Il y a 6 heures
8/10
0 0
La photographie est un art qui présente l'énorme avantage de se passer d'explications de texte.

Les images parlent d'elles-mêmes. Elles nous renvoient en l'espèce à cette France de l'"entre deux", qui oscille entre les promesses d'un développement (culturel, économique, industriel...) sans précédent et les désillusions déjà concrètes (déclassement de la classe ouvrière, paupérisation des classes laborieuses).

LOTAR est le témoin de cette France à deux vitesses et nous livre sa vision sans mise en scène excessive. Il arrive à nous exposer la vie de ces "laissés pour compte" sans commisération.

Mention spéciale à l'exposition de Peter Campus, également proposée durant la même période. Les montages vidéos sont très bien mis en valeur.
Il y a 9 heures
9,5/10
3 0
Sans aucun doute l'une des pièces de l'année.

Au vue du pitch on pourrait craindre le pire, avec un pièce qui chercherait à nous tirer les larmes avec un thème qu'y s'y prête forcément.

Heureusement ce n'est pas le cas. Le texte est fin, la mise en scène sobre, et les comédiens juste. Et on se rend rapidement compte, que le personnage central n'est peut être ni à chercher du côté de la mère, ni du fils handicapé. Mais bien de la sœur, et de ses problèmes personnels. Avec en guise un magnifique coup de théâtre émotionnel. J'entends par coup de théâtre émotionnel pas un artifice du genre "Oh mon Dieu, c'est en fait son père !!". Non, mais une révélation qui bouleverse totalement notre perception des personnages, et qui justifient leurs caractères.

L'une des craintes que l'on pourrait aussi émettre, c'est celle de passer une soirée assez triste. Avouons que le handicap n'est pas un sujet des plus hilarants. Et bien non seulement, grâce la finesse des répliques, on rit de bon cœur, mais surtout, on ressort de cette pièce le cœur bien plus apaisé que lorsqu'on y était entré. Car celle-ci nous raconte aussi la futilité de certains de nos désirs (argent, carrière...) face à l'essentiel : La famille, et l'amour.

Immense Fabio Marra (qui est aussi le metteur en scène) dans le rôle de l'enfant handicapé. Qui fort heureusement ne tombe jamais dans l'excès et reste effroyablement juste. A la fin de la pièce, lors des applaudissements, on a pu décerner quelques larmes sur ses joues. Ce rôle ne doit pas être simple à incarner pour un comédien, et il est probablement le seul à connaitre la raison de ces larmes...

En tous cas c'est à ne manquer sous aucun prétexte.

31

Il y a 12 heures
8/10
4 0
En l’espace d’une heure et demie, Gaétan Borg et Stéphane Laporte nous raconte 20 ans d’une puissante amitié. Entre Stéphane la médecin hyperactive, Victoire la maman du groupe légèrement illuminée, Anthony alias Titoune le romantique et Ruben le businessman, une belle histoire est née. Ils ont traversé ensemble les périodes de la vie, depuis leur enfance dans les années 80, à leurs années étudiantes puis à leur début de vie d’adulte.

Au fur et à mesure que les années passent, le public s’attache à ces personnages dont la vie n’a finalement pas grand chose d’extraordinaire.

C’est une histoire simple et émouvante, mise en musique par le talentueux Stéphane Corbin, également au piano pendant tout le spectacle.
Il y a 12 heures
8/10
3 0
Une plongée onirique dans le théâtre !

Il fallait oser porter sur les planches les aventures du capitaine Nemo, la Comédie-Française l’a fait. Bonne nouvelle : le résultat est vraiment bon.

Si le décor, les lumières et les bruitages nous entrainent facilement dans le célèbre Nautilus, la réelle bonne idée est l’utilisation de marionnettes pour représenter les poissons rencontrés lors du voyage sous les mers. Poétiques et malicieux, ces animaux surprenants apportent la petite touche onirique dont cette création ne pouvait se passer.

Les comédiens, qui campent les voyageurs, s’en sortent aussi plutôt bien. Des scènes humoristiques viennent régulièrement rythmer la pièce, qui aurait sinon souffert d’une histoire un peu pauvre. On prend plaisir à suivre les mésaventures des passagers du Nautilus et on s’émerveille avec eux de la découverte des fonds marins fantasmés par Jules Verne.

Cette version théâtrale de « 20 000 lieues sous les mers » est une bonne occasion de (re)découvrir le célèbre roman de Jules Verne par une approche accessible et grand public. Embarquez sans tarder !
Il y a 12 heures
8/10
5 0
Ils sont rares, les polars américains adaptés au théâtre. Piège Mortel est l’adaptation du texte de l’auteur américain Ira Levin (Un bébé pour Rosemary).

Dans le rôle principal, un Nicolas Briançon au sommet : Sidney Brown, célèbre écrivain nostalgique de sa gloire passée, il vit reclus dans une demeure de campagne avec sa femme Myra interprétée par Virginie Lemoine. Lorsqu’il reçoit le manuscrit de l’excellent Piège Mortel rédigé par un élève de ses séminaires, l’écrivain à succès est étonné par la qualité de ce texte qu’il voit déjà comme la pièce de théâtre de l’année. Depuis son immense bureau décoré par d’armes de crime plus ou moins factices, Brown a les idées noires… Sera-t-il capable de tuer pour retrouver la gloire ? Sa femme réussira-t-elle à lui faire retrouver la raison ? Jusqu’où peut-on aller par ambition ?

N’en racontons pas plus : l’intrigue est telle que le spectateur ne doit rien savoir pour pouvoir être surpris.

J'ai adoré le jeu des comédiens, le suspense de toute la pièce malgré les quelques événements un peu tirés par les cheveux.