elle est particulièrement intelligente mais il faut trouver autre chose pour la renouveler.
Parce qu'on anticipe les ficelles. Ce qui me semble dommage étant donné le talent du créateur.

Côté comédiens mention particulière au rôle du détenu maghrébin Faycal Safi. Excellent comédien. Bluffés ! En capacité de jouer un large registre de personnages.
Les autres, interchangeables.

Conclusion : si vous n'avez jamais rien vu de Michalik vous serez séduit par sa mise en scène et son histoire (pas les meilleurs mais ça reste bon).
Si vous avez tout suivi de Michalik vous risquez d'être déçu.
21 juil. 2017
9/10
3 0
Il est des entreprises théâtrales qui relèvent de la plus folle des gageures.
Peut-on adapter dans un seul en scène et quand on est UN comédien ce monument de la littérature française qu'est « Madame Bovary » ?

La réponse est... Oui !

Oui, définitivement oui.

A condition toutefois de s'appeler André Salzet et d'être mis en scène par Sylvie Blotnikas.

Ce qu'ont accompli ces deux-là tient véritablement de la plus belle des réussites.

Tout d'abord, il faut parler de l'adaptation.
André Salzet, en fin connaisseur de Flaubert (le petit discours après les applaudissements finaux le prouvera), André Salzet donc, a sélectionné de façon à la fois pertinente et intelligente les phrases de l'auteur (et exclusivement de l'auteur), toutes extraites du roman.

Le tout tenant en une heure et cinq minutes. Et cette sélection fonctionne parfaitement.
J'ai retrouvé avec un immense plaisir cette merveilleuse langue et écriture flaubertiennes.

D'autant que le comédien, seul en scène (j'insiste), va dire ces phrases, en interprétant les principaux personnages, même s'il a centré son adaptation sur Charles Bovary.

Il réussit là un tour de force phénoménal.
Dès la première réplique, d'une voix claire et d'une diction parfaite, il nous fait se matérialiser devant nous Charles, Emma, le père Rouault, Lheureux, Berthe, Rodolphe, Léon...

Il prend parfois de forts accents sans pour autant tomber dans la plus vile des caricatures.

Il est passionnant, captivant.
Ses évocations de Yonville, Rouen, de la ferme familiale, des comices agricoles sont extraordinaires. Nous y sommes !

De plus, André Salzet n'a pas son pareil pour nous faire remarquer l'humour qui peut poindre ici et là. Il arbore alors un œil et un sourire espiègles et irrésistibles.

Côté mise en scène, là aussi, c'est un sacré bon boulot.
Coté décor, une table, un fauteuil renversé, et un accessoire qui aura son importance lors de l'entrée et de la sortie du comédien, un accessoire qui semble matérialiser le lien qui unit l'interprète à l'auteur et à son roman, ou bien encore le poids de la fatalité face au libre-arbitre de chacun.
Je vous laisse évidemment découvrir.

Parfois le narrateur s'adresse à Flaubert, qui répond par l'intermédiaire de la voix off de Pierre Forest.

Tout au long de cette heure, le comédien va occuper pleinement toute la scène.
En costume d'époque, redingote, gilet de soie, large cravate assortie sur chemise à col cassé, il fait très belle figure et se déplace en marchant, sautillant ou parfois même dansant une valse de Vienne.

Oui, c'est un vrai moment de très beau théâtre qui nous est proposé, qui nous prouve au passage qu'on peut adapter très finement un roman pour en faire une pièce.

Je terminerai en paraphrasant la déclamation attribuée à Flaubert :

« André Salzet, Madame Bovary, c'est vous ! »
20 juil. 2017
6/10
2 0
L’heure de début approchant, les comédiens sont revenus sur scène pour interpréter deux chansons d’un groupe de rock encore inconnu, le God’s band.

La bonne humeur est installée et les ventilos tournent à plein régime. On peut commencer l’histoire. Les blagues et les sous-entendus au raz du string débutent. Rien d’étonnant, le ton était donné dès le début, ici on va faire de l’humour potache.

Les situations cocasses se suivent sans rien de très surprenant et tout semble couler de source. Puis au milieu du spectacle, des longueurs se font sentir et le temps commence à se faire long. Et voilà, qu’une scène avec un rapport sexuel entre marionnettes se fait, mais cela tombe comme un cheveu sur la soupe. C’est comme s'il fallait pour rompre la monotonie qui s’installe, faire une scène drôle. L’interprétation de Thomas Ronzeau et de Marie-Camille Soyer est juste toutefois l’enchaînement avec la scène d’avant semble un peu étrange. Pour avancer doucement après jusqu’à la fin tant attendue.

Ce qui m’a dérangé aussi c’est le fait que les enfants sont censés avoir 17 ans et sont interprétés par des hommes de plus de 30 ans. D’autant plus, qu’ils sont assez charmants au naturel et n’ont pas un physique de gamin. Ils jouent bien le gamin timide et le wesh wesh cependant on voit qu’ils jouent un rôle. Ils ne peuvent être ces personnages. Tadrina Hocking, qui interprète la mère n’est pas beaucoup plus âgée qu’eux. Alors comment peut-être elle maman et ressembler physiquement aux enfants avec qui elle travaille ? Seule Marie-Camille Soyer arrive à habiter avec douceur et simplicité une adolescente timide. Patrice Latronche est excellent en celui de curé un peu vicieux. Je dirais que c’est un peu dommage qu’ils soient assez peu présents en général dans l’histoire.

Tout repose sur Thomas Ronzeau qui joue un schizophrène qui parle à sa marionnette pendant presque les 1h50 de spectacle. Il se donne à 300% et y met toute l’énergie qu’il a. C’est une très belle prestation qui montre son talent à faire deux personnages en un. Cela a dû lui demander beaucoup de travail sur sa voie, sa posture et le maniement de la marionnette. (Attention, ne vous n’attendez pas à voir le petit frère de Jeff Panacloc car on voit ces lèvres bougées. Au bout d’un moment, rassurez-vous on n’y prête plus attention. Ventriloque, c’est un métier aussi.) Bravo en tout cas pour ce beau travail qui doit le changer de la comédie musicale La légende du roi Arthur.

Un spectacle de divertissement loufoque très grand public qui manque de fraîcheur et d’originalité pour accrocher vraiment. Heureusement que les comédiens y mettent tout leur cœur pour que le temps passe alors plus vite.
20 juil. 2017
5/10
2 0
De vraies longueurs au Français devant la Double Inconstance.

En quelques mots, la pièce traite d'un complot amoureux : l'amour pur et naïf que se portent Silvia et Arlequin est mis à mal par le stratagème de Flaminia, qui cherche à séparer le couple, car un couple brisé en vaut deux. Ainsi, Silvia repart avec le Prince, et Arlequin avec Flaminia. Silvia et Arlequin sont des marionnettes, entre les mains de l'experte Flaminia, du facétieux Prince, des servants, du luxe et du matériel.

La mise en scène tantôt contemporaine, tantôt classique de Anne Kessler perd le spectateur. Si Arlequin et Lisette apparaissent comme de vrais parvenus, ils contrastent avec Flaminia et Silvia, l'ensorceleuse et l'amoureuse ingénue, personnages tirés du théâtre classique. D'ailleurs cette dichotomie se retrouve dans la diction des personnages : Arlequin et Lisette récitent le texte de Marivaux de manière totalement contemporaine, avec des intonations actuelles, là ou les deux femmes se rapprochent des intonations théâtrales de l'époque. Ce double jeu est très dommage. L'inconstance peut être double, sans que la qualité de jeu des comédiens aille de paire.

Le texte de Marivaux sur l'amour, et même le double amour est également assez long. La machination de Flaminia n'est pas assez centrale. La jalousie féminine non plus, or c'est bien celle-ci qui pousse Silvia à s’enquérir du Prince, pour narguer les femmes de la Cour.

Sont cependant de bonnes surprises dans la mise en scène : le passage de comédie musicale entre Silvia et le Prince, dans un esprit kitsh totalement LALALAND, les références au cinéma avec lorsque Flaminia fume une cigarette au balcon, le faux bain du Prince, les costumes finaux, les miroirs dans lesquels les personnages se regardent constamment (époque contemporaine oblige), l'écran sur scène.

Bonne route.